Six corps d’armée doivent participer à la bataille de l’Artois. Un corps d’armée est en réserve pour exploiter la percée espérée avec deux corps de cavalerie. Le 33e Corps d’Armée du général Pétain a une ligne d’attaque de vingt kilomètres. La division marocaine en est le fer de lance.

 

La 1ère Brigade de la Division Marocaine, commandée par le colonel Louis Pein (Mort pour la France le 10.05.1915), est constituée par le 4e Régiment de Marche de Tirailleurs, commandé par le colonel Daugan, et par le 2e Régiment de Marche du 1er Etranger, commandé par le lieutenant-colonel Cot.

La 2e Brigade de la Division Marocaine, commandée par le colonel Marie Cros (Mort pour la France le 11.05.1915), est constituée par le 7e Régiment de Marche de Tirailleurs, commandé par le lieutenant-colonel Laurent, et du 8e régiment de Marche des Zouaves, commandé par le lieutenant-colonel Modelon.

La Division du Maroc du général de division Blondlat fait partie du 33e Corps d’Armée du général de Corps d’Armée Philippe Pétain, de la 10e Armée du général d’Armée d’Urbal.

La 10e Armée doit attaquer la crête de Vimy qui, à l’est du plateau de Notre-Dame-de-Lorette, domine toute la plaine de Lens à Bethune.

 

8 mai 1915 : la Division du Maroc reçoit les dernières instructions en vue d’une attaque fixée pour le lendemain et qui doit se déclencher à l’heure H. Tous les détails d’exécution sont fixés au 2e Régiment de Marche du 1er Régiment Etranger. L’heure H sera donnée au dernier moment. Dans ces derniers jours, les Bataillons sont complétés en outils portatifs à raison de un par homme. Ils reçoivent des grenades dont l’emploi est enseigné à une équipe spéciale ; des appareils  Filloux destinés à couper les fils de fer et expérimentés sur un champ de tir improvisé ; des fanions rouges et blancs destinés à indiquer la position des Unités pendant l’attaque ; des couvres sacs en toile blanche pour rendre plus visible la ligne des tirailleurs à l’Artillerie française. Le Régiment reçoit en communication :

  • la position des ennemis en face du Secteur.

  • une organisation du secteur d’attaque avec la police spéciale assurée par des territoriaux.

  • un code de signaux simples, pour la modification du tir d’Artillerie, ou une demande de munitions.

  • enfin un ordre d’attaque.

Le lieutenant-colonel Cot, chef de corps, fixe l’ordre des Bataillons : C, D, A, B.

Les divers éléments doivent être en place le 09 mai à 05 heures. Dans la soirée une note du Commandement fixe que l’heure d’attaque sera 06 heures. L’attaque prescrite pour le 9 mai s’engage dans la matinée. Le but de l’Opération du 9 mai est connu.

 

La mission du 2e Régiment de Marche du 1er Etranger est celle fixée par le rectificatif n° 43 de la Division du Maroc : attaque de front de l’ouvrage P, des Ouvrages Blancs, tranchée M, l’ouvrage de Nuremberg, puis la tranchée Schiller, en prenant comme axe de son mouvement le boyau Weimar et se diriger ensuite sur la côte 140.

A 5 heures toutes les Unités sont en place pour l’attaque :

  • Bataillon C, commandant Noiré –tranchée de 1ére ligne.

  • Bataillon D, commandant Muller –tranchée de 2éme ligne.

  • Bataillon A, commandant Gaubert – parallèle de Berthonval.

  • Bataillon B, commandant Collet.

  • Une compagnie du sous-secteur, capitaine Germann, à droite du Bataillon A dans la parallèle de Berthonval.

  • Trois compagnies du Bataillon B en réserve de Division : compagnie du capitaine Boutin dans la tranchée longeant le chemin du Mont-St-Eloi, et les compagnies des capitaines Bouffe et Leixelard, le long de la chaussée.

A 6 heures, c’est le commencement d’un gigantesque bombardement méthodique des tranchées ennemies par les 400 canons de l’Artillerie française jusqu’à 9 heures 40. Les Bataillons occupent leurs positions d’attaque. Deux sections de mitrailleuses se portent aux postes d’écoute. Le lieutenant-colonel Cot, commandant le Régiment Etranger, se porte au poste d’écoute C ; son officier adjoint est alors blessé par un éclat d’obus.

Les hommes, le dos appuyé à la paroi pour se soulager du poids du sac, regardent les geysers de terre qui jaillissent furieusement ; ils ressentent jusque dans leurs corps les ébranlements du sol. Ils pensent que les Allemands d’en face doivent être maintenant liquidés par la pluie d’obus ; assommés, abrutis, assourdis, les survivants doivent être tout juste capables de lever les bras. Seul reste à craindre, le barrage d’obus que les Allemands vont déclencher au démarrage de l’attaque française.

Le bombardement cesse deux minutes avant dix heures. De nombreux légionnaires ont le visage tendu ; mais la plupart ne sont pas mécontents d’attaquer. Le silence est impressionnant. Les officiers regardent leur montre : En avant !

A 10 heures, les légionnaires bondissent hors de leurs abris et s’élancent à l’attaque ; le Bataillon C, entrainé par son chef, les officiers et les sous-officiers sort de la tranchée d’attaque et forme une ligne sur un rang et se porte vers ses objectifs.

D’une extrémité à l’autre des vingt kilomètres de la ligne d’attaque, les clairons sonnent la charge. Les bataillons escaladent les gradins de franchissement. Les légionnaires, placés exactement au centre de la ligne et chargés de réaliser la percée, quittent les tranchées bataillon par bataillon, bien en ordre.

Les légionnaires ont devant eux 4 kilomètres à franchir. Le Bataillon C du Régiment monte à l’assaut des Ouvrages Blancs sur la cote 140, à proximité de Neuville Saint-Vaast. Les autres Bataillons font de même. Le fusil à la main, les légionnaires trottent, droit sur les barbelés en face ; avec surprise, ils voient que les barbelés ne sont pas complètement aplatis, loin de là. Cependant il y a des passages vers lesquels les officiers entraînent les hommes. La 1ére tranchée ennemie est rapidement atteinte, enlevée et dépassée sans grandes pertes. Soudain, les mitrailleuses allemandes font entendre leur bruit lent de moulin à café. L’adversaire, tapi des abris solides pendant l’infernal bombardement, est revenu à ses postes et se défend avec l’énergie du désespoir. Dans ces conditions, la distance à parcourir est simplement effroyable.

Les tranchées aux parapets bouleversés donnent une impression d’abandon mais le réseau mortel reste tissé. Les hommes tombent. Le claquement des fusils se mêle au moulin des mitrailleuses. Les tranchées allemandes ne sont pas plus démolies que les barbelés et les fantassins allemands sont toujours là. Mais la ligne des postes allemands n’est pas continue. La progression des légionnaires par bonds reste possible, même sous les feux croisés. Il s’agit de foncer, de passer entre les nids de résistance, de dépasser la ligne, de ne pas hésiter à les laisser derrière soi ; un gradé reste là avec un groupe pour les attaquer à revers tandis que le reste continue en avant. Les pertes résultant de cette tactique, la seule possible en pareille circonstance (ou alors, renoncer), dépassent de loin le coût moyen de la conquête d’un sommet kabyle. Entraînes par les légionnaires d’Afrique, les Grecs, les Polonais, les Tchèques, les Suisses et les Belges trottent derrières leurs drapeaux claquant au vent ; chaque porte-drapeau, cible idéale, est plusieurs fois remplacé au cours de cette charge sous les balles.

Alors que la tranchée est dépassée, le commandant Charles Noiré tombe frappé à mort, de même que son sous-officier adjoint, l’adjudant Rousseau. Presque en même temps le capitaine Salle, commandant la compagnie de droite est blessé aux cuisses, le lieutenant Ramirez à la figure ; le sous-lieutenant Jacques Andreani est tué. Le capitaine, commandant la compagnie au centre, est blessé mais il conserve le commandement. Le capitaine Jourdeil, commandant la compagnie de gauche, et le lieutenant Lévy sont tués. A quelques centaines de mètres des lignes allemandes, les mitrailleuses ennemies prennent sous leurs feux croisés les vagues d’assaut. Les trois quarts des officiers du bataillon C sont hors de combat. Les nombreux ennemis exécutent un feu très nourri qui tue et blesse beaucoup de légionnaires. En plus, des grenades éclatent au milieu des assaillants. Les pertes françaises deviennent très sensibles.

Le Bataillon D se porte en même temps dans la tranchée d’attaque, dans l’ordre suivant : compagnie D4 du capitaine de Sampigny, compagnie D2 du capitaine Junod, compagnie D3 du capitaine Auger et compagnie D1 du capitaine d’Allens ; il vient en soutien derrière le Bataillon C. Malgré la résistance des Allemands, malgré les feux croisés des mitrailleuses, l’attaque progresse vers les sommets de la cote 140. C’est un chemin semé de morts. Les légionnaires tombent à chaque pas. Le Bataillon D se lance sur les traces du Bataillon C, et marche vers leurs objectifs qu’ils atteignent quelques minutes après. Le bataillon D se charge du nettoyage et de l’occupation du terrain conquis avant de reprendre son ascension vers les crêtes. Les pertes du Bataillon D sont sensibles. Le capitaine Junod tombe dés qu’il sort de la tranchée d’attaque. Le lieutenant Thiebault et un autre officier tombent, mortellement touchés, presqu’en même temps. Le commandant Léon Muller est tué entre la tranchée de 1ére ligne et celle de 2éme ligne des Ouvrages Blancs.

Les Allemands de la seconde position, cueillis à froid, se replient ou lèvent les bras ; c’est la meilleure solution car ils savent que la seconde vague est celle des nettoyeurs de tranchées.

Les deux Bataillons C et D, déjà éprouvés par des pertes importantes, continuent leurs mouvements en avant. Les bataillons A et B suivent le mouvement en troisième position et se portent dans la tranchée de la première ligne. Malgré la résistance des Allemands, malgré les feux croisés des mitrailleuses, l’attaque progresse vers les sommets de la côte 140. C’est un chemin semé de morts. Les légionnaires tombent à chaque pas.

Tandis que le colonel Cot accompagne le Bataillon D, le colonel Pein commandant la 1ère Brigade se porte aux Ouvrages Blancs derrière le Bataillon A. Les fractions des deux Bataillons commencent à se mélanger après avoir franchi l’ouvrage de Nuremberg où ils achèvent de briser les dernières résistances. Ils doivent obliquer un peu à gauche pour prendre la direction de la côte 140 en traversant la route d’Arras à Béthune. Deux sections de la compagnie de mitrailleuses accompagnent le Bataillon A. Le lieutenant Doucet est tué, le sergent Paul Chapelle blessé.

A dix heures 30, les deux sections amoindries peuvent néanmoins atteindre la route de Béthune et ouvrir le feu sur les lisières de Neuville-St-Vaast.

La marche rapide des deux Bataillons de tête se poursuit sans arrêt, mais beaucoup d’Unités sont privés de leurs chefs et les formations ne sont plus en bon ordre. Un capitaine est touché en dépassant les Ouvrages Blancs. Les lieutenants Hebbe et Lesarkis sont blessés ; le capitaine, blessé une deuxième fois, tombe. Le sous-lieutenant Brossette est blessé au passage de la grande route. Le lieutenant Sauzey, aidé des sous-officiers encore debout, entraîne le reste du Bataillon C au-delà de la route de Béthune, dans la direction 123-140, sous un feu violent venant de Neuville-St-Vaast. Quelques groupes des Bataillons C et D se portent vers les villages de Neuville et La Targette.

Cependant le Bataillon A conduit par son chef, est hors des tranchées et se porte résolument en avant. A son arrivée aux Ouvrages Blancs, sur ordre du colonel Pein, la section du lieutenant Lettre est chargé de nettoyer la tranchée M où se sont maintenus les Allemands avec une mitrailleuse qui prennent de flanc les Unités qui franchissent les Ouvrages Blancs. Le capitaine Bernard, d’une compagnie A, rassemble les isolés pour former une garnison aux Ouvrages Blancs. En quittant les Ouvrages Blancs, le commandant Charles Gaubert est tué par un éclat d’obus. Le Bataillon B du commandant Collet, vers 10 heures, a reçu l’ordre de se porter en réserve aux tranchées de 2éme ligne.

Vers 11 heures, le commandant Collet reçoit l’ordre de se porter en soutien des trois Bataillons déjà engagés hors des tranchées d’attaque .Dans l’ordre suivant :

  • compagnie B4 du capitaine Leixelard ;

  • compagnie B2 du capitaine Bouttin ;

  • compagnie B3 du capitaine Bouffe ;

  • La compagnie B1 du capitaine Germann reste en soutien dans les tranchées de 1ére ligne.

Le Bataillon B progresse rapidement et atteint bientôt les Ouvrages blancs, où le commandant Collet est rejoint simultanément par le maréchal des logis Redon, et le lieutenant Dieudonné, agents de liaison respectifs du colonel Cot et du colonel Pein ; ces agents de liaison apportent l’ordre de suivre le mouvement des trois Bataillons dont le flanc droit est découvert par suite des obstacles qui s’opposent à la progression du 156e R.I., qui au-delà de La Targette, est dangereusement exposé à une contre-attaque éventuelle débouchant de Neuville-Saint-Vaast. En conséquence, ordre est donné à la compagnie B2 du capitaine Boutin, de marcher sur la coupe 123-140 ; puis arrive la compagnie B3 du capitane Bouffe, couverte par la droite par la compagnie B4  du capitaine Leixelard. Le Bataillon B franchit dans cette formation la crête des Ouvrages Blancs.

Dés ce moment, comme les autres, le Bataillon B est pris sous le feu violent des lisières nord de Neuville-St-Vaast. Le capitaine Boutin reçoit une blessure à l’oreille ; mais il conserve son commandement. Avant d’atteindre la grande route, des gradés et légionnaires tombent en assez grand nombre.

Les deux dernières sections de la compagnie de mitrailleuses se portent au-delà de la grande route de Béthune, et subissent également de lourdes pertes. Le lieutenant Wetterstrom parvient à reformer une section et à l’installer sur le chemin de Neuville, aux Cabarets Rouges.

Les Bataillons de tête ont continué leurs courses en avant vers les hauteurs malgré un feu violent de mitrailleuses venant des lisières de Neuville.

A 11 heures, le Bataillon C, formé de groupes mélangés et mal encadrés, arrive à la côte 123. Le sous-lieutenant de Malcz est tombé entre la route et la crête 123. Il ne reste plus dans ce Bataillon qu’un seul officier, le lieutenant Saucey, qui, aidé des adjudants, entraîne encore le reste du Bataillon B, et dépasse la côte 123. Les Bataillons D et A, eux aussi sont passé en avant avec la seule volonté d’atteindre la côte 140. Ils ont subi des pertes importantes en officiers. Au Bataillon A, le sous-lieutenant Vives est blessé, ainsi que les sous-lieutenants Goujeux et Duloir. Les fractions de ce Bataillon se mélangent à celles du Bataillon de tête et s’échelonnent de la grande route à la côte 123. A leur gauche, les tirailleurs qui progressent également en direction de la côte 140, commencent eux aussi à se mélanger aux éléments du 1er Etranger. Au Bataillon A, le capitaine Leroy entraine les groupes qui sont derrière lui, aidé du lieutenant Gallochin ; le capitaine Peyrou a été blessé à la route de Béthune, peu après le lieutenant Delsol.

Le Bataillon B progresse rapidement vers la route de Béthune. La compagnie de droite B4 du capitaine Leixelard, souffre particulièrement du feu violent venant de Neuville-St-Vaast ; le sous-lieutenant Boyer est blessé. Dans les autres compagnies, les pertes sont également sensibles. Le capitaine Boutin de la compagnie B2 est tué de 2 balles et le sous-lieutenant Maxime est blessé par éclat d’obus .La compagnie B1  du capitaine Germann, qui a suivi le mouvement, a un officier blessé, le sous-lieutenant Pierre.

Les différentes Unités du Régiment continuent à progresser chacune dans son rang, par section, vers la côte 140. Celles de droite plus lentement, par bonds, en s’aidant du feu contre Neuville, d’où part un feu violent et meurtrier.

Dés 11 heures 30, après une heure et demie d’efforts héroïques, l’objectif est conquis : les groupes des sections restantes du Bataillon C ont atteint leur objectif, la côte 140. Quelques hommes sont au petit bois carré, à l’Est de la côte 140.

De petits groupes poursuivent les Allemands en fuite jusque dans Givenchy et dans Vimy. Au-delà ce n’est plus le front mais les arrières ennemis. La percée est réalisée.

Après un assaut très coûteux, le rêve des états-majors devient réalité : il ne s’agit plus que de précipiter dans la brêche des troupes fraîches prévues pour exploiter la percée.

Vers midi, la situation est la suivante : les fractions des Bataillons C, D et A ont atteint la côte 140 et le petit bois. Le capitaine Delange, commandant la 3e compagnie du Bataillon A, est grièvement blessé. La compagnie A3 subit de lourdes pertes. D’autres hommes sont à quelques mètres du bois de la Folie. Le capitaine Leroy, blessé, encourage les groupes à gauche, qui sont ensuite rejoints par le capitaine Auger de la compagnie D3. Le capitaine d’Allens, chef de la compagnie D1, fait face au bois et à la ferme de la Folie. Le lieutenant Saucey, déjà blessé, est tué. Plus à droite le capitaine de Sampigny maintient les éléments face au bois de la Folie ; le lieutenant Belle tombe au moment où blessé, il rejoint le capitaine. Au chemin de terre de Neuville, à la côte 140, d’autres éléments tous mélangés, sont sous les ordres du lieutenant Gallochin de la compagnie A1. Au Bataillon B du commandant Collet, les compagnies ont progressé par bonds, et sont moins éprouvées. Elles continuent à progresser. Deux compagnies, la B2 du capitaine Boutin et la B1 du capitaine Germann, dépassent la route de Béthune ; deux compagnies B3 du capitaine Bouffe et B4 du capitaine Leixelard, atteignent le fossé situé à une centaine de pas à l’Est de la route et s’y reforment.

A 12 heures 45, le lieutenant-colonel Cot, blessé par un éclat d’obus aux abords du chemin de terre de Neuville, donne l’ordre au commandant Collet de s’installer sur la côte 140, en protégeant le flanc droit contre une contre-attaque partant de la Folie, encore tenue par les Allemands, et de prendre à sa place le commandement du Régiment. Peu de temps après , le colonel Pein donne l’ordre au commandant Collet de ralentir le mouvement de ses compagnies de tête , de suspendre le mouvement des deux autres compagnies, de surveiller le flanc droit découvert, et d’attendre de nouveaux ordres avant de se porter de nouveau en avant. Puis le colonel commandant la 1ère Brigade se porte de sa personne vers la côte 123 pour juger de la situation qui restait inquiétante du coté de Neuville et de la Folie, mais très grièvement blessé au-delà du chemin de Neuville, aux Cabarets Rouges, il ne peut exercer plus longtemps son commandement.

Le commandant Collet reste dés lors le seul officier supérieur valide de la 1ére Brigade jusqu’alors engagé. Il juge qu’il convient de se conformer aux dernières indications du colonel Pein, et d’attendre les renforts demandés, avant de poursuivre le mouvement vers la cote 140, afin de ne pas compromettre les résultats déjà acquis, dans l’éventualité d’une contre-attaque ennemie venant de Neuville et de la Folie. Tandis que les compagnies B1 et B2 progressent lentement vers la cote 140 et la Folie, les deux autres compagnies sont maintenues disponibles à l’abri du talus parallèle à la route de Béthune.

Après avoir pris les dispositions d’attente, le commandant Collet reçoit un pli envoyé à 13 heures par le général commandant la Division du Maroc à laquelle appartient la Brigade du colonel Pein, pour lui annoncer qu’un Bataillon de Zouaves, commandé par le commandant Cortade, allait les rejoindre. Quelques temps après, un Zouave de 2éme classe, envoyé comme agent de liaison, auprès du commandement de la Brigade, est chargé par le commandant Collet, de mettre le commandant Cortade au courant de la situation, et de lui demander de couvrir avec son Bataillon qui se trouvait près de La Targette, le franc droit du 1er Etranger, face à Neuville pour lui permettre de poursuivre l’attaque vers la cote 140 .

Tranquillisé dés lors pour la sécurité du flanc droit du 1er Etranger, le commandant Collet décide de poursuivre la marche en avant, et il donne l’ordre à la compagnie B3 du capitaine Bouffe, couverte à droite par la compagnie B4 du capitaine Leixelard, d’appuyer la compagnie B2 en évitant de s’engager sans de nouvelles instructions. Avec la dernière demi-compagnie disponible du 1er Etranger, le commandant Collet se porte de sa personne à hauteur du chemin de Neuville, aux Cabarets rouges. Et d’y attendre avant de pousser plus loin, l’intervention du Bataillon de Zouaves du commandant Cortade. Mais pour des raisons ignorées du commandement du 1er Etranger, cette intervention ne se produit pas.

Cependant, les fractions du Bataillon de tête, soumises à un feu violent partant de Neuville et de la Folie, et à un puissant feu d’artillerie ennemie, profitant de l’arrêt forcé imposé par le manque de renfort, subissent des pertes cruelles. L’artillerie de campagne française, tirant trop court, fait beaucoup souffrir les fractions arrêtées près du bois de la Folie.

Le mélange des Unités, tirailleurs et légionnaires, est complet sur la crête 123/140 ; l’encadrement a presque complètement disparu, les gradés restés debout redoublent d’énergie.

Le sous-lieutenant Puzillon, en ralliant les Unités, est frappé par une balle.

Les légionnaires et les tirailleurs de la Division Marocaine sont morts de fatigue. Ils ont atteint leur cible et l’épuisement les terrasse ; ainsi que la faim et la soif. Eveillés depuis quatre heures du matin, ils sont restés debout dans la parallèle de départ de cinq heures et demie à dix heures et, ensuite, ils ont marché ou couru en combattant pendant quatre kilomètres. Certains se couchent sur la terre et s’endorment tandis que les officiers et les sentinelles regardent vers l’avant : rien ne semble se passer vers ces arrières ennemis.

Vers l’arrière, c’est aussi le silence. Les légionnaires et leurs officiers regardent aussi dans cette direction d’où doivent arriver les troupes fraîches.

Dés lors, la progression en avant est finie pour le reste de la journée fautes d’Unités fraîches. Chacun se cramponne au terrain, partout on construit des masques individuels, sous un feu violent venant du bois de la Folie et de Neuville Saint-Vaast. Chacun attend avec impatience l’arrivée de troupes fraîches dont l’élan aurait entrainé tous les éléments confondus, très éprouvés, mais encore capables d’un effort, malgré leur fatigue physique, mais non morale. Le Régiment Etranger, après le superbe enthousiasme de la ruée matinale, conscient d’avoir accompli les ordres reçus, donne à midi le spectacle admirable de la Troupe qui ne veut rien abandonner du terrain si chèrement conquis, et qu’elle veut garder malgré le feu ennemi accru, qui commence à se ressaisir en voyant l’arrêt des mouvements. Chacun agit d’instinct, comme si la consigne eut été donnée, plutôt que de reculer, de se faire tuer sur place, sous le feu des mitrailleuses réinstallées par l’ennemi, et de leur Artillerie remise en batterie. Le Régiment Etranger, malgré les pertes abondantes, ne bronche pas. Le capitaine Leixelard, blessé d’une balle à la joue, garde le commandement.

Le général Blondlat, commandant la Division Marocaine, téléphone au général Pétain, commandant le 33e Corps qui a téléphoné au Q.G. de la 10e Armée du général d’Urbal : ‘’une brigade va être mise sans tarder à votre disposition …vers 13 heures 30’’.

Le temps passe et les hommes qui ont réalisé la percée regardent toujours devant eux et derrière eux. Rien ne vient, ni devant, ni derrière. En fait, la première brigade mise à la disposition du général Pétain pour exploiter la percée ne peut arriver qu’à 17 heures 30 à Mont-Saint-Eloy, à deux kilomètres en arrière de la ligne de départ de la Division Marocaine.

Mais vers 15 heures 30, un groupe de tirailleurs tenant la partie Nord de la côte 140 perd la tête devant une contre-attaque toute locale et lâche pied ; il redescend la pente .Les groupes de légionnaires immédiatement voisins, de ce fait se trouvent dans une situation intenable et doivent se replier. Le mouvement fait par petits groupes s’opère en bon ordre, tout en tirant. Ce mouvement est aidé et protégé par l’heureuse intervention de la section de mitrailleurs du lieutenant Wetterstrom, qui, changeant rapidement d’objectifs, arrose largement les crêtes de la hauteur 140, que la contre-attaque allemande ne peut dépasser. Et il prend position en bas des pentes de la côte 140. Un groupe mélangé de tirailleurs et de légionnaires, presque sans chefs, de la compagnie Leixelard est établi le long du chemin. Enfin, d’autres éléments de tirailleurs tiennent la route de Béthune.

Vers 16 heures, le chef de bataillon Collet prescrit à tous les éléments du Régiment Etranger d’organiser défensivement les positions occupées sur place, et de résister jusqu’au dernier homme en attendant les renforts. Il envoie en même temps, auprès du général Blondlat, commandant la Division, le sous-lieutenant Gabet, agent de liaison, d’un compte rendu écrit faisant le point de la situation actuelle et exposant l’impossibilité pour le Régiment Etranger, avec ses seules forces, considérablement réduites en hommes, mais surtout en cadre, d’investir les hauteurs de 140, et de s’y maintenir sans être exposé à un échec.

A 16 heures 30, le général Blondlat, commandant la Division du Maroc, confirme l’ordre de tenir coûte que coûte sur les emplacements occupés. Des renforts, qu’il n’a pas sous la main, ont été demandés et ne devraient arriver qu’à une heure indéterminée. Ces renforts ne doivent entrer en ligne qu’à la nuit tombante.

Vers 19 heures, un bataillon de Zouaves gagne la première ligne doublant les éléments qui s’y trouvent. On travaille avec ardeur à l’organisation de la nuit. L’intensité du feu ennemi ne se ralentit pas un seul instant, mais les Allemands ne tentent aucun mouvement offensif. On passe ainsi une heure dans l’expectative. Puis le commandant Collet est informé par note écrite expédiée à 17 heures 15, que le colonel Daugan, remplaçant le colonel Pein dans le commandement de la 1ére Brigade, se trouve à 100 mètres à l’Est de la route de Béthune où il attend le commandant du 1er Etranger pour être mis au courant de la situation avant de prendre une décision. Cette décision n’apporte aucun changement aux dispositions déjà prises par le Régiment qui concernent l’occupation, l’organisation et la défense de ses positions.

A 21 heures, le commandant Collet reçoit l’ordre de rallier à la route de Béthune, le 10 avant le jour, tous les éléments du 1er Etranger, après qu’ils auront été relevés par d’autres Corps. L’ordre est aussitôt transmis aux différentes lignes par agent de liaison.

Les hommes de la Division Marocaine, jurant et pleurant de colère, s’efforcent de décrocher en ordre. Derrière le barrage d’obus allemands, la vague allemande s’avance par bonds, nettement supérieure en nombre. Redescendre la pente peut être encore plus terrible que l’assaut du matin, en passant devant les cadavres des camarades, morts pour rien.

Le 10 mai, vers 2 heures du matin, le mouvement commence et s’exécute par petits groupes. Toute la nuit, l’ennemi lance des fusées éclairantes et exécute un feu plus ou moins nourri ; néanmoins, la relève et le repli s’achèvent sans encombre.

A 4 heures du matin, les débris des Bataillons sont rassemblés dans le fossé de la route, pour faire l’appel. De nombreux isolés, qui se sont ralliés à des Unités voisines, n’ont pas reçu l’ordre de ralliement et rejoindront le Régiment dans la journée ou le lendemain. Il en est de même pour quelques fractions avancées du Régiment.

Le Régiment Etranger va par les boyaux jusqu’à la ferme de Berthonval où il reçoit l’ordre de se reformer, ferme que l’ennemi canonne par intermittence. Pendant ce mouvement, le sous-lieutenant Guyard est atteint à la cuisse par un éclat d’obus ; le sous-lieutenant Edmond Gabet est tué, et 2 hommes sont blessés par un éclat d’obus isolé qui tombe prés d’un groupe en bivouac dans les champs.

La conduite exemplaire du Régiment lui vaut une citation à l’ordre de l’Armée. C’est la première palme obtenue par la Légion Etrangère pendant la Première Guerre Mondiale.

 

Les effectifs engagés dans la journée du 9 mai 1915 sont les suivants :

  • Bataillon C du commandant Noire : 18 officiers, 925 hommes ;

  • Bataillon D du commandant Muller : 18 officiers, 936 hommes ;

  • Bataillon A du commandant Gaubert : 16 officiers, 841 hommes ;

  • Bataillon B du commandant Collet : 17 officiers, 946 hommes :

  • La compagnie mitrailleuses du capitaine Hamel : 3 officiers, 168 hommes ;

  • L’état-major du Régiment : 3 officiers, 6 hommes.

  • Soit pour l’ensemble du Régiment : 75 officiers et 3820 hommes.

 

Les pertes du Régiment sont les suivantes :

  • Le colonel Pein, ancien chef de corps, commandant la 1ère brigade, tué ;

  • Le lieutenant-colonel Cot, chef de corps, blessé par un éclat d’obus;

  • 3 commandants tués ;

  • 3 capitaines tués, 1 grièvement blessé et décédé à l’hôpital, et 4 blessés :

  • 14 lieutenants et sous-lieutenants tués, 4 grièvement blessés et décédés à l’hôpital, et 12 blessés, 4 disparus :

  • 252 hommes tués et 956 blessés, 681 disparus soit 1 889 hommes.

  • 48 officiers blessés sont restés dans les rangs.

  • 455 noms de légionnaires, tués ou disparus, sont inscrits sur le Mémorial du R.M.L.E. Base 1914-1918 pour le 9 mai 1915, 6 pour le 10, 1 pour le 11, 1 pour le 12, 1 pour le 13 et 17 pour le 14.

 

Les Cadres, principalement, ont beaucoup souffert. Au Bataillon C, tous les officiers sont tués ou blessés. Aux Bataillons D et A, le chef et un capitaine sont tués. La plupart des officiers sont hors de combat.

En résumé, le 2éme Régiment de Marche du 1er Etranger s’est porté à l’attaque avec pour objectifs successifs : les Ouvrages Blancs, l’ouvrage de Nuremberg, la route de Béthune et pour objectif final, la côte 140. En moins d’une heure, grâce à l’élan irrésistible des Bataillons lancés à l’assaut tout terrain jusqu’à la route de Béthune incluse, était aux mains des assaillants. En moins d’une heure et demie, les fractions de tête parvenaient, malgré les pertes importantes, du fait du feu ennemi important et de l’Artillerie française, à prendre pied sur les hauteurs de 140, et s’y maintenir pendant plusieurs heures (de 11 heures 30 à 15 heures 30).

La menace d’une contre-attaque débouchant de Neuville et de La Folie dans le flanc droit et le manque de renforts immédiatement disponibles n’ont pas permis de poursuivre sans désemparé les succès du début.

L’ennemi en a profité pour se rétablir et exécuter vers 15 heures 30, sur les hauteurs de 140, une contre-attaque partielle qui a déterminé une certaine panique dans les groupes avancés du 1er Tirailleurs et un léger mouvement de repli consécutif des fractions du 1er Etranger. Réduit dés lors à la défensive, le Régiment a assuré jusqu’au lendemain la conservation du terrain conquis (côte 123) au prix d’héroïques efforts et de pertes sévères.

Tous officiers, tous sous-officiers, caporaux et légionnaires, ont donné à fond, sans autre souci que d’assurer le triomphe des Armes. Il n’a pas dépendu d’eux que le succès de la journée fût complet et la victoire définitive.

Le 10 dans la nuit, le Régiment se porte vers Mont-St-Eloi pour y cantonner.

Dans la nuit du 10 au 11 mai, le Régiment reçoit l’ordre de se tenir prêt à retourner au combat. Il se tient en alerte, et part à la ferme de Berthonval, en réserve.

13 mai : la division marocaine à laquelle appartient le 2e R.M. du 1er R.E. est retirée du front pour un repos bien gagné. Quant au régiment, quinze jours lui suffisent, grâce aux renforts venus des dépôts, pour se reconstituer.

16 juin : à peine reformé, le 2e Régiment de marche du 1er Etranger remonte en ligne ;la Légion revient sur le même théâtre que celui du 9 mai, les légionnaires se battent pour Souchez, pour Carency, pour Givenchy-en-Gohelle, pour le Cabaret Rouge.

Au cours de ces combats, 21 officiers et sous-officiers et 624 légionnaires du 2e Régiment de Marche du 1er Etranger sont tués, blessés ou disparus. Ces pertes sont la rançon de cette nouvelle et folle tentative de percée du front à Souchez, au nord des positions enlevées le 9 mai. La Bataille de l’Artois coûte en tout à la Légion 71 officiers et sous-officiers et 2 513 légionnaires tués.

22 juin : le Haut Commandement considère que la Bataille de l’Artois se termine sur une victoire française parce que, sur dix kilomètres de front, la 10e Armée du général d’Urbal a progressé par endroits de deux kilomètres. Ces deux kilomètres coûtent plus de cent mille morts pour l’ensemble des troupes engagées : t2 260 officiers, dont 609 tués, et de 100 240 hommes, dont 16 194 tués, 63 619 blessés, le reste disparu.

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Major Hubert Midy & Jean Balazuc P.P.P.

 

Sources principales.

Histoire de la Légion Etrangère – 1831-1981 – de Georges Blond – Plon - 1981.

Campagne de France contre l’Allemane par les Légionnaires, du major Hubert Midy

Extraits du J.M.O. du 2e Régiment de marche du 1er Etranger.

La Légion Etrangère – Voyage à l’intérieur d’un corps délite – John Robert Young et Erwan Bergot – Editions Pierre Laffont - 1984.

Le 1er Etranger de Philippe Cart-Tanneur et Tibor Szecsko – Branding Iron Production - 1986.

Le 3e Etranger de Philippe Cart-Tanneur et Tibor Szecsko – Editions du Fer à Marquer - 1988.

Histoire de la Légion de 1831 à nos jours – Capitaine Pierre Montagnon – Pygmalion – 1999.

Site du Mémorial de Puyloubier

Site Mémoire des Hommes du S.G.A.

Site du Mémorial du R.M.L.E. base 1914-1918.

 

 

Commandants du 2e Régiment de Marche du 1er Etranger tués le 09.05.1915.

Gaubert Charles, né le 28.09.1869 à La Bastide-Rouaroux dans le Tarn ; commandant, chef du bataillon A.

Muller Léon, né le 04.02.1867 à La Rochelle en Charente Inférieure ; commandant, chef du bataillon D.

Noiré Gustave, né le 29.03.1867 à Batigny en Meurthe et Moselle ; commandant, chef du bataillon C.

 

Capitaines du 2e Régiment de Marche du 1er Etranger tués le 09.05.1915.

Boutin Alexandre, né le 22.10.1875 à Nozay en Loire Atlantique ; commandant la 2e compagnie du Bataillon B ; grièvement blessé le 09.05.1915 ; décédé le 10.05 .1915.

Jourdeuil Achille Etienne, né le 08.09.1869 à Paris dans la Seine ; capitaine, commandant une compagnie du Bataillon C.

Lehagre Raoul Félix Louis Marie, né le 01.08.1876 à Fontainebleau dans la Seine-et-Marne.

Osmont d’Amilly Juvénal Joseph François, né le 17.05.1883 à Auxerre dans l’Yonne.

 

Lieutenants et Sous-lieutenants du 2e Régiment de Marche du 1er Etranger tués le 09.05.1915.

Andréani Jacques Marie, né le 14.09.1884 à Loreto-di-Tallano en Haute Corse ; sous-lieutenant du Bataillon C.

Belle, lieutenant de la 4e compagnie du Bataillon D.

Bonifico Vincent, né le 14.04.1884 à Messine en Italie ; sous-lieutenant.

Bonnefon, lieutenant.

Brossette Jean, né le 13.10.1868 dans le Rhône ; sous-lieutenant.

Dostal Vinceslas Yaroslav, né le 05.07.1888 à Podebrady en Bohême et Moravie. Lieutenant.

Jacoudet, sous-lieutenant ; tué au combat le 09.05.1915 dans le Pas-de-Calais.

de Malcz Lucien, né le 15.10.1881 à Olzowa en Pologne. Sous-lieutenant.

Lévy Paul, né le 11.05.1881 à Lyon dans le Rhône ; lieutenant du Bataillon C.

Rivet Albert Louis, né le 03.05.1871 à Lyon dans le Rhône ; lieutenant.

Sauzey François, né le 23.11.1887 à Rio-de-Janeiro au Brésil ; lieutenant de la 1ère compagnie du Bataillon D.

Thiebaut, lieutenant de la 2e compagnie du Bataillon D.

 

Adjudants du 2e Régiment de Marche du 1er Etranger tués le 09.05.1915.

Molinié Charles Marie Jean Alexandre, né le 02.11.1881 à Bayonne dans les Basses-Pyrénées; adjudant ; tué à La Targette, près de Neuville Saint-Vaast.

Pianelli Antoine François, né le 09.03.1882 à San Gavino di Tenda en Haute-Corse ; adjudant ; tué à La Targette, près de Neuville Saint-Vaast.

 

Sergents-majors du 2e Régiment de Marche du 1er Etranger tués le 09.05.1915.

Mac Kiecnan Jean-François, né le 24.07.1889 à Buenos-Aires en Argentine ; sergent-major; tué à Berthonval.

Malaspina Pierre François, né le 10.06.1885 à Belgodère en Haute-Corse ; sergent-major ; disparu à Berthonval.

Nagel Eugène Albert, né le 26.10.1984 à Paris dans la Seine ; sergent-major ; disparu à Neuville Saint-Vaast.

 

Sergents du 2e Régiment de Marche du 1er Etranger tués le 09.05.1915.

Chevalier Paul Joseph, né le 18.09.1884 à Saint-Etienne-des-Sorts dans le Gard ; sergent de la compagnie de mitrailleuses ; disparu à Berthonval.

Denès Hippolyte Marie, né le 13.08.1886 à Ploulech dans les Côtes d’Armor ; sergent ; tué à Berthonval.

Francken Mathieu, né le 01.02.1876 à Erp en Allemagne ; sergent ; tué à Berthonval.

Glorian Fernand Paul, né le 16.09.1879 à Paris dans la Seine ; sergent fourrier ; tué à Berthonval.

Hostache Eugène Léon Joseph, né le 04.08.1891 à Corps en Isère ; sergent ; disparu à Neuville Saint-Vaast.

Houska Joseph, né le 30.10.1887 à Furice en Tchécoslovaquie ; sergent ; disparu à Berthonval.

Hurteaux Joseph, né le 16.11.1886 à Neuville-Day dans les Ardennes ; sergent ; tué à Berthonval.

Jeanperrin Louis Alfred, né le 17.03.1876 à Busey en Suisse ; sergent ; disparu à Neuville Saint-Vaast.

Jehanno Jean François, né le 28.09.1886 à Remungal dans le Morbihan ; sergent ; tué à Berthonval.

Manoukian, sergent ; tué au combat à Neuville Saint-Vaast.

Mathner Guillaume, né le 30.04.1892 à Budapest en Hongrie ; sergent ; tué à Neuville Saint-Vaast.

Meilhac Jules Marie Victor, né le 15.04.1894 à Ménil-en-Xaintois dans les Vosges ; sergent ; disparu à Berthonval.

Moreau Louis Edouard, né le 15.09.1891 à Santeny en Seine-et-Oise ; sergent ; disparu à La Targette près de Neuville Saint-Vaast.

Pappacosta Antoine, né le 20.04.1886 à Athènes en Grèce ; sergent ; disparu à Berthonval.

Philippin René Bernard, né le 24.09.1885 à Locle en Suisse ; sergent ; disparu à Berthonval.

Sol Théodore, né le 15.07.1871 aux Indes ; sergent ; tué à Berthonval.

Virtuosi Pierre Pascal Marcel Guillaume, né le 10.03.1895 à Paris dans la Seine ; sergent ; tué à Berthonval.

de Ryckmann Berthold Eugène Marie, né le 18.08.1873 à Louvain en Belgique ; sergent ; tué à Berthonval.

 

Officiers du 2e Régiment de Marche du 1er Etranger, blessés le 09.05.1915.

Boyer, sous-lieutenant de la 4e compagnie du Bataillon B.

Cot, lieutenant-colonel, chef de corps, blessé pat un éclat d’obus.

Delange, capitaine, commandant la 3e compagnie du Bataillon A.

Delsol, lieutenant.

Duloir, sous-lieutenant du Bataillon A.

Guyard, sous-lieutenant, blessé à la cuisse par un éclat d’obus.

Leroy, capitaine.

Lesarkis, sous-lieutenant.

Lettre, lieutenant du Bataillon A

Maxime, sous-lieutenant de la 2e compagnie du Bataillon B, blessé par des éclats d‘obus.

Pierre, sous-lieutenant de la 1ère compagnie du bataillon B.

Peyrou, capitaine, commandant une compagnie.

Pierre, sous-lieutenant.

Puzillon, sous-lieutenant, frappé par une balle.

Ramirez, lieutenant du Bataillon C

Sallé, capitaine, commandant une compagnie du Bataillon C.

Vives, sous-lieutenant du Bataillon A.

 

Officiers du 2e Régiment de Marche du 1er Etranger décédés des suites de leurs blessures de guerre.

Doucet, lieutenant, chef d’une section de mitrailleuses ; grièvement blessé le 09.05.1915 dans le Pas-de-Calais. Décédé le 10.05.1915.

Eck Charles Auguste, né le 26.03.1870 à Mulhouse dans le Haut-Rhin ; lieutenant grièvement blessé le 09.05.1915 dans le Pas-de-Calais. Décédé le 18.05.1915.

François, grièvement blessé au combat le 09.05.1915. Décédé le 11.05.1915.

Gabet Edmond Gabriel, né le 29.11.1878 à Vincennes dans la Seine ; ancien sous-officier ; lieutenant ; agent de liaison du chef de corps. Décédé le 10.05.1915.

Goujeux Louis Félix, né le 12.03.1870 à Flavigny-sur-Ozerain dans la Côte-d’Or ; sous-lieutenant ; grièvement blessé le 09.05.1915. Décédé le 10.05.1915.

Hebbe Maurice Léon, né le 14.08.1895 à Gonesse en Seine et Oise ; sous-lieutenant ; grièvement blessé le 09.05.1915. Décédé le 22.05.1915 à Paris.

Sourbier Jean, né le 15.02.1877 à Duras dans le Lot-et-Garonne ; lieutenant ; grièvement blessé le 09.05.1915 dans le Pas-de-Calais. Décédé le 12.05.1915 à Paris.

 

 

Sous-Officiers du 2e Régiment de Marche du 1er Etranger décédés le 14.05.1915.

Alexy Edouard Alexandre, né le 16.11.1887 à Sopron, en Hongrie ; sergent ; tué à l’ennemi le 14.05.1915 à La Targette près de Neuville Saint-Vaast.

Laurent Ferdinand né le 20.01.1890 à Romilly-sur-Seine dans l’Aube ; sergent ; décédé des suites de ses blessures de guerre le 14.05.1915 à La Targette, près de Neuville Saint-Vaast.

Pont Jacques Pierre Louis Gaston, né le 18.01.1887 à Tarbes dans l’Aude ; sergent ; décédé des suites de ses blessures de guerre le 14.05.1915 dans l’hôpital d’Aubigny-en-Artois, près de Neuville Saint-Vaast.

 

Officiers du 2e Régiment de Marche du 1er Etranger tués le 16.05.1915.

Clermont Oscar Nicolas Odelin, né le 03.06.1878 à Verviers en Belgique ; sous-lieutenant ; tué à Givenchy-en-Gohelle.

Giulani Joseph, né le 02.11.1878 à Speloncato en Haute-Corse ; lieutenant ; tué à Souchez.

Guyard, sous-lieutenant ; blessé le 09.05.1915, atteint à la cuisse par un éclat d’obus ; tué au combat le 16.06.1915 dans le secteur de Givenchy en Gohelle, à Souchez.

Perrier, sous-lieutenant ; tué au combat à Souchez.

Verrier, né le 05.04.1883 à Paris ; sous-lieutenant ; disparu à Souchez.

Wetterstrom Charles Julius Andréas Christian, né le 26.10.1879 à Copenhague au Danemark; lieutenant chef d’une section de tirailleurs le 09.05.1915 ; promu capitaine ; tué dans le secteur de Givenchy en Gohelle, à Souchez.

Zizinia Jean, né le 19.09.1876 à Alexandrie en Belgique ; sous-lieutenant ; tué dans le secteur de Givenchy en Gohelle, à Souchez.

 

Sous-officiers du 2e Régiment de Marche du 1er Etranger tués le 16.05.1915.

Anastasiadis Minos, né le 15.01.1893 à Constantinople en Turquie ; sergent ; disparu le 16.06.1915 dans le secteur de Givenchy-en-Gohelle.

Barbero Venceslas, né le 28.09.1882 à Herrero-de-Suzo en Espagne ; sergent du 2e Régiment de Marche du 1er Etranger ; disparu le 16.06.1915 à Souchez.

Provias Nicolas, né en mars 1889 à Spartes en Grèce ; adjudant ; disparu le 16.06.1915 dans le secteur de Givenchy-en-Gohelle.

Thibauld, adjudant-chef ; tué par une rafale de mitrailleuse le 16.06.1915 à Souchez.

 

d’Allens, capitaine, commandant la 1ère compagnie du Bataillon D du 2e Régiment de Marche du 1er Etranger ; il participe aux combats du 9 mai 1915 dans le Pas de Calais.

 

Auger, capitaine, commandant la 3e compagnie du Bataillon D du 2e Régiment de Marche du 1er Etranger ; il participe aux combats du 9 mai 1915 dans le Pas de Calais.

 

Bernard, capitaine, commandant une compagnie du Bataillon A du 2e Régiment de Marche du 1er Etranger ; il participe aux combats du 09.05.1915, dans le Pas de Calais.

 

Blondlat, général, commandant la Division marocaine d’octobre 1914 à juin 1915 ; il la commande lors de la Bataille de l’Artois en mai-juin 1915. Commandant du 2e Corps d’Armée colonial du 21 juin 1915 au 27 octobre 1918.

 

Bouffe, capitaine, commandant la 3e compagnie du Bataillon B du 2e Régiment de Marche du

1er Etranger ; il participe aux combats du 9 mai 1915 dans le Pas de Calais.

 

Chapelle Paul Joseph, né le 18.09.1884 à Saint-Etienne-des-Sorts dans le Gard ; sergent de la compagnie de mitrailleuses du 2e Régiment de Marche du 1er Etranger ; blessé une première fois puis tué lors des combats du 09.05.1915 dans le Pas de Calais.

 

Collet, commandant, chef du Bataillon B du 2e Régiment de Marche du 1er Etranger ; lors des combats du 09.05.1915 à Neuville Saint-Vaast dans le Pas de Calais, il succède à son chef de corps, le lieutenant-colonel Cot à sa blessure.

 

Cot, lieutenant-colonel, nommé le 8 mai 1915 commandant du 2e Régiment de Marche du 1er Etranger ; blessé par un éclat d’obus lors de l’attaque du 9 mai 1915 ; puis colonel, nommé le 11 novembre 1915 commandant du R.M.L.E. Il quitte son régiment le 15 février 1917 pour prendre le commandement de la 70e Brigade d’Infanterie.

 

Cortade, chef de bataillon, commandant le Bataillon de Zouaves envoyé en appui du 2e Régiment de Marche du 1er Etranger le 09.05.1915 à Neuville Saint-Vaast dans le Pas de Calais.

 

Cros Marie Augustin Gaston, né le 06.10.1861 à Saverne en Alsace ; saint-cyrien de la promotion 1881-1883 ; lieutenant-colonel, chef de corps du 1er R.T.A. ; il commande le 5e R.T.A. en avril 1913 au Maroc ; il reprend le commandement du 1er R.T.A. en 1914 lors de son affectation à la Division Marocaine ; colonel le 15.09.1914 ; commandant la 2e brigade sur l’Yser puis sur l’Artois ; grièvement blessé le 09.05.1915 à Berthonval dans le Pas de Calais ; mort pour la France le 11.05.1915.

 

Daugan Marcel, né le 31.12.1866 à Rennes ; lieutenant-colonel ; nommé chef de corps du 4e Régiment de Marche de Tirailleurs en septembre 1914. Colonel, nommé commandant de la 1ère brigade de la Division Marocaine à la mort du colonel Pein du 9 au 14 mai 1915. Colonel, nommé Chef d’Etat-major du détachement de l’Armée de Lorraine le 18.01.1916. Général, commandant la Division Marocaine du 01.09.1917 au 23.01.1922. Général de division, commandant la 3e Région Militaire. Décédé en juin 1952.

 

Germann, capitaine, commandant la 1ère compagnie du Bataillon B du 2e Régiment de Marche du 1er Etranger ; il participe aux combats du 9 mai 1915.

 

Gallochin Lucien Hilaire, né le 02.01.1882 à Coligny dans la Marne ; lieutenant de la 1ère compagnie du Bataillon A du 2e Régiment de Marche du 1er Etranger ; il participe aux combats du 09.05.1915 dans le Pas de Calais ; tué au combat le 17.04.1917 à Val des Marais dans la Marne.

 

Guyard, sous-lieutenant du 2e Régiment de Marche du 1er Régiment Etranger ; grièvement blessé le 09.05.1915, atteint à la cuisse par un éclat d’obus,  dans le Pas-de-Calais : tué au combat le 16.06.1915 dans le secteur de Givenchy en Gohelle, à Souchez dans le Pas-de-Calais.

 

Junod Jacob Edouard, né le 03.02.1875 à Plainpalais en Suisse ; capitaine commandant la 2e compagnie du Bataillon D du 2e Régiment de Marche du 1er Régiment Etranger ; blessé lors des combats du 09.05.1915 à Neuville-sur-Vaast ; tué au combat le 29.09.1915 à Souans dans la Marne.

 

Leixlard, capitaine, commandant la 4e compagnie du Bataillon B du 2e Régiment de Marche du 1er Etranger ; il participe aux combats du 9 mai 1915.

 

Pein Louis Auguste Théodore, né le 30.06.1867 ; saint-cyrien de la promotion Tombouctou 1887-1889 ;capitaine ; chef de l’escorte de la mission scientifique géologique du professeur Flamand de l’Ecole supérieure des Sciences d’Alger ; le 29.12.1899, il hisse les trois couleurs sur la Kasbah d’In-Salah, après avoir repoussé une attaque des Ksouriens ; chef de corps du 2e Régiment de Marche du 1er Etranger en 1914-1915 ; colonel, commandant la 1ère brigade de la Division Marocaine en 1915 ; il dirige l’assaut de son ancien régiment sur les ‘’Ouvrages Blancs’’ le 9 mai 1915 ; décédé des suites de sa blessure le 10 mai 1915 à Arcq dans le Pas de Calais.

 

Pétain Philippe, né le 24.05.1856 à Cauchy-à-la-Tour dans le Pas-de-Calais ; saint-cyrien de la promotion Plewna 1876-1878 ; colonel, nommé le 03.08.1914 commandant de la 4e Brigade d’Infanterie en Belgique ; général de brigade le 31.08.1914 ; nommé général de division le 14.09.1914 à la tête de la 6e Division d’Infanterie sur la Marne ; nommé général de Corps d’armée le 20.10.1914 à la tête du 33e C.A. en Artois, notamment pendant la première phase de la bataille de l’Artois ; en juin 1915, il est nommé à la tête de la IIe Armée pour la deuxième phase de la bataille de l’Artois ; en poste lors de la bataille en Champagne en septembre 1915 ; vainqueur de la bataille de Verdun en 1916 ; nommé commandant en chef des forces françaises le 15.05.1917, il les conduit à la victoire en 1918 ; Maréchal de France le 21.11.1918 ; il intervient au Maroc pendant la guerre du Rif en 1925-1927 et il obtient la reddition d’Abd el-Krim ; général en chef des Armées françaises jusqu’au 09.02.1931 ; ministre de la Guerre en 1934 ; chef du gouvernement en juin 1940, il signe l’armistice avec l’Allemagne et l’Italie ; chef de l’Etat français à Vichy de juillet 1940 à août 1944 ; condamné à mort en 1945, sa peine est commuée par le Président Charles De Gaulle en détention perpétuelle à l’île d’Yeu ; mort le 23.07.1951 à Port Joinville sur l’île d’Yeu.

 

Rousseau, adjudant, sous-officier adjoint du Bataillon C du 2e Régiment de Marche du 1er Etranger ; tué le 08.05.1915 à Neuville Saint-Vaast dans le Pas de Calais, aux côtés de son commandant, le chef de bataillon Noiré.

 

de Sampigny, capitaine, commandant la 4e compagnie du Bataillon D du 2e Régiment de marche du 1er Etranger ; il participe aux combats du 09.05.1915 dans le Pas de Calais ; chef de bataillon, commandant le 1er bataillon du R.M.L.E. pendant les combats d’Auberive en avril 1917. 

 

d’Urbal Victor, né le 15.11.1858 à Sarreguemines ;saint-cyrien de la promotionPlewnia 1876-1878 ;colonel, chef de corps du 12e Dragons en 1906-1911 ; nommé général, commandant la 4e Brigade de Dragons le 24.06.1911 ; commandant la 7e Division de Cavalerie le 25 ?08.1914 ; commandant le 33e C.A. le 20.09.1914 ; commandant la 8e Armée en Belgique du 20.10.1914 au 02.05.1915 ; général du G.Q.G. ; commandant la 10e Armée du 28.02.1915 au 04.04.1916 ; il la commande lors de la bataille de l’Artois ; limogé le 04.04.1916 ; nommé inspecteur général de la Cavalerie le 08.04.1916 jusqu’au 01.06.1919. Décédé le 29.01.1943 à Paris.