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Le syndrome de l'imposteur, combien d'entre-nous se reconnaîtrons à travers ce petit mot. Faiblesse, comédie, jalousie, prétention, c’est tellement humain... Bonne lecture:


Une carrière sans accroc ne met pas toujours à l’abri 
des doutes et des craintes. Malgré leur réussite, certains 
individus demeurent persuadés d’être des imposteurs.
Lorsqu’il obtient un succès, un individu psychologiquement fort, a tendance à s’en attribuer spontanément le mérite. En cas d’échec, il n’aura pas de mal à incriminer la malchance ou une autre cause. A l’extrême inverse, certaines personnes, souvent parmi celles ayant réussi un parcours sans faute, ne parviennent pas à s’en trouver responsables. Expliquant leur réussite par la chance, leurs relations ou leur physique plaisant, elles ne croient pas à leurs mérites et pensent avoir usurpé leur succès.
Les personnes souffrant de ce trouble, qualifié par les psychologues de «syndrome de l’imposteur», ont souvent tendance à la dépression. Mais leur caractéristique est plutôt une anxiété générale liée à la peur permanente d’être démasquées, persuadées de renvoyer à leur entourage une image bien meilleure que ce qu’elles valent réellement. Inutile d’essayer de les convaincre du contraire. Loin de réconforter, les compliments peuvent avoir l’effet inverse. Félicité par son patron pour le gros contrat qu’il vient de décrocher, l’«imposteur» redoute de ne pouvoir faire aussi bien la prochaine fois...
Cette conviction d’être un mystificateur est le résultat d’une conscience exacerbée de ses propres faiblesses et d’une surévaluation des compétences des autres auxquels le sujet se compare souvent, sûr qu’ils sont plus intelligents que lui. Cette piètre estime de soi, cause et conséquence du sentiment d’imposture, entretient une boucle de rétroaction négative qui autoalimente le mal-être.
Face à un enjeu, certains «imposteurs» choisissent la stratégie de tout exagérer. Ils en font trop, trop de travail, trop d’efforts, trop de sacrifices destinés à augmenter les chances de réussir, pour finalement penser, en cas de succès, que celui-ci est dû à ce surcroît de travail. D’où la crainte de ne pas parvenir à faire aussi bien dans un futur immédiat. D’autres attendent la dernière minute pour s’y mettre, ou ne travaillent pas suffisamment.
Pas assez tôt ou trop tard, le résultat est le même : en cas d’échec, ils se sentent responsables, tandis qu’un succès serait une pure chance. Un cercle vicieux, dont il est difficile de sortir sans travailler au renforcement de l’estime de soi, ce qui, pour certains, nécessite le recours à un psychothérapeute. Mais vous pouvez vous exercer seul à reconnaître vos points forts, vos relations positives avec les autres et vos succès.
Et, à l’inverse, vous donner le droit de dire «je ne sais pas», de rater, de renoncer et même de décevoir. En découvrant qu’on survit aux succès et aux échecs, on ose enfin s’apprécier avec ses défauts, ses qualités, ses succès et ses échecs.

CM 

 

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