Je souhaite attirer votre attention sur le « Devoir de mémoire » et sur la conscience morale qui devrait être la nôtre au sein de notre communauté française bien mise à mal aujourd’hui…

Le maréchal Ferdinand Foch écrivait : « Un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir. ».

Tout commence en juillet 1919 au lendemain de la « Grande Guerre », le commissaire-général Alexandre Millerand demande un rapport sur les zones de combat en tant que : « souvenir de guerre ». Cette volonté affichée de conserver la mémoire des quatre années dramatiques de guerre ne fait pas l’unanimité chez les Français qui estiment qu’il faut désormais faire table rase des séquelles physiques de guerre et qu’il est nécessaire d’en faire une sorte de résilience afin de donner la priorité à la reconstruction du pays et d’effacer les stigmates de la guerre.

Néanmoins, les cimetières militaires se construisent ainsi qu’une importante phase de désobuage (Verdun, Vimy), des mémoriaux sont créés sur des sites qui font l’objet de nombreux recueillements et de visites.

Il faut attendre la fin de la seconde guerre mondiale pour qu’à l’initiative des résistants et déportés survivants est demandé de perpétuer le souvenir des évènements historiques tragiques et des victimes : « qu’un évènement de ce type ne se reproduise pas. » Ils souhaitent définir l’objectif et la manière d’honorer la mémoire des Français assassinés et de maintenir à l’esprit de tous les actes de barbarie dont se sont rendus coupables les assassins nazis et leurs collaborateurs.  C’est pour eux un  acte indispensable pour éviter toute propagande et surtout le retour des doctrines politiques et sociales qui permettraient l’instauration des régimes partisans de méthodes d’autorité. Ainsi précisent-ils : « Honorer la mémoire, relève du souvenir, mais maintenir celui-ci présent et permanent à l’esprit relève du « Devoir de mémoire ».

En fait, l’expression « Devoir de mémoire » n’apparaît qu’en 1990, s’opposant à la clause d’amnistie des traités de paix souhaitée dans un souci d’apaisement en imposant l’oubli par amnésie collective.

En conclusion, même si les différentes commémorations font partie du devoir de mémoire, il n’en reste pas moins vrai que ce dernier est surtout l’obligation morale de se rappeler le sacrifice de martyrs et des héros dont le sacrifice a été volontaire ou non.

En ces temps difficiles où notre monde bascule dans une folie dévastatrice alimentée par des menaces et des guerres ; n’oublions pas le « devoir de mémoire » à l’heure où il semble impossible à faire entendre raison aux maitres du monde dont la conscience morale est absente de leurs discours…

Quant à nous, Anciens légionnaires ; c’est encore et toujours « More Majorum », un point c’est tout !

Commandant (er) Christian Morisot