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Prédilection ?

Voilà notre ami Christian dans un de ses hobbies de prédilection : la bande dessinée. J’épouse totalement le point de vue qu’il expose ci-après, tant il me semble vrai qu’il se dégage de beaucoup de bandes dessinées comme une philosophie de la vie qui fait penser aux fables de monsieur de La Fontaine. Le Rantanplan bien connu me fait invariablement remémorer le chien de Jérôme K. Jérôme,   protagoniste du « 3 hommes sur un bateau, sans compter le chien ». Ce chien-là analyse le comportement de trois amis qui passent, ensemble, des vacances à bord d’un bateau sur la Tamise.

Mais Christian, comme quand il aime il ne compte pas, ne pouvait  se contenter  d’aimer la BD, non, il s’est impliqué très activement en créant des BD lui-même avec la complicité de notre camarade Perez-Y-Cid pour le « coup de crayon » qui semble facile mais qui… ne l’est pas tant que ça, car la finesse du scénario doit s’appuyer sur un dessin explicite, par lui-même. C’est une gageure que de combiner les deux.  Dans ce domaine   nos amis Belges excèllent. Je reste néanmoins plus attaché au style de BD’s auxquelles fait allusion notre ami, plutôt qu’à celui très moderniste qui envahi maintenant les librairies spécialisées. Si la qualité du trait est d’un très haut niveau, le style a cessé d’être bonhomme, pour servir parfois de véritables scenari guerriers. Donnez-moi du Iznogoud et du Tintin plutôt que tous les Cromwell du monde. Alors Christian, c’est  pour quand la prochaine ?

AM

Depuis mon enfance, je reste un inconditionnel de la “Bande Dessinée”. La BD est capable, en trois mots et deux coups de crayon, d’exprimer pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien, s’il faut mourir ou vivre et si vraiment la vie à un sens. Un bon album inspiré permet de contracter et de dilater la vie de son héros à l’image d’un accordéon, il trouve ses propres chemins vers des questions que l’on pourrait croire réservés à la philosophie. Monde de rêves et de fantasmes, d’absurde et de non-sens, c’est autant d’images qui permettent au dessin d’offrir de vraies angoisses existentielles.

Charles Schulz déclarait son amour pour les “Peanuts” et sa reconnaissance envers ces “poètes de l’enfance, ces enfants tel “Charlie Brown” qui nous touchent de près parce qu’ils sont, en un certain sens: des monstres. Le mot est lâché, nous sommes en présence d’une monstrueuse présentation enfantine de toutes les névroses d’un citoyen moderne de notre civilisation. Tout y est, la lutte frustrée pour le succès, la quête de sympathie, la solitude, l’arrogance, le consentement passif et la protestation névrotique. Tous ces éléments ne sortent pas de la bouche d’innocents mais sont bien des pensées restituées après avoir traversé le filtre, précisément, de l’innocence.

Le monde des “Peanuts” est un microcosme, une comédie humaine, en deux coups de crayon, la version de la condition humaine est étalée sans concession, dans sa pure réalité. Julien Baggini, philosophe, résume ce genre de “BD”: “La réalité de Charlie est celle d’une abstraction qui aurait capturé l’essence de la vie réelle, non pas celle d’un homme particulier et réel dans lequel nous voyons notre propre reflet”.

J’aime beaucoup aussi le savant “Cosinus” de Christophe, ah! Ce sacré Cosinus, résolu à parcourir le monde pour y apporter la civilisation et qui se révèle incapable de quitter Paris. Cet ancêtre du professeur Tournesol instille malicieusement le chaos dans la marche triomphale du déterminisme scientifique. Cosinus installe la figure d’un savant distrait, un peu fou. Une série d’expérimentations ratées, propre à rassurer le commun des mortels.

Le monde de la BD, à mon avis est essentiellement philosophique puisqu’il doit réfléchir et présenter la réalité mieux que les fictions réalistes. Ce n’est pas une coïncidence si la plupart des productions culturelles, les plus perspicaces sont des dessins comiques.

Pour attirer votre attention et peut-être votre intérêt, je souhaite parler du célèbre chien de Lucky Luke. Boris Cyrulnik qui a développé le concept de la “résilience” fait l’éloge de Rantanplan: “Pauvre Rantanplan! Tout le monde le prend pour une demi-truffe. Tout le monde sauf Cyrulnik qui, au nom d’une vérité que notre culture dont on a fétichisé la parole, tend à perdre de vue que les mots ne doivent pas être dissociés de la perception, ni coupés de la réalité sensible.

Ainsi Cyrulnik précise qu’avec sa manière de penser, notre chien célèbre présente: “l’humour surgit du contre-sens entre les valeurs canines et les valeurs humaines. Rantanplan a-t-il raison de raisonner, de réfléchir en termes d’images plutôt qu’en mots ? A la vérité, je pense que notre culture a surcôté la parole au point même de l’utopiser”… et de préciser: “lorsque le bébé pointe du doigt un biberon, il sait qu’il va manipuler le monde mental de sa mère pour l’obtenir”.

Il confirme: “J’ai eu l’occasion de discuter avec des racistes qui rentraient d’une ratonnade. Heu-reux. Ils avaient fait la fête, ils avaient cassé la gueule à un “bougnoule”, c’était une bonne journée. Ils répondaient à une représentation coupée du réel sensible. C’est à dire que ce “bougnoule”, s’ils avaient travaillé avec lui, ils auraient pu être copains. Ils ne répondaient pas à la perception de “bougnoule”, ils répondaient à la représentation du “bougnoule”, qui vient prendre notre travail, violer nos femmes, être délinquant, etc…” Ils étaient dans un monde totalement logique, créé par la parole. Quelle que soit la cible, les noirs dans les récits du Ku Klux Klan, par exemple, ce sont toujours présentés dans les mêmes récits, dissociés et coupés de la perception.

Voilà ce sur quoi nous alerte Rantanplan. Pas mal non ?

La BD, le meilleur moyen de faire de la philosophie, non-sens de la vie à l’anglaise, c’est à dire d’une forme d’humour qui échappe à la définition, emprunte à l’absurde sans s’y laisser emprisonner et qui, dans tous les cas nous invite à sourire. De quoi donner un sens à la vie.

A suivre…

CM

 

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