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  Histoire. 1841. La Légion étrangère en Algérie.

 

1841 : la Légion est devenue trop nombreuse pour rester dans le cadre d’une seule unité.

Les opérations pendant cette période de la conquête sont une suite de colonnes, de razzias, de petits combats très durs dont l’histoire n’a guère conservé le souvenir, mais qui, pour ne pas mal tourner, réclamaient des troupes héroïques et prudentes.

La Légion continue tous les combats, se distinguant plusieurs fois à Koléa, mais aussi à Djidjelli, Médéa et Miliana, souvent victorieuse mais au prix de lourdes pertes.

Le 18.01.1841, La Légion Etrangère perd en Algérie deux officiers, Ferrari et Gauthrin à Cherchell.

1er avril 1841 : Le clivage de la Légion Etrangère en deux Régiments, décidé par ordonnance royale du 30 décembre 1840, s’effectue réellement en avril 1841 ; le 1er Régiment de la Légion Etrangère, aux ordres du colonel de Mollembeck, est créé à partir des trois premiers bataillons de Légion ; le 2e Régiment, aux ordres du colonel Caries de Senilhes, est formé à Bône à partir des 4e et 5e bataillons. Le 1er Régiment conserve le drapeau de 1832.

  • Dès sa constitution, le régiment compte 3 000 hommes. Il est destiné à opérer dans les provinces d’Alger et d’Oran. Son dépôt, qui constitue une sorte de portion centrale, est implanté successivement à Mostaganem puis à Oran. Il comprend un petit et un grand état-major, une compagnie hors-rang, des compagnies de grenadiers et de voltigeurs d’élite, des compagnies du centre. La force d’un bataillon est constitué par un état-major, deux compagnies d’élite composées chacune de 95 grenadiers ou voltigeurs et six compagnies du centre à l’effectif de 99 fusiliers, ce qui représente un total de 949 hommes.
  • Les grenadiers et les voltigeurs d’élite occupent les ailes et encadrent les lignes de bataille. Les compagnies du centre sont composées de simples fusiliers. Les soldats d’élite, véritables entraîneurs d’hommes, sont choisis parmi les légionnaires les plus anciens et méritants.
  • La Légion est bien intégrée dans l’Armée d’Afrique. Le corps, après La Macta, Constantine, Djidjelli, le Tenïa, est unanimement respecté. Paradoxalement, la Légion, troupe de grands professionnels, sera absente de plusieurs batailles célèbres, comme la prise de la smalah d’Abd-el-Kader ou le bataille de l’Isly. Plusieurs raisons expliquent cette absence. La Légion est une unité d’infanterie. Dans une guerre très souvent de mouvement, Spahis, Chasseurs d’Afrique, Hussards se taillent la partie belle. En outre la concurrence est vive. L’Armée d’Afrique est à base de vieux soldats, effectuant au moins sept ans de service. Les régiments de ligne ou d’infanterie légère, les bataillons de chasseurs, les zouaves sont de belle facture. Le 2e léger (futur 77eI.) du colonel Changarnier est un grand numéro.
  • L’implantation territoriale explique aussi en bonne partie la participation ou non à certains combats. Le 1er Régiment, à trois bataillons, œuvre en Algérois et Oranie ; le 2e, à deux bataillons, sur le Constantinois. Cette ventilation a pour avantage de mieux faire connaître à travers l’Algérie une troupe dont la silhouette s’est précisée : pantalon et shako garance, longue capote bleue battant les mollets, large cartouchière portée sur le devant et où apparaissent les premières grenades à sept branches, insigne caractéristique du corps.

21 avril 1841 : les 4e et 5e bataillons deviennent les 1er, 2e et 3e bataillons du 2e Régiment de Légion Etrangère sous le commandement du colonel Caries de Senilhes.

  • Le 1er bataillon, formé essentiellement d’anciens partisans espagnols, est basé à Djidjelli, puis à Bône d’où il construira la route de l’Edough.
  • (S260-4 & 5).

Le 01.05.1841, La Légion Etrangère perd en Algérie un officier, Muller.

Entre le 21 et 26 Juin, le 2e Etranger combat autour de Bône ; le 2e Bataillon fait partie de la colonne de Senilhes qui se dirige vers le cap de fer « Ras El Hadid » entre Annaba et Skikda ; en septembre le 3e Bataillon lui effectue une razzia sur les Chiebas ; le 1er Bataillon quant à lui disperse dans la montagne l’Edough, les Kabyles ; au cœur de cette montagne se trouve un petit village de Sainte-Croix de l'Edough, actuel« Fedj El Maâden » ; dans la même région se trouve une autre localité qui portait le nom du général Bugeaud actuellement elle s’appelle « Seraïdi »

Le 02.09.1841, La Légion Etrangère perd en Algérie un officier, Nicolas.

1841 : la Légion est engagée contre Bou-Maâza à Koléa. Le 1er Bataillon du 1er Etranger fait face aux rebelles lors du combat à El Achour, aux alentours de Koléa. Cette solidité au combat s’est acquise peu à peu, car mis à part les soldats du régiment de Hohenlohe, les premières recrues ne possèdent pas d’expérience militaire.

1841 : la réputation de la Légion Etrangère commence à se répandre dans l’armée française.

 

Jean Balazuc P.P.P.P.

 

Principales sources :

La Légion, Grandeur et Servitude – Histogramme – N° spécial de novembre 1967.

La Charte de la F.N.A.M.

Le 1er Etranger de Philippe Cart-Tanneur et Tibor Szecko – Branding Iron Production – 1984.

Le 4e Etranger de Philippe Cart-Tanneur et Tibor Szecko – Branding Iron Production – 1987.

A 13e D.B.L.E. de Tibor Szecko – Editions du Fer à marquer – 1989.

Histoire de la Légion Etrangère de 1831 à nos jours du capitaine Pierre Montagnon – Pygmalion – 1999.

Site du Mémorial de Puyloubier.

Wikipédia.

 

Changarnier Nicolas-Anne-Théodule, né à Autun en Saône-et-Loire le 26.04.1793 ; lieutenant aux Gardes du Roi en 1815 ; capitaine au 2e Léger en 1830 ; officier de valeur sous les ordres du général Robert Bugeaud  en Algérie, commandant, il s’illustre à l’arrière-garde lors de la retraite de l’expédition de Constantine en 1836 ; au col de Mouzaïa, il fait escalader à son régiment, sous les balles des Kabyles, des rochers aux parois presque perpendiculaires ; cinq assauts ayant été repoussés, il ordonne une sixième attaque qui réussit enfin ; colonel, commandant le 1er Bataillon d’infanterie légère d’Afrique, il sauve la ville de Boufarik, le 21.11.1839, face aux cavaliers de l’émir Abd el-Kader ; général en 1840 ; il fait reculer les troupes d’Abd el-Kader vers le désert en 1842 ; général de division le 09.04.1843 ; inspecteur de l’Infanterie d’août 1843 à septembre 1847 ; commandant de la province d’Alger en 1847 ; Gouverneur Général de l’Algérie en 1848 ; Grand-Officier de la Légion d’Honneur le 09.04.1849 ; député de la Somme à la Constituante le 13.05.1849 ; commandant de la Garde Nationale de la division de Paris en 1849-1850 ; banni de France par Louis Napoléon-Bonaparte en janvier 1852 ; député de Saône-et-Loire le 08.02.1871 ; sénateur inamovible le 10.12.1875 ; décédé à Paris le 14.02.1877. Des funérailles nationales se déroulent aux Invalides.

 

Colonel de Mollembeck.

de Mollembeck Charles Jacques, né le 08.05.1783 à Issembourg-Offenbach en Allemagne ; il commence sa carrière militaire en Autriche en 1800 ; lieutenant au régiment de Wur en 1805, il prend du service à titre étranger au sein de la Grande Armée le 07.12.1805 ; il fait campagne à Naples et en Italie de 1807 à 1809 ; il sert au 18e régiment d’infanterie légère le 10.04.1814 puis à la Légion Etrangère en 1815, devenue Légion de Hohenlohe 16.03.1816. Naturalisé en 1818, il est promu chef de bataillon le 02.02.1831 avec lequel il fait campagne en Morée de 1831 à 1833. Affecté au 39e R.I.L. le 27.07.1835. Lieutenant-colonel, il assure l’intérim du commandement de la Légion Etrangère ; colonel, chef du 1er Régiment de la Légion Etrangère, en 1841-1842, nommé à sa formation le 01.04.1841, à Alger. A la fin de son temps de commandement, il demande à faire valoir ses droits à la retraite et il est admis à la 2e section des officiers généraux le 15.03.1842.

 

de Senilhes Caries Jean-François, entré comme enseigne à la compagnie d’Havré à la Garde du corps du Roi, le 01.11.1815 ; il passe garde de 2e classe (sous-lieutenant) le 01.05.1819, puis de 1ère classe (lieutenant) en novembre. Affecté au cadre des aides-majors avec le grade de lieutenant le 16.08.1820, il passe à la légion départementale des Pyrénées Orientales devenu le 15e régiment d’infanterie légère. Le 21.05.1821, il est affecté au 2e régiment d’infanterie de la Garde royale puis passe au corps royal d’état-major, le 29.09.1822. Nommé à l’état-major général de l’armée des Pyrénées le 14.02.1823, puis à l’état-major général du corps d’occupation en Espagne le 6 novembre, il est mis en disponibilité le 16.12.1824. Désigné pour l’emploi d’aide de camp à l’état-major du général Clouet le 18.03.1825, il est promu au grade de capitaine le 13.07.1825. Disponible le 1er.01.1829, il est mis à la disposition du général, duc de Conegliano le 3 juillet en qualité d’aide de camp, puis à la disposition du général Clouet le 23.03.1830. Promu au grade de chef de bataillon le 02.081830, il entre à la direction de la cavalerie du ministère de la Guerre le 06.03.1831, sous les ordres du général Préval. Désigné comme secrétaire, il siège au comité de l’infanterie et de la cavalerie le 26.09.1832. Il est envoyé en mission en Espagne le 11.04.1836. Promu au grade de lieutenant-colonel le 30.05.1837, il est mis en disponibilité le 15.05.1838. Puis il rejoint l’état-major du camp de Saint-Omer le 25 juillet en qualité de chef d’état-major. Il est à nouveau disponible le 15.10.1838. Il est appelé à siéger au comité de l’infanterie et de la cavalerie le 23.05.1839, en qualité de secrétaire. De nouveau envoyé en mission en Espagne le 21.09.1839 et après une courte indisponibilité, il est promu au grade de colonel le 30.12.1840 et reçoit le commandement du 2e régiment de Légion étrangère, à sa formation le 01.04.1841, à Bône ; souffrant en 1843-1844, il est rarement présent ; son adjoint, le lieutenant-colonel de Mac-Mahon, conduit le régiment dans les combats. Il reçoit à nouveau de commandement du 2e Etranger en 1844-1848, avec pour adjoint le lieutenant-colonel Canrobert en 1848. Nommé au grade de maréchal de camp le 18.01.1848, il est désigné pour commander le collège militaire de La Flèche le 03.03.1848. Disponible le 20.12.1849, il reçoit le commandement de la subdivision de l’Orne le 15.01.1852, puis celui du département de la Seine inférieure et de l’Eure à Rouen le 01.08.1854. Il est placé en 2e section des officiers généraux le 13.10.1860. Il se retire à Bordeaux où il décède le 17.07.1862.

 

Officiers de la Légion Etrangère tués en 1841 en Algérie.

Ferrari, officier de la Légion Etrangère, tué le 18.01.1841 à Cherchell en Algérie.

Gauthrin, officier de la Légion Etrangère, tué le 18.01.1841 à Cherchell en Algérie.

Muller, officier de la Légion Etrangère, tué le 01.05.1841 en Algérie.

Nicolas, officier de la Légion Etrangère, tué le 02.09.1841 en Algérie.