2 novembre 2025 — Cérémonie au cimetière de Montferrat (Haut-Var), en l’honneur des vingt-deux légionnaires qui y reposent.,

Il y a quelque temps, un de nos camarades avait titré l’une de ses chroniques : « Les légionnaires oubliés ».

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Il écrivait :


« La Camarde ne pardonne rien, n’oublie personne ; tôt ou tard elle nous saisit sous son manteau sombre et nous accompagne de son haleine fétide jusqu’aux profondeurs du Styx ou nous pousse, nimbés de gloire, vers les hauteurs éthérées… »

Ce 2 novembre, au cimetière de Montferrat, nous étions là pour que justement, ils ne soient pas oubliés.
Nous étions là pour raviver le souvenir du courage et du sacrifice des vingt-deux légionnaires qui reposent en ce lieu — hommes de devoir, qui donnèrent tant à la France lors de la construction du camp de Canjuers.

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Albert Camus, dans La Mort heureuse, écrivait :
« Quand je regarde ma vie et sa couleur secrète, j’ai en moi un tremblement de larmes. Comme ce ciel, il est à la fois pluie et soleil, midi et minuit. »

Il pleuvait, ce 2 novembre, sur le cimetière de Montferrat : pluie sur nos têtes, pluie dans nos cœurs. Nous marchions ensemble, un bout de ce chemin de mémoire et de fidélité. Pour la première fois ici, la cérémonie fut rehaussée par un piquet d’honneur venu de la Maison-Mère.

Montferrat est la commune du Haut-Var dont dépend, civilement et administrativement, Canjuers, le plus vaste camp militaire d’Europe occidentale (35 000 hectares, 35 kilomètres de long).

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La Légion y a œuvré de 1968 à 1984, sous trois appellations successives — CPLE / 1er RE, CTL / 61e BMGL et C.R.T.R.L.E / 1er RE — afin de bâtir pour l’Armée de Terre ce camp d’entraînement hors normes, renforcée à ses débuts par une compagnie du 5ème  Régiment  du Génie.

Cette journée de recueillement doit beaucoup à l’implication personnelle du major (er) Pierre Jorand, qui n’a ménagé ni son temps ni sa peine pour donner à cet hommage son caractère à la fois rigoureux, digne et fraternel.

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Le temps s’enfuit, les heures et les jours s’effacent, mais il nous appartient de retenir ce qui doit l’être : là où la Légion étrangère a laissé son empreinte, là où des frères d’armes reposent.
Ne dit-on pas que la Légion n’abandonne jamais les siens, et que — sur la terre imprégnée du sang des légionnaires, le soleil ne se couche jamais ?

Nous ne vous oublions pas.

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La municipalité offrit un vin d’honneur aux participants, et cette belle réunion se poursuivit par un déjeuner de grande qualité, ponctué de chants légionnaires.


L’atmosphère était chaleureuse, presque hors du temps.
Chacun retrouvait, par instants, le souvenir de ces grands moments de fraternité qui ne s’effacent jamais vraiment.

Commandant (er) Christian Morisot