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Catégorie : Infos FSALE
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Incorrigible Christian… et ça ce n’est pas de la politique peut-être ? Accueillir à juste titre, mais seulement à juste titre, dans la communauté nationale ces jeunes  prêts à se donner à la France,  n’est-ce pas un geste politique fort ?  Et de surcroît, le décret leur est remis par un élu de la République. Lors de ma propre naturalisation à Calvi, j’ai reçu une copie de la ligne du Journal Officiel me concernant, imprimée sur une feuille de mauvais papier à l’aide d’une machine Ronéo à alcool, certifiée par le chef des services administratifs ! J’eusse aimé l’avoir reçue des mains d’un élu ou d’un chef. Ce n’était pas dans les mœurs.  Je l’ai trouvée parmi d’autres documents dans la case où les services administratifs déposaient le courrier des compagnies.

Ce fut celui qui était alors le benjamin des régiments Légion, le 6ème REG, qui est à l’origine de ce qu’il est convenu d’appeler maintenant une tradition. C’est Jean-Philippe Ganascia, alors chef de corps, aujourd’hui général en 2ème section, qui l’a créée avec l’amicale complicité du Maire de Laudun-L’Ardoise. Cela se passait dans la Salle d’Honneur régimentaire et le décret était remis par-dessus l’emblème régimentaire posé sur des faisceaux d’armes. Ce geste hautement symbolique, que certaines instances feraient bien de nous copier, s’est répandu et est maintenant une constante dans tous les régiments de Légion.

AM

Furtivement, la lumière du soir enveloppait d’une masse sombre la place d’armes du quartier, donnant un relief insolite à un événement très particulier qui s’y déroulait : un groupe de jeunes légionnaires se voyait remettre par les élus de la région, une copie du décret qui formalisait leur appartenance à la nation française.           

Ils avaient voulu être Français. Enfin, le bonheur d’être Français.

Charmé par l’inattendu de l’engagement de ces jeunes hommes, une question me venait à l’esprit :   que pouvait bien représenter la France pour eux, à l’heure où celle-ci est accusée, (par une partie de ses propres ressortissants), d’esclavagisme et de colonisation ?

Quelle image, quelle opinion pouvaient-ils avoir de l’histoire si ancienne de leur nouveau pays ?

Je ressentais, impulsivement, une sorte de frustration de ne pouvoir leur parler, m’adresser directement à eux - sans vouloir leur faire la leçon - mais simplement leur dire ce que représente la France pour bon nombre d’anciens légionnaires.

J’aimerai avoir l’occasion de leur dire que la France, c’est tout simplement : « Liberté, Egalité, Fraternité ».

Mais je leur dirais surtout que c’est la fraternité qu’on oublie !

En effet, si la liberté peut être instituée et l’égalité s’imposer, la fraternité dépend trop d’un sentiment de solidarité souvent mis aux oubliettes. Si la liberté et l’égalité sont opposées, du fait même que la liberté tue l’égalité et que l’égalité imposée tue la liberté, la fraternité elle, permet de maintenir la liberté en luttant contre les inégalités.

Aujourd’hui, le monde moderne se développe autour de sociétés en quête de bonheurs privés… de jouissances matérielles au détriment du bien être collectif. Horrible constat : « l’homme se fragilise de plus en plus ».

Espérons que ces naturalisés Français seront fiers de leur nouveau pays, et qu’ils sauront s’imprégner de l’esprit de leur famille d’adoption.

Qu’ils sachent aussi que leur nouvelle Patrie à une dette, une inextinguible dette : celle du prix du sang des combattants Français et étrangers qui ont lutté avec honneur et fidélité pour qu’elle reste libre.

La devise : « Legio Patria Nostra » fait de la Légion une fille de la France, qui sait intégrer ses anciens serviteurs, libres, égaux et fraternels. Cette fraternité qui, ailleurs fait souvent défaut, est bien concrète pour les pensionnaires de Puyloubier et d’Auriol. En effet, ils se partagent deux Institutions, deux maisons qui leur évitent toutes dérives, conséquences inévitables du désœuvrement.   Nous avons fait nôtre, depuis le centenaire de la création de la Légion, la préoccupation   d’aider fraternellement et d’héberger en communauté, les plus démuni d’entre nous. Un élan généreux qui se précise et s’affirme encore de nos jours et qui ne s’arrêtera qu’avec la disparition du dernier d’entre nous. La Légion  est toujours à l’heure, sinon en avance, dans beaucoup de domaines mais au pas Légion à 88 pas minute...

Bienvenue chez vous jeunes gens.

CM