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Juillet-Août 1955 : la Légion face aux émeutiers au Maroc.

 

Juin 1955 : au Maroc, le général Raymond Duval dispose de 45 000 hommes dont quatre R.T.M. de la 22e D.I., deux R.T.S., quatre régiments de cavalerie blindée, quatre groupes d’artillerie, deux tabors et 26 goums ; il a le renfort d’un régiment de paras, le 6e R.P.C. du lieutenant-colonel Romain-Desfossés, et d’un régiment de la Légion, le 4e R.E.I. du colonel Boreill, le Régiment du Maroc ; croyant à tort au loyalisme des tribus berbères, le général refuse une division de renfort.

 

15 juillet 1955 : au Maroc, de sanglantes émeutes, lynchages et pillages éclatent dans la Médina de Casablanca où l’odeur des incendies se répand dans la ville ; des fusillades et des rafales d’armes automatiques sont entendues jour et nuit ; le pillage des magasins et des dépôts s’organise.

·       Sur un télégramme de Rabat à Fès, en quelques heures, les deux bataillons de la réserve générale du général Duval sont sur place, tous moyens réunis. La Légion occupe les points sensibles de la Médina ; elle transforme les terrasses des immeubles les plus hauts en observatoires, contrôle la circulation, pourchasse les émeutiers. Le général Duval est sur le terrain, accompagné du commandant de la réserve générale. Il parcourt en Jeep les ruelles les plus étroites, visite les points où la Légion est au contact avec les émeutiers ; souvent il encourage les légionnaires d’un geste de confiance.

·       Devant l’importance des moyens déployés en un temps record et la détermination des légionnaires et des chefs responsables, les émeutiers comprennent qu’ils vont à l’échec et regagnent les bleds dont ils sont venus.

·       En quelques jours, Casablanca a retrouvé son calme. Les affrontements entre Européens et Marocains font 9 morts. Le général Duval reste cependant inquiet :  le 4e R.E.I. intervient jusqu’à fin août.

 

20 août 1955 : massacres au Maroc.

·       A la date anniversaire de l’exil du Sultan, des flambées de terrorisme éclatent dans le Tadla et dans plusieurs villes au Maroc, avec une révolte furieuse dans la ville des mines d’Oued-Zem, à 120 kilomètres au Sud-ouest de Casablanca, avec 13 000 habitants dont 1 500 Européens.

·       Cinq à six mille rebelles descendent des montagnes boisées, au nord d’Oued-Zem, dans la journée du 19 août et dans la nuit du 19 au 20 août. Ils envahissent la Médina à l’aube du 20 août, pendant que des cavaliers encerclent la ville et abattent les poteaux téléphoniques sur les routes qui y conduisent. Les insurgés s’encouragent les uns les autres, et se lancent dans des massacres concertés. Des ingénieurs et cadres européens sont massacrés : uniquement parmi les Européens, 77 morts sont dénombrés ; les insurgés mutilent les cadavres, incendient et pillent sur leur passage.

·       Avec un courage désespéré, soutenus par un commando d’une trentaine d’hommes, les Européens font face, armés de fusils et d’armes automatiques du contrôle civil. Ils tiendront jusqu’à l’arrivée de la Légion.

·       Des familles entières de colons sont égorgées à Kasbah Tadla : plus de 50 Européens dont 15 enfants sont assassinés par des bandes fanatisées de la tribu des Smalas ; 40 civils sont tués dans d’autres localités dont 14 à Aït-Amar ; à Khénifra, encerclée par les tribus zaïans, trois Européens sont tués ; des assassinats de Marocains fidèles à la France sont perpétrés à Khemisset, Casablanca, Mazagan, Safi et Mogador. 40 Marocains sont tués avec une soixantaine de blessés. Quatre journalistes, roulant vers Casablanca, sont assassinés.

·       Le général Duval lance sa réserve générale constituée par les deux bataillons du 4e R.E.I.

·       C’est l’opération Képi Blanc.

·       Le 2e bataillon du 4e R.E.I., alerté dans la matinée, débouche à onze heures dans les rues de la ville d’Oued-Zem. C’est la fin du drame. Quelques combats se poursuivront dans l’après-midi mais le gros des émeutiers s’est enfui tous azimuts vers les montagnes d’où ils venaient.

·       Les légionnaires du 4e R.E.I. et les parachutistes du 6e B.P.C., renforcés par le 93e R.I., soutenus par l’aviation, repoussent les assaillants ; puis ils pénètrent dans la montagne ; l’action se poursuit jusqu’au 7 septembre, très durement, pour tenter d’arrêter ce déferlement de haine. Les rebelles subissent des pertes sévères et demandent l’aman.

·       Il y a au total 9 morts dans les forces de l’ordre et cent émeutiers abattus.

 

22 août 1955 : l’avion du général Raymond Duval, pris dans un vent de sable, s’écrase à 10 kilomètres du terrain d’aviation d’Oued-Zem où l’attendaient le général Leblanc, son adjoint, et le commandant de la réserve générale, le colonel Borreill. Le général Duval revenait de Khénifra où la 1ère compagnie portée du 4e Etranger avait pu, non sans mal, rétablir l’ordre dans les régions montagneuses à l’ouest de Khénifra.

·       Durant son commandement à la tête des troupes françaises au Maroc, le général Raymond Duval, qui voue toujours un véritable culte à la Légion, s’est intéressé tout particulièrement à la vie et aux activités du 4e Etranger, son ancien régiment.

A Oued-Zem, les légionnaires et les parachutistes ont finalement pu rétablir l’ordre rapidement ; habitués à maîtriser le feu de leurs armes, face à une foule d’émeutiers, malgré les réactions violentes devant les massacres monstrueux perpétrés par les émeutiers, ils ont fait preuve de modération, sauf face aux tueurs.

Jean Balazuc P.P.P.P.

Sources principales.

L’Algérie, l’œuvre française de Pierre Goinard.

Histoire de la France en Algérie de Pierre Laffont.

L’adieu de Paris-Match N°2758.

La Guerre d’Algérie du capitaine Pierre Montagnon.

Le temps des léopards d’Yves Courrière.

La Guerre en Algérie de Georges Fleury.

La Légion, Grandeur et Servitude N° spécial d’Historama de 1967.

Les paras. N° spécial d’Historia de 1979.

Le Journal des Combattants.

La Voix du Combattant de l’U.N.C.

Le 4e Etranger de Philippe Cart-Tanneur et Tibor Szecsko.

Borreill François, lieutenant-colonel ; nommé commandant du Bataillon Français de l’O.N.U. en Corée en décembre 1951 ; colonel, chef de corps du 4e R.E.I. à Fès du 1er avril 1955 au 31 mars 1957 ; il termine sa carrière militaire comme général.

Duval Raymond, né le 19.09.1894 à Montpellier ; commandant la division territoriale de Constantine du 08.03.1945 au 23.11.1945 ; il lance un avertissement au gouvernement français : ‘’Je vous ai donné la paix pour dix ans’’ ; sans suite ; commandant les Troupes françaises en Tunisie du 23.11.1945 au 09.11.1949 ; commandant supérieur des Forces Françaises au Maroc du 09.11.1949 au 22.08.1955 ; général d’armée, Grand-Croix de la Légion d’Honneur ; mort pour la France dans un accident d’avion au Maroc, qui s’est écrasé dans les méandres de l’oued Chkef N’Goub, dans le Tadla le 22.08.1955.

 

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