Combien cette phrase semble tomber sous le sens lorsqu'on voit l'émulation que suscite celui qui aujourd'hui est honoré.
Nous furent donc là, rassemblés en une longue cohorte des subordonnés pour assister et accompagner celui qui 40 années durant a servi la France et qui a porté haut le prestige de ses armes.
Nous étions là, à regarder de nos yeux le Général Thierry Burkhard qui fut élevé à la dignité de Grand-croix de la Légion d'honneur par le président de la république. Suprême honneur et si rare.

Nous étions nombreux militaires, civils et anciens compagnons de route venus pour assister aux adieux aux armes de celui qui fut notre lieutenant, capitaine, commandant, chef de corps chef de l'armée de terre et enfin CEMA.
- C'est l'amitié sinon la complicité dans les poignées de mains de chacun. C'est les regards, les attitudes, les positionnements qui en disent beaucoup sur les moments forts, heureux ou douloureux d'histoires et de crises qu'ils ont dû traverser et affronter ensemble.
La Légion Étrangère était représentée par ses forces d'actives et ses anciens avec notamment notre COMLE le Général Youtchenko en tête mais aussi le président de la FSALE le Général Jean Maurin.
Sans oublier le chef de corps de la 13ème DBLE avec son drapeau, la musique de la Légion Étrangère. Des présences remarquées et saluées comme celles du Général Hervé Gomart, du Général Benoît Desmeulles. Celles des généraux De Saint Chamas, Lardet.

Notre marraine du 4ème Régiment Etranger Marie-Laure Buisson.
Enfin, je ne saurais terminer par une grosse délégation des anciens du 2ème REP et notamment des chuteurs opérationnels et des moniteurs.

Au-delà du protocole militaire, il faut savoir ressentir, observer, comprendre entre les lignes d'un tel moment; si unique dans une carrière riche et tellement exigeante. Ça ne se vit pas qu'à travers les yeux, ça se ressent aussi avec ses tripes.
Le général Burkhard a décliné deux mots dans son discours :
exigence et considération.
Il les a incarné tout à la fois durant les quarante années qui viennent de s'écouler. Il les a incarné parce qu'il fut intraitable d'abord envers lui-même avant que de l'exiger de ceux dont il avait la charge et la responsabilité.
De même, cette considération qu'il entretient pour chacun et qu'il déploie pour tous. Le souvenir qu'il conserve de chacun et l'honneur qu'il gratifie pour les anciens, comme les attentions qu'il offre avec beaucoup de chaleur, de sincérité et de spontanéité.
Parce qu'immensément humain, il a su obtenir de ses subordonnés, à tous les niveaux de commandement, que leur obéissance aux ordres atteigne à une réelle adhésion en raison de la confiance au chef et de "l'amour" pour lui qu'il suscite naturellement. Suffisamment rare pour le souligner ici.
Dans un monde aujourd'hui incertain, dangereux et individualiste, il existe une lueur d'espoir car subsistent dans nos armées les valeurs de fraternité, d'entraide, de franchise, d'amitié mais aussi de rigueur, d'exemplarité, de respect.
J'ai compris grâce au Général Thierry Burkhard ce que "obéir d'amitié" voulait dire. Jamais les paroles du Général Frère n'ont eu davantage de sens pour expliquer ce que chacun présent à cet instant voulait témoigner.

ADJ (ER) Dominique KARINE
Délégué Sud-ouest AALP, AALE 33