À la manière de nos Anciens, More majorum.

La marche commence :

Georges Blond l’écrivait :

« La réalité de la Légion est plus étonnante que toutes les inventions. »

Cette réalité, faite de poussière, de sang et de fraternité, d’histoire repose sur une certitude : le légionnaire ne s’arrête jamais.

« Ces copains d’partout…d’Vienne…d’Montretout…ces aristos et ces marlous… » chacun, sous le képi blanc, découvre la même règle non écrite : marcher. Tenir. Repartir.

L’engagement : franchir le premier pas

Tout commence à la porte d’un poste de recrutement.

Un pas.

Décisif.

Il sépare l’homme qu’on était de celui qu’on choisit de devenir.

Aller de l’avant, c’est briser le miroir du passé, abandonner ses erreurs, ses regrets, ses illusions. C’est accepter la douleur, chercher l’aventure, courir le risque.

Le légionnaire marche avec des frères venus de Mongolie, du Brésil, du Népal, de tous les coins du monde ou de France. Ils ne parlent pas la même langue… mais ils comprennent vite la première leçon : avancer ensemble, ou disparaître séparés.

Sous la Grenade à sept flammes :

Sous la Grenade à sept flammes, la marche devient sacrifice : de soi, de ses ambitions, de ses rêves…

On a souvent décrit la Légion comme une troupe étrange, faite pour les uns de fuyards et pour les autres de héros. Pourtant, sous le Képi blanc, les différences s’effacent : il ne reste qu’un mot : tenir.

Tenir, ce n’est pas rester immobile sous le feu.

Tenir, c’est avancer. Toujours.

Comme à Camerone. Comme dans les hautes herbes de Kolwezi. Dans les neiges de Narvik. Dans les vallées afghanes.

La Légion a payé son existence au prix d’une longue fidélité :

Fidélité au drapeau.

Fidélité à la parole donnée.

Fidélité à ceux qui sont tombés, laissant ce message simple : ne recule jamais. Même seul. Même perdu.

Après la Légion :

Beaucoup croient que la marche s’arrête avec le dernier contrat. La remise des décorations dans une armoire ou une cantine bien cabossée par les années de service. Lorsque la poussière terni le blanc immaculé du Képi blanc. Ils se trompent.

La Légion ne s’efface jamais.

Elle devient une voix intérieure, un souffle qui dit chaque matin : ne reste pas assis. Ne t’abandonne pas. Continue.

Qu’il soit ouvrier, commerçant, cadre ou retraité solitaire. En pleine santé, blessé ou malade. Amicaliste ou non. L’ancien légionnaire porte en lui la mémoire de cette injonction. Il se redresse quand il entend un pas cadencé d’une section de légionnaires. Son cœur bat plus vite au son de la Musique de la Légion étrangère. Il est fier de se mettre au garde-à-vous, lorsque le drapeau français est levé au son de la Marseillaise.

Et surtout, il sait son devoir : témoigner.

Transmettre aux jeunes qu’il existe une fraternité plus forte que toutes les divisions, une fidélité qui transcende les langues et les origines.

L’héritage des Anciens :

Vivre, apprécier et agir selon la voie des Anciens,

par respect de la mémoire collective,

par fidélité à l’héritage,

par devoir envers les traditions.

Comme ceux de Camerone.

Comme ceux d’Indochine.

Comme ceux de Kolwezi, d’Afghanistan ou du Mali.

Chaque légionnaire est une pierre dans une marche interminable.

Cette marche commence à la porte d’un poste de recrutement…

Elle continue bien après le dernier salut militaire.

Toujours aller de l’avant :

Être légionnaire, hier comme aujourd’hui, c’est refuser l’immobilité.

C’est être fidèle à la parole donnée, à ses camarades, à ses morts.

C’est porter en soi l’écho des pas qui ont précédé et le souffle de ceux qui viendront demain.

Car les camarades tombés nous disent, depuis leurs tombes silencieuses :

« Marche encore. Marche pour nous. »

Et ceux qui viendront, jeunes hommes qui auront … « bouffé leur pognon ou gâché par un coup d’ cochon toute leur carrière… », lorsqu’ils poseront pour la première fois le képi blanc sur leur tête, dans leur poitrine battra, très vite, la même consigne éternelle : toujours aller de l’avant.

More Majorum !

Capitaine (er) Jean-Marie DIEUZE