Mon cas s’aggrave, Après une intéressante réflexion intemporelle sur le Temps, me voilà soulevant les poussières du passé. Lors d’un emménagement du grenier de la maison de ma Grand-mère, j’ouvre des caisses oubliées… tel le militaire qui redécouvre ses cantines, j’efface le temps qui se présente sous la forme de carnets reliés, tels les livres de messe anciens ou les carnets de bal des jeunes filles de jadis. Je soulève les poussières du passé familial et des heureuses annotations de mon aïeule… C’est une part de moi-même qui ressurgi à la lumière du jour. Peut-être que ces petits carnets nous réservent encore de bons moments de lecture, entre réflexions et beaux poèmes. Mon arrière-grand-mère fut sans doute contemporaine de Victor Hugo qu’elle a aimé comme bon nombre de français de cette époque, sans doute il l’inspira…
Je partage avec tous les amateurs de beaux textes :
Ouvrir des caisses délaissées dans un grenier pendant des années, c’est, pour les descendants de ceux qui les ont entreposées, découvrir des années plus tard, des aspects inconnus qui faisaient la particularité de leurs ainés à travers des objets et des écrits qui resurgissent au grand jour.
Mon arrière-grand-mère Stéphanie notait sur un tout petit carnet, dès qu’un mot ou une phrase provoquait chez-elle une émotion.
Je ne peux garder cette merveilleuse découverte sans vous faire partager quelques passages, souvenirs écrits à la plume « sergent-major » par une femme discrète qui devait avoir une vie intérieure très intense :
Dilemme :
“Quand la main d’un ami nous étreint et nous guide,
Qu’on se sent jeune et fort et qu’au loin l’avenir voilé
d’espérance. Et de regrets avides se dresse étincelant
sous les feux du désir. La mort devient sinistre alors. Elle
épouvante, elle est dilemme sombre, Il faut dans ce monde
qu’on vante Pour mourir sans honneur, vivre désespéré”
Oubli :
“Les larmes d’ici-bas ne sont qu’une rosée
dont un matin au plus la terre est arrosée
que la brise secoue et que boit le soleil
Puis l’oubli vient au cœur comme aux
yeux le sommeil.”
Bonheur :
Si l’on voulait n’être qu’heureux,
cela serait bientôt fait, Mais on veut
être plus heureux que les autres. Et cela
est presque toujours difficile parce que Nous
croyons les autres plus heureux qu’ils ne sont…
Amour :
Aime celui qui t’aime et sois heureuse en lui.
Adieu, sois son trésor, à toi qui fus le nôtre.
Va, mon enfant chéri, d’une famille à l’autre.
Emporte le bonheur, laisse-nous l’ennui.
Ici l’on te retient, là-bas on te désire. Fille,
épouse, ange enfant fais ton double
devoir. Donne nous un regret, donne
leur un espoir. Sors avec une larme,
entre avec un sourire.
Le souvenir :
“La mort ne détruit pas, elle rend invisible…
La mort a fait son œuvre. Il a fallu que
la tombe s’ouvrît et se refermât sur
l’être aimé. Mais la pierre qui la
scelle n’est pas restée désertée,
Le souvenir est venu s’y asseoir
Et rien n’a pu l’en chasser. Le temps
s’écoule, les saisons se succèdent,
Toutes choses se renouvellent
Lui, demeure !...
Et tant d’autres …

Commandant (er) Christian Morisot