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AALE d'Aubagne: Photos commémoration du centenaire 14/18

AALE d'Aubagne: Photos commémoration du centenaire 14/18

Mieux qu'un long discours, la commémoration du centenaire de l'Armistice en photos:

AALE de la Loire: 10 et 11 novembre 2018 à Aurec sur Loire

AALE de la Loire: 10 et 11 novembre 2018 à Aurec sur Loire

  Tout avait commencé dès l’an 2017 par la volonté de monsieur Claude Vial, maire d’Aurec-sur-Loire (Haute Loire) qui souhaitait donner une résonnance particulière à la célébration du centenaire de…

Major (er) Hubert Midy: Après guerre pour le RMLE

Major (er) Hubert Midy: Après guerre pour le RMLE

  APRES GUERRE POUR LE RMLE    - FIN  DE  LA  GUERRE  1914/1918.    - DE LA LORRAINE EN ALLEMAGNE  ET  DE L’ALLEMAGNE  AU MAROC.          …

"la Maison du légionnaire à ses Morts"

"la Maison du légionnaire à ses Morts"

  Cérémonie du 2 novembre 2018 au carré Légion du cimetière d’Auriol

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Le comité social de gauche à droite:

Adjudant (er) Bernard Dupuis - Colonel (er) Jean Habourdin - Madame Evelyne Arnoud - Madame Guillemette de Sairigné - général (2s) Rémy Gausserès - Médecin-général (2s) François-Marie Grimaldi - Monsieur Denis Fauconnet -

Manque sur la photo: Monsieur Jean Busnot excusé.

 

 

Réunion du comité social au siège de la Fédération ce mardi 28 mars 2017.

Parmi les missions que s’est imposées la Fédération, une des plus importantes est celle d’activer une action solidaire envers  tous ceux qui sont en difficultés et qui demandent de l’aide.

Principal acteur de cette solidarité, le comité social qui se réunit au début de chaque trimestre et décide des actions à mener après étude des dossiers présentés. Un constat s'impose: pour rester opérationnel, le comité est tenu d'afficher une constante évolution, ainsi quatre axes majeurs permettent une réelle efficacité:

  • Prévenir l’isolement en renforçant le lien social.
  • Aider et accompagner ceux qui sont en difficulté dans toutes leurs démarches administratives ou autres.
  • En liaison avec Denis Fauconnet, contribuer à l’insertion professionnel.
  • Assurer en complément avec la Légion d’active le soutien aux hospitalisés.

Dans l’urgence, un comité restreint est sollicité afin de répondre rapidement à la demande. Au bilan, chaque année la FSALE accorde l’essentiel de son budget à l’action sociale soit près de 120 000 €.

Comme pour l’accueil-placement des jeunes anciens légionnaires, la solidarité légionnaire avec l'action sociale n’est pas un vain mot et pourtant, rien ne serait possible sans le concours des Amicales, acteurs principaux de cette belle action généreuse de la Légion des Anciens.                                                                         

 

Les annonces de décès subissent la “loi de série”, un malheur ne vient jamais seul, une situation trop souvent constatée: celle d’une réaction en chaine, un avis de décès précède un autre… et … un autre…

Il est bien évident qu’il est indispensable qu’une communauté comme la nôtre puisse annoncer la disparition d’un de ses membres, nous avons à ce sujet une rubrique dans le site de la FSALE: “le Carnet”.

Il est très délicat de marquer des différences concernant les annonces de décès: “ Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir”, cette citation de Jean de la Fontaine fait malheureusement loi et il en est ainsi pour tout ce qui touche l’information en général.

Une ultime précision s’impose: lors de vos annonces de décès pensez SVP à joindre une photo, actualisée ou non, du décédé.

En ce qui concerne le carnet familial de “Képi Blanc”, chacun est libre de faire l’annonce au journal; seule obligation: être abonné.

Merci de votre compréhension.

 

Info/Com

Alain David: "Voici comment nous allons procéder !"

 

Pour la deuxième année, la Fédération des Sociétés d’Anciens de la Légion Etrangère (FSALE) a organisé le vendredi 17 mars 2017, avec le soutien du Bureau des Anciens et Reconversion de la Légion Etrangère (BARLE), une “Rencontre pour l’Emploi” au profit des anciens légionnaires.

Dans une période difficile, armée d’outils spécifiques, cette prestation permettait aux anciens légionnaires d’avancer dans leur démarche à la recherche d’un emploi.

 

Accueil des anciens légionnaires, pas facile "sentinelle oblige"...

 

Au bilan de la journée:  41 anciens légionnaires se sont présentés et 10 entreprises participaient pour un résultat concrétisé par 15 embauches réalisées sur place.  Par la suite de nombreux emplois étaient proposés via le bureau de la FSALE.

 

Entente très cordiale...

 

La FSALE accompagnée par le BARLE, a une nouvelle fois concrétisé une des principales missions qu'elle s'est imposée: "l'accueil et le placement des anciens légionnaires". Une bonne opération auxquelles 10 entreprises participaient intéressées à embaucher des anciens légionnaires dans de nombreuses spécialités touchant la sécurité, le gardiennage de résidence et du transport.

 

Ultime vérification !

 

Une belle démonstration qui fait montre une fois de plus que rien n'est impossible dès l'instant qu'une volonté s'enhardit de générosité et de pugnacité. Une fois de plus la solidarité légionnaire ne saurait n'être qu'un vain mot.

Un grand bravo à tous les organisateurs volontaires qui ont apporté un vrai savoir faire pour la réussite de cette belle rencontre.

 

 

"Vous comprenez, mon Commandant ?"

 

Préparation du Curriculum Vitae et de la lettre de motivation

 

Anecdote: Un jeune ancien légionnaire est venu de Moscou pour assister à cette rencontre.

 

Cliquez sur le lien ci-après: https://madmagz.com/magazine/821142

 

L’Assemblée Générale ordinaire annuelle de l’AALE 33 (Bordeaux-Gironde) a eu lieu le dimanche 22 janvier 2017 en présence des membres actifs et sympathisants de l’amicale.

C’était aussi l’occasion, devant le monument aux morts de la ville du bouscat (33), pour Manuel Rodrigues de Oliviera de recevoir la médaille militaire.

La journée continua avec la traditionnelle fête des Rois.

 

 

Non, je n’aspire pas au grade de Général. Plus terre à terre, je veux vous parler de mes pèlerinages à SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE, car COMPOSTELA se traduit par champ des étoiles. Je veux aussi vous parler de mes treks (n’en déplaise aux puristes de la langue française, trek est une marche en haute montagne) dans l’Himalaya, dans les Andes ou dans les Cévennes, tout près des étoiles :

Juin 1991 : Je prends la retraite avec le grade de Lieutenant-colonel, bénéficiant de l’article 5 (donc avec la retraite de Colonel).

Je reste encore un an dans mon affectation pour finir un projet.

Puis, avec mon épouse Heidi et ma fille Nathalie,   nous nous installons dans notre petite maison dans l’arrière-pays de MONTPELLIER. Nous avions fait construire ce pavillon, alors que j’étais jeune Lieutenant (avec les moyens d’un jeune Lieutenant) pour avoir un pied-à-terre en France entre deux mutations.

Heidi retrouve rapidement un travail intéressant.

Je m’investis dans l’agrandissement de notre terrain et de notre maison : construction d’une annexe indépendante avec deux chambres et une salle d’eau, d’une piscine, de deux vérandas, d’un atelier de travail, d’un garage, d’une cuisine d’été et de suite. Je raccorde les eaux usées, refait la clôture, installe un arrosage automatique et fournit les voisins en fruits et légumes de mon jardin.

Je n’ai jamais exercé le moindre métier manuel. Mais, je mets un point d’honneur à faire tout moi-même et seul. Devenu expert, j’aide bénévolement mon frère et mes voisins pour leurs petites constructions (six portails dans le village portent ma signature).

Je donne des cours de langue à l’EAI.

J’adhère à l’amicale des anciens légionnaires de NIMES.

J’assiste à chaque commémoration de CAMERONE (pendant l’époque bénie où le COMLE invitait encore les officiers képi blanc).

J’anime le club de randonnée dans mon village.

Je vérifie les comptes de notre copropriété dans les Alpes.

Je cours, je marche, je skie.

Nous voyageons peu, car c’est la 1° fois de notre vie que nous sommes dans nos murs et nos meubles. Et nous y sommes bien.

Bref, je mène la vie tranquille d’un retraité banal.

 

2002 : J’ai 63 ans. Tout bascule. Je souffre d’une sciatique paralysante et suis opéré d’urgence. Après 17 mois de convalescence, je ne peux plus pratiquer mes sports favoris, à savoir la course à pied et le ski. Une fracture du pied, une phlébite et quelques coliques néphrétiques m’achèvent et m’ôtent toute confiance en mes facultés physiques. Pour me ressaisir, un pèlerinage à SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE s’impose.

Octobre 2003 : Pour tester notre résistance, mon épouse Heidi et moi décident de faire le « Cœur de Gascogne », un circuit de 165 km en 6 jours dans le Gers. Mon frère qui habite la région, assure le soutien logistique. Une partie du circuit suit le chemin du PUY EN VELEY, entre LECTOURE et CONDOME, emprunté depuis 11 siècles par les pèlerins.

Août 2004 : Notre premier pèlerinage nous conduit de RONCEVALLES à SANTIAGO DE COMPOSTELA sur le CAMINO FRANCES (chemin français) en passant par BURGOS et LEON. Nous marchons 760 km en 28 jours avec un sac de 15 kg chacun. Nous logeons dans des auberges de pèlerin, puis dans des pensions ou chambres d’hôte.

Heidi a des ampoules dès le 1° jour. Je souffre d’une tendinite dans la jambe droite. Une vieille blessure à l’épaule gauche se rappelle à mon bon souvenir et me force de porter le sac sur une épaule en fin de parcours.

Coupés de nos racines et hors du temps, nous retrouvons les valeurs essentielles de la vie. Nous avons suivi à la lettre les recommandations du parfait pèlerin (déposer une pierre de notre maison au CRUZ DE FERO, assister à la messe du pèlerin dans la cathédrale de SANTIAGO, valider notre effort par l’attribution du certificat de pèlerin en latin), mais la dimension spirituelle du pèlerinage nous a pas touchés. Par contre, pendant plusieurs mois, nous avons ressenti une sérénité d’esprit à toute épreuve et un détachement des valeurs matérielles.

Octobre 2005 : Nous effectuons un trek de 12 jours au Népal. Des porteurs acheminent le gros de nos bagages. Nous mangeons et dormons dans des Lodges rudimentaires.

Notre circuit part de POKHARA (altitude 820 m), emprunte les terribles escaliers d’ULLERI (500 m de dénivelé positif sous forme de marches naturelles) et nous conduit pour un lever du jour face à l’ANAPURNA sur le POONHILL (3.193 m). Nous descendons vers TATOPANI (1.0190 m) pour suivre la vallée du KALI GANDAKI jusqu’à MUKTINATH (3.800 m). Puis, nous retournons vers JOMSOM (2.710 m), juste avant les premières chutes de neige. Le KALI GANDAKI est la vallée la plus encaissée du monde, entourée de tout part par des sommets de plus de 7.000 m. MUKTINATH est un lieu de pèlerinage hindou. Pendant le trek, nous étions totalement coupés de la civilisation. En dehors de l’hélicoptère, aucun engin motorisé ne peut emprunter ces sentiers.

Septembre 2006 : Riche de notre expérience népalaise, nous programmons deux treks au Pérou.

Après 60 heures de voyage en avion et en car, entrecoupé de 12 heures de sommeil, nous effectuons un trek d’acclimatation dans la cordillère blanche à HUAYPAN au Nord de LIMA.

Le lendemain, nous entamons notre 1° trek qui cumule à 4.750 m au col de PUNTA UNION. Nous marchons pendant 4 jours et couchons sous la tente. Nos bagages sont portés par des mulets.

Après quelques visites touristiques, nous marchons une journée sur les bords du lac TITICACA à 3.810 m.

Le 2° trek nous conduit de CUZCO (capitale de l’empire inca) à OLLANTAYTAMBO (près du MACHU PICCHU) à travers la cordillère VILCABAMBA. Nous franchissons 4 cols entre 4.000 et 4.700 m en 4 jours.

Le manque de sommeil initial, l’altitude (12 jours entre 3.500 et 5.000 m), l’amplitude thermique (-12° à +30°) et atmosphérique (0 à 5.000 m), les chocs climatiques (mer, désert, haute montagne, forêt tropicale) et le relief accidenté ont mis nos organismes à rude épreuve.

Octobre 2007 :Nous reprenons le chemin de SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE par le CAMINO DEL NORTE (chemin côtier). Partant d’HENDAYE, nous traversons BILBAO et SANTANDER. Après 14 jours de marche et 300 km de distance, à travers une très belle région, mais dans des conditions climatiques épouvantables, nous nous arrêtons à RIBADESELLA. Heidi souffre d’une inflammation des cervicales et ne peut plus porter son sac. Nous nous promettons de reprendre le chemin en 2008 pour arriver le 17.09., journée d’anniversaire de mon épouse, à SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE.

Février 2008 : Nous partons pour la Patagonie. Au programme : 3 treks légers.

Après un vol retardé de 24 heures, nous partons dans la foulée pour notre 1° trek dans le parc national de LAPATAIA, près d’USHUAIA, à 180 km au Nord du Cap Horn. Un tampon dans notre passeport témoigne que nous étions à la FIN DEL MUNDO.

Quelques journées plus tard, nous sommes à PUERTO NATALES au Chili pour visiter le parc national de TORRES DEL PAINE (tours de PAINE). Un trek de 19 km et de 1.000 m de dénivelé positif sur une moraine nous conduit au pied des TORRES DEL PAINE. Les trois tours s’élancent sur plus de 1.000 m à la verticale vers le ciel. A leur pied, un glacier se jette dans un lac de couleur émeraude, saupoudré d’icebergs. Dans ma vie de globetrotteur, je n’ai jamais vu un si beau spectacle.

Nous retournons à EL CALAFATE en Argentine pour escalader le glacier PERITO MORENO.

Puis, nous continuons vers EL CHALTEN, au pied du FITZ ROY (3.405 m), paradis des randonneurs du monde entier. Notre premier trek s’arrête sur le glacier de cette montagne (18 km, + 900 m). Le lendemain, nous allons au LAGO TORRE, au pied du CERRO TORRE, pour admirer les icebergs.

Le voyage se termine par une traversée en bus de la Patagonie sur la mythique route 40 jusqu’à la presqu’île de VALDES dans l’océan atlantique.

Mai 2008 : Heidi décède brutalement. Le monde s’écroule. Comme Job, j’ai mal à la vie. Terminer notre projet commun sur le CAMINO DEL NORTE s’impose naturellement.

Septembre 2008 :Je parcours 380 km en 14 jours, dont deux étapes de 40 km. Partant de RIBADESELLA, je passe par GIJON et RIBADEO pour arriver le 13.09. à SANTIAGO. En attendant l’anniversaire de Heidi, je m’installe à NOIA, paisible port de pêche à 50 km de SANTIAGO. Je me « lie d’amitié » avec SANTA DOLORES, dans l’église SAN MARTIN. Elle m’aide à accepter l’inacceptable. Enfin, je suis devenu pèlerin dans le sens spirituel du terme.

Août 2009 :Comme l’an passé, je veux me recueillir à SANTIAGO pour l’anniversaire de Heidi. Cette fois-ci, je choisis le CAMINO CLASSICO. Je parcours 80 km en 3 jours d’HENDAYE à DEBA en passant par SAN SEBASTIAN. Je n’ai pas pris en compte que cette région touristique est surpeuplée pendant cette période. Je ne trouve pas à me loger et dois faire moult détours. Finalement, j’abandonne.

Octobre 2009 :Je reprends mon périple à OVIEDO. Je passe par LUGO et MELIDE. Après 270 km en 12 jours, j’arrive à SANTIAGO.

En franchissant la cordillère CANTABRICA, dans les nuages, je compose mon 1° poème en français : La complainte du pèlerin.

Avril 2010 : 2010 est une année jacquaire. Le pape Benoit XVI a manifesté son intention d’aller à SAINT JACQUES à cette occasion. Il y aura donc foule de pèlerins sur tous les chemins. Alors, je décide de marcher en France et de me rendre en voiture en Espagne pour l’anniversaire de Heidi.

Je marche du PUY EN VELEY jusqu’à CAHORS, soit 340 km en 14 jours. Je rencontre le soleil, la pluie et la neige sur le plateau de l’AUBRAC.

Septembre 2010 : Je fais un aller-retour en voiture à SANTIAGO. Je me ne sens pas à ma place comme simple touriste dans la foule de pèlerins.

Novembre 2010 : Je dois me faire implanter une prothèse dans la hanche droite.

Avril 2011 : Je marche de CAHORS à LECTOUR, soit 120 km en 5 jours. A CASTET ARROUY, mon genou gauche me lâche. Je dois rentrer.

Septembre 2011 :Avec une hanche neuve, des genoux lubrifiés et des semelles orthopédiques, je reprends mon chemin à LECTOUR. 12 jours plus tard et 250 km plus loin, j’arrive à SAINT JEAN PIED DE PORT. Ce périple m’inspire le poème « Sur le chemin de SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE ».

Je rentre en train et pars le lendemain en voiture à SANTIAGO pour honorer l’anniversaire de Heidi.

Octobre 2011 : Je subis une opération d’un cancer fréquent chez les hommes de mon âge.

Avril 2012 : Robert Louis STEVENSON, auteur écossais de « L’île au trésor », a parcouru les Cévennes du PUY EN VELEY à ALES. Ayant goûté à quatre reprises aux joies des chemins de SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE, je décide de suivre ses traces sur un parcours réputé difficile.

Je marche pendant 5 jours et parcours 100 km. A LUC, la neige tombée en abondance me force à l’abandon. Cette marche solitaire m’a inspiré le poème « Le chemin de STEVENSON ».

Septembre 2012 : Cette année, j’irai à SANTIAGO, la douleur aux jambes et l’espoir au cœur. Je marcherai avec Martine, une fringante pèlerine rencontrée sur le chemin en 2011 qui m’accompagne depuis dans ma vie. Elle veut terminer le tronçon LEON – SANTIAGO qui lui manque.

Nous parcourons 320 km en 13 jours sur le chemin français. Je suis dans la cathédrale de SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE pour l’anniversaire de Heidi.

Avril 2013 :Martine et moi voulons partir de sa maison dans le Lot et Garonne, rejoindre la voie du littoral, ouverte depuis peu, puis continuer par le chemin côtier en Espagne jusqu’à SANTIAGO.

Voulant assister à tout prix à la cérémonie de Camerone, où le Général GUIGNON, mon père spirituel à la Légion, porte la main du Capitaine DANJOU, notre fenêtre de tir se réduit à 7 jours.

Nous parcourons 170 km pour arriver à YCHOUX, à quelques kilomètres de la voie du littoral.

Septembre 2013 :Nous reprenons notre chemin à travers les Landes et marchons pendant 8 jours sur un parcours particulièrement difficile. Après 180 km, mon genou gauche se bloque. Je rejoins SAINT JEAN DE LUZ en taxi. C’est fini. Mon poème sur « Le chemin de SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE dans les Landes » est plutôt amer.

Avril 2014 : Je suis à nouveau sur le Chemin de STEVENSON à LUC. Je parcours 90 km en 3 jours. Le dimanche de Pacques, j’arrive à FLORAC, après 10 heures de marche épuisante, sous une tempête de neige au Signal de BOUGES (1.421 m). Je me résigne à un 2° abandon.

Novembre 2014 : Je me fais opérer du genou gauche.

2015 : Entretemps, j’ai 76 ans. Dans toute ma vie, je ne suis jamais resté sur un échec. Si Dieu le veut, je reprendrai donc cette année les chemins de SAINT JACQUES et de STEVENSON.

Wolf ZINK

 

Ouverture de la séance par le président l'adjudant-chef (er) Yvan Baus

 

Sous un ciel maussade, mais le cœur léger et heureux de se retrouver, les 25 adhérents et 17     sympathisants de l’amicale des anciens de la Légion Etrangère du Gers se sont réunis pour leur assemblée générale ordinaire annuelle au golf d'Ambats à Auch où elle a maintenant ses habitudes. A l’issue du café d’accueil, le président l’adjudant-chef (er) Yvan Baus a ouvert la séance et avant de dérouler l’ordre du jour s’est félicité de la présence de lieutenant-colonel (er) Jean-Louis Lemmet délégué régional de la fédération des sociétés d’anciens de la légion étrangère (FSALE). Après une minute de silence en l’honneur de nos morts, il a présenté un bilan exhaustif des activités importantes de l’amicale au cours de l’année 2016. Puis le trésorier l’adjudant-chef (er) Daniel Fassi et la secrétaire madame Marie-France Le Bagousse-Baus ont fait un point de situation complet des finances, apprécié sans restriction par le contrôleur aux comptes l'adjudant-chef (er) Jean-Pierre Dubois. Le quitus a été voté à l’unanimité.

Le Lieutenant-colonel (er) Jean-Louis Lemmet a ensuite informé les membres présents sur la Légion Etrangère aujourd’hui et sur les perspectives d’avenir qui sont réconfortantes sur la pérennité  de cette belle institution unique au monde.

Une belle assemblée fraternelle.

Après une séance de questions réponses et les activités à venir, l’assemblée s’est réunie autour d’un apéritif, occasion d’échanger nouvelles et souvenirs.

La traditionnelle poussière a ouvert le repas qui, comme d’habitude, a été copieux et de qualité, entre- coupé de « chants légion » au grand étonnement et à la satisfaction des autres « dineurs ».

Après avoir félicité le président et son épouse pour l’organisation et la réussite de cette journée, tout le monde s’est séparé heureux et reconnaissant en se donnant rendez vous pour la célébration du combat de Camerone (fête de la Légion étrangère) le   23 AVRIL 2017 à Auch.

Communiqué du Cercle de Défense des Combattants d'Afrique du Nord:

Le général (2s) Henry-Jean Fournier, confirme la publication de l’Avis du Cercle de la Défense des Combattants d’Afrique du Nord, concernant la mémoire des morts et disparus après le 19 mars 1962 qui sera réalisée dans les journaux suivants:

  • Le Figaro
  • La Voix du Nord
  • Nord Éclair
  • Nord littoral
  • Midi Libre
  • L’Indépendant Centre-Presse
  • Nice Matin
  • Dernières nouvelles d’Alsace,L’Alsace
  • Ouest France (Bretagne et Calvados)

 Soit au total plus d’un million de lecteurs.

 Pour info: le seul journal qui a refusé: Le Journal Sud Ouest

 


 

A la veille de la commémoration de la fin de la guerre d'Algérie nous souhaitons expliquer pourquoi nous choisissons le 5 décembre et non le 19 mars !

Le 19 mars 1962 n'a pas marqué la fin de la guerre d'Algérie !

Non seulement parce que la date du 19 mars est celle d'une défaite. Mais parce qu'elle n'a même pas marqué, sur le terrain, la fin de la guerre: bien plutôt la fin de l'engagement des autorités françaises dans la défense de leurs ressortissants et le début des terrifiantes violences dont furent victimes les Français d'Algérie et les supplétifs engagés aux côtés de la France.

«On peut choisir n'importe quelle date sauf le 19 mars!» : François Mitterrand

Sur le plan diplomatique, la «défaite» française en Algérie est de fait incontestable. Mais il est également vrai qu'elle était inscrite dès le début dans le processus des négociations. Et ce, pour une raison simple: l'Elysée était demandeur et pressé…

C'est le 20 février 1961 que, dans le plus grand secret, Georges Pompidouet Bruno de Leusse prennent contact en Suisse, à l'hôtel Schweitzer de Lucerne, avec les représentants du GPRA (Gouvernement provisoire de la République française), Ahmed Boumendjel, Taïeb Boulahrouf et Saad Dalhab. Selon les instructions reçues, il ne s'agit pour les représentants français que d'une mission d'information sur les objectifs à long terme du FLN et sur les voies et étapes qu'il compte emprunter pour y parvenir.

Immédiatement, Pompidou donne le ton en affirmant que la France a la situation bien en main, que l'Algérie n'est pas l'Indochine -«Il n'y aura pas de Dien Bien Phu»-, que les menaces de Khrouchtchev ou de tout autre ne font pas peur à De Gaulle et, pour finir, que la France ne craint pas l'indépendance algérienne. Elle exige donc un arrêt des combats avant d'entreprendre des pourparlers avec toutes les tendances sur les conditions de l'autodétermination, dont elle a accepté, depuis le référendum du 8 janvier 1961, le principe. Mais tout de suite aussi, les Algériens font connaitre leur refus de bouger d'un pouce sur la question du cessez-le-feu qui, disent-ils, doit résulter d'un accord politique.

C'est l'impasse. Et la situation n'évolue guère lorsque les mêmes se retrouvent pour une nouvelle réunion, le 5 mars suivant, à Neuchâtel. «Les contacts secrets confirmaient l'absence complète d'accord sur les liens à établir entre les éventuels pourparlers officiels et la cessation des violences», écrit Bernard Tricot, qui assurait alors le secrétariat de la Direction des affaires algériennes à l'Elysée.

A la «trêve statique» des Français, les Algériens opposent leur «cessez-le-feu dynamique» qui serait fonction des progrès de la négociation…

Que va décider De Gaulle?

Le 8 mars, un communiqué du chef de l'Etat appelle à l'ouverture de discussions «sans conditions préalables». En bref, le cessez-le-feu n'en est pas un. Il sera l'objet de négociation comme un autre… De Gaulle vient d'en passer par la première des quatre volontés du FLN.

Le 8 mars, lors d'une nouvelle réunion, Bruno de Leusse lit devant les émissaires du GPRA un communiqué du chef de l'Etat appelant à l'ouverture de discussions «sans conditions préalables». En bref, le cessez-le-feu n'en est pas un. Il sera l'objet de négociation comme un autre…

Ce 8 mars 1961, De Gaulle vient donc d'en passer par la première des quatre volontés du FLN.

Les trois autres exigences du mouvement révolutionnaire sont claires: 1) le FLN doit être considéré comme le seul représentant qualifié du peuple algérien; 2) l'Algérie est une, Sahara compris (ce qui n'a aucun fondement historique: le Sahara n'a appartenu à l'Algérie que sous la souveraineté française); 3) le peuple algérien est un, et ce que décidera la majorité du peuple vaudra pour tout le territoire et pour tous ses habitants. Il ne doit donc y avoir aucun statut particulier pour les Européens. C'est le futur gouvernement algérien qui, une fois installé, décidera avec son homologue français des garanties dont ils jouiront, des modalités de la coopération et des questions de défense. En attendant, il convient de discuter des garanties de l'autodétermination.

Le 15 mars, un communiqué du Conseil des ministres «confirme son désir de voir s'engager, par l'organe d'une délégation officielle, des pourparlers concernant les conditions d'autodétermination des populations algériennes concernées ainsi que les problèmes qui s'y rattachent». Tricot constate: «Les commentateurs les plus avertis se doutèrent bien que si le cessez-le-feu n'était pas mentionné séparément, c'est qu'il faisait désormais partie des problèmes qui se rattachaient à l'autodétermination et qu'il ne constituait pas un préalable.»

Le 30 mars, le gouvernement français et le GPRA annoncent simultanément que les pourparlers s'ouvriront le 7 avril à Evian. Mais le lendemain, interrogé par la presse sur ses contacts avec Messali Hadj, le leader du Mouvement national algérien (MNA), rival du FLN, Louis Joxe, le ministre en charge des Affaires algériennes, déclare qu'il consultera le MNA comme il consultera le FLN. Aussitôt la nouvelle connue, le GPRA annule les pourparlers.

Que va faire de Gaulle?

«Le gouvernement s'en tient, pour ce qui le concerne, à l'esprit et aux termes de son communiqué du 15 mars.» Le FLN sera donc l'interlocuteur unique et le représentant exclusif du peuple algérien. Ce 6 avril 1961, De Gaulle vient d'en passer par la deuxième des quatre volontés du FLN.

Le 6 avril, le Conseil des ministres publie un communiqué prenant acte de l'ajournement de la conférence d'Evian et conclut sobrement: «Le gouvernement s'en tient, pour ce qui le concerne, à l'esprit et aux termes de son communiqué du 15 mars.» Le FLN sera donc l'interlocuteur unique et le représentant exclusif du peuple algérien.

Ce 6 avril 1961, De Gaulle vient donc d'en passer par la deuxième des quatre volontés du FLN. Cette double capitulation en l'espace d'un mois explique peut-être les termes un peu crus de sa déclaration du 11 avril: «L'Algérie nous coûte, c'est le moins que l'on puisse dire, plus qu'elle nous rapporte (…) Et c'est pourquoi, aujourd'hui la France considérerait avec le plus grand sang-froid une solution telle que l'Algérie cessât d'appartenir à son domaine.»

Sur ce, le 21 avril, éclate le putsch des généraux dont l'échec entraîne la création de l'OAS par Pierre Lagaillarde et Jean-Jacques Susini. La violence atteint vite un seuil insoutenable et De Gaulle avoue à Robert Buron ne plus rien maîtriser. «Il n'y a plus, dit-il, que deux forces en présence: le FLN et l'OAS.»

C'est dans ce contexte que, le 20 mai, les négociations s'ouvrent à Evian. Du côté français, outre Louis Joxe, la délégation comprend, entre autres, Bernard Tricot, Roland Cadet, Claude Chayet et Bruno de Leusse. Tous des professionnels de la négociation. Du côté algérien, le chef de file n'est autre que Krim Belkacem, dont l'instruction se résume à un passé de maquisard. Pour marquer sa bonne volonté, le chef de l'Etat annonce une trêve unilatérale d'un mois (l'action des troupes françaises sera limitée à l'autodéfense), la libération de 6000 prisonniers et le transfert au château de Turquant, en Indre-et-Loire, des chefs du FLN capturés en 1956.

De Gaulle déclare, le 5 septembre, accepter la souveraineté du FLN sur le Sahara, dont il disait quelque temps plus tôt à Louis Joxe: «Le pétrole, c'est la France et uniquement la France!» Il vient d'en passer par la troisième des quatre volontés du FLN.

Après une première interruption des pourparlers le 13 juillet due, notamment, à des divergences sur le Sahara, une reprise des négociations au château de Lugrin, le 20 juillet, et un nouveau capotage pour la même raison.

Ne reste plus en suspens que le sort des pieds noirs et des musulmans fidèles à la France, qu'il évoque d'ailleurs dans la suite de son discours, en parlant de «dégagement». Le mot résonne douloureusement à leurs oreilles, même si De Gaulle assure qu'en cas de rupture brutale avec l'Algérie, l'Etat entreprendra de «regrouper dans une région déterminée les Algériens de souche européenne et ceux des musulmans qui voudraient rester avec la France», donnant ainsi un début de réalité au thème de la «partition» lancé à sa demande par Peyrefitte.

Dans le camp d'en face, Benyoucef Ben Khedda, un marxiste, succède à Ferhat Abbas à la tête du GPRA.

Le 11 février 1962, les négociations reprennent aux Rousses. Elles s'achèvent une semaine plus tard sur un ensemble de textes qualifiés d'«accords de principe» que les Algériens doivent soumettre au CNRA, l'instance suprême de la Révolution, réuni à Tripoli.

Le 7 mars s'engage la seconde conférence d'Evian qui traîne trop aux yeux de l'Elysée. Robert Buron décrit un De Gaulle «moins serein, moins souverain» au téléphone. Le 18 mars, juste avant la signature, Krim Belkacem fait valoir une exigence: que les délégués français lisent à voix haute les 93 pages du document. Ces derniers s'exécutent en se relayant, article après article, tandis que les délégués algériens suivent attentivement chaque mot et que De Gaulle, à l'Elysée, attend. Le rituel imposé une fois terminé, les accords d'Evian sont paraphés par les deux délégations. Ils prévoient l'organisation d'un référendum sur l'indépendance. Il aura lieu le 1er juillet. Dans l'intervalle, le pouvoir sera exercé par un exécutif provisoire, sous la direction de Christian Fouchet.

Dans son Journal, à la date de ce 18 mars, Buron reconnait que sa signature figure au bas d'un «bien étrange document». Et il note: «Les jours qui viennent vont être des jours de folie et de sang».

Si le texte des accords d'Evian assure en principe aux Français d'Algérie «toutes libertés énoncées dans la Déclaration universelle des droits de l'homme», l'Elysée a renoncé à tout statut particulier pour nos nationaux et aucune clause ne concerne précisément les supplétifs. C'est la quatrième des exigences du FLN.

Car si le texte assure en principe aux Français d'Algérie «toutes libertés énoncées dans la Déclaration universelle des droits de l'homme», ainsi que la possibilité de «transporter leurs biens mobiliers, liquider leurs biens immobiliers, transférer leurs capitaux», l'Elysée a renoncé à tout statut particulier pour nos nationaux et aucune clause ne concerne précisément les supplétifs. C'est la quatrième des exigences du FLN.

Le lendemain 19 mars, le cessez-le-feu est proclamé du côté français par le général Ailleret, du côté algérien par Ben Khedda. Or, ce même 19 mars censé instaurer la paix, le directeur de la police judiciaire, Michel Hacq, patron de la mission «C» (C pour choc) qui supervise les barbouzes (ces «éléments clandestins» chargés depuis décembre 1961 de la lutte contre l'OAS), rencontre secrètement le chef fellagha Si Azzedine, patron de la Zone autonome d'Alger, pour lui remettre une liste d'activistes. Tout y est: les noms et les pseudonymes, les âges et les adresses. «Le marché est clair, écrit Jean-Jacques Jordi: les commandos d'Azzedine peuvent se servir de cette liste pour leurs actions contre l'OAS et ils peuvent “bénéficier” d'une certaine impunité d'autant que les buts du FLN et de la mission “C” se rejoignent (…) Cependant, force est de constater que ces mêmes commandos FLN ne s'attaquaient pas réellement aux membres de l'OAS mais poursuivaient une autre stratégie: faire fuir les Français par la terreur.»

Ce nettoyage ethnique qu'évoque sans fard dans ses Mémoires, l'ancien président du GPRA, Ben Khedda, en se vantant d'avoir réussi à «déloger du territoire national un million d'Européens, seigneurs du pays», était en germe depuis longtemps puisque les négociateurs du FLN à la conférence de Melun, Boumendjel et Ben Yahia, en avaient fait la confidence à Jean Daniel dès le 25 juin 1960: «Croyez-vous, leur avait demandé le journaliste, originaire de Blida, qu'avec tous ces fanatiques religieux derrière vous, il y aura dans une Algérie indépendante un avenir pour les non-musulmans, les chrétiens, les juifs auxquels vous avez fait appel?» Les deux responsables FLN ne s'étaient pas dérobés: «Ils m'ont alors expliqué, témoigne Jean Daniel, que le pendule avait balancé si loin d'un seul côté pendant un siècle et demi de colonisation française, du côté chrétien, niant l'identité musulmane, l'arabisme, l'islam, que la revanche serait longue, violente et qu'elle excluait tout avenir pour les non-musulmans. Qu'ils n'empêcheraient pas cette révolution arabo-islamique de s'exprimer puisqu'ils la jugeaient juste et bienfaitrice.»

Sur le terrain, le cessez-le-feu ne change rien à la poursuite de l'offensive menée de concert par le pouvoir gaulliste et le FLN contre «leur ennemi commun» selon l'expression de Krim Belkacem.

Détail important: la livraison au FLN par Hacq, ce 19 mars, de la liste des activistes n'est pas une nouveauté. Elle fait suite à une première liste de 3000 noms adressée au FLN par l'intermédiaire de Lucien Bitterlin, l'un des chefs des barbouzes, dès janvier 1962… C'est-à-dire trois mois avant les accords d'Evian, qui vont voir les relations entre Hacq et Si Azzedine se renforcer. Force est donc de constater que, sur le terrain, le cessez-le-feu ne change rien à la poursuite de l'offensive menée de concert par le pouvoir gaulliste et le FLN contre «leur ennemi commun» selon l'expression de Krim Belkacem.

Lors de la crise des Barricades, (la première révolte des pieds-noirs après le discours de De Gaulle annonçant, en septembre 1959, l’autodétermination) en janvier 1960, le chef rebelle a en effet affirmé à l'ambassadeur américain à Tunis, Walter Walmsley, que si De Gaulle avait besoin de soutien, le GPRA se mobiliserait à ses côtés contre tous ceux qui s'opposent à l'indépendance de l'Algérie. Et donc, par extension, contre tous les Français d'Algérie à quelque confession qu'ils appartiennent.

Message entendu à l'Elysée.

«On n'allait bientôt plus savoir qui tuait qui -et pour le compte de qui! On tuait, voilà tout», écrit Bitterlin.

Ce 19 mars 1962, la guerre n'est donc pas finie: seuls les alliés et les adversaires ont permuté en fonction des développements successifs de la politique gaulliste. Elle va même prendre un tour extrême quelques jours plus tard.

Le 26 mars, rue d'Isly, une manifestation interdite mais pacifique de Français d'Algérie se dirigeant vers le quartier de Bab-el-Oued, foyer de l'OAS, encerclé par l'armée, se heurte à un barrage de tirailleurs venus du bled. Elle est mitraillée à bout portant. Bilan: près de 49 morts et 200 blessés. Le drame n'a rien d'un dérapage: Christian Fouchet s'en est justifié plus tard lors d'une confidence à Jean Mauriac: «J'en ai voulu au Général de m'avoir limogé au lendemain de Mai 68. C'était une faute politique. Il m'a reproché de ne pas avoir maintenu l'ordre: “Vous n'avez pas osé faire tirer [sous-entendu: sur les manifestants étudiants]-J'aurais osé s'il avait fallu, lui ai-je répondu. Souvenez-vous de l'Algérie, de la rue d'Isly. Là, j'ai osé et je ne le regrette pas, parce qu'il fallait montrer que l'armée n'était pas complice de la population algéroise.”»

Le 3 avril 1962, De Gaulle déclare qu'«il faut se débarrasser sans délai de ce magmas d'auxiliaires qui n'ont jamais servi à rien» et donne l'ordre de désarmer les harkis. Le 4 mai, il déclare que «l'intérêt de la France a cessé de se confondre avec celui des pieds-noirs.» Les uns et les autres font partie du «boulet» dont il avait avoué à Peyrefitte, le 20 octobre 1959, qu'il faudrait s'en «délester».

Dans la folie meurtrière qui, sous les coups conjugués de l'OAS, du FLN, des barbouzes et du «Détachement métropolitain de police judiciaire» (couverture officielle de la fameuse mission «C» constituée de 200 policiers, et d'une trentaine de gendarmes aux ordres du capitaine Armand Lacoste), s'empare de l'Algérie et menace la métropole, la figure de l'«ennemi commun» se précise: le 3 avril 1962, lors d'une réunion du Comité des affaires algériennes, De Gaulle déclare qu'«il faut se débarrasser sans délai de ce magmas d'auxiliaires qui n'ont jamais servi à rien» et il donne l'ordre de désarmer les harkis. Le 4 mai, en Conseil des ministres, il déclare que: «L'intérêt de la France a cessé de se confondre avec celui des pieds-noirs.» Les uns et les autres font donc partie du «boulet» dont il avait avoué à Alain Peyrefitte, le 20 octobre 1959, qu'il faudrait s'en «délester». Cette disposition d'esprit du chef de l'Etat a une traduction concrète sur le terrain: en vertu de l'ordre donné à l'armée de rester l'arme au pied quoi qu'il arrive à nos nationaux, la politique d'abandon de l'Algérie se double d'une politique d'abandon des populations qui se réclament de la France et dont le sort est désormais lié au seul bon vouloir du GPRA.

Le rapport de Jean-Marie Robert, sous-préfet d'Akbou en 1962, adressé à Alexandre Parodi, vice-président du Conseil d'Etat, donne une idée détaillée des massacres auxquels se livre alors le FLN sur les supplétifs de l'armée française mais aussi sur les élus (maires, conseillers généraux et municipaux, anciens combattants, chefs de village, etc.) «promenés habillés en femmes, nez, oreilles et lèvres coupées, émasculés, enterrés vivant dans la chaux ou même dans le ciment, ou brûlés vifs à l'essence».

Aux massacres de harkis qui atteignent bientôt des proportions et une horreur inimaginables, s'ajoutent les enlèvements d'Européens: de l'ordre de 300 à 400 entre novembre 1954 et mars 1962, ils se multiplient brusquement à partir de cette date pour atteindre selon les travaux de Jordi le chiffre de 3000 -dont 1630 disparus. Dans l'indifférence la plus totale de la part du gouvernement français que n'émeut pas davantage le massacre du 5 juillet (jour officiel de l'indépendance algérienne après la victoire du oui au référendum du 1er juillet) à Oran, qui va coûter la vie à 700 Européens.

Aux massacres de harkis qui atteignent bientôt des proportions et une horreur inimaginables, s'ajoutent les enlèvements d'Européens: ils se multiplient brusquement pour atteindre le chiffre de 3000 dont 1630 disparus. «Pour la France, à part quelques enlèvements, les choses se passent à peu près convenablement», déclare De Gaulle le 18 juillet.

«Pour la France, à part quelques enlèvements, les choses se passent à peu près convenablement», déclare même De Gaulle le 18 juillet.

Devant l'exode, dont il nie la réalité jusqu'au dernier moment, le chef de l'Etat ne se soucie que de la «concentration» des réfugiés dans le sud de la France. L'ordre qu'il donne alors, le 18 juillet, est d'obliger les «repliés» ou les «lascars» (c'est ainsi qu'il appelle les pieds-noirs selon son humeur du jour) à «se disperser sur l'ensemble du territoire». S'attirant cette réponse de Pompidou, nouveau Premier ministre: «Mais à quel titre exercer ces contraintes, mon général? On ne peut tout de même pas assigner des Français à résidence! Les rapatriés qui sont autour de Marseille ne créent aucun problème d'ordre public. On ne peut pas les sanctionner!» il réplique: «Si ça ne colle pas, il faut qu'on se donne les moyens de les faire aller plus loin! Ça doit être possible sous l'angle de l'ordre public.»

Il n’est pas très habituel d’ériger un monument sur les lieux d’un combat à l’étranger. Trois raisons marquantes :               

- la fidélité à la mission reçue, 

- l’exemple d’humanité du commandant et docteur TALAVERA, qui après le combat soignât nos blessés,

- le rayonnement national et international de cet exploit.

A l’arrivée du colonel JEANNINGROS et de ses légionnaires, une fosse commune fut creusée à l’extérieur de l’hacienda, près du coin sud-est, avec une simple croix de bois, sur laquelle on pouvait lire : « Ci-git la 3éme compagnie du 1er bataillon de la Légion étrangère »

Au départ du Corps Expéditionnaire, une pierre tombale inclinée, surmontée d’une colonne, entourée d’une grille en fer forgée, remplace la croix de bois.

 

Un troisième monument, en 1892, œuvre de Mr. Edouard SEMPE, consul de France à Vera-Cruz, fut érigé par souscription publique, 5 mètres à l’est de l’ancien. Genre de chambre funéraire en mur de briques aux dimensions de 2m x 1m,10 et 0,80 de haut, recouverte d’une dalle en marbre. Les ossements y furent transférés. Le monument est entouré d’un mur de briques et d’une grille en fer forgé, qui lui donne une dimension de 5 mètres x 3 mètres 75. Un arbre, un «nacastle», fut planté contre le monument.

L’idée de l’érection d’un autre mausolée remonte à 1948, lorsque le colonel PENETTE, ancien officier de Légion, alors à l’Etat-Major des Nations-Unies à New-York, vint se recueillir sur les lieux de l’affrontement. Il trouva le monument en piteux état, pratiquement en ruines. A Mexico, dans la communauté française, on ignorait tout du combat qui s’était déroulé à Camaron. Le colonel PENETTE obtint de Mr. De NOGARET, consul de France à Mexico qu’il fasse procéder aux réparations nécessaires. Mais les réalisations ne purent voir le jour que très progressivement.

En 1953, le général PENETTE, attaché militaire à Mexico, continua à œuvrer pour la réhabilitation du monument et pour le culte du souvenir, qui se perpétuait pourtant à Sidi-Bel-Abbès. Il fit venir à partir de  1954, les sociétés patriotiques françaises en une sorte de pèlerinage. Venu se fixer définitivement à Mexico en 1958, il s’attacha à la recherche historique et à la réalisation d’un nouveau monument

Cette recherche historique permit de retrouver, notamment, la tombe du sous-lieutenant MAUDET dans le soubassement d’une colonne de l’église de Huatusco.

Pour le nouveau monument, l’Etat libre et Souverain de Vera-Cruz, n’opposa pas d’objection. Il importait aussi d’être assuré qu’en France le projet serait fortement soutenu.

Une adhésion chaleureuse du Général de GAULLE, Président de la République, des anciens légionnaires les plus éminents : S.A.R. le Comte de Paris, S.A.I. le Prince Napoléon, Mr. Pierre MESSMER, ministre des Armées, les généraux KOENIG, OLIE, MONCLAR, MIQUEL, PECHKOFF, Mr. Hubert GERMAIN, du général GARDY, alors inspecteur de la Légion étrangère, du Maréchal JUIN et du général WEYGAND, permit d’envisager sa réalisation. Une association « Camerone » créée le 25 juillet 1960, présidée par le général PENETTE, composé de Français, de Mexicains et d’Etrangers constitua une base légale.

Les plans de l’architecte Vladimir KASPE furent acceptés en mars 1962. La maquette réalisée par Mr TANASESCU servit de guide et de propagande (elle doit être conservée au Musée de la Légion étrangère). L’entrepreneur fut Mr. ORTIZ GARCIA de Cordoba.

Le choix de l’emplacement fut une légère hauteur située à environ 200 mètres de la localité de Camaron. L’association « Camerone » acquit un terrain de 10 hectares le 18 février 1962, pour l’érection du mémorial.

Il fallut faire face au coût d’un tel monument. Des dons affluèrent du monde entier, le général KOENIG organisa à Paris un comité de parrainage qui rassembla les sommes suffisantes pour couvrir les dépenses, avec le soutien des ministres concernés.

Le premier coup de pioche fut donné à la fin du mois de mai 1962. Des obstacles imprévus (politiques et géologiques), ralentirent les travaux qui purent être poursuivis au début de janvier 1963.

Fait particulier, l’association « Camerone », avait conclu un accord avec la famille du commandant TALAVERA, qui avait souhaité qu’il soit inhumé là où il avait combattu et soigné les légionnaires.

Les 5 et 6 avril, on enleva la pierre tombale de 1892, les cendres furent exhumées et entreposées dans le nouveau monument. Une chambre funéraire avait été aménagée, de 2m50 de long, 2m de large et 2m de haut, avec des murs en béton de 15 cm d’épaisseur. Recouverte d’une épaisse dalle de béton, elle garantit aux reliques qu’elle contient un abri sans limite de temps. La tombe représente alors, un grand socle rectangulaire fait de plaques de marbre, de 7m50 de long et d’une largeur de 5m.

Le 20 avril 1963, pour le centenaire de Camerone, le monument fut inauguré sous la présidence de Mr. OFFROY, ambassadeur de France au Mexique, en présence de nombreux anciens légionnaires et de personnalités françaises et mexicaines. Drapeaux mexicains et français flottent côte à côte. Une salve de la section en armes de l’Armée mexicaine déchire l’air, et le sergent-chef ESPEROU sonne « aux morts ».

Les travaux reprirent au mois d’aout 1964, et achevés en février 1965, dans son architecture finale. Le monument est orienté est-ouest, presque carré, de 90m de long et de 85m de large. Il est entièrement cimenté, de façon à former des carrés gris de 5m x 5m qui représentent une croix de 100m de long visible d’avion.

 

                                        MÉMORIAL  ANCIEN

 

 

      LA  TOMBE  DU  COMMANDANT  ET  DOCTEUR  TALAVERA

Elle se situe à proximité du mémorial, non loin de l’endroit où le docteur TALAVERA, après le combat, soignât les légionnaires blessés.

 

 

   LA  MAQUETTE  DU MÉMORIAL   EN   1962

 

                                          MÉMORIAL  ACTUEL

  LE  FOND  DU MÉMORIAL  A  ETE  REFAIT  EN  MARBRE  NOIR

 

SOURCES : - extraits du fascicule du général PENETTE - édité en 1976

                     - photo de la tombe du docteur TALAVERA : LCL Yves-Jean BAUBIAT

                     - photo mémorial ancien : Wikipédia

                     - photo mémorial actuel : KB N° 755

 

Major  (er) MIDY- FSALE

En charge de la mémoire

 

Un constat étonnant s'impose à notre entendement, pratiquement tous les jeunes anciens légionnaires qui quittent le service actif se retirent au soleil, sur la côte d’Azur, à Nice pour les légionnaires-parachutistes d’origine principalement de l’Est et Cannes, Toulon, Aubagne et Marseille pour les autres. Face à ce constat chiffré et difficilement contestable, exception faite avec l’amicale de Paris et l’ALP, nos amicales de France et d’ailleurs “vivotent” plus ou moins et leur effectif, même s’il est renforcé par des “Amis-sympathisants” n’apportent pas un significatif rajeunissement et laisse planer le doute d’une situation où l’avenir est compromis, pessimisme affiché pour une conclusion souvent imposée par un optimisme d’expérience qui regarde avec inquiétude le vieillissement programmé de nos associations légionnaires.

Déséquilibre aussi pour notre Fédération, “siège social” de notre communauté d’anciens légionnaires, qui souffre d’un manque persistant et récurant de volontaires qui oblige, aux prix d’investissement personnel hors du commun, les membres du bureau parisien à maintenir le contact avec les amicales réussissant l’exploit d’organiser et même d’assister à de très belles manifestations (Mille drapeaux, réunion pour l’emploi, etc…).

C’est à tout celà que je pensais lors des discours prononcés par monsieur le député Bernard Deflesselles, le général Jean Maurin, commandant la Légion étrangère, le général (2s) Rémy Gausserès, président de la FSALE et enfin, le Chef de corps du 1°RE le lieutenant-colonel (ta) Guillaume Dujon.

L’organisation était gérée de mains de maitres par une équipe passionnée à la tête de laquelle le Président, José Gil, soutenu par son épouse Maryse, s’investissait admirablement dans sa fonction et faisait retrouver, comme par enchantement, de belles couleurs à une des plus importantes associations de la Fédération qui présentait, comme on le dit chez nous: “une bien belle gueule”.

Il est incontournable que l’amicale d’Aubagne doit rester pour nous, anciens légionnaires, une référence, de part le fait qu’elle est parrainée par la Maison Mère et qu’elle s’impose à sa manière, “gardienne de la boule”. A ce titre, elle se doit d’être exemplaire et c’est bien dans cet esprit que se déroulait son Assemblée Générale ce samedi 11 mars dans la salle du cinéma du quartier Viénot.

La communication est un devoir et l’information ne saurait, pour être efficace, souffrir de négligence, cependant, il faut bien reconnaître qu’il n’est pas toujours aisé, même à notre époque et avec les moyens modernes dont nous disposons, d’imposer une ligne de conduite tant il est vrai que la force d’inertie et le refus, tout simplement, de se moderniser affiché rigoureusement par de nombreuses amicales est un obstacle difficile à surmonter.

Le capitaine José Gil a parfaitement compris que la Fédération a pour but principal la cohésion et la solidarité de notre communauté et qu’il serait inopportun et contre productif pour une amicale de jouer le rôle prétentieux de cavalier seul. Cet ancien officier d’origine légionnaire ne saurait accepter que son amicale puisse faire montre d’un autre esprit que celui qui doit animer nos anciens afin que se construise un avenir prometteur où les gros nuages d’un passé récent sont envolés au bénéfice d’une adhésion honnête et fidèle à la Légion des Anciens.

Un vent nouveau souffle sur l’amicale de la Maison Mère, les proches échéances qui risquent de changer l’image de notre pays nous obligent à nous adapter comme l’ont fait, avant nous, nos anciens en d’autres circonstances… La Légion saura, à ne point douter, imposer sa présence et son professionnalisme lors des missions essentielles à venir. Nous sommes entourés par un monde sans pitié, en pleine mutation, le rôle de nos amicales en dehors de marquer notre appartenance incorruptible à notre communauté légionnaire: “légionnaire un jour, légionnaire toujours”, sera aussi de marquer notre soutien inconditionnel à nos jeunes en activité de service dans leurs périlleuses missions à venir au service de la France.

 

 

 

Photo du Lieutenant Henry de Montcabrier à la tête de sa compagnie.

Commémoration en mémoire du lieutenant Henry de Montcabrier, commandant de compagnie en Indochine au sein du 2°REI. Né à Béziers et mort pour la France à Tourane en Indochine.

 

le camp Henry de Montchabrier en Indochine

Notre camarade et ami Jean-Claude Delacretaz est sur tous les fronts avec sa camera, un puissant refuge de notre mémoire vivante. Il nous propose sa video sur la commémoration faite en mémoire du lieutenant de Cabrier. A noter les présences du maire de la ville de Béziers monsieur Robert Ménard et du Chef de corps du 2°REI, le colonel Stève Carleton. Merci Jean-Claude.

L’Armée française doit attaquer les troupes allemandes dans le secteur de Nogent l’Abbesse, dans la Marne et réaliser l’encerclement du massif de Moronvillers. La Division Marocaine, à laquelle appartient le RMLE, doit réaliser une attaque frontale dans ce secteur. Le RMLE est en première ligne. Les pertes seront considérables. Notamment les journées du 17 au 20 avril 1917 :

  • 8 officiers tués et 7 blessés,
  • 6 sous-officiers et 146 caporaux et légionnaires tués,
  • 481 sous-officiers, caporaux et légionnaires blessés,
  • 10 légionnaires disparus.

Tous nos anciens devraient être cités ! Parmi eux :

Lieutenant BITAUD Auguste Ernest Eugène – RMLE,tué à l’ennemi le 17-04-1917 (Auberive) - Monument aux morts de Puyloubier (13) -

Né le 15-03-1886 à Talmont (Vendée) - marié avec SOLGADI Elisa (née à Ain-Sefra)

CARRIERE : EV Légion étrangère le 22-11-1909,

                     Caporal le 1-11-1911, Sergent le 30-06-1912,

                     Sergent-Major le 6-11-1914, Sous-lieutenant le 28-05-1915

CAMPAGNES : Algérie du 5-12-1909 au 6-10-1912 et du 14-08-1913 au 01-08-1914,

                          Maroc (en guerre) du 7-10-1912 au 13-08-1913,

                          France contre l’Allemagne 1914.

CITATION : à l’ordre du Corps d’Armée le 16-06-1917 - Croix de guerre avec étoile de vermeil :

« Officier ardent d’un courage admirable, frappé mortellement en entrainant sa section à l’assaut des positions ennemies le 17 avril 1917 »

                   ===================================

Lieutenant BOYER  Henri  Charles  FrédéricRMLE, tué à l’ennemi le 17-04-1917 (Auberive) - Monuments aux morts de Bram et Villesiscle (11) -

Né le 22-09-1894 à Périgueux - dernier domicile à Villesiscle (Aude)

CARRIERE : Engagé au 10 RI, puis muté au 1 RZ,

caporal le 17-10-1914,

Sous-lieutenant le 05-12-1914 au 1 RE,

Lieutenant le 25-08-1916.

                  

CITATIONS :

- à l’ordre de l’Armée le 13-06-1915 - Croix de guerre avec étoile de vermeil :

« Belle conduite au combat du 9 mai, après l’enlèvement des ouvrages ennemis. A été blessé en tête de sa section en l’entrainant vigoureusement en avant sur un terrain violemment battu par le feu ennemi. Blessé au bras à Berthonval »,

- à l’ordre de la 4éme Armée le 16-05-1917 :

« Jeune officier des plus brillants et très estimé de ses hommes, d’une bravoure à toute épreuve. Blessé, s’est particulièrement distingué en Artois, en Champagne et dans la Somme. Est tombé le 17 avril 1917, mortellement frappé d’une balle au front, pendant qu’il repérait une casemate ennemie pour la détruire, dont les tirs étaient meurtriers pour nos vagues d’assaut ».

                                  =========================

 Sergent  CASAS  Felipe – RMLE, décédé le 17-04-1917 à Auberive.   - Livre d’or du Ministère des pensions - Monuments aux morts de Marnia (9352) -

Né à Almeria (Espagne) le 05-04-1880

Engagé volontaire le 17-09-1914 - Matricule 17479 –

Caporal le 13-12-1914.

CITATIONS :

- Ordre général N° 56, cité à l’ordre du Corps d’Armée :

« Très bon caporal, qui le 28 septembre 1915, a entrainé bravement son escouade à l’assaut des tranchées ennemies sous un feu violent de mitrailleuses et a continué malgré les pertes subies »,

- Ordre de la Division N° 31 du 2 mai 1917- Croix de guerre ? :

« Au cours des combats d’avril 1917 en Champagne, le sergent CASAS est tombé glorieusement en entrainant sa demi-section à l’assaut des tranchées allemandes ».   

                            ===============================

Caporal  FISCHER  Charles – RMLE,tué à l’ennemi le 20-04-1917, à Auberive- Livre d’or du Ministère des pensions - Paris (5)

Né le 12-11-1886 à Brienz (Suisse)

Engagé volontaire le 21-08-1914 au 2RM/2RE - Matricule 42617 - Puis affecté  RMLE

CITATION : à l’ordre de la Division N° 31 du 2 mai 1917 - Croix de guerre avec étoile d’argent :

« Très bon gradé, a conduit son escouade de grenadiers pendant l’attaque du 20 avril 1917, avec un entrain et un courage admirable, ayant pu prendre pied dans une tranchée ennemie. En fut rejeté et tué ».

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Caporal  RIX  Jean-Pierre – RMLE, décédé le 17-04-1917- Carré de corps restitués aux familles à Nancy.

Né le 21-09-1894 à Esch-sur-Alzette (Luxembourg)

Engagé volontaire le 01-09-1916 - Matricule 42507 –

CITATIONS :

- ordre N° 210 du 27-07-1916 :

« Légionnaire énergique, le 4 juillet 1916, s’est lancé sous un feu violent de mitrailleuses, à l’attaque d’une position ennemie, montrant le plus grand mépris du danger. »

- ordre du Corps d’Armée N° 228 du 19 juillet 1917 - Croix de guerre avec étoile de vermeil :

« Caporal parfait, remarquable de calme et de sang-froid, très grièvement blessé, alors que sous un violent bombardement, il vérifiait l’emplacement de ses mitrailleuses. Décédé de ses blessures à l’ambulance 7/2 ».

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Caporal  WEIDIG  Georges -décédé le 23-04-1917 à Auberive- Nécropole Nationale La Cheppe (51) – Tombe N° 1294 –

Né 01-04-1894 (Luxembourg)

Engagé volontaire le 28-08-1914 - Matricule 41571 -

CITATION : à l’ordre de la Brigade N° 75 du 15 mai 1917 - Croix de guerre avec étoile de bronze :

 « Le 19 avril 1917, s’est élancé bravement à l’assaut d’une position ennemie en y entrainant ses hommes. L’objectif atteint, a su établir la liaison avec l’unité de gauche, malgré un feu violent de mitrailleuses ».

Décédé des suites de ses blessures à l’ambulance 7 à Cuperly.

                                     

Major (er) MIDY - FSALE -  En charge de la mémoire

                                                                

Réaction:Magnifique réaction à notre demande de nous faire part de la mémoire vivante de nos anciens:

Le colonel (er) Pierre Brière, président de l'amicale de la Côte d'Or, nous propose les écrits du légionnaire Gérard Gille après l'acceptation de la fille de l'intéressé.

Nous placerons ce récit sur le site en plusieurs épisodes dans les jours qui viennent. En attendant, voici un article sur la Guyane qui intéressera, à ne point douter, ceux qui connaissent ce pays et tous les autres qui rêvent encore d'aventure.

Bonne lecture.

 

L'impressionnante forêt amazonienne, poumon de la Terre.

 

En 1919, au lendemain de la Grande Guerre, Blaise Cendrars rencontre Jean Galmot, homme d’affaire hors du commun. Cendrars disait de lui: “Quand je le vis entrer dans mon bureau, j’eus l’impression de me trouver en face de Don Quichotte; suis une description de Jean Galmot: la stature du conquérant réel et de l’homme doté d’une grande puissance imaginative, sa destinée de chevalier d’industrie, entre la fortune colossale et la banqueroute…”

Il ne m’a pas été donné, malheureusement, d’entendre parler de Jean Galmot lors de mon séjour en Guyane et j’attire tous ceux qui sont au 3°REI et ces nombreux autres qui y sont passés à s’attarder s'ils le peuvent sur la vie de cet homme hors du commun, élu député de la Guyane en 1919, adorateur de la Guyane et de sa forêt. C’est cet homme qui a inspiré à Blaise Cendrars son livre: “Rhum”.

 

La Guyane, j’ai gardé en souvenir de cette période les moments passés en forêt où l’aventure est encore au rendez-vous des sections qui marquent la présence française aux bornes frontières.

La forêt, c'est la jungle de là-bas. J'y ai vécu des heures de fièvre qui valent, par les conséquences de rêves insensés, les plus belles aventures d'amour - de celles que je ne connaîtrais jamais... Je me souviens des joies de la forêt et de mon fessier engourdi par des heures et des heures en pirogue sur les fleuves et les rivières, immobile sur une planche de bois, courbé sous un ciel de plomb et suivant du coin de l'œil le sillage des vaguelettes sculptées par la vitesse de l’embarcation sur l’eau. Ah ! ces pirogues, fileuses et profilées de main de maître par des artisans qui avaient la manière de faire de leurs ancêtres. Ces pirogues conduites par des professionnels rompus aux manœuvres qui évitaient les rochers immergés et qui buvaient plus de rhum (tafia) que ne consommait d'essence, le moteur hors-bord de leur embarcation. J’ai aussi en mémoire ces marches interminables sabre d'abattage à la main, ouvrant un chemin à travers l'enchevêtrement de lianes et bambous en suivant le pisteur de tête, orienté par une boussole de course d’orientation et qui, tel le petit poucet, laissait derrière lui les traces de son passage marqué par un topo-fil, indispensable outil de sécurité qui assurerait, en cas de besoin, le guidage d' un retour éventuel et urgent. Et ces marécages grouillants de vie et pourris d'insectes où l'on s’enfonce jusqu'au cou, la riche puanteur du bois après la pluie; le bond de la pirogue sur les rapides fumants; la rauque mélopée des moteurs dans le soir. Les bruits inquiétants de la nuit dans la jungle, en particulier celui d’arbres morts qui s’écroulaient spontanément, minés par la pourriture à leur base, dangereux jeux de hasard qui nous remettaient en tête la fragilité de nos petites existences. Le silence grouillant de menaces obscures; le frôlement mou des vampires et le coassement obsédant du crapaud-buffle. Au petit matin, le réveil était assuré par les cris angoissants des singes hurleurs. Inattendue situation incontrôlable: celle d’être dans un monde irréel, saisi par une ivresse inconsciente face au danger à venir et qui se transforme en un sentiment immense de solitude: « l'homme face à son destin ».

La vie ! C'est dans cette forêt Amazonienne que nous sentons son souffle sur la nuque, et non dans un monde hystérique et étiolé.

La jungle c’est aussi ce charnier à l’haleine fétide qui pue la charogne, hommes, bêtes et plantes nourrissent son humus et, toute cette corruption fermente sous la voûte épaisse des feuilles mortes qui tapissent un sol glissant.

Que de fois et avec quelle volupté je l'ai humée, cette tiédeur étouffante de la forêt où se confondaient toutes les odeurs de la création ! Deux arômes terribles dominaient : celui de la semence et celui de la mort... Sur chaque branche, dans chaque touffe d'herbes tapie dans le taillis de bambous, sous l'ombrage glauque du pacifique manguier ou du mancenillier toxique, je les ai flairés comme un chien sur une piste.

Quand on franchi le seuil de la jungle, on touche de la paume des mains le mystère chaud de l'existence. De multiples fruits éclatants pendent aux branches mais ils sont empoisonnés. Des fleurs veloutées comme des prunelles et désirables   comme des sexes palpitent dans l'ombre! Elles vous tuent. Des mouches irisées comme des pierreries vous pourrissent d'ulcères, d’autres pondent leurs œufs dans votre chair. Les racines des plantes nourricières donnent la mort. La mort infatigable hante cette inépuisable fécondité… ! Mais quel bonheur d’avoir connu ces moments privilégiés.

Pour moi, et pratiquement tous ceux qui l’ont connu cette Guyane, ce qui nous aura le plus marqués, c’est principalement cette forêt immense, un des seuls endroits encore où l’aventure reste à écrire et où les missions ne se ressemblent jamais, l’une chassant l’autre d’histoires incontrôlables et inattendues, mais ô combien enrichissantes.

Quant à la « zone côtière » urbanisée et peuplée, c’est une toute autre impression qui me reste et qui est un autre « souvenir guyanais » dans lequel je parlerais d’une population immigrée, des grands déplacements d’esclaves venus d’Afrique et du complexe de supériorité incrusté chez eux par cet « homme blanc »  qui hantait le bagne français. Pendant de longues années pour la France métropolitaine, la Guyane   était considérée comme un lointain coin de terre où étaient regroupés en un ramassis, les êtres les plus indésirables, relégués dans cet exil qui cachait si mal sa misérable politique de répression et de redressement. Une toute autre histoire, à laquelle il faut ajouter celle de la conquête spatiale, où la plus moderne aventure humaine cohabite avec ces indiens primitifs qui vivent encore comme au début de leur arrivée dans cette forêt amazonienne, contraste étonnant s’il en est…

CM

 

Les joies de la navigation sur des fleuves où l'aventure n'est pas un vain mot...

 

Le général de division Jean Maurin, commandant la Légion étrangère, vient de désigner comme Porteur de la main du capitaine Danjou lors de la commémoration de Camerone à Aubagne, le sergent-chef (er) N’Guyen Van Phong, officier de la Légion d’honneur, médaillé militaire, sept fois cité dont trois fois comme supplétif vietnamien au sein du 1°BEP, 2°BEP,3°CSPL, 4°REI,13°DBLE et 2°REP où après avoir fait le déménagement de Bou-Sfer à Calvi, commanda une section pendant un an au Tchad de 1969 à 1970.

Le thème de Camerone 2017: “Volontaire” pour honorer la mémoire des supplétifs vietnamiens qui ont combattu dans les rangs de la Légion étrangère en Indochine.

Plus de 2 000 d’entre eux ont été tués au combat. Une plaque à leur mémoire érigée à l’entrée du musée côté parking sera inaugurée à Camerone 2017 après la prise d’armes.

Le sergent-chef (er) N’Guyen Van Phong a accompagné le Chef de bataillon (er) Roger Faulques, porteur de la main en 2010.

 

 

Du 8 au 11 mars 1947, les combats pour Nam Dinh au Tonkin.

En décembre 1946, les négociations entre le gouvernement français et le Vietminh ont été brutalement interrompues et le Vietminh a lancé une attaque généralisée.

Le 20 décembre 1946, Nam Dinh, une des plus belles villes d’Indochine, la troisième ville du Tonkin, a été attaquée par surprise ; le marsouin de 1ère classe Pierre Latapie Bayro et le lieutenant Paul Vellas ont été tués dès le premier jour ; 400 marsouins du II/6e R.I.C., commandés par le commandant Daboval, sont assiégés par plusieurs milliers de Viêts. Pendant une semaine, les Viêts lancent de furieux assauts, tous repoussés. Puis les deux parties s’organisent pour un siège. Les Viêts installent des tireurs d’élite.

Le 5 janvier 1947,une compagnie de la 1/2e Brigade parachutiste S.A.S., commandée par le capitaine Ducasse, est larguée à proximité de Nam Dinh pendant qu’une flottille blindée s’avance sur la Rivière Rouge et les canaux qui la prolongent. Le parachutage s’arrête et les autres compagnies du bataillon repartent vers Hanoï. La flottille force le blocus pour rejoindre la ville assiégée. Mais la flottille non plus n’arrivera pas à destination, à l’exception d’un L.C.T. amenant la 4e compagnie du I/3e Etranger, aux ordres du capitaine Georges Roux, qui parvient au bac de Nam Dinh et qui donne l’assaut à un canon japonais dont les servants se font tuer sur place. La flottille fait demi-tour. De leurs côtés, les parachutistes doivent se battre au couteau pendant toute la nuit avant de rejoindre les marsouins. Légionnaires et parachutistes sont piégés eux-aussi avec les marsouins à Nam-Dinh. Aucun autre parachutage n’est prévu. Le commandant Daboval prend les dispositions pour tenir le siège ; avec l’aide des légionnaires et des parachutistes, il reprend une partie du terrain perdu.

Début mars 1947,le I/3e R.E.I. est regroupé à Hanoï ; le Haut Commandement Français a décidé de soutenir les forces piégées à Nam Dinh et monte l’opération Djebel.

Du 2 au 6 mars, une flottille comprenant la 2e compagnie du I/3e Etranger, sous les ordres du capitaine François Vieulès, remonte le fleuve Rouge, détruit les barrages qui l’obstruent.

Le 8 mars,un important convoi, sous les ordres du colonel Grosjean quitte Hanoï vers Nam Dinh. En tête du convoi, les légionnaires du I/3e R.E.I. ; dans le convoi, quatre tanks, des half-tracks, deux bulldozers et de l’artillerie. Le convoi se dirige vers Nam Dinh en longeant la Rivière Rouge, vers le Sud.

Le Vietminh se limite à un sabotage de la route et à poser de nombreuses mines ; cela ralentit le convoi et les bulldozers sont constamment sur la brèche.

Le 10 mars,les derniers obstacles sont surmontés et les légionnaires sont dans les faubourgs de Nam Dinh.

  • Le capitaine Jean Soupault du 1er R.E.I. est tué à Phong Dien.

  • Le légionnaire Alexandre Janik du I/3e R.E.I. est tué par balle à Dan Trang.

Le 11 mars, les légionnaires de la 3e compagnie du I/3e R.E.I., aux ordres du capitaine Rousselet, donnent l’assaut, appuyés par quatre tanks ; après une faible résistance, à la surprise générale, les Viêts se sauvent et abandonnent leur proie.

  • Le sergent Rémi Austraete du 3e R.E.I. meurt des suites de ses blessures le 11.03.1947 à Nam Dinh au Tonkin.

Du 15 au 31 mars,il faut alors desserrer l’étreinte, reconstruire et pacifier la région de Nam Dinh. Il faut reprendre de nombreux villages occupés par les Viêts. Au cours des nombreux combats, le 1er bataillon du 3e R.E.I. perd le 21 mars le légionnaire May Engler à Ving Huong et le légionnaire Werner Heigel à Phu Sghye Hung, le 31 mars le légionnaire Henz Atzler à Dinh Bang près de Bac Ninh.

A l’issue de ces combats, le fanion du bataillon gagne la croix de guerre des T.O.E. avec palme.

 

Du 13 au 17 mars 1947 : le combat des montagnes de Marbre en Annam.

  • Fin février,la tête de pont de Tourane s’étend au nord jusqu’au-delà d’Hué qui vient d’être libérée ; mais, au sud, s’arrête à cinq kilomètres, le long de la rivière de Camle, où les premières défenses rebelles s’appuient à la mer et aux montagnes de Marbre.

  • Le sous-lieutenant Claude Hermitte du 1er R.E.C. est tué au combat le 07.03.1947 à Nam dans la région de Tourane en Annam.

  • Le commandement décide de dégager largement Tourane en brisant l’étreinte de l’armée vietminh, dite de Quang Ngai, et de porter son effort sur la rivière Faifoo.

  • Deux groupements sont formés :

  • L’un foncera sur un axe nord-sud, à quelque vingt kilomètres à l’ouest du rivage ;

  • L’autre, passant par les montagnes de Marbre, poussera sur Quang Nam et Faifoo. Ce dernier comprend le 1er R.E.C. et le II/13e D.B.L.E., accompagnés d’éléments motorisés, d’une batterie de 27, d’une section du génie et d’une flottille de quatre L.C.V.P. et d’un L.C.M.

  • En bordure du rivage, les montagnes de Marbre ferment cinq gros blocs d’une centaine de mètres de hauteur, couverts de végétation, percés de grottes et de souterrains, meublés de pagodes. Le lieu réputé dans l’histoire de l’Annam passe pour être solidement tenu ; d’importantes forces défendent le pied des blocs ; des armes lourdes et de canons ont été hissés sur les contreforts.

  • Le 1er R.E.C. vient de débarquer en janvier 1947 à Tourane, sous le commandement du colonel Jean Marion, avec un état-major, un escadron hors rang et six escadrons de combat.

  • La 13e D.B.L.E. a débarque du SSOrmonde et du Sumatraà Saigon le 13 mars 1946.

  • La demi-brigade est immédiatement tournée vers les activités opérationnelles. Le secteur n’est rien que moins sûr. La 13e D.B.L.E. va participer aux opérations en Cochinchine, au Cambodge et au Centre-Annam de 1946 à 1951.

  • La Cochinchine entière, de Tay Ninh à Camau, de Baria à Soarieng, voit passer les Dodge,six par six, avec leur chargement de képis blancs, portant l’insigne de la 13e D.B.L.E. La rizière, la forêt, les canaux n’ont plus de secrets pour eux. Ils traquent l’adversaire, le plus souvent insaisissable.

  • Malgré les difficultés qu’offre ce pays inconnu dominé par le postulat de la suprématie de la ruse sur la vaillance, de la manipulation politique sur le maniement des armes, où les rebelles trouvent des appuis inattendus, la 13e résiste à la fatigue, au climat ; sans arrêt, elle effectue patrouilles, coups de main, opérations de nettoyage, conservant toujours sa personnalité, n’attendant jamais le succès pour continuer inlassablement ses activités.

  • Le chef de corps de la 13e D.B.L.E. est le lieutenant-colonel Gabriel Brunet de Sairigné, depuis le 21 août 1946.

  • Le 12 mars,le légionnaire Louis Roche du 1er R.E.C. est tué à l’ennemi à Alph Thy dans la région de Tourane en Annam.

  • Le 13 mars, à 6 heures du matin,une partie du II/13e D.B.L.E. embarque sur les quatre L.C.V.P. et, sous la protection du canon du L.C.M., débarque de vive force dans la rizière ouest. Ses derniers éléments parviennent à passer la lagune sur une digue à demi-détruite.

  • Vers 7 heures 30,dès que le bataillon de la 13e arrive à hauteur des montagnes, le 1er R.E.C. attaque, droit au sud, entre la lagune et la route des sables.

  • Après trois heures de combats,le premier bloc est enlevé ; le défilé est forcé grâce à l’appui de l’artillerie, de la chasse et des canons du peloton Coventry. Les blocs tombent successivement. L’ennemi s’enfuit en désordre, poursuivi par l’aviation.

  • A 11 heures 30,les légionnaires de la 13e D.B.L.E. et du 1er R.E.C. font leur jonction au sud des montagnes de Marbre. Il faut profiter du succès ; les unités foncent vers le sud, à travers dunes et filaos ; la route bouleversée ne permet plus le passage de l’artillerie. Les automitrailleuses couchent les filaos dans le sable et ouvrent la voie. La poursuite continue.

  • Le 15 mars au matin,après un passage de rivière difficile à Phu Trach, le 1er R.E.C. rejoint le II/13e D.B.L.E. qui vient d’entrer à Failoo sans coup férir et éteint les premiers incendies allumés par les Viêts dans le quartier chinois.

  • Le 16 mars,Quang Nam est atteint par les légionnaires du II/13e D.B.L.E. après un violent engagement et avec l’appui des Spitfire.

  • Le 17 mars,la liaison est prise avec le groupement Est qui a foncé aussi vite.

  • Le 23 mars,le sergent Octave Bouveret de la 13e D.B.L.E. est tué à l’ennemi.

  • La mission est remplie ; la couverture au sud de Tourane est reportée sur la rivière de Failoo. L’opération coût trois tués et seize blessés. L’ennemi laisse sur le terrain cent soixante-six cadavres, deux F.M., quatre mitraillettes, trente-deux fusils et de nombreuses munitions.

  • Le 31 mars 1947,le légionnaire Bernard Ripaud de la 13e D.B.L.E. est tué à l’ennemi.

  • L’esprit guerrier des légionnaires dans cette opération qui rappelle un engagement conventionnel a permis un succès facile et peu coûteux.

  • Mais aussitôt ; les vainqueurs sont affectés dans une série de postes dans la région de Quang Nam, où la guérilla impitoyable reprend ses droits.

 

16 mars 1947 : en Cochinchine,dans le sous-secteur de Sadec du 3e bataillon du 3e R.E.I. sillonné par le Mékong et de nombreux cours d’eau, les unités disposent d’une petite flotte de L.C.T., L.C.V.P. et d’embarcations de toutes sortes. Une chaloupe part en mission de ravitaillement de trois postes dans la région de Lap Vo. A son bord, se trouvent un officier, deux sous-officiers, douze légionnaires, douze partisans et l’équipage autochtone, ainsi que quelques passagers. A l’aller, tout se passe normalement. Vers 16 heures, l’embuscade se déclenche ; des armes automatiques tirent de la rive nord ; deux légionnaires sont tués ; dans le premier quart d’heure, des légionnaires et des partisans des groupes de défense de la chaloupe sont grièvement blessés. Le sous-lieutenant est légèrement blessé. La chaloupe avance toujours lentement, ralentie par la perte de vapeur due aux impacts de balle dans la chaudière. Par malheur, l’une des dernières rafales ennemies coupe les chaines de commande du gouvernail. Elle s’échoue. Les Viêts se précipitent en poussant de grands cris. Il est 17 heures. Le combat se poursuit avec acharnement. La nuit commence à tomber. Les munitions s’épuisent. Un légionnaire volontaire plonge au mépris du danger pour rejoindre à la nage le poste de Lap Vo, situé à 2 km environ. Il atteint l’autre rivage, traverse la rizière et court vers le poste. Bientôt les secours arrivent tandis que les mortiers du poste, sur les indications du légionnaire, arrosent les berges autour des Viêts. Les morts et les blessés sont évacués par sampans.

  • Le chef de corps du 3e R.E.I. est le lieutenant-colonel Edouard Méric.

  • Le sous-lieutenant Julien Lenoir et le sergent Patrice Binisse du 3e R.E.I. sont tués le 10.03.1947 dans une embuscade sur le Rach Tra Bung dans la province de Sadec en Cochinchine.

  • Le légionnaire Julien Le Bohec de la 12e compagnie du III/3e R.E.I. est tué par balles le 16.03.1947 à Lap Vo en Cochinchine.

  • Le sergent Charles Gazave est tué à l’ennemi et le légionnaire Charles Dordain est porté disparu, le 28.03.1947 à Huyen Hoï dans la province de Traninh en Cochinchine.

 

Mars 1947 :depuis quelques mois, le II/3e R.E.I., aux ordres du capitaine Paul Pfirmann, est dans le sous-secteur de Ben Tré dans le Delta du Mékong, dans la province de My Tho en Cochinchine. La 5e compagnie est installée à An Hoa sur l’île de Binh Doi, la 6e compagnie à Mo Cay sur l’île de Mo Cay et la 8e compagnie à Ba Tri sur l’île de Ben Tré.

Les 8 & 9 mars,la 5e compagnie livre de violents combats à Loc Thuan sur l’île de Binh Doi.

  • Le 8 mars, sont tués les légionnaires Werner Korff et Siegfried Senzel.

  • Le 9 mars, sont tués les légionnaires Joseph Kurznik, Hans Von Engler, Wilhelm Wiegand et Antonio Moralès Cantero.

Le 28 mars,une embuscade meurtrière frappe la 6e compagnie du II/3e R.E.I. à Soa Lac, sur la route de Mo Cay à Hoa Loi en Cochinchine.

  • Le bataillon perd le lieutenant Bertrand d’Arras, le sous-lieutenant Bernard Jabveneau, l’adjudant Jean Pradal, les légionnaires Alberto Lopez Baraguero et Willi Nettling.

 

Mars 1947 : départ vers la R.C.4. au Tonkin

  • La R.C.4 est une entaille minuscule dans l’immense falaise calcaire. En contrebas, au fond du gouffre, la rivière grondante aux eaux marron. Par instants, les véhicules se suivent en procession, à un mètre l’un de l’autre : jeeps, automitrailleuses, half-tracks, camions militaires, camions civils des commerçants chinois et annamites.

  • Par instants, la route quitte la falaise, descend vers une cuvette. Au loin, à travers le moutonnement de la jungle parsemée de mamelons blanchâtres ou boisés, on aperçoit des rizières. C’est de ces mamelons que les Viêts, de préférence, attaquent la route.

  • Le 3e Etranger, arrivé en Indochine au cours du printemps 1946, quitte la Plaine des Joncs, ses rizières, ses cocotteries, ses pêcheries, ses fleuves et ses rivières pour monter au Tonkin. Pour construire des postes le long de la R.C.4.

  • Poste du col des Ananas, premier point vraiment dangereux de la route. Poste de That Khé, dans la cuvette après le col des Ananas. Poste de Dong Khé. Tous les fortins le long de la route. Du travail, de la défense, du danger, des morts. De la sueur et du sang.

  • La R.C.4 est le théâtre où se déroule le spectacle permanent embuscade-attaque de convoi, etc…La R.C.4 est un bagne de 250 kilomètres de long, tenu par la troupe que le commandement supérieur estime la plus solide, la plus apte à n’importe quelle besogne et la plus motivée : la Légion.

 

Jean Balazuc P.P.P.P.

Sources

Le 3e Etranger de Philippe Cart-Tanneur et Tibor Szecsko – E.F.M. 1988.

La 13e D.B.L.E. de Tibor Szecsko – E.F.M. 1989.

Histoire de la Légion Etrangère de Georges Blond – Plon 1981.

Site Mémoire des hommes du S.G.A.

Site du Mémorial de Puyloubier.

Site de l’Ordre de la Libération.

Sites du 3e R.E.I.

Site du 12e R.C.A.

Site de la 13e D.B.L.E.

Site de la 100e Promotion.

 

d’Arras Bertrand Bernard Marie Robert,né le 13.01.1922 à Orléans dans le Loiret ;lieutenant légionnaire à la 6e compagnie du II/3e R.E.I. ; tué à l’ennemi dans une embuscade le 28.03.1947 à Soa Lac au Tonkin, sur la route de Mo Cay à Hoa Loi.

 

Atzler Henz Gunther Hermann,né le 20.11.1923 à Berlin en Allemagne ; légionnaire au I/3e R.E.I. ; mort des suites de ses blessures le 31.03.1947 à Dinh Bang, près de Bac Ninh au Tonkin.

 

Austraete Rémi René,né le 17.02.1915 à Lacken en Belgique ; sergent au 3e R.E.I. ; mort des suites de ses blessures le 11.03.1947 à Nam Dinh au Tonkin.

 

Binisse Patrice Alfred Albert Gilles,né le 24.10.1921 à Croix-de-Vie en Vendée ; sergent au 3e R.E.I. ; tué dans une embuscade le 10.03.1947 sur le Rach Tra Bung dans la provinnce de Sadec en Cochinchine.

 

Bouveret Octave Amédée,né le 26.02.1899 à Fleurey-lès-Lavoncourt dans la Haute-Saône ; sergent à la 13e D.B.L.E. ; tué à l’ennemi le 23.03.1947 à Chunhuan Yiadink en Cochinchine.

 

Brunet de Sairigné Gabriel,né le 09.02.1913 ; saint-cyrien de la promotionRoi Albert 1er,1933-1935 ; affecté à la 13e D.B.M.L.E. avant son départ pour la Norvège ; il rejoint la France libre ; lieutenant de la compagnie de commandement de la 14e D.B.M.L.E. en juillet 1940 en Angleterre ; Capitaine, commandant la compagnie lourde du 1er Bataillon de la 13e D.B.L.E. en 1942, en Syrie ; Compagnon de la Libération  par décret du 11 septembre 1942 ; il reste ensuite à la13e D.B.L.E., durant toute la durée de la guerre, de l'Afrique du Nord à l'Italie, puis enProvence. Chef d‘un bataillon de la 13e D.B.L.E. en 1943-1945. Il est un des acteurs majeurs de la libération d'Autun. Officier de la Légion d’Honneur ; Croix de Guerre 1939-1945 avec cinq palmes ; lieutenant-colonel, chef de corps de la 13e D.B.L.E. nommé le 21.08.1946. il est le plus jeune chef de corps de l’armée française. Croix de Guerre des T.O.E. avec trois palmes ; Commandeur de l’ordre de la Légion d’Honneur. Dans un convoi tombé dans une embuscade sur la route de Dalat près de Lagnia Bien Hoa (Viêt Nam). Mort des suites de ses blessures à Saigon en Indochine le 01.03.1948. Une 9e citation à l’ordre de l’armée lui est attribuée à titre posthume. La promotion 1967-1969 de Saint-Cyr l’a choisi pour parrain.



Cantero Moralès Antoine,né le 17.03.1921 à Linarès en Espagne ; légionnaire à la 5e compagnie du II/3e R.E.I. ; tué au combat le 09.03.1947 à Loc Thuan, dans la province de My Tho en Cochinchine.



Daboval,officier de la Coloniale ; commandant, chef du II/6e R.I.C. à Nam Dinh en 1946-1947 ; lieutenant-colonel, chef de corps du 24e Régiment d’infanterie coloniale en 1956-1958 ; général de brigade le 16.07.1964.



Dordain Charles François dit Rodain,né le 07.10.1920 à Hauchnin dans le Nord ; légionnaire à la 9e compagnie du III/3e R.E.I. ; tué le 28.03.1947 à Huyen Hoï dans la province de Traninh en Cochinchine.



Ducasse Xavier, fils de fermiers du Gers, A.E.T., sorti du rang ; lieutenant au 1er R.C.P. en 1943-1945 ; il prend part à de nombreuses et dures opérations pendant la campagne de France et en Indochine ; il saute sur Nam Dinh le 05.01.1947 ; lieutenant-colonel parachutiste, à Bayonne en 1956 ; chef d’état-major de la 10e D.P. de la mi-octobre 1957 à août 1958 ; membre du C.S.P. d’Alger le 13.03.1958 et du C.S.P.A.S. le 22.05.1958 ; il en est le directeur du secrétariat ; il prépare les détails du plan Résurrection ; patron du 6e R.P.C. puis du 6e R.P.I.Ma. de septembre 1958 à juin 1959 ; il monte une opération le 28.03.1959 dans la région de Bou-Saâda, malgré l’opposition des commandants locaux : 200 rebelles dont les colonels Amirouche et Si Haouès, chefs de wilayas, sont tués ; exilé à Madagascar en 1960 avec le colonel Le Bos. Commandeur de la Légion d’Honneur. Décédé le 25.07.2013 à l’âge de 88 ans, à Jurançon dans les Pyrénées Atlantiques.



Engler May Georges Henz,né le 12.10.1928 à Rostock en Allemagne ; légionnaire au I/3e R.E.I. ; tué à l’ennemi le 21.03.1947 à Ving Huong au Tonkin.



Gazave Charles Marcel Henri,né le 01.03.1918 à Casteljaloux dans le Lot et Garonne ; sergent au 3e R.E.I. ; tué à l’ennemi le 28.03.1947 à Huyen Hoï dans la province de Traninh en Cochinchine.



Grosjean,colonel, commandant la colonne de secours vers Nam Dinh en mars 1947.



Heigel Werner,né le 29.06.1927 à Frekerheld en Allemagne ; légionnaire au I/3e R.E.I. ; tué à l’ennemi le 21.03.1947 à Phu Sghye Hung au Tonkin.



Hermitte Claude Jean,né le 07.01.1923 à Montigny les Metz dans la Moselle ; sous-lieutenant légionnaire au 1er R.E.C. ; tué au combat le 07.03.1947 à Nam en Annam, dans la région de Tourane.

 

Jabveneau Bernard Louis Félix,né en 1921 à Paris dans la Seine ; sous-lieutenant légionnaire à la 6e compagnie du 3e R.E.I., tué à l’ennemi le 28.03.1947 dans une embuscade à Hoa Loi, sur la route de Mo Cay à Soa Lac en Cochinchine.

 

Janik Alexander, né le 20.06.1928 à Tychy en Pologne ; légionnaire au I/3e R.E.I. ; tué par balle le 10.03.1947 à Dan Trang, entre Hanoï et Nam Dinh.

 

Korff Werner,né en 1927 en Allemagne ; légionnaire à la 5e compagnie du II/3e R.E.I. ; tué au combat le 08.03.1947 à Loc Thuan dans la province de My Tho en Cochinchine.

 

Kuznik Joseph,né le 16.02.1928 à Perzowic en Pologne ; légionnaire à la 5e compagnie du II/3e R.E.I. ; tué au combat le 09.03.1947 à Loc Thuan dans la province de My Tho en Cochinchine.

 

Latapie Bayro Pierre Jacques Jean,né le 23.06.1924 à Le Hauga dans le Gers ; marsouin au II/6e R.I.C. ; sentinelle, premier tué à l’ennemi le 20.12.1946 à Nam Dinh dans le Tonkin.

 

Le Bohec Julien Marie,né le 13.01.1917 à Vannes dans le Morbihan ; légionnaire à la 12e compagnie du III/3e R.E.I. ; tué par balles le 16.03.1947 à Lap Vo en Cochinchine.

 

Lenoir Jacques Jean Julien Maxime,né le 28.02.1921 à Paris dans la Seine ; sous-lieutenant légionnaire à la 12e compagnie du III/3e R.E.I. ; tué dans une embuscade le 10.03.1947 sur le Rach Tra Bung dans la province de Sadec en Cochinchine.

 

Lopez Baraguero Alberto,né le 01.01.1923 à Meuna Fendales en Espagne ; légionnaire à la 6e compagnie du II/3e R.E.I. ; tué par les rebelles le 28.03.1947 dans une embuscade à Soa Lac, sur la route de Mo Cay à Hoa Loi en Cochinchine.

 

Marion Jean Louis Raoul,né en 1898 : saint-cyrien de la 100e promotion des Drapeaux et de l’Amitié Américaine ; lieutenant-colonel, chef de corps du 12e R.C.A. du 01.03. au 18.08.1946 ; colonel, chef de corps du 1er R.E.C. du 21.08.1946 au 14.06.1948. Il débarque à Tourane le 04.01.1947 ; affecté en 1951 à l’Inspection de la Cavalerie ; il termine sa carrière militaire comme général de division ; décédé en 1992.

 

Méric Edouard,né le 20.07.1901 à Marseille ; saint-cyrien de la promotion du Souveniren 1921 ; à la sortie de l’Ecole, il choisit l’infanterie. Après deux ans en Allemagne, il est muté au Maroc ; il prend part à la campagne du Rif ; blessé en janvier 1926, il est cité à l’ordre de l’armée ; commandant du 32e Goum à El Hadada en 1929 ; affecté en 1931 au 2e B.C.A. à Antibes ; en 1941, capitaine, commandant le 8e Tabor marocain à Mechra Bel Ksiri ; en 1942, il participe, avec les conjurés d'Alger à la préparation du débarquement anglo-américain du 8 novembre, ce qui entraîne son emprisonnement ; en janvier 1943, commandant du 2er Tabor du 2e G.T.M. ; en Tunisie du 8 au 13 avril 1943, il s’empare du massif de l’Ousselat ; le 12 avril, il se distingue à Aïn Djeloula ; puis les 11 et 12 mai, à Zriba, il écrase avec ses hommes les dernières résistances adverses ; promu chef de bataillon, il se distingue durant les opérations de la libération de la Corse en octobre 1943 puis à celle de l’Ile d’Elbe en juin 1944 ; il débarque en Provence et son Tabor se distingue à Aubagne les 21 & 22.08.1944 puis devant Marseille du 23 au 28.08.1944 ; Compagnon de la Libération par décret du 20.1.1944 ; il poursuit la guerre dans les Vosges où il est blessé en octobre 1944, puis en Alsace et dans la Forêt Noire. En mars 1945, il est chef de corps du 1er R.T.M. Désigné pour l'Indochine en 1946, le lieutenant-colonel Méric commande tour à tour le 3e Régiment étranger d'infanterie (3e R.E.I.) du 01.03 .1947 au 24.08.1947 ; puis la zone est de Cochinchine. Promu colonel en 1948, il est nommé chef du territoire de Tiznit (Maroc) avant de repartir pour un second séjour en Indochine avec les fonctions de chef d'Etat-major du général Boyer de Latour. Il prend ensuite, en Algérie, le commandement de la subdivision de Dellys en août 1952. En 1954, il est nommé directeur des Affaires politiques en Tunisie puis, promu au grade de général de brigade, directeur général de l'Intérieur à Rabat en 1956. Dans ces postes éminents, il assure la difficile transition des deux protectorats vers l'indépendance. Affecté ensuite en Allemagne au commandement de la place de Mayence, il termine sa carrière en 1959 à Baden-Baden, en qualité d'adjoint au commandant en chef des Forces françaises en Allemagne. Commandeur de la Légion d’Honneur, Croix de Guerre 1939-1945 avec 7 citations, Croix de Guerre des T.O.E. avec 4 citations. Décédé le 29.05.1973 à Paris.

 

Nettling Willi Ferdinand,né le 16.01.1914 à Bernburg Saala en Allemagne ; légionnaire à la 6e compagnie du II/3e R.E.I. ; tué par les rebelles le 28.03.1947 dans une embuscade à Soa Lac, sur la route de Mo Cay à Hoa Loi en Cochinchine.

 

Pfirmann Claude,Pied-Noir ; né le 20.06.1923 à Souk-Ahras, dans le département de Constantine ; il s’engage le 26.12.1942 au 5e R.C.A. ; il sort aspirant de l’Ecole de Cherchell en avril 1944 ; il participe à la campagne de France au 4e Cuirassiers et à la campagne d’Allemagne au 1er R.E.C. ; chef de peloton au 1er R.E.C. puis chef de peloton de crabes à la Dinassaut N° 8 en Indochine ; il succède au chef de bataillon Mausset à la tête du II/3e R.E.I. fin 1946 ; chef de la S.A.U. de la Haute Casbah d’Alger en 1957 ; il travaille en étroite collaboration avec le capitaine Roulleau installé dans la Basse Casbah ; puis il succède à son camarade à l’occasion de sa promotion ; membre du C.S.P. de la Casbah en mai 1958 ; capitaine de cavalerie de la Légion étrangère, commandant du 4e escadron du 1er R.E.C. en 1959-1960 ; il habite au Chenoua en 1960 ; il est affecté en 1962 au 1er R.H.P., avant de choisir de mettre fin à ses services en avril 1964 ; titulaire de cinq citations au titre de ses trois Croix de guerre, il est officier de la Légion d’Honneur. Décédé à mi-novembre 2013 à Ossages dans les Landes.

 

Pradal Jean André,né le 17.11.1918 à Lagniole dans l’Aveyron ; adjudant légionnaire à la 6e compagnie du II/3e R.E.I. ; tué à l’ennemi le 28.03.1947 dans une embuscade à Soa Lac, sur la route de Mo Cay à Hoa Loi en Cochinchine.

 

Ripaud Bernard Alain Marcel,né le 04.02.1926 à Nantes dans la Loire Atlantique ; légionnaire de la 13e D.B.L.E. ; tué à l’ennemi le 31.03.1947 à Vinh Huy au Tonkin.

 

Roche Louis Joseph,né le 08.10.1924 à La Côte Saint-André dans l’Isère ; légionnaire au 1er R.E.C. ; tué à l’ennemi le 12.03.1947 à Alph Thy dans la région de Tourane en Annam.

 

Rousselet,capitaine légionnaire, commandant la 3e compagnie du I/3e R.E.I. à Nam Dinh en mars 1947.

 

Roux Georges,capitaine légionnaire, commandant la 3e compagnie du I/3e R.E.I. à Nam Dinh de janvier à mars 1947.

 

Senzel Siegfried Heinz,né le 02.11.1925 à Sebnitz en Allemagne ; légionnaire à la 5e compagnie du II/3e R.E.I. ; tué au combat le 08.03.1947 à Loc Thuan dans la province de My Tho en Cochinchine.

 

Soupault Jean,né le 14.01.1914 à Damery dans la Marne ; capitaine légionnaire au 1er R.E.I. ; tué à l’ennemi le 10.03.1947 à Phong Dien au Tonkin.

 

Vellas Paul Henri Lucien,né le 09.08.1921 à Toulouse dans la Haute-Garonne ; officier de la Coloniale ; sous-lieutenant au II/6e R.I.C. ; tué à l’ennemi le 20.12.1946 à Nam Dinh dans le Tonkin.

 

Vieulès François,né le 14.02.1918 ; capitaine, commandant la 2e compagnie du I/3e R.E.I. à Nam-Dinh en mars 1947 ; capitaine légionnaire parachutiste au 1er B.E.P. à Diên-Biên-Phu : il supplante pour un temps son chef de corps,  le commandant Guiraud blessé le 03.04.1954 ; promu commandant à titre exceptionnel en avril 1954 : chef de bataillon de la Légion Etrangère, commandant le 1er bataillon de la 13e D.B.L.E. dans les Aurès-Nementcha, il se distingue le 07.05.1958 face à la katiba du chef Amrani ; commandant l’E.M.T.2 créé en octobre 1958 ; tué avec son escorte dans une embuscade à Taourirt le 27.12.1958 ; 17 citations dont 8 à l’ordre de l’armée, 7 fois blessé, commandeur de la Légion d’Honneur.

 

Von Engler Hans,né le 01.04.1928 à Düsseldorf en Allemagne ; légionnaire à la 5e compagnie du II/3e R.E.I. ; tué au combat le 09.03.1947 à Loc Thuan dans la province de My Tho en Cochinchine.

 

Wiegand Wilhelm Hans,né le 06.04.1924 à Erfurt en Allemagne ; légionnaire à la 5e compagnie du II/3e R.E.I. ; tué au combat le 09.03.1947 à Loc Thuan dans la province de My Tho en Cochinchine.

 

 

 

 

Marchant d’un pas lent sur la plage, je voyais la mer et le ciel disparaitre à l’horizon et se confondre dans une opacité trouble, un pastel monotone, accouplement furtif qui se perdait dans l’infini. Mes joues, caressées par les derniers rayons d’un soleil moribond s’enflammaient sous les gifles du vent du Nord. L’instant était bousculé par le tournoiement des envolées de sable fin, figures imaginaires que semblaient habiter des fantômes familiers.

La lune se levait derrière la dune. Mon esprit s’évada, aspiré par une interrogation lointaine, comme attiré par l’espoir d’une aventure, qu’accentuait encore une impression intime, imprégnée d’une douce odeur de ressac, effluves iodées de vagues houleuses, sculptures animées des plages des eaux de la Terre.

Ce parfum enivrant de vent marin, soulignait encore la frustration d’inaccessibles rêveries, pour un adolescent, obsédé par la découverte d’images nouvelles. Le mirage s’évanouissait dans un léger brouillard, mariage incestueux de la mer et du ciel avec une dame de leur âge: la Terre. Cette harmonie envoutante, était la toile d’arrière-scène d’un théâtre où les acteurs involontaires affichaient leur propre jeu de rôle, et où s’exprimait la nostalgie du temps qui passait. Sempiternelle comédie humaine, source perpétuelle d’inspiration, qui faisait inlassablement se regrouper les vieilles femmes sur un banc du bord de mer, véritables chefs des familles matriarcales du Nord, directrices de conscience, avisées, d’une société sans fragrance, fidèles à un passé qui se vivait trop au présent pour construire l’avenir, mais aussi, source d’insatisfaction, d’ennui, de lassitude, de tristesse…

Voici pour le décor et la mise en bouche…

C’est ainsi qu’un jour, qui ressemblait aux autres jours… je réalisais que je ne pouvais plus supporter cette vie si courte mais si longue à la fois, à force de lenteur, de manque d’événements trépidants et qui devenait, parfois, insupportable. Elle se déroulait, toujours semblable, avec la mort au bout. On ne pouvait l’arrêter, ni la changer, ni la comprendre. Souvent une révolte indignée nous saisit devant l’impuissance de notre effort à provoquer un changement. Quoi que nous fassions, nous mourrons ! Quoi que nous croyions, nous mourrons.

Malheureusement, il semble bien que nous mourrons demain sans rien connaître encore, bien que désabusés par tout ce que nous connaissons. Nous nous sentons écrasés par le sentiment que « tout n’est qu’une éternelle misère », tout n’est qu’impuissance et monotonie.

Alors, nous nous levons, nous marchons, quand nous sommes las du matin au soir, las des choses familières, de sa maison, de sa rue, las de soi-même, de sa propre voix, des choses qu’on répète sans cesse, du cercle restreint de ses idées. Il faut partir, entrer dans une autre vie, changer l’image projetée de son ombre.

Au moment de la décision, l’aventure prend la forme d’une espèce de porte par où l’on sort de la réalité, pour pénétrer dans une autre, inexplorée, qui n’est encore qu’un rêve.

C’est dans une gare, dans un port, un train, un grand navire qui halètent d’impatience et qui vont fuir là-bas, quelque part, n’importe où, vers des pays nouveaux, régénérateurs.

Ainsi, je quittais ma région natale par un jour de septembre de fin d’été, animé par la volonté de voir une terre de soleil, dans l’éblouissement fulgurant d’une lumière inconnue.

Je souhaitais de toutes mes forces voir le midi du désert qu’incarnait, de façon quasi magique, l’image du légionnaire saharien qui représentait, dans ma naïveté juvénile, l’exemple de ce que pouvait être la liberté, sans horizons.

Décision irrévocable qu’imposaient à mon inconsciente rêverie les écrits de Flaubert : « On peut se figurer le désert, les pyramides, le sphinx, avant de les avoir vus ; mais ce qu’on ne s’imagine pas, c’est la tête d’un barbier Turc accroupi devant sa porte ». Il me fallait aller à la rencontre de ces personnages.

C’est ainsi, tableau rapidement brossé, que j’arrivais devant le bureau de recrutement et m’engageais pour cinq ans, ce n’est pas rien, au titre de la Légion étrangère

De la terrasse du Bas-Fort « Saint Nicolas » à Marseille, je sentais mon cœur emporté par une sensation nouvelle devant cette ville, porte d’aventures, qui palpitait sous le soleil encore estival, riante, avec son port de plaisance bordé de grands cafés pavoisés, ses gens pressés, affairés et bruyants à souhait. Elle semblait ivre, avec un accent que tout le monde faisait sonner comme un défi à la morosité. Marseille transpirait et manquait de soin, elle sentait l’ail. Mais elle vivait !

Au loin, dans le bassin de la Joliette, les lourds paquebots, le nez tourné vers l’inconnu, attendaient.

Après un bon mois de séjour lié aux formalités administratives, c’était le départ pour la Corse, début d’une instruction programmée, formation indispensable pour faire de moi cet autre homme, ce légionnaire apte à servir en tout lieu, à tout moment, là, où la Légion interviendrait de par le monde.

J’embarquai sur le « Napoléon Bonaparte ». Le vaste navire quittait son point d’attache, passait doucement au milieu de ses congénères encore immobiles, sortait du port. L’aventure commençait pour moi, je me sentais libre comme jamais.

J’allais devenir légionnaire.

CM

 

 

Arrivée des Autorités

Dépot de gerbe au carré de l'Amicale

Le bureau de l'Amicale dans la salle "des Vertus"

Une belle assemblée

Notre assemblée générale annuelle ordinaire s’est déroulée le Samedi 25 février sous la présidence du délégué Régional de la FSALE, le CES (er) jacques LHORO qui nous donna une information complète sur notre Fédération. Après un dépôt de gerbes au carré Légion, les nombreux Amicalistes se sont réunis au village dans la bien nommée salle des « vertus ». Autour du Président l’A /C (er) ANGOT on notait la présence du Maire Monsieur GUINIERI, du Général (2S) GUIGNON, du Directeur de l’IILE le Lt-Colonel BOUCHEZ, du Colonel (er) BERTOUT délégué FSALE de la Cote d’Azur, du Président CHAGNY des Anciens combattants de TRETS ainsi que le représentant de l’Amicale des anciens marins de SANARY avec laquelle nous sommes jumelée.  A retenir de cette AG, l’adjonction de Puyloubier sur notre futur drapeau et celle de la section féminine pilotée par Madame TISSELANK dans nos statuts ainsi que le passage de témoin de Vice-Président entre le Lt-Colonel (er) CLERC après de nombreuses années au service de l’Amicale et le Lt-Colonel (er) PIERRON.

Prestation de l'Amicale des Anciens Musiciens de la Légion Etrangere (AAMLE)

 

La grande affaire de l’année sera la célébration fin juin des 100 ans de notre grand ancien l’A/C(er) MONARCHA . Quitus étant donné, il était temps de se retrouver devant le foyer de l’IILE ou l’Amicale des Anciens Légionnaires de la Musique de la Légion Etrangère nous offrait une aubade d’une grande qualité musicale. Bravo ! Le succulent cassoulet de Castelanaudary nous attendait dans la salle de restaurant des pensionnaires après le traditionnel boudin vin blanc ou par l’odeur alléché le général (2S) LE FLEM Président de la SAMLE nous rejoignait. La journée se terminait dans une ambiance de franche camaraderie légionnaire ponctués par quelques chants Légion. Encore une belle AG qui témoigne de la bonne santé, et surtout de la cohésion de notre Amicale ou les nombreux sympathisants qui nous ont rejoints trouvent parfaitement leur place et n’hésitent pas à nous dire combien ils nous apprécient.

 

Déjeuner convivial dans la salle à manger des pensionnaires de l'IILE

Copain - copain

 

 

 

Le samedi 31 janvier 2017, les membres de l’Amicale des Anciens de la Légion Etrangère de la Côte-d’Or se sont réunis au Mess de la Gendarmerie de Dijon pour fêter les Rois. Après un repas copieux clôturé par la traditionnelle Galette et entrecoupé de chants dans les meilleures traditions de camaraderie légionnaire, une tombola faisait le bonheur des participants avec un nombre égal de lots et de tickets vendus. Le 10 décembre précédent avait eu lieu l’assemblée générale de l’Amicale qui a reconduit le bureau dans sa totalité.

Après le décès, en octobre 2016, de notre président d’honneur, le colonel (h) Claude Berthaud, ex-lieutenant du 1er BEP, le médecin-colonel Jean-Louis RONDY, doyen de l’Amicale et médecin du 1er BEP à Dien Bien Phu, a été élu, à l’unanimité, président d’honneur.

 
Points marquants10h00,lors de l'assemblée :
 
Mise à jour des statuts, élection des membres du comité de direction et du nouveau président Capitaine José GIL, augmentation des membres adhérents en quatre mois + 32, notre effectif 208, rénovation du Carré Légion au cimetière les Passons terminée pour Camerone en partenariat avec le SMFLE/1er RE/Souvenir Français, activités à venir l'AALE : le 20 avril St Georges au 1er REC, Camerone le 30 avril à 11h00 sur la place d'armes du quartier Vienot lors de la prise d'armes et le soir au 1er REC, avec le drapeau et une section à 18 d'anciens, en mai visite du camp de Carpiagne et repas de tradition au 1er REC, 20 avril St Georges au 1er REC, fin juin journée champêtre à l'IILE de Puyloubier,
 
 
11h45 dépôt de gerbes aux monuments aux Morts de la Légion par les autorités militaires, Colonel NACHEZ , représentant le Général MAURIN Commandent la Légion étrangère, le Colonel ROUSSEAU Commandant le 1er RE, le Colonel (er) HABOURDIN directeur général de la FSALE, M. GAZAY maire d'Aubagne, M. GIBERTI maire de Gémenos, Capitaine (er) GIL , suivi de la photo de famille au pied du monument, de part et d'autre des drapeaux des associations et au milieu des élus et autorités militaires, présence de 150 membres, amis et invités,
 
 
12h30 aubadede la musique de l'amicale des anciens musiciens de la  Légion étrangère, remise de la médaille de la fédération des sociétés d'anciens de la Légion étrangère au Lieutenant-Colonel (er) PAULIN et au Caporal-chef (er) RAMONDO, au mess des sous-officiers sous un soleil de printemps autour du vin d'honneur.
 
 
Pour terminerpar un déjeuner dansant avec140 participants, accompagné de chants Légion jusqu'en début de soirée.
 
Convivialité, fraternité et esprit de corps sont les mots pour définir cette journée annuel combien importante pour l'amicale des anciens Légionnaires pour partager les valeurs de la Légion.
 
GIL José                        Président
CASAMASSA Salvador  Vice-président
PAULIN Jean-Pierre     Vice-président
KOSWARA Bodo   Trésorier général, gestion du budget
CRUZ Philippe     Secrétaire général, porte drapeau 
BARLERIN Jacky   Adjoint secrétaire, porte drapeau
BARTOLETTI Gérard  Trésorier adjoint, porte drapeau
LUC Serge     Conseiller technique
RAMONDO Bruno Conseiller technique
BOUCKAERT Patrick Conseiller technique
 
   DELEGUES SOCIETAIRES SYMPATHISANTS
 
VENEZIA Philippe
LOUVET Christian
PREVOT Martin
 
 
 

Le 19 décembre 1946 marque le début de la guerre d’Indochine, après le bombardement du port de Haiphong, le 23 novembre 1946, par l ‘Artillerie de l’Armée de terre française, décidé par l’amiral D’ARGENLIEU.

 

Le Viet Minh, dirigé par HÔ CHI MINH, décide de lancer une offensive destinée à libérer la ville d’Hanoï. Il appelle le peuple vietnamien à se soulever contre la présence française. « Que celui qui a un fusil se serve de son fusil, que celui qui a une épée se serve de son épée »



LA GUERRE DE HARCELEMENT DANS LES POSTES ET LES RIZIERES :



L’Armée populaire du Viet Minh se fondait sur la mobilité et la dispersion pour éviter l’affrontement de masse et compenser sa faiblesse matérielle. C’était le combat « du tigre et de l’éléphant », annoncée par HÔ CHI MINH. « Le tigre tapi dans la jungle allait harceler l’éléphant, qui peu à peu se viderait de son sang et mourrait d’épuisement ».

 

« Si parfois dans la jungle où le tigre vous frôle, et que n’ébranle plus le recul du canon… »Capitaine de BORELLI-

 

Les pertes françaises devenaient de plus en plus grandes, par l’attaque des convois et des postes isolés. Les viêts rodent autour, véritables fantômes dans la nuit. Dans cette lutte à mort, le vainqueur est le plus rusé.

 

« Les rizières sont des fronts, les houes et les charrues des armes et les paysans des soldats. »

 

Dans chaque poste, le sergent ou le caporal est reconnaissable. On les voit au milieu de ses supplétifs sinistres, avec leurs dents en faux or. Et toujours en arrière-plan l’idée fixe du danger et de la trahison.

 

« Il fallait tout le temps faire attention, être sur ses gardes. Une nuit, alors que j’étais chef de poste, la sentinelle s’est endormie : 20 supplétifs ont été égorgés pendant leur sommeil. J’ai remis le même légionnaire de garde le lendemain, avec sifflet, grenade et bambou : si tu vois les viêts tu siffles, la grenade c’est pour les repousser et le bambou pour te battre. » (Giacomo SIGNORONI, alias SIGNORINI. 13éme DBLE).

 

Le 29 décembre 1946, l’interprète vietnamien du poste de Trunc Chan, mélange du « datura » aux aliments (plante qui ingurgitée provoque des hallucinations et le sommeil) : 47 légionnaires sont dans le coma. Mais 8 autres, qui avaient préféré prendre une douche avant le repas, voyant l’état de leurs camarades demandent du secours et préviennent ainsi l’attaque.

 

Un an plus tard, encore une tentative d’empoisonnement collectif au poste de Ben Muong. Nantis de l’expérience précédente, les ennemis coupent les fils du téléphone et mettent le datura dans le café. Mais un sergent et 4 légionnaires n’avaient pas eu le temps d’en boire avant que l’attaque se déclenche. L’un d’eux traverse inaperçu les lignes ennemies tandis que les autres résistent à 150 assaillants. Quelques heures plus tard, les renforts arrivent et les assaillants deviennent assiégés.

 

Le 24 avril 1947, la sentinelle du poste FRANCHINI (né à Saigon d’un père corse et d’une vietnamienne-Aventurier et écrivain) voit arriver un groupe de supplétifs, poussant devant eux un prisonnier ligoté. La sentinelle les laisse pénétrer dans le poste, mais à l’intérieur, sur un signe du soit disant prisonnier, ils sortent les armes et tuent 7 légionnaires et 4 supplétifs de la Garnison.

 

En avril 1948, on arrête un agent du Viet Minh qui offre aux légionnaires des briquets. Le prix est très intéressant, mais pourtant ce n’est pas une bonne affaire. Le coton est remplacé par du fulmi-coton destiné à exploser à la première étincelle. Et quand un légionnaire veut en essayer un, le vendeur ennemi tente de s’enfuir. Le piège est évité.

 

A Cau Xang, 9 légionnaires défendent la tour jusqu’à la mort.

 

Le 23 aout 1947, la compagnie d’intervention du 3éme bataillon est surprise par un ennemi supérieur en nombre. Les légionnaires forment le carré et repoussent tous les assauts en chantant le Boudin. Lorsque la colonne de secours arrive, la compagnie déplore un mort et 4 blessés. L’ennemi se retire avec 3 charrettes pleines de morts et de blessés.

 

A partir des années 1946, sur terre tous les postes sont harcelés : Loc Giang, Duong, An Lah, Bac Kan, Kompong Cham, Nhi Binh, etc. …

 

Dans les rizières, c’est le combat permanent du puissant alligator contre la perfide anguille. Des planches avec des clous rouillés sont camouflées sous l’eau des rizières, dans les herbes et les ruisseaux. Surpris en pleine progression, le légionnaire s’empale le pied sur les pointes.



« Tous ceux dont la grande herbe a bu le sang vermeil

Et tous ceux qu’ont engloutis les pièges de la sape » Capitaine de BORELLI.



LA PERTE DU CHEF DE CORPS :

Le 1 mars 1948, un convoi de permissionnaires et de civils escortés emprunte la route de SAIGON à DALAT, et tombe dans une embuscade. Le lieutenant-colonel De SAIRIGNE, chef de corps de la 13éme DBLE, est tué. 140 civils sont emmenés comme otages. Malgré la poursuite engagée immédiatement, une partie seulement des otages est récupérée, que l’ennemi en fuite est contraint d’abandonner.



Genre de piège

Sources :

La guerre d’Indochine de Jacques DALLOZ.

Wikipédia : Guerre d’Indochine.

Archives FSALE.



Major (er) MIDY – FSALE-

En charge de la mémoire.

 

La FSALE, rappelle conformément au communiqué du Président de la Fédération nationale André Maginot (ci-joint), dont elle est "Groupement n°1", qu'elle refuse également toute participation aux cérémonies du 19 mars.

 

Lire la LETTRE !

 

  • 6 janvier :la Brigade Française d’Orient embarque à Free Town en Sierra Leone.

 

 

  • 20 janvier :les navires, transportant la Brigade Française d’Orient, doublent le cap de Bonne-Espérance et, après un transbordement à Freetown sur un luxueux liner, le Neuralia,et une escale de cinq jours à Durban, le convoi pénètre dans le golfe d’Aden le 11 février ; la demi-brigade débarque à Port-Soudan le 14 février.

 

  • 1er février :après deux jours de combats, la IVe division indienne prend Agordat.

 

  • 2 février :la Ve division indienne enlève Barentu.

 

  • Début février :la bataille décisive de la campagne a lieu à Keren (Cheren en italien), ville à 100 kilomètres à l'est d'Agordat[]. La ville, qui est à une altitude de 1 300 mètres, est située dans un cirque, coupé au sud-ouest par le ravin Dongolaas et au nord par le ravin Anseba[][]. Le ravin Dongolaas est le seul passage permettant d'accéder aux haut-plateaux érythréens depuis Agordat[]. La route et le chemin de fer Agordat-Asmara y passent[]. Ce passage facilement défendable est le point stratégique le plus important[]. Il est surplombé au sud-est par le fort Dologorodoc et au nord-ouest par la montagne Sanchil[]. Au-delà du mont Sanchil se trouvent le Briggs’ Peak, le Hog's Back puis le mont Sammana[]. Une arête secondaire, l'arête 1616 qui plus tard sera nommée Cameron Ridge, surplombe la vallée et la ligne de chemin de fer au sud-ouest du mont Sanchil[]. La garnison n'a pas pu construire de bunkers ou de tranchées sur les hauteurs dominant Keren en raison du sol rocheux[]. Keren ne dispose pas de fortifications mais sa situation la rend facilement défendable.

 

  • Le commandant en chef des troupes italiennes en Afrique orientale est le gouverneur-général de cette colonie, le duc d'Aoste Amédée de Savoie. La garnison de Keren n'est composée que d'une brigade coloniale (la XIe), du 11e régiment de Grenadiers de Savoie et d'unités auxiliaires. Dans les jours qui suivent la prise d'Agordat et de Barentu, trois autres brigades coloniales (IIe, Ve, XLIVe), le bataillon alpin "Uork Amba" du 10e régiment de Grenadiers de Savoie et d'autres unités viennent renforcer les défenses de la ville. Toutes les troupes sont placées sous le commandement du général Nicolangelo Carnimeo.

 

  • Au début de la bataille, les Britanniques sous le commandement du général William Platt, disposent de la IVe division anglo-indienne qui est formée de trois brigades d'infanterie indiennes (Ve, VIIe, XIe). Ces unités sont par la suite renforcées par la Ve division indienne (IXe, Xe et XXIXe brigades d'infanterie indienne), la force de défense du Soudan et d'autres bataillons soudanais portant l'effectif total à 51 000 hommes :

 

  • XIe brigade indienne de la IVe division indienne (3 février)[],
  • Ve brigade indienne de la IVe division indienne (6 février)[],
  • XXIXe brigade indienne de la Ve division indienne (prêtée à la IVe division indienne du 10 au 12 février, puis avec l'ensemble de la Ve division à partir du 15 mars)[][],
  • VIIe brigade indienne dépendant du quartier général britannique au Soudan[],
  • IXe et Xe brigade indienne de la Ve division indienne, prêtées à la IVe division indienne (à partir du 15 mars)[][],
  • 1st Battalion Worcestershire Regiment.
  • 6/13th Royal F. F. Rifles.
  • 3/2nd Punjabis.

 

  • 2 février :après quelques engagements initiaux défavorables, les Britanniques attaquent l’Afrique orientale italienne qui menace leurs voies de communication passant par le canal de Suez. Keren contrôle le seul col permettant d’accéder aux haut-plateaux. Les chars du 4th Royal Tank Régiment essaient de pénétrer dans la vallée du Dongolaas. Ils sont arrêtés par les éboulements provoqués par les Italiens qui ont miné le passage.

 

  • 3 février :les troupes britanniques attaquent le col de Dongolaas et les montagnes avoisinantes. Les Ecossais du Cameron Highlanders parviennent à prendre la cote 1616 à une compagnie du 2e bataillon du 11e Régiment de grenadiers de Savoie. Les Britanniques positionnent rapidement le 6e Rajputana Rifles sur les positions gagnées afin d’éviter toute contre-offensive italienne.

 

  • Dans la nuit du 4 au 5 février,le 3/14th Punjab Regiment s’empare du pic Briggs.

 

  • Le 5 février,les Italiens contre-attaquent et reprennent les pics aux Britanniques.
  • De nouvelles attaques des deux régiments britanniques contre les hauteurs surplombant Keren sont proches de prendre les dernières positions italiennes, mais deux compagnies du 3e Régiment de Bersaglieri et du XCVIIe bataillon colonial parviennent à éviter l’effondrement et repoussent les troupes indiennes dans un combat au corps à corps.
  • Les pertes sont importantes de part et d’autre. Lorenzini, le courageux et jeune général italien, commandant la IIe Brigade coloniale, a la tête explosée par un fusil britannique. Les troupes érythréennes perdent un grand chef.

 

  • Durant les jours suivants,les Britanniques poursuivent leurs attaques contre les hauteurs tenues par les Italiens.

 

  • Le 6 février,la Ve brigade tente de s’emparer du col Acqua afin de contourner le col de Dangolaas. Les Italiens fortement retranchés repoussent les Britanniques.

 

  • Le 8 février,la XIe brigade reprend le pic Briggs et tente de s’emparer dans la foulée du mont Sanchil mais elle échoue également.

 

  • Le 10 février,après une semaine de violentes escarmouches, les Britanniques préparent de nouvelles attaques avec le soutien de chars et de véhicules blindés.

 

  • L’objectif est la prise du pic Briggs et du mont Sanchil pour disposer d’observatoires surplombant le fort Dologorodoc et Keren. La IVe division d'infanterie indienne a été renforcée par la XIXe brigade de la Ve Afin d'éviter la chute du col de Dongolaas, de nombreuses troupes italiennes y ont été placées parmi lesquelles le bataillon de montagne « Alpii Work Amba » tout juste arrivé d'Addis-Abeba.

 

  • Le 10 février,l'attaque est lancée. L'attaque doit se dérouler en deux temps : les bataillons des 5th Mahratta et 11th Sikhs régiments d'infanterie indienne sont chargés de percer la ligne de défense italienne ; les tanks britanniques doivent ensuite exploiter cette percée.
  • Dans l'après-midi du 10, le 3/1st Punjab Regiment attaque le pic Briggs.

 

  • Le 11 février, le mont Sanchil est enlevé. Étant donné la configuration du terrain, seules deux sections assurent la défense du mont, tandis que le reste du bataillon est chargé de transporter munitions, équipement et blessés. Mais soumis à un bombardement intense par l'artillerie italienne toute la journée, le mont Sanchil est repris par une contre-attaque italienne menée par les grenadiers de Savoie. Les troupes indiennes parviennent néanmoins à garder le contrôle de l'arête Cameron grâce à l'aide du 2nd Mahrattas Régiment.

 

  • Le 14 février,l'infanterie indienne est cependant repoussée par les Italiens et, dans l'après-midi, les Britanniques se retirent.

 

  • 14 février :la Brigade Française d’Orient ou Brigade Française Libre, débarque à Port-Soudan après un long périple de cinq semaines car il a fallu contourner l’Afrique australe ; les légionnaires apprécient de retrouver la terre ferme ; la B.F.O. est dirigée par voie ferrée sur Souakom ; la 13eB.L.E., après avoir perçu du matériel neuf, reprend la mer le 27 pour atteindre le jour-même Marsa Taclaï, en zone italienne, [ ]pour participer aux combats en Érythrée contre l'armée italienne.
    • Le général Platt décide alors de regrouper ses forces avant de poursuivre les attaques[]. Les troupes britanniques à l'est sont renforcées par la IXe brigade et deux compagnies de mules chypriotes. Au nord, quatre bataillons (deux de la VIIe brigade indienne, deux de la Brigade Française Libre) sous le commandement du brigadier Briggs sont entrés indépendamment en Érythrée par la ville frontière de Karora.

 

25 février 1941 :la Brigade Française d’Orient, sous les ordres du colonel Monclar, rejoint devant Keren le bataillon de marche N°3 du commandant Garbay qui a traversé l’Afrique d’Ouest (de Moussoro-Fort-Lamy au Tchad) en Est (Erythrée) sur 2 000 kilomètres. Le B.I.M., issu du 24e R.I.C., est la troisième unité de la Brigade qui comprend environ 4 000 hommes. La campagne d’Erythrée commence pour les Français libres.

  • La Brigade Française d’Orient, et par conséquence la 13eB.L.E., est mise à la disposition du général Briggs, commandant la VIIe brigade anglaise des Indes.
  • Le chef de la France Libre est soucieux de montrer la détermination des Français libres.
  • Les Italiens tiennent le port de Massaouah, dont ils veulent faire le débouché maritime de l’Ethiopie, puisque Djibouti est possession de la France. Ils n’ont rien ménagé pour fortifier leurs bases et sont décidés à se défendre avec résolution. Mais le pire ennemi sera la chaleur.
  • Dans un premier temps, les généraux britanniques, souhaitant conserver les territoires sous influence britannique, ne voient pas d’un bon œil l’arrivée de troupes françaises sur leur pré carré : la guerre en Afrique orientale doit rester une affaire britannique. Ils leur confient des missions considérées comme mineures.
  • Dès son arrivée, la 13eB.L.E. est donc rattachée à la VIIe brigade hindoue puis dirigée vers Keren. Après une progression victorieuse de 200 kilomètres à partir du Soudan, les Britanniques piétinent devant cette place solidement tenue, nœud de communications sur l’axe Asmara-Massaouah. Dans un terrain montagneux peu propice aux déplacements automobiles, la demi-brigade reçoit mission d’attaquer la ville de l’est et par les hauts.

 

Mars 1941 :les généraux britanniques reprennent l’offensive.

  • Le 1er mars, le 4/16th Punjab Regiment lance une attaque qui permet aux troupes du brigadier Briggs de menacer Keren et Massaouah et oblige les Italiens à répartir les défenseurs entre les deux fronts[].
  • Le 12 mars,par des sentiers muletiers, après une pénible marche de nuit de 30 kilomètres, les légionnaires de la 13eB.L.E. arrivent à proximité de la ligne de défense italienne installée sur le Grand et le Petit Willy, à 1 800 mères d’altitude. Bientôt débordés et sérieusement accrochés par les unités de la 13e qui s’approchent d’eux à portée de grenades, les avant-postes italiens se replient le long des crêtes. Accompagnée de dromadaires qui portent mitrailleuses et mortiers, munitions et vivres et qui mettent une grande confusion dans l’obscurité, la colonne des légionnaires continue son avance.
  • Les Italiens se sont retranchés sur une importante ligne de crêtes dont le point culminant, l’Enghiahat, à 2 154 mètres, se situe à 2 kilomètres environ des éléments avancés de la demi-brigade, dont ils ne sont séparés que par une très profonde vallée.
  • Le 13 mars,les Italiens de l’amiral Bonetti ont remarquablement organisé leur position et résistent fanatiquement. La 2e compagnie du capitaine Morel, appuyée sur la droite par la 3e compagnie du capitaine Beaudenom de Lamaze, attaque. Sans résultat positif. L’artillerie italienne, obusiers et mortiers, cloue au sol les sections. Cette première attaque échoue. Sans appui d’artillerie, sans munitions, sans eau, une nouvelle attaque ne peut être envisagée dans l’immédiat. Les légionnaires, éprouvés par le feu adverse ; souffrent cruellement de la soif. Cette première tentative contre l’Enghiabat s’achève sur un échec coûteux : 11 tués, 35 blessés.
  • L’état-major de la 13eB.L.E. décide alors de contourner la position en passant par le massif de l’Enghiahat. La déclivité est très importante et le matériel lourd est porté par les dromadaires et à dos d’hommes. La chaleur transforme ce secteur pelé en une véritable ‘’marmite du diable’’.
    • Le 14 mars, les forces du général Platt comptent 13 000 hommes. Les Italiens en profitent également pour se renforcer : des troupes arrivent de Gondar et Addis Abeba (10e régiment de grenadiers de Savoie). Leurs effectifs sont désormais de 23 000 hommes, mais les troupes ont subi de lourdes pertes : les bataillons italiens sont souvent réduits à 150 - 200 hommes (c'est-à-dire pratiquement la taille d'une seule compagnie).
    • Pour la dernière phase de la bataille, après un mois au cours duquel les deux camps se réorganisent, le Haut Commandement Britannique organise deux colonnes qui doivent converger sur le fort de Keren. Au sud-ouest, le plan prévoit que la IVe division d'infanterie indienne prenne les monts Sanchil et Forcuto, tandis que la Ve division attaque le col de Dongolaas. Au nord, des troupes venues de Karora et la 13e demi-brigade de la Légion étrangère attaquent les Italiens.
    • L'attaque est précédée d'un important bombardement d'artillerie.
    • Le 15 mars,l'offensive finale commence à huit heures du matin. Les troupes britanniques et celles du Commonwealth sont repoussées par les grenades lancées par les Italiens tandis que les dernières batteries d'artillerie encore efficaces et des pièges incendiaires placés à l'avance parviennent à bloquer la progression des chars alliés. La IVe division connait quelques succès mais ne parvient pas à conserver les positions conquises[]. Au nord, au col d'Anseba, les IIe et VIe brigades coloniales italiennes repoussent une tentative de débordement de la Légion Etrangère.
    • Le 16 mars, les Britanniques réalisent des progrès significatifs grâce à leur avantage numérique et matériel : la Ve division prend la position Dologorodoc située au sud de la route de Keren[]. Les Italiens contre-attaquent plusieurs fois durant les cinq jours suivants[]. De plus, grâce à leur supériorité aérienne, les Britanniques stoppent les contre- attaques italiennes sur le Sanchil et le Dologorodoc. Tandis que sur le front nord, les Britanniques sont stoppés, le front sud-ouest cède peu à peu : durant la bataille de Keren, la ligne de défense se désintègre lentement en raison de l'épuisement des forces disponibles.
    • À partir du 26 mars, les troupes britanniques constatent une diminution de l'opposition italienne et des mouvements de troupe[]. Dans la nuit, ils lancent de nouvelles attaques et s'emparent de plusieurs sommets. Au matin, les positions italiennes sur les sommets se rendent les unes après les autres[]. Les combats sont très durs et les deux camps subissent de lourdes pertes : plus de 4 000 Alliés (Britanniques, Indiens et Français) et 3 000 Italiens et Askaris trouvent la mort au cours de la bataille. []
    • Le 26 mars,après six heures de marche en montagne, la Légion arrive au contact. L’ennemi veille et la 1ère compagnie, prise sous un feu nourri, effectue un mouvement tournant, prend pied sur le ‘’grand Willy’’, un sommet proche, et en chasse l’ennemi. La position est aussitôt prise sous le feu des mortiers italiens. Une résistance, demeurée à flanc de coteau, est brillamment enlevée par la section du lieutenant Messmer.
    • Les ingénieurs britanniques rouvrent le col Dongolaas pour les tanks.
    • Le 27 mars,un deuxième assaut massif est prévu avec des moyens renforcés. Mené par le régiment du Pendjab, le B.M.3 et le groupement Cazaud, deux compagnies de voltigeurs, un groupe franc, trois groupes de mitrailleuses et de mortiers aux ordres du capitaine Amilakvari, y prennent part. Cette action se déroule dans le vide. Menacé d’encerclement, l’ennemi s’est replié durant la nuit.
    • Le chemin de Keren en Erythrée est ouvert. La route de Massaouah, principal port de l’Erythrée, est également ouverte.
      • Le 28 mars,à l’aube, l’avance est reprise. A Adrar, une cinquantaine d’Italiens sont faits prisonniers par la Légion Etrangère. Lorsqu’elle atteint la route à moins de deux kilomètres de Keren, la colonne des légionnaires a plus que doublé ce nombre. La résistance cesse ; Keren est prise et les Italiens se replient sur Asmara.
      • En liaison avec des troupes indiennes, la Brigade Française d’Orient, avec la 13eB.L.E., s’empare de Keren sans coup férir, après que la Ve division indienne, venue par la route de Chelamet, se soit étonnée devant l’exploit physique accompli par les légionnaires.
      • Le 31 mars, la dernière ligne de défense cède. Les troupes italiennes, notamment les bataillons de grenadiers savoyards, ont combattu à Keren avec un courage exemplaire. [ De plus, les troupes coloniales, avant qu'elles ne cèdent à la toute fin de la bataille, se battirent avec valeur et détermination, et leur loyauté fut un témoignage de l'excellence de l'administration italienne et de l'entraînement militaire en Érythrée.[]
        • Après quelques jours de repos à Keren, la IVe division indienne retourne en Egypte.
        • Le 1er avril,Asmara, la capitale de l’Erythrée déclarée ville ouverte, tombe dans les mains de la 5e division indienne.
        • Le 6 avril, c’est au tour d’Addis-Abeba de tomber face à des troupes venues du Kenya.

 

Du 5 au 8 avril 1941 : la prise de Massaouah.

  • Le 5 avril,après quelques jours de repos en arrière de la ligne d’opérations, avec la Xe brigade de la Ve division indienne, la 13eB.L.E. se lance dans une progression éclair sur des routes pourtant sérieusement minées, où elle a, au passage, fait prisonnier un colonel et de nombreux Askaris en retraite ; puis après avoir parcouru à vive allure la magnifique route Asmara – Massaouah, en coupant les communications entre ces deux villes, elle se trouve à dix kilomètres Massaouah.
  • Puissamment armée, la forteresse constitue également le siège du P.C. de l’amiral italien Bonetti. Cette garnison reçoit l’ordre du Duce ‘’de combattre jusqu’à la mort’’.
  • Massaouah, forteresse de l’Erythrée, est défendue par les troupes italiennes qui ont pu s’échapper de Keren et d’Asmara, ainsi que par sa propre garnison, soit environ 10 000 hommes, des tanks et des véhicules blindés. Une ligne principale de résistance est constituée par le Ras Dogon, les cotes 11 et 19, le village et le fort de Montecullo, le fort Umberto et le fort Vittorio-Emmanuele ; elle ceinture Massaouah. Devant cette ligne se trouve un réseau d’avant-postes fortement organisé : fortins, tranchées profondes, réseaux multiples de barbelés et champs de mines. De nombreux canons de 77 mm sont installés sur ces positions et les pièces de défense côtière sont tournées vers la terre.
  • Le 8 avril,l’attaque est menée par la Ve division indienne par le nord et par la brigade française du colonel Monclar par l’ouest. Suivant les ordres de Monclar, la 13eB.L.E. du lieutenant-colonel Alfred Cazaux, couverte au sud par une compagnie du B.M.3 du capitaine Savey et appuyée par une section de canons de 75 mm aux ordres du capitaine Laurent-Champrosay, mène l’attaque : ‘’elle doit prendre pied, d’abord sur les avancées de la ligne principale afin de se ménager une base de départ rapprochée, puis attaquer les forts, s’en emparer et déferler sur la ville’’.
  • Des coups-de-main hardis vont faire sauter les avant-postes.
  • La 1ère compagnie du capitaine Pâris de la Bollardière progresse rapidement, mais elle est brutalement stoppée par une forte résistance. Une audacieuse manœuvre de débordement permet de réduire le point d’appui et la compagnie parvient à prendre pied sur la position, en capturant deux officiers, quatre-vingt deux gradés et soldats ennemis.
  • Au sud, la 2e compagnie du capitaine Saint-Hillier se heurte à des ouvrages solidement tenus. Malgré plusieurs tentatives de débordement, l’effort de la compagnie n’aboutit pas. Finalement elle se fait clouer au sol par un violent barrage d’armes automatiques. Un officier et plusieurs légionnaires sont blessés. Aussitôt, le chef de corps fait intervenir la compagnie du capitaine Beaudenom de Lamaze et une compagnie du B.M.3, qui foncent dans l’intervalle des deux premières compagnies engagées, avec mission d’investir par le nord et par le sud, le village de Noria. Cette action est couronnée de succès. La résistance adverse s’effondre et cent cinquante Italiens sont faits prisonniers.
  • Les forts tombent à leur tour. Partout la vitesse prime.
  • Profitant du désarroi de l’ennemi, les quatre compagnies se ruent en avant, escaladant les pentes des forts de Montecullo et Vittorio-Emmanuele, où elles s’emparent des batteries d’artillerie. Un colonel, un fanion de bataillon, de nombreux officiers, quatre cents gradés et soldats sont faits prisonniers par les légionnaires et les marsouins.
  • A midi, malgré les ordres formels du Duce, les garnisons du fort Monteguilo et du fort Vittorio-Emmanuele hissent le drapeau blanc. L’investissement du fort Umberto marque la fin de toute résistance ennemie. Les Italiens sont refoulés au bord de la Mer Rouge.
  • Forçant le destin et en dépit des ordres reçus, le colonel Monclar, avec une faible escorte constituée de ses motocyclistes, accompagné des lieutenants Brunet de Sairigné et Le Roch alias Marand, pénètre alors dans la ville. Parvenu au quartier général italien, il capture lui-même l’amiral Bonetti et le général Bergonzi, commandant les troupes de l’Erythrée et les généraux Carnimeo et Tessitore.
  • Le général Heath rejoint les Français dans Messaouah, les félicite tout en s’étonnant de la faible escorte du colonel Monclar et lui rappelant que les ordres du général Platt prescrivaient que les Français devaient rester en dehors des murs de la ville.
  • La 13eB.L.E. s’offre son premier fait d’armes avec la prise du port de Massaouah, tenu par 14 000 Italiens qui sont faits prisonniers avec un amiral, trois généraux et plus de 100 officiers et un matériel considérable. Ses pertes sont légères : un sous-officier et trois légionnaires tués.
  • Les pertes de la Brigade Française d’Orient pendant la campagne d’Erythrée sont de 250 hommes hors de combat (tués ou blessés) ; les pertes de la 13eB.L.E. sont de 18 sous-officiers et légionnaires tués et d’environ 50 blessés.
  • Le général William Platt passe en revue la Brigade du colonel Monclar et la félicite pour les efforts accomplis et les résultats obtenus.
  • Ce succès français donne un coup de fouet aux Français libres et à la ‘’13’’. Les légionnaires ont rappelé que leur vaillance était intacte et que la victoire pouvait couronner leurs sacrifices.

30 avril 1941 :la 13e D.B.L.E. quitte Massaouah et embarque sur le paquebot Paul Doumerréarmé avec son personnel par la Compagnie du canal de Suez. Transitant par Ismaïlia, elle débarque à nouveau en Egypte ; puis elle se dirige par chemin de fer vers le camp de Quastina pour rejoindre la division Legentilhomme en cours de formation en vue de participer à la campagne de Syrie. Cette grande division existe administrativement depuis le 11.04.1941 sous la dénomination de 1ère division d’infanterie des Forces françaises libres, connu plus communément sous le nom de 1ère division légère française libre. Depuis le 18 avril, la 13e D.B.L.E. est intégrée à cette division. Elle appartient à la 1ère brigade de cette division, qui compte également deux bataillons de marche coloniaux. En raison de son numéro, et parce que les unités de commandement de la brigade sont en majorité à base de Légion, cette brigade prend le nom de 13e brigade mixte de Légion et coloniaux.

  • Surpris par les exploits des légionnaires sur l’Enghiahat qui permettent de prendre à revers les troupes italiennes et enlever Keren, puis par les manœuvres audacieuses des compagnies de légionnaires pour enlever la place forte de Massouah, les généraux britanniques décident de ne plus se priver d’une unité d’élite telle que la 13eB.L.E. Ils ne veulent pas se priver stupidement d’un instrument exceptionnel.

 

Jean Balazuc P.P.P.P.

 

Sources principales.

  • Historama : La Coloniale, Marsouins et Bigors – N° spécial 18 en 1990.
  • La Légion Etrangère – Voyage à l’intérieur d’un corps d’élite de John Robert Young et Erwan Bergot aux Editions Robert Laffont en 1984.
  • La Légion Etrangère – Foreign Legion – 1939-1945 de Pierre Dufour aux editions Heimdal en 2000.
  • La 13eB.L.E. de Tibor Szecsko aux Editions du Fer à marquer en 1989.
  • Histoire de la Légion Etrangère 1831-1981 de Georges Blond chez Plon en 1981.
  • Histoire de la Légion Etrangère de 1831 à nos jours du capitaine Pierre Montagnon chez Pygmalion en 1999.
  • Site Mémoire des hommes du S.G.A.
  • Site de l’Ordre de la Libération.
  • Site du Mémorial de Puyloubier.
  • Wikipédia.

 

Ordre de bataille de la 13e D.B.L.E. en Erythrée.

Chef de corps : lieutenant-colonel Alfred Cazaud.

Capitaines, commandant les compagnies : capitaine Jacques Pâris de la Bollardière (1ère compagnie) ; capitaine René Morel, blessé le 15 mai et remplacé le 16 mai par le capitaine Bernard de Saint-Hillier (2e compagnie) ; capitaine Jacques Beaudenom de Lamaze.

Capitaine Dimitri Amilakvari, commandant la compagnie des mortiers et mitrailleuses.

Lieutenants Gabriel Brunet de Sairigné et Le Roch alias Marand, Pierre Messmer de la 1ère compagnie et Pierre Château-Jobert (chargé du service de ravitaillement en munitions).

 

Amédée de Savoie, duc d’Aoste, Gouverneur Général d’Erythrée, commandant en chef des troupes italiennes en Afrique orientale. Il poursuit la lutte après la chute de Massaouah le 08.04.1941. Il s’enferme dans Amba Alagi, supposée forteresse imprenable ; après quinze jours de combats, il se rend aux Britanniques le 18.05.1941.

 

Amilakvari Dimitri,né le 12.11.1906 à Gori en Géorgie ; prince georgien, grand écuyer de la Couronner ; en 1917, la révolution bolchévique contraint les survivants de sa famille à l’exil ; saint-cyrien de la promotion du Rif1924-1926, à titre étranger ; au 1er Etranger en 1926 ; lieutenant au 1er bataillon du 4e R.E.I. à Marrakech de 1929 à 1936 ; il se distingue lors des colonnes du Haut-Atlas ; deux citations ; pendant quatre ans, il commande la 3e compagnie du I/4e R.E.I. Nommé capitaine en janvier 1937, il est affecté au 1er Etranger ; capitaine, commandant la CA 2 de la 13e D.B.M.L.E. en Norvège en mai-juin 1940 ; de retour de Norvège, il choisit la France Libre ; naturalisé Français en 1940 ; capitaine, commandant la CAB 1 de la 14e D.B.M.L.E. en juillet 1940 ; puis commandant le 2e Bataillon de la 13e D.B.M.L.E. ; en juin 1941, il évite une confrontation directe avec le 6e R.E.I. en juillet 1941, après les combats en Syrie, lieutenant-colonel, chef de corps de la 13e D.B.L.E. ; premier chef de corps à titre étranger ; héros des combats de Bir-Hakeim en mai-juin 1942 ; Compagnon de la Libération  par décret du 9 septembre 1942 ; tué au combat le 24.10.1942 sur le djebel el-Himaimat, au sud d’El-Alamein, en Egypte. Une promotion de Saint-Cyr, 1954-1956, porte son nom.

Beaudenom de Lamaze Jacques,né le 12.03.1912 à Périgueux en Dordogne ; ancien de la campagne du Maroc ; lieutenant, responsable des transmissions de la 14e D.B.L.E. en 1940 ; capitaine, commandant une compagnie de la 13e D.B.L.E. dès sa création ; commandant la 3e compagnie pendant la campagne d’Erythrée en 1941. Tué à Bir-Hakeim en Libye lors de la sortie de force le 11.06.1942. Compagnon de la Libération par décret du 11 mai 1943.

 

Beresford-Peirce Noel Monson de la Poer, né le 22.12.1887. À la sortie de l'académie militaire de Woolwich, il est nommé dans l'Artillerie. Il sert durant la Première Guerre mondiale en Mésopotamie, France et en Belgique. Au début de la Seconde Guerre mondiale, il commande l'artillerie de la IVe division d'infanterie indienne, à l'époque basée en Égypte. Il est nommé commandant de la division en août 1940 et la dirige en Afrique du Nord (Opération Compass) et au Soudan (Campagne d'Afrique de l'Est). Le 14.04.1941, il est nommé commandant de la Western Desert Force (renommée plus tard XIIIe corps britannique), en remplacement de Godwin-Austen. Il commande les forces britanniques au Soudan d'octobre 1941 à avril 1942 date à laquelle il prend la tête du XVe corps indien et ensuite la Southern Army en Inde. Décédé le 14.01.1953.

Bergonzi,général italien, commandant les troupes d’Erythrée ; fait prisonnier lors de la prise de la forteresse de Massaouah prise par la 13e D.B.L.E. en avril 1941.

 

Bonetti,amiral italien, commandant en chef de la marine italienne de l’Afrique orientale ; chargé de la défense du port de Massaouah ; fait prisonnier lors de la prise de la forteresse de Massaouah prise par la 13e D.B.L.E., le 08.04.1941.

 

Briggs Harold Rawdon,né en 1894 ; citoyen américain, naturalisé britannique en 1914 ; diplômé de Sandhurst en 1915 ; il participe aux deux guerres mondiales dans des unités indiennes ; lieutenant-colonel faisant fonction de général, commandant la VIIe brigade indienne formée au Soudan pour intervenir en Erythrée ; il se distingue à Keren en mars 1941 et Massaouah en avril 1941. En mai 1942, il commande la Ve Division indienne faisant fonction de major général ; nommé colonel en septembre 1942 avec effet rétroactif à septembre 1940. Nommé major général en juillet 1945. Nommé lieutenant-général en 1946, commandant en chef des troupes en Birmanie ; il prend sa retraite en juillet 1948 ; rappelé en 1950 pour diriger les opérations en Malaisie. Très fatigué, il se retire à Chypre où il décède en 1952.

 

Brunet de Sairigné Gabriel,né le 09.02.1913 ; saint-cyrien de la promotion Roi Albert 1er,1933-1935 ; affecté à la 13e D.B.M.L.E. avant son départ pour la Norvège ; il rejoint la France libre ; lieutenant de la compagnie de commandement de la 14e D.B.M.L.E. en juillet 1940 en Angleterre ; Capitaine, commandant la compagnie lourde du 1er Bataillon de la 13e D.B.L.E. en 1942, en Syrie ; Compagnon de la Libération  par décret du 11 septembre 1942 ; il reste ensuite à la 13e D.B.L.E., durant toute la durée de la guerre, de l'Afrique du Nord à l'Italie, puis en Provence. Chef d‘un bataillon de la 13e D.B.L.E. en 1943-1945. Il est un des acteurs majeurs de la libération d'Autun. Officier de la Légion d’Honneur ; Croix de Guerre 1939-1945 avec cinq palmes ; lieutenant-colonel, chef de corps de la 13e D.B.L.E. nommé le 21.08.1946. il est le plus jeune chef de corps de l’armée française. Croix de Guerre des T.O.E. avec trois palmes ; Commandeur de l’ordre de la Légion d’Honneur. Dans un convoi tombé dans une embuscade sur la route de Dalat près de Lagnia Bien Hoa (Viêt Nam). Mort des suites de ses blessures à Saïgon en Indochine le 01.03.1948. Une 9e citation à l’ordre de l’armée lui est attribuée à titre posthume. La promotion de Saint-Cyr 1967-1969 l’a choisi pour parrain.

 

Carnimeo Nicolangelo,né le 06.07.1887 à Bari ; commandant la 1ère division italienne ; en charge de la défense de Cheren en mars 1941 ; fait prisonnier à Massaouah le 08.04.1941 ; décédé en 1965 à Naples.

 

Carnimeo Nicolangelo,né le 06.07.1887 à Bari ; commandant la 1ère division italienne ; en charge de la défense de Cheren en mars 1941 ; fait prisonnier à Massaouah le 08.04.1941 ; décédé en 1965 à Naples.

 

Cazaud Alfred Maurice,né le 23.09.1893 à Montferrier dans l’Ariège ; engagé à 18 ans au 14e R.I., sergent puis aspirant le 08.08.1914 après un bref passage à l’école d’officiers de Saint-Maixent ; il termine la 1ère Guerre mondiale comme capitaine, avec 4 citations et une blessure ; un an à Saint-Maixent ; affecté au Maroc puis en Tunisie ; chef de bataillon en 1934 ; affecté à la Légion Etrangère en 1938 ; chef d’état-major de la 13e D.B.M.L.E. en mars 1940, à la bataille de Narvik,  puis de la 14e D.B.M.L.E. en juillet 1940 en Angleterre ; lieutenant-colonel, chef de corps de la 13e D.B.L.E. de septembre 1940 à septembre 1941, en Erythrée. Il se distingue lors de la prise de Massaouah le 08.04.1941. Compagnon de la Libération par décret du 23 juin 1941. Colonel le 25.06.1941. En septembre 1941, après les combats en Syrie, il prend le commandement du Liban ; général de brigade en octobre 1941, commandant la 2e Division légère en Syrie et en avril 1942, il commande la brigade indépendante en Libye. En août 1942, il retrouve le Liban jusqu’en février 1945 ; commandant la 36e D.I. à la tête de laquelle il termine la guerre en Allemagne, avec le grade de général de division. En 1946, il choisit de passer dans la réserve et de se retirer dans le Tarn. Grand officier de la Légion d’honneur, Croix de Guerre 1914-1918 avec 4 citations et 1939-1945 avec 3 citations. Décédé le 05.04.1971 à Rigautou dans le Tarn.

 

Château-Jobert Pierre dit Conan, né le 03.02.1912 à Morlaix dans le Finistère ; affecté au 154e R.A., observateur en avion, il est blessé durant la campagne de France ; il rejoint l’Angleterre et s’engage dans les F.F.L. à Londres ; lieutenant à la 13e D.B.L.E., il se bat en Erythrée, en Syrie et en Lybie où il est blessé en février 1942 ; en Erythrée, détaché à l'Etat-major de la Brigade française d'Orient, il est chargé du service de ravitaillement en munitions au cours des opérations autour de Keren du 12 au 28 mars 1941. Le 07.11.1942, capitaine, il prend le commandement du 3e French Bataillon S.A.S. ; il commande, comme chef de bataillon à T.T., le 3e R.C.P. qui saute en France en juin 1944 ; Compagnon de la Libération par décret du 28 mai 1945 ; officier parachutiste de grande valeur en Indochine, il commande en 1947-1948, au Cambodge, en Cochinchine et en Annam, la ½ Brigade Coloniale de Commandos Parachutistes, puis il commande de 1950 à 1952, comme lieutenant-colonel à T.T., la 2e D.B.C.C.P. au Tonkin et en Cochinchine ; il commande le 2e R.P.C. de novembre 1955 à février 1957 ; commandeur de la Légion d’Honneur ; il effectue le saut historique sur Port-Saïd le 5 novembre 1956 ; en mai 1958, il commande les parachutistes coloniaux de Bayonne, un des principaux régiments de l’opération Résurrection ; en instance d’affectation au début de 1961 ; muté en métropole à la suite du putsch d’avril 1961 ; homme d’honneur, de conviction et de droiture, il va jusqu’au bout de ses idées ; combattant de choc, figure incontestée des parachutistes, il se rallie à l’O.A.S. le 15.01.1962 et retourne en Algérie pour diriger la région de Constantine ; opposé aux négociations avec l’Exécutif provisoire ; il quitte l’Algérie fin juin 1962 ; il crée en septembre 1962 le M.C.R. – Mouvement de Combat Contre-révolutionnaire, de tendance catholique intégriste ; condamné à mort par contumace le 02.06.1965 par la Cour de Sûreté de l’Etat ; jamais arrêté ; membre du C.A. puis du comité d’honneur de l’U.N.P. ; Commandeur de la Légion d’honneur, Croix de guerre 1939-1945, Croix de guerre T.O.E., Croix de la V.M., 12 citations dont 8 palmes ; titulaire de 16 décorations dont la Croix du Distinguished Service Order, la D.S.O. ; décédé le 29.12.2005 dans la Manche. Le 22.10.2010, le buste de Conan est inauguré à l’E.T.A.P. de Pau.

 

Garbay Pierre,né le 04.10.1903 à Gray en Haute-Saône ; saint-cyrien de la promotion Metz et Strasbourg1922-1924 ; affecté au Maroc puis en Chine ; capitaine en 1933 ; officier de la coloniale ; adjoint au chef de corps du R.T.S. du Tchad en 1938, il prend une part active au ralliement de ce territoire à la France libre en août 1940 ; commandant, chef de corps du B.M.3 du Tchad, constitué avec des éléments de Fort-Archambault et de Bangui, en septembre 1940. Il participe à la campagne d’Erythrée en février 1941 : son bataillon est cité à l’ordre de l’armée. Compagnon de la Libération par décret du 25 juin 1941. Lieutenant-colonel en décembre 1941, commandant de l’infanterie de la 2e Brigade Française libre. Adjoint au général Cazaud, commandant la 2e B.F.L. en mai 1942 ; commandant la 2e Brigade Française libre à l’issue de la campagne de Tunisie en mai 1943 ; il se distingue en Italie dans plusieurs combats difficiles ; général, commandant la 1ère D.M.I. à partir du 20.11.1944. Il participe à la défense de Strasbourg en janvier 1945. Commandant en chef à Madagascar lors des émeutes en juin 1947 ; général de division en 1948 ; général de corps d’armée en 1951 ; au début de 1958, les gaullistes pensent à lui comme commandant en chef en Algérie ; général d’armée en 1958 ; Gouverneur militaire de Paris en 1959-1961 ; Grand Croix de la Légion d’honneur ; Croix de Guerre 1939-1945 avec 7 citations ; Croix de Guerre des T.O.E. avec 2 citations. Décédé le 17.07.1980 à Montluçon.

 

Heath Lewis Macclesfield,né en 1885 ; un officier général britannique de la Seconde Guerre mondiale (lieutenant-général ou général d'armée). Nommé dans l'Armée indienne à la sortie de Sandhurst, il commande en 1936 la Brigade Wana. En 1939-1940, il commande le district du Deccan en Inde. Major général, après quelques succès à la tête de la Ve division d'infanterie indienne durant la Campagne d'Afrique de l'Est, Heath est nommé commandant du IIIe corps indien durant la Bataille de Malaisie de décembre 1941. Il ne parvint pas à arrêter l'avancée japonaise et entre en conflit avec son supérieur, le lieutenant-général Arthur Percival. Il est capturé durant la Bataille de Singapour et reste en captivité jusqu'en 1945. Il prend sa retraite en 1946. Décédé en 1954.

 

Laurent-Champrosay Jean-Claude,né le 19.08.1908 au Havre en Seine-Inférieure ; saint-cyrien de la promotion Gallieni 1927-1929 ; officier de l’artillerie coloniale, il sert au Maroc en 1932-1933, en Indochine en 1935-1938, et en Haute Volta en 1940 ; capitaine de l’artillerie coloniale, commandant la 31e batterie du 6e R.A.C. ralliée à la France Libre le 06.07.1940 ; avec ses tirailleurs venus d’Ouagadougou, il est affecté au 3e bataillon du Régiment du Cameroun ; en charge de former l’artillerie des B.M. ; chef d’escadron du 1er R .A. à Bir-Hakeim en mai-juin 1941 ; Compagnon de la Libération  par décret du 9 septembre 1942 ; lieutenant-colonel, commandant l’artillerie divisionnaire de la 1ère D.F.L. en Italie ; mort pour la France en sautant sur une mine à Radicofani en Italie le 19.06.1944. Promu colonel par décret du 16.04.1945 à compter du 15.06.1944. Commandeur de la Légion d’Honneur, Croix de Guerre 1939-1945 avec cinq citations ; Croix de Guerre des T.O.E. avec une palme.

 

Le Roch alias Marand, lieutenant de la 13e D.B.L.E. ; il accompagne le colonel Monclar lors de son entrée dans Massaouah le 08.04.1941 ; il est légèrement blessé à la main le 17.06.1941 devant Damas ; commandant la 11e compagnie du III/13e D.B.L.E. à Bir-Hakeim en 1942 ; capitaine, commandant une compagnie de la 13e D.B.L.E. en Tunisie en 1944.

 

Lorenzini Orlando,né le 03.05.1890 à Guardistalla ; jeune général courageux, commandant de la IIe brigade coloniale ; tué le 17.03.1941 à Keren en Erythrée.

 

Messmer Pierre, né le 20.03.1916 à Vincennes dans le Val de Marne ; il effectue son service militaire au 12e R.T.S. de 1937 à 1939 ; en juillet 1940, avec le lieutenant Simon, il détourne un cargo italien vers Gibraltar puis Liverpool ; il s’engage dans les F.F.L. ; lieutenant puis capitaine de la Légion Etrangère à la 13e D.B.L.E. en 1940-1943 ; avec sa section, le 10.11.1940, il entre dans Libreville ; il se distingue lors de la prise de Keren en mars 1941 ; deux fois cité à l’ordre de l’armée ; un des héros de Bir-Hakeim, il gagne sa 3e palme ; il obtient sa 4e palme lors des combats de l’Himeimat en Egypte lors de la bataille d’El-Alamein  ; Compagnon de la Libération par décret du 23 juin 1941 ; il quitte la Légion après la campagne de Tunisie, en 1943 ; il arrive en Normandie en juin 1944 et il participe à la libération de Paris ; commandant, il est parachuté au Tonkin en 1945 ; fait prisonnier par le Vietminh, il s’évade deux mois plus tard grâce à la présence fortuite d’une unité chinoise ; cette opération quelque peu chimérique lui vaut sa 6e citation et sa 5e palme ; administrateur colonial de 1946 à 1959 : gouverneur de Mauritanie en 1952, de Côte d’Ivoire de 1954 à 1956 ; en 1956, malgré son mandat, il insiste pour être rappelé ; lieutenant-colonel de réserve, il est volontaire pour une période en Algérie ; Haut-commissaire de la République du Cameroun de 1956 à 1958 ; Gouverneur général en A.E.F. puis en A.O.F. en 1958 et 1959 ; député puis sénateur gaulliste U.N.R. puis R.P.R. ; ministre des Armées du 05.02.1960 au 20.06.1969, il résiste au Président Charles De Gaulle et refuse de dissoudre la Légion Etrangère ; il est amené à protester contre les interrogatoires et les perquisitions opérées chez les officiers ; à partir de 1962, il doit réduire les effectifs militaires français de 1 030 000 hommes à 550 000 hommes en ramenant la durée du service militaire de 27 mois et 27 jours à 16 mois ; le 16.06.1962, il n’hésite pas à dire : ‘’les assassins des officiers d’Oran doivent être traités comme des chiens enragés’’ ; il signale l’anarchie en Algérie dès le 18.07.1962 ; par ses directives restrictives, il est un des responsables français du massacre des harkis par les wilayas puis par l’A.L.N. en 1962 ; Premier ministre en 1972-1974. Député de la Moselle de 1979 à 1984. Chancelier de l’Ordre de la Libération, le 06.06.2006 ; Grand Croix de la Légion d’Honneur, Croix de guerre 1939-1945 avec six citations, Médaille de la Résistance ; décédé le 29.08.2007.

 

Monclar, Magrin-Vernerey Raoul Charles,né le 07.02.1892 à Budapest où son père est diplomate ; saint-cyrien en 1912-1914 ; le 05.08.1914, il est affecté au 60e R.I. ; il termine la guerre comme capitaine, six fois blessé et réformé à 90%, chevalier de la Légion d’honneur, Croix de Guerre avec 11 citations dont 7 à l’ordre de l’armée ; affecté à l’armée d’Orient ; deux nouvelles citations. Le 01.03.1924, il rejoint la Légion Etrangère qui le fascine depuis sa jeunesse. Au sein du 3e R.E.I., il participe à la guerre du Rif et à la pacification du Maroc jusqu’en 1927. Muté au Levant, il œuvre à la réduction des Druzes pillards. En octobre 1931, chef de bataillon, il retrouve la Légion : 2e R.E.I. au Maroc, puis 5e R.E.I. au Tonkin. En 1938, il commande le centre de Saïda. Lieutenant-colonel le 25.06.1938, il est muté au 4e R.E.I. Chef de corps de la 13e D.B.M.L.E. à Narvik : il rejoint la France Libre en juin 1940 ; commandant de la Brigade Française Libre d’Orient fin octobre 1940 ; il se distingue lors de la prise de Massaouah le 08.04.1941 ; il refuse de faire tirer sur des Français en Syrie en juin 1941 ; Compagnon de la Libération par décret du 23 juin 1941 ; nommé général de brigade en octobre 1941, il termine son mandat comme commandant supérieur des troupes au Levant ; héros de la Légion Etrangère ; père Légion, il inspecte la 1ère Compagnie parachutiste de la Légion Etrangère, en Indochine, le 13 mai 1948 ; général de division adjoint du général commandant la Xe R.M. en Algérie de juin 1946 à décembre 1947 ; l’Algérie commence alors à envoyer des troupes en Extrême-Orient. En 1950, général de Corps d’armée, il abandonne ses étoiles : lieutenant-colonel, il commande le Bataillon de Corée. Président des Anciens de Corée en 1958.En 1962, il est nommé gouverneur des Invalides. Grand-Croix de la Légion d’honneur ; Médaille militaire ; Croix de Guerre 1914-1918, 1939-1945 et des T.O.E., sept fois blessé, 22 fois cité. Décédé le 03.06.1964 au Val de Grâce.

 

Morel René,né le 06.12.1908 à Granges-sur-Valogne dans les Vosges ; E.O.R. à Saint-Cyr en mai 1930 ; sous-lieutenant de réserve en octobre 1930 et d’active en août 1933 ; affecté au 1er Etranger en février 1939 ; lieutenant affecté à la 13e D.B.L.E., il participe à l’opération sur Narvik ; capitaine, commandant la 2e compagnie de la 13e D.B.L.E. en Erythrée en 1941; commandant la 5e compagnie à Bir-Hakeim en 1942 : commandant un bataillon de la 13e D.B.L.E. en 1943-1944 ; Compagnon de la Libération par décret du 23 juin 1941 ; lieutenant-colonel, chef de corps de la 13e D.B.L.E. en Indochine d’avril 1949 à avril 1951 ; colonel en janvier 1951 ; adjoint au général commandant la 9e D.I. à Orléansville en 1957-1960 ; général, inspecteur de la Légion Etrangère en 1960-1962 ; il vient à Zéralda le 04.02.1960 pour tâter le pouls du 1er R.E.P. et pour délivrer un double message ; la discipline est la force principale de la Légion Etrangère et le Président Charles De Gaulle fait pour le mieux. Il soutient la candidature de Darmuzai à la tête du 2e R.E.P. le 01.04.1960. Il termine sa carrière militaire comme général de division, commandant la 64e division militaire à Dijon en 1966-1968 ; Grand-officier de la Légion d’Honneur, Grand-Croix de l’O.N.M. ; Croix de Guerre 1939-1945 avec 6 blessures et 6 citations ; Croix de Guerre des T.O.E. avec 2 citations ; Croix de la Valeur militaire avec 2 citations. Décédé le 08.05.1974 à Granges-sur-Valogne dans les Vosges.

 

Pâris de la Bollardière Jacques, né le 16.12.1907 à Châteaubriant ; saint-cyrien, camarade de promotion de Jacques Massu ; capitaine, commandant la 1ère compagnie de la 13e D.B.L.E. en Erythrée en 1941 : Compagnon de la Libération par décret du 23 juin 1941, soldat le plus décoré de la France Libre ; officier parachutiste ; parachuté en France, en Hollande, en Indochine ; colonel, commandant la demi-brigade parachutiste S.A.S. en Indochine en 1946 ; nommé général le 01.12.1956, il commande le secteur Est-Atlas Blidéen à Aïn-Taya ; Grand Officier de la Légion d’Honneur, pour protester contre certaines méthodes de répression, il demande à être relevé de son commandement le 07.03.1957 ; il est muté en Métropole et mis aux arrêts de forteresse pour 60 jours ; vieux guerrier de l’anti-guerre, il quitte l’armée fin mai 1961 ; décédé le 22.02.1986 à Guidel dans le Morbihan.

 

sir Platt William,né le 14.06.1885 à Brooklands; diplômé de Sandhurst en 1905 ; il combat durant la Première Guerre mondiale en France et en Belgique ; lieutenant-colonel, il commande le 2e bataillon du Wiltshire Regiment en 1930-1932 ; du 11.11.1938 au 04.10.1941, major général, il commande les troupes britanniques au Soudan. A ce titre, il dirige la campagne d’Erythrée durant laquelle les Britanniques envahissent l’Afrique orientale italienne. Il remporte notamment la victoire de Keren en mars 1941. Nommé lieutenant-général en mai 1941. Du 05.12.1942 à 1945, il est commandant en chef des troupes britanniques en Afrique de l’Est. Nommé général en janvier 1943. De 1942 à 1954, il est colonel honoraire du Wiltshire Regiment. Il prend sa retraite en avril 1945. Décédé le 28.09.1975 à Londres.

 

de Saint-Hillier Bernard, né le 29.12.1911 à Dôle dans le Jura; saint-cyrien en 1931-1933 ; chef de la section éclaireurs-skieurs du 11e B.C.A. ; en 1938, lieutenant, il rejoint la Légion Etrangère et la 13e D.B.L.E. ; capitaine en août 1940 ; blessé au cours de l’opération de Narvik ; gaulliste de la première heure sous le nom de Jean de Vienne ; capitaine, commandant la 2e compagnie de la 13e D.B.L.E. en Erythrée en 1941 puis au Levant en juin 1941 ; héros de Bir-Hakeim ; commandant en 1943 ; chef d’état-major de la 1ère D.F.L. de septembre 1943 à avril 1945 ; lieutenant-colonel le 05.12.1944 ; chef de corps de la 13e D.B.L.E. du 25 mars au 31 décembre 1945 ; il dirige son unité dans les combats sur l’Authion ; Compagnon de la Libération par décret du 27 mai 1943 ; ancien d’Indochine ; colonel parachutiste en 1951, chef de corps du 18e R.I.P.C. de 1952 à 1954 ; chef d’état-major du Corps d’Armée de Constantine en 1958 ; général de brigade en 1959, chef du cabinet militaire du ministre de la Défense ; nommé le 12.05.1960, il est commandant de la 10e D.P. du 26.05.1960 au 30.04.1961, date de sa dissolution ; gaulliste, il ne participe pas au putsch mais il perd sa division ; il est en résidence surveillée à In-Salah en avril 1961 ; en 1962, affecté à l’O.T.A.N. ; général de division en 1965 ; inspecteur du personnel de réserve de l’armée de terre ; en 1968, général de Corps d’armée, il est commandant de la 3e Région militaire de Rennes. A la retraite en 1971. Grand Croix de la Légion d’Honneur ; Compagnon de la Libération ; Croix de Guerre 1939-1945 avec 9 citations ; Croix de la Valeur militaire avec 2 citations. Décédé le 28.07.2004 à Paris.

 

Savey Jacques,né le 09.10.1910 à Brest dans le Finistère ; dominicain ; prêtre en 1934 ; officier de l’infanterie coloniale dès 1939 ; capitaine, commandant une compagnie du B.M.3 lors de la bataille de l’Enghiahat en mars 1941 ; commandant, chef du Bataillon du Pacifique de la 1ère Brigade Française Libre, successeur du lieutenant-colonel Broche tué le 9 juin ; il est tué le 11.06.1942 à Bir-Hakeim en Libye. Compagnon de la Libération par décret du 11.05.1943.

 

Tessitore,général italien, fait prisonnier lors de la prise de la forteresse de Massaouah par la 13e D.B.L.E. le 08.04.1941.

 

 

Le jeudi 26 mars a eu lieu notre réunion de coordination trimestrielle avec nos amis de L’AMMAC (anciens marins de SANARY). Nous sommes jumelés depuis 2011.

 

Il est dommage que le président de L’AMMAC,  pour des raisons de santé, n’ait pas pu assister à cette réunion. Il a été bien représenté  par Jean Pierre SAUVANEAUD,  Antonella et Myriam.  Le  Président de l’AALE  a réuni tous les membres du bureau autour de nos amis.

 

L’intérêt de cette Journée était, surtout, de faire le point sur les activités à venir des deux associations, que ce soit ludiques ou patriotiques. La participation de chaque association aux différentes manifestations a été définie.

 

Il s’ensuivit  un repas commun convivial.

 

Lors de cette même journée, le C/C HARAPOÏ, nouveau membre de l’Amicale et porte drapeau suppléant a été présenté  à l’assemblée par le Président.

 

Après le traditionnel  boudin, un repas sympathique, quelques achats effectués par nos amis  à la boutique, il s’en retournèrent à SANARY

 

 

Le jeudi 26 mars a eu lieu notre réunion de coordination trimestrielle avec nos amis de L’AMMAC (anciens marins de SANARY). Nous sommes jumelés depuis 2011.

 

Il est dommage que le président de L’AMMAC,  pour des raisons de santé, n’ait pas pu assister à cette réunion. Il a été bien représenté  par Jean Pierre SAUVANEAUD,  Antonella et Myriam.  Le  Président de l’AALE  a réuni tous les membres du bureau autour de nos amis.

 

L’intérêt de cette Journée était, surtout, de faire le point sur les activités à venir des deux associations, que ce soit ludiques ou patriotiques. La participation de chaque association aux différentes manifestations a été définie.

 

Il s’ensuivit  un repas commun convivial.

 

Lors de cette même journée, le C/C HARAPOÏ, nouveau membre de l’Amicale et porte drapeau suppléant a été présenté  à l’assemblée par le Président.

 

Après le traditionnel  boudin, un repas sympathique, quelques achats effectués par nos amis  à la boutique, il s’en retournèrent à SANARY

 

Légionnaire pendant plus de 16 ans dans une des belles institutions de solidarité humaine, spécialisé dans le domaine sportif par passion, engagé dans plusieurs missions opérationnelles dans le monde.

Plusieurs titres aux 24h de natation non stop... Vice champion de France natation 1994,

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Courses, abdominaux, fractionnés, renforcement musculaire… Si vous habitez ou travaillez à Villefranche-de-Lauragais, il vous est sûrement arrivé de croiser un lundi ou jeudi à la tombée de la nuit, un groupe de sportifs investissant les rues et places du centre-ville pour enchaîner les exercices physiques sous les ordres appuyés de leur entraîneur.

Ces séances de coaching physique, également appelées cross urbain, sont dispensées par Fabrice Roquetty, ancien légionnaire installé dans le Lauragais et aujourd’hui reconverti coach sportif. Lancés à la fin de l’été dernier, le programme Zone coaching séduit de plus en plus d’adeptes. « Lorsque nous avons commencé au mois de septembre, nous étions trois. Aujourd’hui, nous en sommes a près de 45 inscrits », indique Fabrice Roquetty.


Le journaliste chausse ses baskets…

Intéressés par la perspective de consacrer à l’une de ces séances d’entraînement un reportage dans nos colonnes, nous avons demandé à l’ultramarathonien Gérard Bavato – qui suit chaque semaine ces séances de coaching physique – de se faire le relais de notre requête auprès de Fabrice Roquetty.

Au bout de quelques jours, nous recevions une contre-proposition : « Il sera très content de vous accueillir un lundi soir, mais il faut venir en short et en basket ! » Et voilà donc le rédacteur en chef de votre hebdomadaire préféré embarqué dans une intense séance de coaching physique de 45 minutes afin de pouvoir vous fournir un compte-rendu on ne peut plus fidèle de celle-ci !

Le rendez-vous est donc fixé à 18 h 50 devant la mairie de Villefranche-de-Lauragais où un groupe d’une vingtaine de personnes – dont une très grande majorité de jeunes femmes – attend le lancement de la séance du jour. Peu après 19h, top départ ! Après quelques pas chassés et de rapides courses sur la place Gambetta, direction la rue Carnot pour une séance de fractionnés. La séance a commencé depuis une dizaine de minutes et votre serviteur tire déjà la langue, prenant même la liberté de s’octroyer une pause de quelques secondes pour se rafraîchir un instant à la faveur d’un passage devant les locaux de la rédaction du journal. Avant de rejoindre le groupe qui a déjà commencé une séance collective d’abdominaux.



Pendant une vingtaine de minutes, les exercices s’enchaînent à un rythme soutenu. Tous les éléments trouvés dans l’environnement sont propices à des exercices, de la rampe d’accès pour personnes à mobilité réduite de La Poste aux escaliers de la bibliothèque municipale en passant par les marches donnant sur la rue de la République.

Le groupe prend ensuite la direction de la déviation pour rejoindre l’avenue de la Fontasse. Au passage, du mobilier urbain va servir de prétexte à quelques exercices de renforcement musculaire avant que Fabrice Roquetty ne décide de transformer le trottoir de l’avenue de la Fontasse en parfait terrain de jeu pour une nouvelle série de fractionnés.
Objectif : dépassement de soi !

La séance touchant à sa fin, le retour vers la mairie s’organise via la place des Pasteliers où quelques élèves impertinents envers le coach vont hériter de plusieurs pompes à effectuer en gage de punition. Finalement tout le monde se retrouve pour une dernière série d’exercices sur la place Gambetta.

« Durant ces 45 minutes, on essaye de toucher à toutes les familles d’exercices pour travailler le renforcement musculaire de toutes les parties du corps. Ce sont des séances qui sont accessibles à tout le monde, puisque je laisse la possibilité à chacun de les suivre selon son niveau et son rythme. Mais pour autant, mon rôle est de ne pas lâcher les participants du début à la fin de la séance, pour que chacun pousse son effort au maximum. L’objectif pour chacun des participants, et cela quel que soit son niveau, c’est de tendre vers le dépassement de soi », explique Fabrice Roquetty. Ce dernier n’hésite d’ailleurs pas tout au long de la séance à utiliser une certaine dose d’humour pour motiver sa troupe et bien faire passer ses consignes.

On ne vous cachera pas que l’auteur de ce reportage est sorti assez fatigué de cette séance d’entraînement et a dû composer avec un petit mal aux jambes durant une bonne partie de la semaine. Alors qu’il a pourtant séché près de la moitié des exercices… Pour autant, nous vous conseillons de tenter l’expérience étant persuadé du bien-être que ces séances peuvent procurer – que ce soit au niveau physique mais aussi mental – lorsqu’elles sont suivies sur la durée.

Pour plus de renseignements sur Zone coaching vous pouvez contacter Fabrice Roquetty au 06 62 54 37 34.

 

SOURCE : LA VOIX DU MIDI

 

 

Un légionnaire du 2e Régiment étranger de génie est mort accidentellement le lundi 23 mars, à Nîmes, au camp des Guarrigues. Le caporal-chef Ivica Drnic s'entraînait en vue d'être projeté en opération; il avait rejoint les rangs de la Légion il y a 9 ans.

 

Selon la biographie officielle (lire ici), il avait souscrit un premier contrat de 5 ans le 25 juillet 2005 et effectué sa formation initiale au 4e Régiment étranger de Castelnaudary où il s'était fait remarquer d’emblée par sa forte motivation. Il avait alors choisi d’intégrer le 1er Régiment étranger de génie de Laudun le 8 décembre 2005. En 2010, il avait rejoint le 2e REG.

 

Désigné pour armer l’équipe EOD (neutralisation d’engins explosifs improvisés) du détachement de liaison d’appui opérationnel 4 Barkhane au Mali à compter du mois de mai 2015, il a été mortellement blessé lors d’une séance de tir effectuée dans le cadre d’une mise en condition opérationnelle avant projection.

 

Marié et père d’une petite fille, le caporal-chef Ivica DRNIC est titulaire de la médaille d’argent de la Défense nationale avec agrafe Légion étrangère, et de la médaille d’Outre-mer avec agrafes Tchad et Sahel.

Pour la sixième année consécutive, le 4e Régiment étranger, centre de formation de tous les légionnaires, organise en juin 2015 "la Solidaire Légion étrangère". Cette activité caritative menée sous la forme d’une épreuve cyclo-sportive a pour but de récolter des fonds, afin de venir en aide à  (I.I.L.E) située à Puyloubier (13).

 

Initiée en petit comité en 2010 (8000€ récoltés la première année), la "Solidaire" a pris une véritable ampleur au fil des années. En 2014, elle a permis de réunir plus de 100 000€, permettant ainsi d’offrir le chauffage l’hiver aux pensionnaires de l’Institut.

 

Les dons peuvent être faits par chèque à l'ordre du FELE et adresser à l'OSA du 4e RE, quartier Capitaine-Danjou, 2400 route de Pexiora, 11452 Castelnaudary cedex.

 

Pour tout renseignement: contacter le commandant François Hervé-Bazin,

au 06 14 01 73 26 ou au 04 68 23 76 02. Par mail àCette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 

Né le 5 Décembre 1944 à Boulogne sur Mer.

 

Appelé pour le service national en février 1964, affecté à la base aérienne de Cambrais puis Salon de Provence et libéré en juillet 1965.

Il s’engage à la Légion Etrangère le 12 Octobre 1965 sous le matricule 141259.

 

Après son instruction au GIL à Corte,  il rejoint le 1er RE. Il effectue le  stage de Santé et est affecté au GOLE à Bonifacio. Caporal le 20 décembre1968, nommé Sergent 1er octobre1962. Titulaire du BMP paramédical, Il est affecté au  CCAS du 2em RE à CORTE. Il est nommé Sgt/chef le  1er avril 1973. Il est affecté ensuite au  4em Etranger à Castelnaudary. En 1981 il obtient le diplôme  d’infirmier d’état. Il fut instructeur  pour la formation des auxiliaires de santé. Il quitte la Légion  avec 25 années de services.

 

Il rejoint l’hôpital  Saint Anne de Toulon comme commandant d’unité pendant 10 ans.

 

Il rejoint l’institution des invalides de la Légion Etrangère  le 11 janvier 2002, en tant que pensionnaire d’une part et aussi comme cadre de santé à l’infirmerie.

 

Il totalise  37 ans de services donc 25 à la Légion.

 

Homme de Cœur et d’honneur, fidèle à l’institution jusqu’au dernier jour.

 

Titulaire:

Ø  De la Médaille Militaire

Ø  Chevalier de l’ordre national du mérite 

Ø  Médaille vermeil d’honneur du service santé

 

Extrait de l’allocution du COMLE

« Reposez en paix dans votre carré de Puyloubier, parmi vos frères d’armes de la Légion auprès des plus illustres comme des plus modestes »     

 

Né le 5 Décembre 1944 à Boulogne sur Mer.

 

Appelé pour le service national en février 1964, affecté à la base aérienne de Cambrais puis Salon de Provence et libéré en juillet 1965.

Il s’engage à la Légion Etrangère le 12 Octobre 1965 sous le matricule 141259.

 

Après son instruction au GIL à Corte,  il rejoint le 1er RE. Il effectue le  stage de Santé et est affecté au GOLE à Bonifacio. Caporal le 20 décembre1968, nommé Sergent 1er octobre1962. Titulaire du BMP paramédical, Il est affecté au  CCAS du 2em RE à CORTE. Il est nommé Sgt/chef le  1er avril 1973. Il est affecté ensuite au  4em Etranger à Castelnaudary. En 1981 il obtient le diplôme  d’infirmier d’état. Il fut instructeur  pour la formation des auxiliaires de santé. Il quitte la Légion  avec 25 années de services.

 

Il rejoint l’hôpital  Saint Anne de Toulon comme commandant d’unité pendant 10 ans.

 

Il rejoint l’institution des invalides de la Légion Etrangère  le 11 janvier 2002, en tant que pensionnaire d’une part et aussi comme cadre de santé à l’infirmerie.

 

Il totalise  37 ans de services donc 25 à la Légion.

 

Homme de Cœur et d’honneur, fidèle à l’institution jusqu’au dernier jour.

 

Titulaire:

Ø  De la Médaille Militaire

Ø  Chevalier de l’ordre national du mérite 

Ø  Médaille vermeil d’honneur du service santé

 

Extrait de l’allocution du COMLE

« Reposez en paix dans votre carré de Puyloubier, parmi vos frères d’armes de la Légion auprès des plus illustres comme des plus modestes »     

 

Patrice Valantin, patron de Dervenn, à Mouazé, en a fait son cheval de bataille depuis plusieurs années déjà. Pour cet ancien légionnaire devenu ange gardien de la nature, la préservation de l'environnement ne peut se faire sans l'aide des entreprises.

En ce mois d'avril1966, le monde a, sans le savoir, donné naissance à un ange gardien. Cela fait maintenant plusieurs années que Patrice Valantin est convaincu du danger que court notre planète, et compte bien agir pour la préserver. La biodiversité, pour lui, est essentielle. «Tout le monde a déjà été alerté sur le réchauffement climatique. Ce qui est perdu ne se rattrapera pas. Mais il nous faut nous adapter, remonter ses manches et éviter les conséquences néfastes sur l'écosystème», insiste Patrice Valantin. Par son travail et son obstination, il agit. Car cet homme-là n'est pas du genre à rester les bras croisés. Et son action devrait, cette année, prendre des proportions beaucoup plus importantes. L'ONU a en effet déclaré 2010 l'année mondiale de la biodiversité. Une formidable opportunité pour Patrice Valantin d'alerter le public sur la nécessité de préserver la nature et son écosystème.

Des ministères à Copenhague
Pour cela, il n'arrête pas! De Paris à Copenhague, il frappe aux portes des ministères, à la rencontre de qui pourra l'aider à faire de la sauvegarde de la biodiversité l'enjeu de demain. «Lors de la conférence de Copenhague, c'était le marasme sur place. Le point positif, c'est que tous les chefs d'Etats étaient réunis autour pour dire qu'il y a un problème, et qu'il faut agir. La prise de conscience est tardive, mais quelque chose s'est passé, on a lancé une dynamique. Toutefois, nous avons décidé de faire bouger les choses nous-mêmes, car on ne peut pas compter sur les Etats». «La Bretagne va sauver le monde!», s'amuse même cet ancien légionnaire qui n'a pas froid aux yeux et une volonté de fer. Issu d'une famille de militaires - son grand-père était déjà dans l'armée - Patrice Valantin est d'abord passé, gamin, par la case ?antimilitariste ?, avant de vouloir s'engager dans la légion étrangère. Rattrapé par la tradition familiale, le ?boy-scout? fait Saint-Cyr, puis part en Bosnie. «J'y ai fait trois séjours, résume-t-il. Mais j'ai raté l'Afrique. C'est là-bas que je voulais mettre en oeuvre mon métier».

Il frôle la mort à Sarajevo
En fait, c'est à Sarajevo qu'il atterrit. Et qu'il manque de mourir dans une explosion, pendant le siège de la ville... «J'aurais dû y rester, mais j'avais un ange gardien...», se souvient le militaire, qui se met alors à penser à «la futilité de la construction humaine. C'est dans ces moments-là que l'on voit où est l'essentiel. Dans l'amour de ses proches, ajoute encore ce papa de six enfants. Voir une ville dans le chaos absolu fait aussi réfléchir à la fragilité de notre civilisation. Mais après la guerre, les gens se sont relevés, regroupant toutes les bonnes volontés, pour reconstruire».

«Apporter sa pierre»
De ce pan de vie militaire, Patrice Valantin a gardé une «expérience humaine et sociale unique au monde. C'est la légion qui m'a plus apporté que l'armée en elle-même. On engage des gens qui n'ont pas de relations entre eux, ils ont un passé de blessés par la vie, parfois de voyous. On les met ensemble pour se battre pour la France. En théorie, c'est quelque chose d'impossible, mais ça fonctionne, pour la grandeur du service humain. La tolérance et l'entraide sont extraordinaires». Ce travail en commun pour une même cause, Patrice Valantin l'applique aujourd'hui chez Dervenn, son entreprise de génie écologique créée en 2002. «Ce qui est important, c'est d'apporter sa pierre».

Le chêne prend racine
Quand il a préparé sa reconversion, après sa carrière de militaire, il voulait certes gagner sa vie, mais aussi utiliser des valeurs humaines. Dervenn (?le chêne? en breton), a été lancée dans le but de préserver la biodiversité, en créant et restaurant des zones de vie pour les populations végétales et animales afin d'enrayer la dégradation de l'écosystème. C'est donc aussi un projet social. Sous son chêne à lui, Patrice Valantin essaie de rendre aujourd'hui justice à la nature.

«Le génie écologique pourrait créer 30.000 emplois en 12 ans»

Patrice Valantin a mis en place un outil pour aider les entreprises à compenser


Pensez-vous que les mentalités changent sur la biodiversité?


Tout le monde s'en fout de la nature! On s'y intéresse, mais de là à y mettre de l'argent. C'est ça qui est très difficile. Nous avons notamment un énorme manque de soutien des collectivités, et j'en souffre! Il y a bien un débat sur l'environnement, le réchauffement climatique, mais personne ne parle de la biodiversité! Alors qu'en revégétalisant, on peut tempérer ce réchauffement.


Comment alors faire quelque chose?


Il faut miser sur la biodiversité comme sur une assurance-vie. On est en situation de crise, et on a un combat à gagner. Chez Dervenn, nous avons des connaissances pratiques, nous devons maintenant créer des outils, et être offensifs. Aujourd'hui, le marché doit être orienté pour être compatible avec l'écosystème. Il nous faut donc toucher les particuliers et les entreprises, qui agiront alors pour régler les problèmes de la biosphère.


Comment une entreprise peut-elle agir pour l'écosystème?


C'est le principe du programme que nous avons mis en place, le Fipan. Il faut savoir que 40% de l'économie repose sur la nature, d'après une étude du TEEB (The Economics of Ecosystems and Biodiversity). Les services fournis par les écosystèmes représentent deux fois le PNB mondial! Ce qu'il faut préserver, c'est donc notre modèle économique. Il faut le convertir, car ce n'est pas la vie qui risque de disparaître mais les entreprises!


Que pensez-vous vraiment de la taxe Carbone?

Avant, j'étais très frileux sur la compensation. Mais j'ai changé d'avis, car je me dis qu'on va trouver des solutions. Avec l'Union professionnelle du génie écologique, nous allons mettre en place une offre pour permettre aux entreprises de compenser, pour ne pas bloquer leurs projets. À Copenhague, nous avons proposé un référentiel Biodiversité et Entreprise . Cet outil entre dans la démarche de responsabilité sociale de l'entreprise. Il faut lui permettre d'atténuer ses impacts sur l'environnement.


Où en est aujourd'hui votre projet, le Fipan, visant les entreprises?


Cela va moins vite qu'on le souhaiterait. Nous avons créé une association pour vendre des actions à des entreprises sur la réhabilitation d'espaces de vie. Mais nous ne voulons pas faire de business sur la biodiversité. Cela permet au souscripteur de témoigner de son attachement à ce patrimoine et peut communiquer sur ces valeurs. Pour alerter plus encore les entreprises, nous avons mis en place une formation entreprise et biodiversité.

Il y a un vide en matière de formation autour de la biodiversité?


Totalement! C'est pour cela que nous avons créé une Union professionnelle du génie écologique pour développer notre métier. La commission de l'Afnor doit aussi le normaliser. Si on n'encadre pas ce nouveau métier, le génie écologique ne sera pas un service de qualité. Le but est que les gens aient confiance, et d'accélérer l'arrivée de la concurrence. Je parie même sur la création de 30.000 emplois dans les douze ans à venir. Pour cela, nous allons mettre en place une formation professionnelle au génie écologique, soutenue par l'État et qui se déroulera par sessions de deux mois. Pour l'encadrement, nous avons déjà recruté d'anciens militaires. Nous attendons plus que les financements.

Source : LE JOURNAL DES ENTREPRISES

Patrice Valantin, patron de Dervenn, à Mouazé, en a fait son cheval de bataille depuis plusieurs années déjà. Pour cet ancien légionnaire devenu ange gardien de la nature, la préservation de l'environnement ne peut se faire sans l'aide des entreprises.

En ce mois d'avril1966, le monde a, sans le savoir, donné naissance à un ange gardien. Cela fait maintenant plusieurs années que Patrice Valantin est convaincu du danger que court notre planète, et compte bien agir pour la préserver. La biodiversité, pour lui, est essentielle. «Tout le monde a déjà été alerté sur le réchauffement climatique. Ce qui est perdu ne se rattrapera pas. Mais il nous faut nous adapter, remonter ses manches et éviter les conséquences néfastes sur l'écosystème», insiste Patrice Valantin. Par son travail et son obstination, il agit. Car cet homme-là n'est pas du genre à rester les bras croisés. Et son action devrait, cette année, prendre des proportions beaucoup plus importantes. L'ONU a en effet déclaré 2010 l'année mondiale de la biodiversité. Une formidable opportunité pour Patrice Valantin d'alerter le public sur la nécessité de préserver la nature et son écosystème.

Des ministères à Copenhague
Pour cela, il n'arrête pas! De Paris à Copenhague, il frappe aux portes des ministères, à la rencontre de qui pourra l'aider à faire de la sauvegarde de la biodiversité l'enjeu de demain. «Lors de la conférence de Copenhague, c'était le marasme sur place. Le point positif, c'est que tous les chefs d'Etats étaient réunis autour pour dire qu'il y a un problème, et qu'il faut agir. La prise de conscience est tardive, mais quelque chose s'est passé, on a lancé une dynamique. Toutefois, nous avons décidé de faire bouger les choses nous-mêmes, car on ne peut pas compter sur les Etats». «La Bretagne va sauver le monde!», s'amuse même cet ancien légionnaire qui n'a pas froid aux yeux et une volonté de fer. Issu d'une famille de militaires - son grand-père était déjà dans l'armée - Patrice Valantin est d'abord passé, gamin, par la case ?antimilitariste ?, avant de vouloir s'engager dans la légion étrangère. Rattrapé par la tradition familiale, le ?boy-scout? fait Saint-Cyr, puis part en Bosnie. «J'y ai fait trois séjours, résume-t-il. Mais j'ai raté l'Afrique. C'est là-bas que je voulais mettre en oeuvre mon métier».

Il frôle la mort à Sarajevo
En fait, c'est à Sarajevo qu'il atterrit. Et qu'il manque de mourir dans une explosion, pendant le siège de la ville... «J'aurais dû y rester, mais j'avais un ange gardien...», se souvient le militaire, qui se met alors à penser à «la futilité de la construction humaine. C'est dans ces moments-là que l'on voit où est l'essentiel. Dans l'amour de ses proches, ajoute encore ce papa de six enfants. Voir une ville dans le chaos absolu fait aussi réfléchir à la fragilité de notre civilisation. Mais après la guerre, les gens se sont relevés, regroupant toutes les bonnes volontés, pour reconstruire».

«Apporter sa pierre»
De ce pan de vie militaire, Patrice Valantin a gardé une «expérience humaine et sociale unique au monde. C'est la légion qui m'a plus apporté que l'armée en elle-même. On engage des gens qui n'ont pas de relations entre eux, ils ont un passé de blessés par la vie, parfois de voyous. On les met ensemble pour se battre pour la France. En théorie, c'est quelque chose d'impossible, mais ça fonctionne, pour la grandeur du service humain. La tolérance et l'entraide sont extraordinaires». Ce travail en commun pour une même cause, Patrice Valantin l'applique aujourd'hui chez Dervenn, son entreprise de génie écologique créée en 2002. «Ce qui est important, c'est d'apporter sa pierre».

Le chêne prend racine
Quand il a préparé sa reconversion, après sa carrière de militaire, il voulait certes gagner sa vie, mais aussi utiliser des valeurs humaines. Dervenn (?le chêne? en breton), a été lancée dans le but de préserver la biodiversité, en créant et restaurant des zones de vie pour les populations végétales et animales afin d'enrayer la dégradation de l'écosystème. C'est donc aussi un projet social. Sous son chêne à lui, Patrice Valantin essaie de rendre aujourd'hui justice à la nature.

«Le génie écologique pourrait créer 30.000 emplois en 12 ans»

Patrice Valantin a mis en place un outil pour aider les entreprises à compenser


Pensez-vous que les mentalités changent sur la biodiversité?


Tout le monde s'en fout de la nature! On s'y intéresse, mais de là à y mettre de l'argent. C'est ça qui est très difficile. Nous avons notamment un énorme manque de soutien des collectivités, et j'en souffre! Il y a bien un débat sur l'environnement, le réchauffement climatique, mais personne ne parle de la biodiversité! Alors qu'en revégétalisant, on peut tempérer ce réchauffement.


Comment alors faire quelque chose?


Il faut miser sur la biodiversité comme sur une assurance-vie. On est en situation de crise, et on a un combat à gagner. Chez Dervenn, nous avons des connaissances pratiques, nous devons maintenant créer des outils, et être offensifs. Aujourd'hui, le marché doit être orienté pour être compatible avec l'écosystème. Il nous faut donc toucher les particuliers et les entreprises, qui agiront alors pour régler les problèmes de la biosphère.


Comment une entreprise peut-elle agir pour l'écosystème?


C'est le principe du programme que nous avons mis en place, le Fipan. Il faut savoir que 40% de l'économie repose sur la nature, d'après une étude du TEEB (The Economics of Ecosystems and Biodiversity). Les services fournis par les écosystèmes représentent deux fois le PNB mondial! Ce qu'il faut préserver, c'est donc notre modèle économique. Il faut le convertir, car ce n'est pas la vie qui risque de disparaître mais les entreprises!


Que pensez-vous vraiment de la taxe Carbone?

Avant, j'étais très frileux sur la compensation. Mais j'ai changé d'avis, car je me dis qu'on va trouver des solutions. Avec l'Union professionnelle du génie écologique, nous allons mettre en place une offre pour permettre aux entreprises de compenser, pour ne pas bloquer leurs projets. À Copenhague, nous avons proposé un référentiel Biodiversité et Entreprise . Cet outil entre dans la démarche de responsabilité sociale de l'entreprise. Il faut lui permettre d'atténuer ses impacts sur l'environnement.


Où en est aujourd'hui votre projet, le Fipan, visant les entreprises?


Cela va moins vite qu'on le souhaiterait. Nous avons créé une association pour vendre des actions à des entreprises sur la réhabilitation d'espaces de vie. Mais nous ne voulons pas faire de business sur la biodiversité. Cela permet au souscripteur de témoigner de son attachement à ce patrimoine et peut communiquer sur ces valeurs. Pour alerter plus encore les entreprises, nous avons mis en place une formation entreprise et biodiversité.

Il y a un vide en matière de formation autour de la biodiversité?


Totalement! C'est pour cela que nous avons créé une Union professionnelle du génie écologique pour développer notre métier. La commission de l'Afnor doit aussi le normaliser. Si on n'encadre pas ce nouveau métier, le génie écologique ne sera pas un service de qualité. Le but est que les gens aient confiance, et d'accélérer l'arrivée de la concurrence. Je parie même sur la création de 30.000 emplois dans les douze ans à venir. Pour cela, nous allons mettre en place une formation professionnelle au génie écologique, soutenue par l'État et qui se déroulera par sessions de deux mois. Pour l'encadrement, nous avons déjà recruté d'anciens militaires. Nous attendons plus que les financements.

Source : LE JOURNAL DES ENTREPRISES

C’est avec beaucoup de regrets que l’amicale d’Aix et du pays de Baume inhumait le 05 mars 2015 dans le caveau de l’amicale l’adjudant-chef (er) Robert Mobius matricule 29 186.

Ce remarquable sous-officier s’était engagé au titre de la Légion étrangère le 17 octobre 1945 et avait participé aux guerres d’Indochine et d’Algérie, il quitta la Légion après 18 ans de service le 17 octobre 1963.

Originaire de la ville d’Eisenberg en Allemagne, ce fidèle parmi les fidèles participait bien volontiers à toutes les activités de l’amicale.

Robert était officier dans l’ordre de la Légion d’honneur et médaillé militaire.

 

C’est avec beaucoup de regrets que l’amicale d’Aix et du pays de Baume inhumait le 05 mars 2015 dans le caveau de l’amicale l’adjudant-chef (er) Robert Mobius matricule 29 186.

Ce remarquable sous-officier s’était engagé au titre de la Légion étrangère le 17 octobre 1945 et avait participé aux guerres d’Indochine et d’Algérie, il quitta la Légion après 18 ans de service le 17 octobre 1963.

Originaire de la ville d’Eisenberg en Allemagne, ce fidèle parmi les fidèles participait bien volontiers à toutes les activités de l’amicale.

Robert était officier dans l’ordre de la Légion d’honneur et médaillé militaire.

 

Beaucoup d’amicales d’anciens légionnaires, de bérêts rouges et autres associations patriotiques assistaient à cet évènement.

Après une allocation faite par Blandine de saint Marc: “Merci d’être là, d’être venu honorer la mémoire d’un grand soldat.(…) Merci de nous accueillir courageusement autour de la mémoire d’un homme qui a tout fait pour vivre debout.”, un enregistrement permettait d’entendre la voix du commandant qui lisait une lettre ouverte adressée au Président de la République.

Pour terminer monsieur le maire de Béziers, Robert Ménard, découvrait la plaque et évoquait dans un discours émouvant la vie du commandant Hélie de Saint Marc.

Major Jean Feher pour communication FSALE.

 

Beaucoup d’amicales d’anciens légionnaires, de bérêts rouges et autres associations patriotiques assistaient à cet évènement.

Après une allocation faite par Blandine de saint Marc: “Merci d’être là, d’être venu honorer la mémoire d’un grand soldat.(…) Merci de nous accueillir courageusement autour de la mémoire d’un homme qui a tout fait pour vivre debout.”, un enregistrement permettait d’entendre la voix du commandant qui lisait une lettre ouverte adressée au Président de la République.

Pour terminer monsieur le maire de Béziers, Robert Ménard, découvrait la plaque et évoquait dans un discours émouvant la vie du commandant Hélie de Saint Marc.

Major Jean Feher pour communication FSALE.

 

Le 21 février 2015, les membres de l’AADALE de la Vendée se sont réunis à Fougené pour leur Assemblée Générale en présence du général Colcomb, délégué de la FSALE région grand Ouest, du général Belloir, du colonel Bonamy, du lieutenant-colonel Bohineust, président d’honneur, du lieutenant-colonel Tarnier et du capitaine Bidard.

Après constation que le quorum était atteint et l’hommage aux défunts de l’année effectué, il était procédé aux différentes lectures des rapports: moral, activité et financier. Le président Roger Denis remerciait les adhérents du soutien qu’ils apportaient par leur présence régulière aux différentes manifestations de l’amicale.

Un constat s’impose: malgré le départ de plusieurs camarades pour raison d’éloignement géographique, l’effectif de l’association progresse chaque année.

En particulier, le Président exprimait sa reconnaissance à la trésorière madame Marie-Renée Ferry pour un travail rigoureux accomplit et un dévouement à toutes épreuves.

Il lui remettait le diplôme d’honneur décerné par la FSALE. De même, il soulignait la présence assidue aux manifestations et son activité au sein de l’association du caporal (er) Eric Bourasseau, porte-drapeau et transmet également le diplôme d’honneur de la FSALE.

Le général Colcomb prenait la parole pour féliciter vivement l’amicale pour la rigueur affichée quant à la tenue de son Assemblée Générale et de la solidarité et du dynamisme qui résulte de ses nombreuses activités. Il informe que la célébration de Camerone aura lieu le 30 avril à Rennes sous le patronage du général de Saint Chamas, commandant la Zone de Défense Ouest, ancien COMLE, par son importance et les moyens déployés, cette manifestation revêtira cette année un caractère exceptionnel.

A l’issue de cette Assemblée Générale, une chorale de circonstance animait de chants traditionnels le repas qui suivait et regroupait une cinquantaine de convives.

 

Le 21 février 2015, les membres de l’AADALE de la Vendée se sont réunis à Fougené pour leur Assemblée Générale en présence du général Colcomb, délégué de la FSALE région grand Ouest, du général Belloir, du colonel Bonamy, du lieutenant-colonel Bohineust, président d’honneur, du lieutenant-colonel Tarnier et du capitaine Bidard.

Après constation que le quorum était atteint et l’hommage aux défunts de l’année effectué, il était procédé aux différentes lectures des rapports: moral, activité et financier. Le président Roger Denis remerciait les adhérents du soutien qu’ils apportaient par leur présence régulière aux différentes manifestations de l’amicale.

Un constat s’impose: malgré le départ de plusieurs camarades pour raison d’éloignement géographique, l’effectif de l’association progresse chaque année.

En particulier, le Président exprimait sa reconnaissance à la trésorière madame Marie-Renée Ferry pour un travail rigoureux accomplit et un dévouement à toutes épreuves.

Il lui remettait le diplôme d’honneur décerné par la FSALE. De même, il soulignait la présence assidue aux manifestations et son activité au sein de l’association du caporal (er) Eric Bourasseau, porte-drapeau et transmet également le diplôme d’honneur de la FSALE.

Le général Colcomb prenait la parole pour féliciter vivement l’amicale pour la rigueur affichée quant à la tenue de son Assemblée Générale et de la solidarité et du dynamisme qui résulte de ses nombreuses activités. Il informe que la célébration de Camerone aura lieu le 30 avril à Rennes sous le patronage du général de Saint Chamas, commandant la Zone de Défense Ouest, ancien COMLE, par son importance et les moyens déployés, cette manifestation revêtira cette année un caractère exceptionnel.

A l’issue de cette Assemblée Générale, une chorale de circonstance animait de chants traditionnels le repas qui suivait et regroupait une cinquantaine de convives.

 

Petit clin d’oeil à nos amis fusiliers marins et commandos.

Eux aussi gardent la tradition de passage de flambeaux entre jeunes et anciens.

La tenue des anciens peut faire penser à la nôtre à la différence connue que leur bérêt est porté penché à droite.

Cette cérémonie avait lieu à l’école des fusiliers marins sur le port de Kerroc’h à Ploemeur.

 

Le Groupement Souvenir et Traditions de la Légion étrangère (GSTLE) a été créé en 1989 avec le soutien de la FSALE, présidée par le général Jean-Claude Coullon.

Le lundi 16 février 2015, monsieur Jean-Pierre Simon, président fondateur accompagné du lieutenant (er) SalihGusic, cofondateur a remis deux chèques dans les bureaux de la FSALE.

  • Le premier, au général de division Jean Maurin, commandant le légion étrangère, au profit de l’IILE de Puyloubier,

  • Le second au général de division (2s) rémy Gausserès, président de la FSALE, au profit de la “Maison du légionnaire” à Auriol.

Ces deux sommes sont le fruit de la vente de véhicules militaires acquis par le GSTLE, notamment un GMC, un Dodge 6X6, un Dodge Command Car et une jeep.

Les anciens légionnaires remercient sincèrement le Président du GSTLE pour ses dons généreux.

 

Le Groupement Souvenir et Traditions de la Légion étrangère (GSTLE) a été créé en 1989 avec le soutien de la FSALE, présidée par le général Jean-Claude Coullon.

Le lundi 16 février 2015, monsieur Jean-Pierre Simon, président fondateur accompagné du lieutenant (er) SalihGusic, cofondateur a remis deux chèques dans les bureaux de la FSALE.

  • Le premier, au général de division Jean Maurin, commandant le légion étrangère, au profit de l’IILE de Puyloubier,

  • Le second au général de division (2s) rémy Gausserès, président de la FSALE, au profit de la “Maison du légionnaire” à Auriol.

Ces deux sommes sont le fruit de la vente de véhicules militaires acquis par le GSTLE, notamment un GMC, un Dodge 6X6, un Dodge Command Car et une jeep.

Les anciens légionnaires remercient sincèrement le Président du GSTLE pour ses dons généreux.

 

Voici les affiches de “Camerone 2015 du fort de Nogent au Groupement de Recrutement de la Légion Etrangère.

Le programme complet pour le 30 avril et le 1er mai est en cours de réalisation (cérémonie, kermesse, démonstrations, restaurations, ect…)

Bals prévus, l’un dit “le bal du légionnaire” le 30 avril à l’issue de l’élection de “Miss Képi Blanc” et l’autre appelé “le bal des Képis Blancs” le vendredi 1er mai.

Portes ouvertes !

 

 

 

Précision: Ali Sabieh était l’implantation de la 3ème compagnie de la 13ème DBLE à Djibouti. Cette histoire se déroule dans les années 1976, après l’affaire de Loyada. Les noms ont été changés, mais tous ceux qui étaient à Djibouti à cette époque reconnaîtront facilement les personnages…

 

A Ali Sabieh, la Légion avait dressé les plans du futur emplacement des familles de la 2° compagnie et fait tout le travail architectural. Mais comme toujours, tout avait été fait trop vite. l’administration du Génie est arrivée en retard. Le capitaineRieradrob lui abandonna la construction des logements d’officiers. Les terrassements étaient exécutés sur un emplacement d’un accès difficile, mais judicieux qui mettait à l’écart du camp, sur le flanc d’un chainon rocheux, un quartier de plaisance dominant la ville militaire et la bourgade locale qui entourait celle-ci.

Mais le problème, assez ardu, à première vue, venait de l’emplacement même de cette cité avec la création d’un minimum de végétation, cependant il y en avait bien d’autres à résoudre auparavant. Pour ces logements d’officiers, le Génie possédait quelques gabarits dont il se sert indifféremment à Djibouti, aux Comores ou en France métropolitaine. Des plans étaient disponibles, très étudiés, ils décrivaient le montage sans laisser le moindre détail. Ils sont l’œuvre de polytechniciens à qui, il ne viendrait pas l’idée de demander d’être des artistes.

Le logement se présentait en maison de trois pièces pour les officiers. Légitime épouse du lieutenantRellim,Sylvie avait à ce titre choisi avant tout le monde. Elle jeta son dévolu sur la dernière maison, en direction du grand Bara. C’était à l’identique des autres, un cube blanchi à la chaux, avec une porte, trois fenêtres étroites et un toit en tôle ondulée.

Bien qu’il disposât de l’immensité du site, le Génie avait aligné les cubes à cinq mètres les uns des autres, mais une distraction du conducteur de travaux plaça la dernière habitation à une distance relativement importante des précédentes. Ca lui donnait une allure de villa indépendante.

L’ambiance de tout ce petit monde entrait en ébullition autour du 15 mai de chaque année, passé cette date, les épouses partent en Métropole dans leur famille ou au centre de vacances d’Arta. La compagnie prenait son tour au barrage, aux portes de Djibouti, l’action des postes précédait les opérations de police nécessaires dans la ville. L’exode des épouses et autres compagnes commençait quelques jours avant le départ des militaires. Portes et volets se ferment dans le quartier des officiers jusqu’au retour de la mission.

Ne reste au camp, qu’un faible détachement chargé de la garde du camp et de son entretien, un sous-officier supérieur choisi parmi ceux dont la santé est déficiente écope de la « corvée » d’en prendre le contrôle et commandement.

Sylvie, cette année là, partit la dernière, son mari n’ayant plus à y revenir, elle boucla la maison et lui reprocha vivement, tandis qu’il l’accompagnait au car, de n’avoir jamais signalé à qui de droit qu’une tuile du toit était disloquée, quand il pleuvait, une rigole mal placée avait abimé le crépi de la chambre. Très méticuleuse de par ses origines de fille du Nord de l’Europe, elle avait la coquetterie de son petit logis.

_ Je suis sûre, mon Mari, que vous allez encore oublier ! dit-elle àThéodoreRellimavec une pointe d’humeur.

Aussi se loua t-elle de rencontrer le capitaineRieradrob qui conduisait également sa femme au car.

_ Capitaine, votre adjoint se refuse à faire réparer la toiture. S’il pleut cet été, notre chambre est fichue.

_Sylvie, voyons, je vous prie, protestaThéodore Rellim, n’ennuyez pas le capitaine avec cette histoire !

_ Votre épouse à raison, il faut que cela se répare, mon lieutenant, réponditRieradrob en baisant la main deSylvie.

_Comptez sur moi ma petite Dame. Je vais donner des ordres, puisque mon Adjoint n’en est pas capable !

Il avait juste quelques consignes à passer à l’adjudant-chefKrepper, désigné pour rester à Ali Sabieh à la suite d’un malencontreux accident de véhicule sur le grand Bara au retour de Djibouti . Relevé avec une jambe cassée il était encore dans le plâtre.

_ Je vous signale la maison du lieutenantRellim, lui dit le Capitaine. Sa femme se plaint de je ne sais quels dégâts de toiture et de façade. L’adjudant de casernement ne doit pas se fatiguer souvent à aller voir ce qui se passe là-haut. Secouez lui les puces ! Et que tout soit remis en état, je l’ai promis. Vous avez « carte blanche » quant au prix que cela coûtera.

Cinquante deux ans, sorti du rang de célibataire géographique, endurci et affligé d’un terrible accent du Nord de l’Europe, l’adjudant-chefKrepper était de ces sous-officiers légion dont les gestes de bravoure ne se comptaient plus, il ne fallait pas demander plus à cet homme simple. Il enrageait d’être laissé à la traîne pour la première fois. Mais tout ordre à ses yeux était indiscutable, sa jambe ne lui permettait pas de s’aventurer au delà des environs immédiats de son bureau où il s’était fait dresser un lit de camp. Fort de cet handicap, Il ne pouvait aller lui-même constater les dégâts de la maisonRellim sur le mamelon escarpé.

Il était dans ses fonctions donc, de faire prendre à l’adjudantPérales, chargé du casernement, cette affaire au sérieux.

_ Une sacrée chance que vous ayez eue, de ne pas tomber sur le Capitaine, mon adjudant. Il fallait l’entendre ! une baraque toute neuve et qui se déglingue de partout ! L’incurie comme toujours ! Le « je-m’en-foutisme ! un sous-officier abruti par l’alcool ! je le casserai qu’il m’a dit le Capitaine ! et il a raison. Vous aurez affaire à moi, si ce n’est pas proprement réparé et en vitesse ! Voilà un bon pour les travaux, vous y inscrirez ce qu’il faudra ! Vous pouvez disposer.

Vieux serviteur devenu sédentaire, l’adjudantPérales avait pour principe et par expérience, en cas de cataclysme, de courber le dos sans protester, la vie lui ayant appris que tout passe et qu’on ne gagne jamais rien, même quand on à raison, contre un supérieur. Il est vrai que son intempérance était depuis vingt ans de notoriété publique et qu’il avait pris l’habitude de se l’entendre reprocher. Il est vrai aussi qu’il n’allait pas souvent voir les logements des officiers. Enorme et congestionné, il se déplaçait correctement, mais la moindre grimpette lui coupait le souffle, ainsi, il avait pour cette raison renoncé à s’aventurer sur les sentiers de chèvres. Tout naturellement il avait laissé la surveillance de ces « dépendances lointaines » du camp au sergent Marques, d’origine portugaise, qu’on avait sur sa demande, affecté à titre provisoire, faisant valoir qu’il lui fallait de l’aide pour mener à bien les nombreux travaux auxquels il devait s’acquitter en l’absence du Régiment.

MaisPéralesavait voulu rendre service au sergentMarquesqui tenait, pour des raisons sentimentales à ne pas s’éloigner du camp militaire. Ces raisons se nommaientBalbala, elles se présentaient sous les apparences d’une jeune femme fine comme une petite sainte au temps des martyrs queMarques avait extraite, contre son gré, de la bourgade locale et ne songeait qu’à y retourner. De ce fait, il ne pouvait la quitter d’une semelle.

Pérales eut, avec lui, une explication orageuse :

_ C’est comme ça, bougre de salaud, que tu me remercies ? Je vais t’apprendre à faire ton boulot ! Le crépi du haut en bas, a foutu le camp chez le lieutenantRellim, il n’y a plus de toit et des lézardes dans les murs que tout le monde voit sa femme à poil, quand elle prend sa douche ! Mais naturellement, tu n’en sais rien et tu t’en contrefous ! Tu auras de mes nouvelles si dans quinze jours tout n’est pas flambant neuf là-haut. Débrouille-toi avec ce bon !

Marques qui s’éloignait le moins possible de l’endroit où il avait installéBalbala, ignorait si la baraque desRellim était debout ou non. Il était prêt à tout sauf, à laisserBalbala seule.

L’unique solution à ses yeux était de s’en remettre pour ces travaux, à quelques légionnaires de confiance, seulement la compagnie n’avait pas laissé en base arrière les meilleurs. Seuls des éclopés et des vieux qui étaient déjà pris aux travaux d’entretiens à travers le camp. Il finit par mettre la main surCarl Heinz Fritz et surSancho Pancha. Haut comme une échelle et pas très costaud,Carl Heinz, allemand d’origine était resté au camp suite à une bronchite quasi chronique etSancho, petit gros de nationalité espagnole pour les mêmes motifs que ceux de l’adjudantPérales.Sancho possédait la particularité de n’était absolument pas bilieux pour deux sous, il prenait la vie comme elle venait en se gardant bien de contrarier un destin qui pourrait ne pas lui convenir.

_ Vous irez d’abord vous rendre compte sur place de ce qu’il faut, leur expliquaMarques, ensuite, vous remplirez ce bon et je vous donnerai un camion pour aller chercher le matériel au parc de Gabode à Djibouti. Vous serez dispensé de corvée, de garde et d’appel. Vous irez installer votre guitoune là-haut. Tout ce que je vous demande, c’est qu’aujourd’hui a dans quinze jours, la maison qui est à rebâtir de fond en comble soit prête.

_ C’est peut-être le filon pensaCarl Heinz.

Ils se rendirent immédiatement sur les lieux et il leur sembla qu’il y avait très peu de chose à faire.

- C’est le filon, déclaraSancho. On va dire qu’il faut au moins un mois. Le bon, cela va de soi, devra comporter des marchandises en quantité suffisante pour justifier ce délai.   

 

C’est ainsi que ni le sergent, ni l’adjudant, ni l’adjudant-chef ne trouvèrent leur demande exagérée. Nos deux légionnaires revinrent de Djibouti avec un camion plein, ils passèrent deux jours forts pénibles à installer autour de la maison desRellim l’aspect d’un authentique et important chantier.

Ils dressèrent leur tente et organisèrent le campement.

_ Ce qui serait bien, ditCarl Heinz, serait de faire la popote dans la maison.

_ D’autant, renchéritSancho, que rien ne dit, que nous n’aurons pas à travailler à l’intérieur. Il faut demander la clef.

Mais la question ne se posait pas, le lieutenantRellim l’avait emporté avec lui.

Sancho haussa les épaules, il mettait un point d’honneur, en vertu de ses antécédents, à ne pas se laisser arrêter par un obstacle aussi insignifiant qu’une serrure de série. Il en eut raison en moins de deux.

Une visite domiciliaire s’imposait, pour vérifier l’état des lieux. Elle conduisitSancho tout droit à la découverte de bouteilles de vin rangées judicieusement au fond d’un placard.

_ Je n’y aurais pas touché si on nous avait fait confiance en nous laissant la clef. Mais puisqu’on se méfie de nous, j’ai le droit d’en boire au moins une.

Carl Heinz qui avait pénétré dans la chambre était très ému.

_ Je la connais bien !Sylvie (il s’autorisait, grande première pour cet homme timide à parler de madameRellim en utilisant le prénom de la jeune femme) c’est une très jolie femme, tu sais ! Murmura t-il, en extase devant une photo d’elle. Il faut faire quelque chose pour lui arranger sa maison.

Sancho, le lendemain partageait cet avis, en fait, il avait bu une seconde bouteille et prévoyait qu’au bout du mois la réserve du lieutenantRellim serait liquidée. Il estimait indispensable de lui fournir un travail utile en compensation de ce dommage. Mais ici commença leur embarras. Tout à première vue était en excellent état. En vain ils en firent le tour ; ils ne trouvèrent rien à réparer._ Ce sont les murs blancs partout qui doivent l’ennuyer, cette belle femme, opinaCarl Heinz, en désespoir de cause. Les villas, d’habitude, c’est jaune, bleu ou rose. Puisqu’on a de la peinture à profusion on pourrait rendre ça un peu plus coquet.

_ Allons y pour la peinture ! réponditSancho qui n’était pas contrariant.

Ils étudièrent avec le plus grand sérieux du monde une teinte seyante à la blondeur des cheveux et des yeux bleus deSylvie.

_ Un rose un peu soutenu pour que le soleil ne la fasse passer.

Un premier essai sur un côté de la maison leur parut satisfaisant. Ils se mirent à l’ouvrage…

Rien ne résistait àSancho qui trouva même des draps et ils dormirent dès lors dans le lit desRellim.

Mais il va sans dire que cette « hospitalité » augmentait d’autant leurs obligations vis à vis des maîtres de maison.

_ On donnera aussi un petit coup à l’appartement, décidaCarl Heinz.

Des petits malheurs étaient inévitables.Sancho, on se balançant dans un fauteuil, l’écrasa.

Ce fut tout bénéfice pourSylviequandCarl Heinz renversa une potée de haricots sur la commode : elle avait bigrement besoin d’être repeinte ! aussitôt pensé, aussitôt fait, elle fut transformée en petit meuble rose digne des meilleurs magasins d’Ali,un yéménite qui vendait de tout, le vrai roi du commerce de Djibouti.

 

Pendant ce temps, l’adjudant-chefKrepper s’inquiétait et fit appeler l’adjudant.

_ Avez-vous perdu la boule,Pérales, ou vous ne dessoulez plus ? allez-vous m’expliquer ce que vous êtes en train de faire là-haut ?

_ On répare la maison du lieutenant, mon adjudant-chef.

_ Qui vous a dit de la repeindre ? Et de cette couleur là surtout ? Qu’on la reblanchisse et dare-dare si vous tenez à vos galons ! Je vous demande à quoi ça ressemble ?

De loin, la maison desRellim de l’enfilade des autres habitations édifiées. Maintenant, elle avait l’air d’une sorte de fraise écrasée, on ne voyait plus qu’elle, rutilante sous le soleil de cette corne d’Afrique, isolée au milieu du paysage.

_ C’est rigolo un moment ! dit l’adjudant au sergentMarques, tu te fous un peu trop de ma gueule ! éructaPérales, à deux doigts de l’apoplexie. Si tu trouves malin d’avoir barbouillé la bicoque avec cette couleur, moi pas. Alors je t’avertis, c’est ta dernière chance : lessive, repeins, fais tout ce que tu voudras, mais que ça redevienne blanc.

Impossible cette fois pourMarques de ne pas s’’imposer le voyage. Le sergent décida, la mort dans l’âme, après avoir bouclé  Balbala à double tour quePancha etFritzne l’emporteraient pas au paradis. Ceux-ci se défendirent de leur mieux. Ils avaient cru bien faire. Du reste, ils n’avaient pas chômé, dans la maison plus rien ne tenait. Le sergentMarques reconnut que la couleur mise à part, l’ensemble avait bonne allure. Encore ignorait-il ce qui l’attendait à l’intérieur. Ils introduisirent le sergent lui disant :

_ Ce sera un secret à trois, désormais.

_ Eh ! bien vous ne manquez pas de culot, vous deux ! Vous vivez dans la maison ?

_ Il faut bien, lui réponditCarl Heinz, puisqu’on y travaille.

L’impression deMarquesne fut, cependant, pas défavorable. Ces panneaux roses, ces meubles roses, ne manquaient pas d’un certain charme féminin.

_ Et ce n’est pas fini, ditSancho ! Il reste encore beaucoup à peindre.

Il faisait chaud, il déboucha une bouteille.

_ Où as-tu pris ça ?

_ Un héritage, Sergent, ditSancho, j’avais une grand-mère dans le pinard !

_ Chacun son goût, repritMarques, sans réfléchir que la grand-mère était bien loin. J’aime bien en fin de compte cette couleur, il n’y a rien à dire, mais en bas, ils n’aiment pas, alors il faut refaire l’extérieur.

Les menaces de l’adjudantPérales avaient porté. Il lui parut dangereux d’abandonner les deux complices à leur art, sa seule préoccupation avait pour nom :Balbala.

_ Amenez-la, Sergent, lui proposaSancho Elle ferait un peu de ménage et de cuisine…

Le sergent y pensait justement. Ce fut un secret à quatre. Ils sortirent d’autres assiettes, d’autres verres et de nouveaux draps. On se serra dans le lit.

Une petite vie de famille s’organisa. Le jour, tout le monde travaillait à l’air libre. Pendant les heures chaudes, on fignolait à l’intérieur. Après le souper,Balbalaessayait les robes et les chapeaux deSylvie, ce qui amusait beaucoupSancho.

Tous les deux jours, le sergentMarques descendait au camp pour rendre compte à l’adjudant des progrès des travaux.

_ On a beau passer des couches et des couches, la couleur rose ressortait toujours.

Pérales s’arma d’une paire de jumelles, il constatait que ça donnait un rose à la fois gueulard et sale, un rose de viande faisandée.

L’heure était aux grandes décisions.

_ J’y vais annoncePérales!

_ Je vous préviens, mon Adjudant, on a dû ouvrir la maison pour mettre un peu de matériel à l’abri et parce qu’il y avait pas mal à bricoler dedans…

_ Au trou que vous finirez tous les trois, s’il manque quelque chose !

_ Pour ça, pas de danger ! Vous verrez on a fait une maison impeccable et il y avait du boulot.

Ruisselant et épuisé, l’adjudant contempla longtemps la façade en silence. On ne peut que s’incliner devant certaines fatalités. Il comprit qu’il n’y avait vraiment plus rien à faire et qu’il était inutile d’insister. L’abominable rose avait tourné à la vomissure de chat.

L’adjudant entra dans la maison. Sa stupeur alors ne connut plus de bornes. Tout était rose, les murs, les meubles, les vases, les lampes, même les casseroles. On nageait dans le rose, on en buvait par les yeux jusqu’à en être ébloui. Il ne savait s’il fallait s’en réjouir ou tout simplement prendre la fuite pour éviter de défaillir d’écœurement.

_ L’erreur serait de juger ça avec des goûts masculins, expliquaMarques, c’est conçu pour une femme, dans le genre boudoir…

_ Il y a du travail fait, ça on ne peut pas le nier, finit par concéder l’adjudant.

Il resta toute la journée avec l’équipe, autant aller jusqu’au bout.

Sancho risqua le tout pour le tout :

_ du vin, mon Adjudant ?

_ Que le lieutenant me signale la disparition d’une seule bouteille et tu pourras te commander un râtelier ! annonçaPérales, le poing levé.

Il en profita pour donner un coup d’œil aux maisons voisines et en visiter une ou deux dont il détenait les clefs. Il priaBalbala de venir l’aider à mettre un peu d’ordre.

Il fut d’avis sur le soir que la vigne vierge peinte sur la façade faisait le meilleur effet, elle entourait la maison avec des spirales, de grosses touffes d’herbes, par endroit des espèces de balançoires de feuillage encadraient les fenêtres.Carl Heinz la peupla d’oiseaux exotiques : perroquets, canaris.Sancho suspendit près de la porte une lanterne vénitienne également rose.

 

Dans la salle à manger, il peignit une frise d’éventails et de pipes. Au dessus de la coiffeuse rose, où le dos des brosses aussi était devenu rose, il calligraphia sur un ruban qui se déroulait ; « Je me fais belle pour toi. ». Une banderole traversant des nuages roses allait de l’emplacement où dormait le lieutenant au chevet de sa femme annonçait : « Deux petits dodos pour un grand amour ».

On ajouta des fleurs partout, le plafond représentait le firmament, avec le soleil, la lune et tous les astres. Dans la salle à manger il y avait un meeting aérien d’avions de divers types.

_ De loin, du reste, on ne peut pas se rendre compte, c’est de près qu’il faut voir ça, dans les détails. Et surtout, il faut entrer ! Car nous sommes entrés, bien entendu : tout laisser pourrir à l’intérieur pendant qu’on reconstruisait ce qui se voit, ce n’était pas du travail.

Ainsi, s’exprimait l’adjudantPérales dans l’espoir de calmer l’irritation de l’adjudant-chef, planté quotidiennement sur ses béquilles à la sortie du camp pour voir si la couleur s’atténuait.

Mais on s’habitue à tout, tout compte fait, ce rose, le frappait beaucoup moins.

Un beau matin, il décida d’enfourcher un âne et c’est dans cet équipage qu’il apparut là-haut, après une pénible ascension aussi  dure pour lui que pour sa monture, devant la maison desrellim,Péralesqui l’avait accompagné n’avait plus un poil de sec.

_ C’est beau, dit l’adjudant-chef, mais ça fait un drôle de genre.

_ L’intérieur est encore mieux répondit l’Adjudant.

Marques précisa à nouveau qu’il s’agissait d’un intérieur féminin. L’adjudant-chef entra avec l’âne dans la maison. Il fit peu d’observations, les avions l’amusèrent. En fait, il n’avait jamais eu d’intérieur, les seules personnes du beau sexe qu’il fréquentait recevaient leurs amis dans des chambres d’hôtel, il ne voyait pas d’inconvénient à ce que des femmes plus huppées se complussent à vivre dans du rose avec toutes sortes de décorations bizarres. Seule la façade le chiffonnait

_ Ca ne peut pas aller, déclara t-il. Un toit en tuiles avec des murs roses ça fait maison publique. Il faut ajouter quelque chose ou peut-être changer la décoration du toit.

C’est ainsi que l’adjudant-chef fut responsable d’un toit peint en vert et jaune à la façon d’un parasol.Carl Heinzcouronna le tout d’une girouette, faite d’un cœur pourpre traversé d’une flèche dorée.

 

La petite maison rose reflétait toujours autant la lumière, Mais lesRellimne voulurent pas y entrer. Elle ne convenait pas même aux lieutenants de crainte pour eux de devenir fous.

Le fait qu’elle resta inoccupée n’inquiéta pourtant pas la conscience du capitaineRieradrob: puisque les étrangers de passage intrigués, demandaient à la visiter. C’était devenu un but de promenade des gens de Djibouti.

 

Elle se détachait si bien dans l’horizon qu’elle figura comme point de repère incontournable sur les cartes de Djibouti.

On peut en conséquence affirmer qu’Ali Sabieh, grâce à ce petit édifice coloré, haut en couleur, a fait avec éclat son entrée dans la géographie et dans l’histoire du pays.

N’est-il pas autrement important, pour une maison, que d’abriter un ménage, fut-il d’officier…

 

Cependant, une chose restait à faire, celle de remplacer la tuile à l’origine de cette histoire qui avait été elle, complètement oubliée…

 

 

 

_ Ce sont les murs blancs partout qui doivent l’ennuyer, cette belle femme, opinaCarl Heinz, en désespoir de cause. Les villas, d’habitude, c’est jaune, bleu ou rose. Puisqu’on a de la peinture à profusion on pourrait rendre ça un peu plus coquet.

_ Allons y pour la peinture ! réponditSancho qui n’était pas contrariant.

Ils étudièrent avec le plus grand sérieux du monde une teinte seyante à la blondeur des cheveux et des yeux bleus deSylvie.

_ Un rose un peu soutenu pour que le soleil ne la fasse passer.

Un premier essai sur un côté de la maison leur parut satisfaisant. Ils se mirent à l’ouvrage…

Rien ne résistait àSancho qui trouva même des draps et ils dormirent dès lors dans le lit desRellim.

Mais il va sans dire que cette « hospitalité » augmentait d’autant leurs obligations vis à vis des maîtres de maison.

_ On donnera aussi un petit coup à l’appartement, décidaCarl Heinz.

Des petits malheurs étaient inévitables.Sancho, on se balançant dans un fauteuil, l’écrasa.

Ce fut tout bénéfice pourSylviequandCarl Heinz renversa une potée de haricots sur la commode : elle avait bigrement besoin d’être repeinte ! aussitôt pensé, aussitôt fait, elle fut transformée en petit meuble rose digne des meilleurs magasins d’Ali,un yéménite qui vendait de tout, le vrai roi du commerce de Djibouti.

 

Pendant ce temps, l’adjudant-chefKrepper s’inquiétait et fit appeler l’adjudant.

_ Avez-vous perdu la boule,Pérales, ou vous ne dessoulez plus ? allez-vous m’expliquer ce que vous êtes en train de faire là-haut ?

_ On répare la maison du lieutenant, mon adjudant-chef.

_ Qui vous a dit de la repeindre ? Et de cette couleur là surtout ? Qu’on la reblanchisse et dare-dare si vous tenez à vos galons ! Je vous demande à quoi ça ressemble ?

De loin, la maison desRellim de l’enfilade des autres habitations édifiées. Maintenant, elle avait l’air d’une sorte de fraise écrasée, on ne voyait plus qu’elle, rutilante sous le soleil de cette corne d’Afrique, isolée au milieu du paysage.

_ C’est rigolo un moment ! dit l’adjudant au sergentMarques, tu te fous un peu trop de ma gueule ! éructaPérales, à deux doigts de l’apoplexie. Si tu trouves malin d’avoir barbouillé la bicoque avec cette couleur, moi pas. Alors je t’avertis, c’est ta dernière chance : lessive, repeins, fais tout ce que tu voudras, mais que ça redevienne blanc.

Impossible cette fois pourMarques de ne pas s’’imposer le voyage. Le sergent décida, la mort dans l’âme, après avoir bouclé  Balbala à double tour quePancha etFritzne l’emporteraient pas au paradis. Ceux-ci se défendirent de leur mieux. Ils avaient cru bien faire. Du reste, ils n’avaient pas chômé, dans la maison plus rien ne tenait. Le sergentMarques reconnut que la couleur mise à part, l’ensemble avait bonne allure. Encore ignorait-il ce qui l’attendait à l’intérieur. Ils introduisirent le sergent lui disant :

_ Ce sera un secret à trois, désormais.

_ Eh ! bien vous ne manquez pas de culot, vous deux ! Vous vivez dans la maison ?

_ Il faut bien, lui réponditCarl Heinz, puisqu’on y travaille.

L’impression deMarquesne fut, cependant, pas défavorable. Ces panneaux roses, ces meubles roses, ne manquaient pas d’un certain charme féminin.

_ Et ce n’est pas fini, ditSancho ! Il reste encore beaucoup à peindre.

Il faisait chaud, il déboucha une bouteille.

_ Où as-tu pris ça ?

_ Un héritage, Sergent, ditSancho, j’avais une grand-mère dans le pinard !

_ Chacun son goût, repritMarques, sans réfléchir que la grand-mère était bien loin. J’aime bien en fin de compte cette couleur, il n’y a rien à dire, mais en bas, ils n’aiment pas, alors il faut refaire l’extérieur.

Les menaces de l’adjudantPérales avaient porté. Il lui parut dangereux d’abandonner les deux complices à leur art, sa seule préoccupation avait pour nom :Balbala.

_ Amenez-la, Sergent, lui proposaSancho Elle ferait un peu de ménage et de cuisine…

Le sergent y pensait justement. Ce fut un secret à quatre. Ils sortirent d’autres assiettes, d’autres verres et de nouveaux draps. On se serra dans le lit.

Une petite vie de famille s’organisa. Le jour, tout le monde travaillait à l’air libre. Pendant les heures chaudes, on fignolait à l’intérieur. Après le souper,Balbalaessayait les robes et les chapeaux deSylvie, ce qui amusait beaucoupSancho.

Tous les deux jours, le sergentMarques descendait au camp pour rendre compte à l’adjudant des progrès des travaux.

_ On a beau passer des couches et des couches, la couleur rose ressortait toujours.

Pérales s’arma d’une paire de jumelles, il constatait que ça donnait un rose à la fois gueulard et sale, un rose de viande faisandée.

L’heure était aux grandes décisions.

_ J’y vais annoncePérales!

_ Je vous préviens, mon Adjudant, on a dû ouvrir la maison pour mettre un peu de matériel à l’abri et parce qu’il y avait pas mal à bricoler dedans…

_ Au trou que vous finirez tous les trois, s’il manque quelque chose !

_ Pour ça, pas de danger ! Vous verrez on a fait une maison impeccable et il y avait du boulot.

Ruisselant et épuisé, l’adjudant contempla longtemps la façade en silence. On ne peut que s’incliner devant certaines fatalités. Il comprit qu’il n’y avait vraiment plus rien à faire et qu’il était inutile d’insister. L’abominable rose avait tourné à la vomissure de chat.

L’adjudant entra dans la maison. Sa stupeur alors ne connut plus de bornes. Tout était rose, les murs, les meubles, les vases, les lampes, même les casseroles. On nageait dans le rose, on en buvait par les yeux jusqu’à en être ébloui. Il ne savait s’il fallait s’en réjouir ou tout simplement prendre la fuite pour éviter de défaillir d’écœurement.

_ L’erreur serait de juger ça avec des goûts masculins, expliquaMarques, c’est conçu pour une femme, dans le genre boudoir…

_ Il y a du travail fait, ça on ne peut pas le nier, finit par concéder l’adjudant.

Il resta toute la journée avec l’équipe, autant aller jusqu’au bout.

Sancho risqua le tout pour le tout :

_ du vin, mon Adjudant ?

_ Que le lieutenant me signale la disparition d’une seule bouteille et tu pourras te commander un râtelier ! annonçaPérales, le poing levé.

Il en profita pour donner un coup d’œil aux maisons voisines et en visiter une ou deux dont il détenait les clefs. Il priaBalbala de venir l’aider à mettre un peu d’ordre.

Il fut d’avis sur le soir que la vigne vierge peinte sur la façade faisait le meilleur effet, elle entourait la maison avec des spirales, de grosses touffes d’herbes, par endroit des espèces de balançoires de feuillage encadraient les fenêtres.Carl Heinz la peupla d’oiseaux exotiques : perroquets, canaris.Sancho suspendit près de la porte une lanterne vénitienne également rose.

 

Dans la salle à manger, il peignit une frise d’éventails et de pipes. Au dessus de la coiffeuse rose, où le dos des brosses aussi était devenu rose, il calligraphia sur un ruban qui se déroulait ; « Je me fais belle pour toi. ». Une banderole traversant des nuages roses allait de l’emplacement où dormait le lieutenant au chevet de sa femme annonçait : « Deux petits dodos pour un grand amour ».

On ajouta des fleurs partout, le plafond représentait le firmament, avec le soleil, la lune et tous les astres. Dans la salle à manger il y avait un meeting aérien d’avions de divers types.

_ De loin, du reste, on ne peut pas se rendre compte, c’est de près qu’il faut voir ça, dans les détails. Et surtout, il faut entrer ! Car nous sommes entrés, bien entendu : tout laisser pourrir à l’intérieur pendant qu’on reconstruisait ce qui se voit, ce n’était pas du travail.

Ainsi, s’exprimait l’adjudantPérales dans l’espoir de calmer l’irritation de l’adjudant-chef, planté quotidiennement sur ses béquilles à la sortie du camp pour voir si la couleur s’atténuait.

Mais on s’habitue à tout, tout compte fait, ce rose, le frappait beaucoup moins.

Un beau matin, il décida d’enfourcher un âne et c’est dans cet équipage qu’il apparut là-haut, après une pénible ascension aussi  dure pour lui que pour sa monture, devant la maison desrellim,Péralesqui l’avait accompagné n’avait plus un poil de sec.

_ C’est beau, dit l’adjudant-chef, mais ça fait un drôle de genre.

_ L’intérieur est encore mieux répondit l’Adjudant.

Marques précisa à nouveau qu’il s’agissait d’un intérieur féminin. L’adjudant-chef entra avec l’âne dans la maison. Il fit peu d’observations, les avions l’amusèrent. En fait, il n’avait jamais eu d’intérieur, les seules personnes du beau sexe qu’il fréquentait recevaient leurs amis dans des chambres d’hôtel, il ne voyait pas d’inconvénient à ce que des femmes plus huppées se complussent à vivre dans du rose avec toutes sortes de décorations bizarres. Seule la façade le chiffonnait

_ Ca ne peut pas aller, déclara t-il. Un toit en tuiles avec des murs roses ça fait maison publique. Il faut ajouter quelque chose ou peut-être changer la décoration du toit.

C’est ainsi que l’adjudant-chef fut responsable d’un toit peint en vert et jaune à la façon d’un parasol.Carl Heinzcouronna le tout d’une girouette, faite d’un cœur pourpre traversé d’une flèche dorée.

 

La petite maison rose reflétait toujours autant la lumière, Mais lesRellimne voulurent pas y entrer. Elle ne convenait pas même aux lieutenants de crainte pour eux de devenir fous.

Le fait qu’elle resta inoccupée n’inquiéta pourtant pas la conscience du capitaineRieradrob: puisque les étrangers de passage intrigués, demandaient à la visiter. C’était devenu un but de promenade des gens de Djibouti.

 

Elle se détachait si bien dans l’horizon qu’elle figura comme point de repère incontournable sur les cartes de Djibouti.

On peut en conséquence affirmer qu’Ali Sabieh, grâce à ce petit édifice coloré, haut en couleur, a fait avec éclat son entrée dans la géographie et dans l’histoire du pays.

N’est-il pas autrement important, pour une maison, que d’abriter un ménage, fut-il d’officier…

 

Cependant, une chose restait à faire, celle de remplacer la tuile à l’origine de cette histoire qui avait été elle, complètement oubliée…

 

 



 

 

 

Ordre de bataille du 5e R.E.I., le régiment du Tonkin, le 9 mars 1945.

  • Le 5e R.E.I. appartient à la 2e brigade du général Alessandri, ancien chef de corps du 5e R.E.I.

  • Le chef de corps depuis 1944 est le lieutenant-colonel Belloc avec le P.C. à Vietri.

  • Commandant en second : chef de bataillon Laroire.

  • Secrétariat : sous-lieutenant Marguillies ; officier de renseignement : lieutenant Jagut ; officier des transmissions : sous-lieutenant Mulier ; commandant la section hors-rang à Cottich, à 4 kilomètres de Vietri : lieutenant Desfosses ; médecin-chef : médecin-commandant Tonnerre ; commandant major ; commandant Berton ; Effectifs : capitaine Fradlandt ; Trésoriers : capitaine Moitrier et sous-lieutenant Angerer ; matériel ; capitaine Jurago ; commandant la compagnie de passage : capitaine Rage ; commandant les jonques du 5e R.E.I. : capitaine Mathieu.

Détachements du 5e R.E.I.Détachement motorisé de Langson : capitaine Fenautrigues et lieutenant Duronsoy ; Section de discipline de Ha Giang, sur la Rivière Claire, près de la frontière chinoise : adjudants-chefs Sury et Jost ; Section de Son La : lieutenant Chenel ; Section de Khang Laï (Laos) : adjudant Schleiterer ; Section D.C.A. à Vinh (en nord Annam) : sergent Faussonne.

Commandant du groupement du 5e R.E.I. à Kim Daï et Tong : commandant Thokadze.

1er bataillon à Kim Daï :capitaine Gaucher.

Adjoint : lieutenant Boisnard ; médecin-capitaine Malarerre.

Capitaines commandant les compagnies : de La Garde (1ère), Dupart (2e), Aspirot (3e).

Compagnie d’accompagnement N°1 : capitaine Sloussarenko, lieutenants Maruschek et Helmreich.

2e bataillon à Tong et au Bavi :capitaine de Cockborne.

Adjoint : lieutenant Pépin-Lehalleur ; médecin-capitaine Caro.

Capitaines commandant les compagnies : Besset (5e), Komaroff (6e), Courant (7e).

Compagnie d’accompagnement N°2 : capitaine Guillaume ; sous-lieutenant Luong ; lieutenants Bourboullon, Elyssieff et Haugel.

3e bataillon à Tuyen-Quang et Yen Bay :capitaine Lenoir.

Adjoint : sous-lieutenant Petrovsky ; médecin-capitaine Leric.

Capitaines commandant les compagnies : Lt Chaminadas (9e), Damez-Fontaine (10e), Walther puis Lt Marguerie (11e).

Compagnie d’accompagnement N°3 : capitaine Demiautte, sous-lieutenant Nguyen Van Mai.

Base arrière de Tuyen Quang : lieutenant Belloli.

 

A la veille du 9 mars :

  • La 7e compagnie du 5e R.E.I. est au centre de repos du B.A. VI.

  • Le détachement motorisé du 5e R.E.I. est scindé en deux : une moitié avec le capitaine Fenautrigues, transitant par Hanoï pour rentrer à Tong, l’autre moitié restée à Langson avec le lieutenant Duronsoy.

  • Des équipes radio, larguées avant le 9 mars, assurent une liaison précaire entre les troupes françaises en Indochine et Calcutta.

 

Dans la nuit du 8 au 9 mars 1945 :des indices annoncent une attaque japonaise dans l’Indochine française ; certains y croient ; d’autres non. Dans l’ensemble la surprise joue.

      • Le général Gabriel Sabattier, commandant la division du Tonkin, gagne son P.C. de campagne à une centaine de kilomètres au nord d’Hanoï. Il fait diffuser des consignes d’alerte mais tous ses subordonnés ne peuvent être touchés. A vingt-deux heures trente, le 5e R.E.I. reçoit l’ordre d’alerte. Les 1er et 2e bataillons, en manœuvre, rentrent d’urgence sur Tong. Mais des instructions contradictoires tombent d’Hanoï. Ce serait une fausse alerte, une de plus !

 

9 mars 1945 : la sanglante surprise du coup de force des Japonais.

  • En Indochine, la résistance s’organise. Des plans de défense pour contrer une agression japonaise s’élaborent. Au 5e R.E.I., les esprits sont tout acquis à la reprise de la lutte contre les Japonais. La participation à la résistance y est active.

  • Les zones de combat se rapprochent de la péninsule indochinoise. Les Philippines sont presque entièrement libérées. Le 17 février, les Américains ont sauté sur Corregidor et le 19 février ils ont débarqué sur Iwo Jima.

  • Dans l’Indochine française, havre de paix à peu près préservé, Les Japonais n’ignorent pas qu’une résistance de plus en plus active, soutenue par les Anglais, œuvre derrière leur dos.

  • Les Japonais ne vont pas accepter de laisser la résistance porsuivre son action ; ils ne tolèrent plus l’existence d’une armée française susceptible de se joindre aux Alliés.

  • Considérablement renforcés, les Japonais, qui ont pris de fait le contrôle de l’Indochine française, disposent de moyens militaires importants avec des moyens de liaison et des armements modernes, et la police secrète, laKempetaï, fait régner la terreur. En 24 heures, ils vont se rendre maîtres de toutes les garnisons.

      • Après un ultimatum inacceptable de l’ambassadeur japonais Matsumoto à l’amiral Decoux, Haut-Commissaire en Indochine, à partir de 20 heures, les troupes du Mikado attaquent sans préavis les garnisons françaises en Indochine ; les troupes japonaises se ruent à l’assaut de la citadelle d’Hanoï.

      • A Hué, capitale de l’Annam, l’attaque se déclenche plus tardivement et la surprise ne joue pas.

      • Mais c’est au Tonkin que se déroule la bataille principale.

      • A Dong-Dang, après une défense héroïque de la compagnie du 3e Régiment de Tirailleurs Tonkinois, au cours de laquelle les Japonais perdent un millier d’hommes, le capitaine Anosse est félicité par le général japonais avant d’être exécuté d’une balle dans la tête ; puis les cinquante-cinq survivants sont décapités au sabre ou éventrés à la baïonnette.

      • De poste en poste, les mêmes tueries se répètent ; mais c’est à Langson que le courage des Français et la cruauté des Japonais atteignent les sommets.

      • A Langson,la démence japonaise ne connaît pas de limites. Invité par l’état-major japonais pour un dîner, le général Lemonnier décline l’invitation, mais il autorise le résident général Auphelle, le colonel Robert commandant la garnison et ses adjoints, le lieutenant-colonel Amiguet et le chef de bataillon Leroy, à s’y rendre. Au cours du repas – il est 20h00 -, le commandant d’armes japonais annonce au colonel Robert que la garnison française sera attaquée à 21h00 et lui demande de donner l’ordre de non-résistance ; le colonel refuse ; les invités sont faits prisonniers. Au même moment, 8 à 10 000 soldats japonais attaquent les positions de la citadelle et des forts Galliéni, Négrier et Brière de l’Isle. La résistance acharnée qui leur est opposée, à un contre dix, permet aux troupes françaises de tenir toute la nuit et une bonne partie du lendemain, voire au-delà. Exaspérés par les lourdes pertes subies (huit cents morts), les Japonais tentent d’extorquer au général Lemonnier, fait prisonnier le 10 mars dans la soirée, un ordre de reddition. Le général refuse. Le général Emile Lemonnier, le résident Auphelle, et le colonel Jean-Baptiste Robert sont décapités le 12 mars dans les grottes de Ky Lua, non loin de Langson, ainsi que le caporal-chef Tsakiropulos du 5e R.E.I. De nombreux officiers sont massacrés à la baïonnette ou au sabre. Le lieutenant-colonel Philippe Amiguet est assassiné le 13 mars ainsi que le chef de bataillon Leroy. A la citadelle, la résistance “jusqu’à la dernière cartouche” aura duré une vingtaine d’heures et coûté, du côté français, cent vingt tués et cent quarante blessés graves hospitalisés et de nombreux autres blessés. Les 11, 12 et 13 mars, quatre cent soixante rescapés et blessés - qui peuvent tenir debout - sont amenés au bord d’une tranchée ou de la rivière Song-Ky Cong et décapités au sabre ou à la hache, mitraillés, embrochés à la baïonnette et achevés à coups de pioche. Au total, entre le 9 et le 13 mars 1945, 1 128 soldats français et indochinois sont morts dans l’affaire de Lang Son.

      • A la même heure, en Cochinchine, au Cambodge, au Laos, les faibles garnisons françaises sont vite submergées. L’Indochine française vient de voler en éclat. Les Japonais vont diriger l’Indochine pendant cinq mois, avant la capitulation de l’Empire japonais. Mais le coup de force du 9 mars a jeté les peuples indochinois dans le drame, la haine raciale et la confusion d’une guerre qui va durer plus de trente ans.

      • Le 5e R.E.I. tient les garnisons de Vietri, Tong, Tien Kien, Langson et Hanoï, avec des éléments répartis dans les garnisons environnantes.

      • A Vietri,dès les premières heures du coup de force, le P.C. du régiment est investi un peu avant minuit et l’état-major capturé. Le lieutenant-colonel Belloc est fait prisonnier à son domicile et jeté dans une ancienne fosse à chaux. Son adjoint, le commandant André Laroire, est mortellement blessé à coups de baïonnette. Ailleurs, la situation est aussi dramatique ; partout les Japonais font preuve d’une sauvagerie sans nom. Le lieutenant-colonel Bertrand Marcelin prend le commandement du 5e R.E.I.

        • A Langson, une partie du détachement motorisé sous les ordres du lieutenant Michel Duronsoy fait partie de la garnison : il participe à la défense de la ville. A 20 heures 25, la plupart des officiers de la garnison sont kidnappés. Tout de suite, sans crier gare, les assaillants s’infiltrent dans la citadelle. Une mêlée terrible et confuse s’engage dans la nuit, au cours de laquelle les automitrailleuses de la Légion supportent le choc principal. Elles parviennent même à déloger l’ennemi des bâtiments qu’il occupe déjà, se glissent au travers du quartier et tiennent jusqu’au jour en affolant les Japonais par de véritables raids menés au cœur de leurs positions. Mais la contre-attaque est finalement repoussée. Ce n’est qu’à 15 heures le lendemain que le lieutenant Duronsoy, déjà deux fois blessé, rallie ses équipages encore en mesure de poursuivre le combat et se replie sur le Fort-Brière-de-l’Isle. A 18 heures, le combat cesse enfin. Furieux de la résistance rencontrée, les Japonais se disposent à tout massacrer. Le lieutenant s’interpose ‘’Je suis le chef de ces légionnaires. Je suis le responsable. Tuez-moi seul !’’. Les quelques rescapés, avec à leur tête, le lieutenant Michel Duronsoy, sont conduits par les Japonais devant le mur du fort ; Le lieutenant entonneLa Marseillaiseque les voix graves de ses légionnaires reprennent en chœur. Les salves des mitrailleuses mettent seules un terme à cet ultime défi à l’ennemi. Un seul légionnaire réchappe à cet assassinat, le légionnaire Oleksy, laissé pour mort.

        • A Hagiang, l’adjudant-chef Sury commande la section spéciale disciplinaire, en tout 87 hommes. Les officiers de la garnison ont invité leurs homologues japonais pour un apéritif plus protocolaire que chaleureux. Immédiatement, c’est la surprise ; les invités japonais dégainent leurs armes et tirent sur leurs hôtes. Les disciplinaires se regroupent autour de leurs cadres et font montrer une attitude exemplaire. La section se regroupe dans le casernement et combat jusqu’au lendemain matin 7 heures. Les légionnaires ne se rendent que lorsque toutes les munitions sont épuisées. Le commandant d’armes, dans l’espoir de sauver les rescapés, négocie la reddition. Fidèles à leur tradition, les Japonais se livrent à un massacre. Sur les 87 légionnaires, 9 ont été tués les armes à la main, 55 massacrés à la baïonnette dont 4 sur leur lit d‘hôpital. Finalement, sur les 87 légionnaires, la section de discipline compte 82 morts.

        • A Hanoï,une partie du détachement motorisé se trouve à la citadelle où il transite. Venant de Langson, il se dirige vers Tong où se trouve le gros du régiment. Le capitaine Georges Fenautrigues est sorti en ville : il n’a pas le loisir de rejoindre ses hommes et il est abattu alors qu’il tente, les armes à la main, de se frayer un chemin vers eux. Après la mort de son capitaine, l’adjudant Roman reste seul à la tête de ses automitrailleuses. Il les dispose aussitôt aux points sensibles de la citadelle, puis contre-attaque avec une violence inattendue et reprend de force les bâtiments déjà occupés, malgré la supériorité de l’ennemi. Avec leurs trois automitrailleuses, leur peloton motocycliste et leur cohésion, les légionnaires représentent l’un des meilleurs atouts de la place. Le combat se poursuit toute la nuit et une bonne partie du lendemain. Les légionnaires combattent jusqu’à l’extrême limite de leurs forces, contribuant ainsi grandement à la défense de la citadelle. Lorsque le feu cesse, le 10, vers quinze heures trente, la moitié des défenseurs est hors de combat. Le détachement motorisé n’a plus qu’une poignée d’hommes valides. 17 légionnaires sont tués, 20 blessés. L’adjudant Roman, qui a pris le commandement est très grièvement blessé. Par miracle, il survivra. Du moins à Hanoï, aucun sévice ni aucune représailles n’ont été exercées contre ces combattants invaincus.

        • A Vinh,le sergent Faussone et sa poignée de légionnaires ne sont que des enfants perdus, n’ayant pour eux que leur courage. Après une nuit de lutte, au matin du 10, des tirs directs d’artillerie ont raison de leur obstination.

        • A Cottich,P.C. opérationnel du régiment, à quatre kilomètres de Tien Kien, située sur la rive gauche du Fleuve Rouge, la section hors rang a été décimée. Le sous-lieutenant Herbert Muller, vieil adjudant-chef récemment promu officier, et une trentaine de légionnaires ont été tués. Le lieutenant Desfossés a eu le plus grand mal à se dégager avec les survivants.

        • Le lieutenant Chenel est à Hanoï ce soir là ; il vient de ramener des armes parachutées dans la région de Son La. Averti de ce que fomentent les Japonais, il réagit aux premiers bruits de la bataille. Force de la nature, il réquisitionne pousse-pousse et vélo et réussit à rejoindre Tong Son La dont il est le chef de poste et qui est situé à 300 kilomètres d’Hanoï. Le lieutenant-colonel Bertrand Marcelin lui apprend que le régiment a décroché pour organiser la résistance et lui enjoint d’en faire autant. L’épopée commence pour lui. La chance va lui servir à plusieurs reprises. Vers le 20 mars, il rejoint le I/5e R.E.I. et retrouve ses propres hommes partis avec le capitaine Gaucher.

        • En 24 heures, les Japonais se rendent maître de toutes les garnisons en utilisant divers procédés. À Hai Giang, à Yen Bay, à Cao Bang, les forces françaises sont annihilées : les légionnaires de ces garnisons se font massacrer plutôt que de se rendre.

        • A Tong, les atermoiements coûtent cher ; les personnels faits prisonniers sont décapités au sabre. La Légion étrangère perd le capitaine Robert Van Weyenbergh et l’adjudant Driesch. Vers vingt et une heures, les doutes sont levés. A vingt-deux heures quarante-cinq, les 1e & 2e bataillons des capitaines Gaucher et de Cockborne prennent la route. Gagner un périmètre plus sûr que celui du Delta était programmé. Le départ s’effectue en bon ordre et relativement vite. Le moral est au beau fixe malgré le barda. La Légion part en campagne.

        • A Tien Kien,au 3e bataillon du capitaine Lenoir, l’incertitude prévaut une partie de la nuit. Vers cinq heures enfin Lenoir, faute d’informations précises, prescrit à son bataillon de démarrer à l’aube. Certains éléments réussissent à rejoindre le gros des forces en marche vers la frontière de Chine. La 9e compagnie du capitaine Chaminadas désignée à la garde du PC du 5e R.E.I à Vietri ne peut être prévenue ; mais elle réussit à s’exfiltrer. Elle rejoint la colonne du commandant Lepage, se dirigeant vers le nord, pour gagner la Chine, au nord-ouest de Cao-Bang le 3 avril.

        • Après avoir défendu les postes, la Légion rejoint à Cottich le Groupement de Tong, formé par les 1er et 2e Bataillons du 5e R.E.I. La colonne récupère les rescapés de la section hors-rang du 5e R.E.I. En effet, en vue d’opérations contre les troupes japonaises, le général Alessandri a constitué secrètement ce groupement interarmes.

        • En 24 heures, les Japonais se rendent maître de toutes les garnisons en utilisant divers procédés. À Hai Giang, à Yen Bay, à Cao Bang, les forces françaises sont annihilées : les légionnaires de ces garnisons se font massacrer plutôt que de se rendre. Certains éléments réussissent à rejoindre le gros des forces en marche vers la frontière de Chine.

 

Du 10 mars au 2 mai 1945, la marche de la colonne Alessandri et l’épopée du 5e R.E.I.

        • Le 10 mars,le général Alessandri décide de conduire son groupement en Chine pour se placer sous la protection des Nationalistes et reprendre l’offensive avec eux.

        • Mais, à Hung Hoa, le bac est inutilisable. A Trung Ha, la Rivière Noire, qui vient d’effectuer un large coude l’orientant vers le nord, et le Fleuve Rouge, offre un premier obstacle. Trois cents mètres de large. Un courant rapide. Uniquement deux bacs et cinq sampans. Impossible de faire traverser les véhicules et les armes lourdes, qui doivent être précipités dans les flots de la rivière. Le général sacrifie son matériel lourd et son train de combat. Il démobilise les tirailleurs tonkinois et, à la tête d’une colonne de 1 500 Européens, essentiellement des légionnaires, qui ne disposent plus que leur armement léger, par Phong Tho, il essaie de gagner la frontière.

        • Le 10 mars,le 3e bataillon vit un départ autrement plus mouvementé. Il est presqu’aussitôt accroché par les Japonais. Durant toute la journée, il contient les attaques d’un adversaire constamment renforcé. Au crépuscule, menacé d’encerclement, il se replie en bon ordre, laissant hélas derrière lui, dans la boue des rizières, les cadavres des camarades tombés. Dans son mouvement, le 3e bataillon recueille la section hors-rang décimée à Cottich.

        • A la faveur de la nuit,le capitaine Lenoir parvient à faire passer le Fleuve Rouge à son bataillon, mais là encore, véhicules, chevaux, armement lourd doivent être sacrifiés.

        • Le 11 mars, à tong, le lieutenant-colonel Bertrand Marcelin, commandant d’armes de Tong, nouveau chef de corps du 5e R.E.I., est tué à son poste avec 2 officiers et 25 légionnaires,

        • Sur les 34 000 Français métropolitains présents dans la région, plus 12 000 militaires d'origine métropolitaine, plus de 3 000 sont tués en moins de 48 heures,

        • A Thanh-Son,le 3e bataillon reprend contact avec les deux autres bataillons. Son chef peut faire un bilan : une centaine d’hommes perdus en vingt-quatre heures, la 9e compagnie livrée à elle-même. Au matin du 11, le 5e R.E.I. est théoriquement regroupé au complet. Mais des absents : le chef de corps et son état-major, les 7e et 9e compagnies, le détachement motorisé, la section de discipline et les divers petits groupes détachés ici ou là.

        • Le général Alessandri est lui aussi à Thanh-Son ; il s’est méfié et il n’a pas été pris au piège. D’emblée, il prend le commandement de son ancien régiment et des autres éléments arrivés en donnant bien souvent l’impression de débandade. Le général crée le Groupement de la Rivière Noire : un général, trois bataillons de Légion, des unités disparates. Sans que la formule soit prononcée, pour l’Histoire, la colonne Alessandri prend vie.

        • Le 12 mars,la 7e compagnie réduite à 30 hommes, rejoint son bataillon.

        • L’objectif du général est de ‘’gagner rapidement la région située entre le Fleuve Rouge et la Rivière Noire, y reconstituer son groupement pour lui rendre une valeur combattive et ensuite se porter dans la Haute Région’’. En effet, dans la Haute Région, il serait à peu près en sécurité et à même de développer une activité de guérilla contre les occupants nippons. Mais le pays à traverser est pauvre et les bases relais initialement prévues ne sont pas toutes en place.

        • Le 13 mars, les chefs de bataillon prennent la décision de libérer les tirailleurs tonkinois qu'ils ne peuvent plus nourrir. Seuls quelques spécialistes restent, ainsi que certains Autochtones réfractaires à l'idée de quitter leurs chefs. Les licenciés reçoivent un certificat de démobilisation. Jusque là, les Asiatiques ont fait tout leur devoir, certains se faisant remarquer par leur bravoure au combat. Ainsi, lors de l'engagement de Cam Day, le tirailleur Le Van Qui « a fait l'admiration des légionnaires avant d'être tué sur son arme automatique ». Lors du même affrontement, le tirailleur Luu Van Tat connaît le même sort en allant remplacer un tireur à la mitrailleuse mortellement atteint.

        • L’objectif du général est de ‘’gagner rapidement la région située entre le Fleuve Rouge et la Rivière Noire, y reconstituer son groupement pour lui rendre une valeur combattive et ensuite se porter dans la Haute Région’’. En effet, dans la Haute Région, il serait à peu près en sécurité et à même de développer une activité de guérilla contre les occupants nippons. Mais le pays à traverser est pauvre et les bases relais initialement prévues ne sont pas toutes en place.

        • La colonne Alessandri, réduite à 1 500 hommes dont 850 légionnaires, est fractionnée en deux :

  • Un sous-groupement Nord, aux ordres du chef d’escadron Prugnat, avec le II/5e R.E.I., chargé d’assurer la couverture nord ;

  • Un sous-groupement Centre, aux ordres du colonel François, devant gagner Lai-Chau, cœur de la Haute Région, par la R.P.41, Son-La et le col des Méos.

        • Du 15 au 20 mars,le lieutenant Chenel, implanté à Son-La, engage le combat avec les Japonais à l’ouest du bac de Suyut, utilisant remarquablement le terrain, en évitant de se laisser déborder.Sur la R.P.41, cette simple section va ainsi mener un combat retardateur sur 80 kilomètres.

        • Le 16 mars,le général Alessandri apprend que la route de Son La est libre ; à marche forcée, protégé tour à tour par le II/5e R.E.I. et le I/5e R.E.I. ; le groupement essaie de gagner les Japonais de vitesse.

        • Par des pistes de montagne, sous une pluie qui cingle les visages et transperce les vêtements, le II/5e R.E.I. atteint Nghia-Lo. A Tulé, sur ordre venu du ciel par un petitPotez 25, le bataillon oblique sud-ouest vers la Rivière Noire, qu’il franchit à Ta Bu.

        • Du 20 au 24 mars,le I/5e R.E.I. du capitaine Gaucher supporte l’essentiel des combats.

  • Le 21,à Ban Na Nghia, il perd 26 légionnaires dont le sous-lieutenant Lequeux à Much Cham.

  • Le 22,il arrête à nouveau l’ennemi à Chien Dong, puis les combats continuent du Petit-Conoï à Ban Lot.

  • Le III/5e R.E.I. bataille également, menant comme le I/5e R.E.I., une série de durs combats retardateurs, surtout au sud de Son-La sur la R.P.41, pour stopper les Japonais accrochés à leurs basques.

        • Le 21 mars,ramené sur l’axe principal, le II/5e R.E.I. retrouve à Son-La des deux autres bataillons. Un parachutage apporte un peu d’armement, notamment des mitraillettesStenet des fusils-mitrailleursBren, des lance-roquettesPiat.Malheureusement les avions ne larguent ni chaussures ni vêtements. Après quinze jours de vie en brousse, les tenues de départ des légionnaires partent en lambeaux ; les brodequins bauillent.

        • Les Japonais, bien que retardés sur la R.P.41, n’ont pas renoncé à saisir une proie qui se refuse. Jugeant la position de Son-La indéfendable, le général Alessandri ordonne de se préparer à décrocher en installe la Légion en position défensive un peu au nord de la petite cité.

        • Le 26 mars,vers dix-neuf heures quinze, une vague de Japonais hurlant des slogans se précipite contre les vieillesHotchkiss et lesBrenflambant neufs.Pendant trois heures, le tempo haché et poussif des unes, le débit rageur des autres, se mêlent pour briser des assauts où l(assaillant semble mépriser ses pertes. L’aube pluvieuse relance les assauts toujours aussi meurtriers pour les assaillants. Le 5e R.E.I. voit dans la mêlée plus d’un des siens. Lorette, le doyen du régiment, n’échappe pas à une mauvaise balle.

        • En milieu d’après-midi, devant les renforts adverses qui ne cessent d’affluer. Le général Alessandri fait entamer le repli afin d’éviter l’encerclement. Les compagnies sont rodées. Sous la pluie battante, elles décrochent comme à la parade, l’une flanquant l’autre.

        • Dans la nuit du 26 au 27 mars,le II/5e R.E.I. du capitaine de Cockborne mène un combat retardateur permettant d’évacuer Son La. A sa compagnie d’appui, commandée par le capitaine Guillaume, l’esprit de sacrifice conduit à tenir jusqu’à minuit pour assurer le bon départ des camarades. Mais l’ennemi s’est infiltré partout. Un mouvement coordonné est devenu impossible. Le capitaine Guillaume en est réduit à faire éclater son unité, afin de rallier le gros du bataillon par petits groupes de deux ou trois. A cette occasion, ses pertes du bataillon se montent à une soixantaine de tués, disparus et blessés qu’il faut brancarder. En outre, une section entière a disparu près de Tua Chau.

        • Le sergent-chef Rest part avec trois de ses hommes et parvient à rompre le rideau ennemi. Après le passage d’un col où il a du forcer l’allure pour échapper aux tirs, il n’a plus qu’un seul légionnaire. A ses côtés. Heureusement, les deux hommes sont en pays thaï. La complicité des villageois leur permet d’échapper aux patrouilles et de rejoindre une unité de la coloniale. Le 1er avril, l’arme à la main, les deux hommes entrent en Chine, au nord-ouest de Lao-Kay. Rest n’a qu’un souci : rendre compte de la situation de crainte d’être porté déserteur. Il est loin de l’être !

        • Ceux là, malgré les épreuves traversées, sont des chanceux. Une chance qu’ils ont su courageusement exploiter. Bien de leurs camarades moins fortunés sont capturés et décapités par les Japonais.

        • La bataille au nord de Son-La ne marque qu’un temps d’arrêt. La marche reprend, épuisante, avec des dénivelées accentuées. Col des Méos à 1500 mètres, ligne de partagez des eaux. Vers l’Est, bassin du Fleuve Rouge ; vers l’ouest, bassin du Mékong avec son affluent, la Nam Ou.

        • Le général Alessandri avait prévu de se porter sur Lai-Chau. Les Japonais l’ont devancé. Aussi, il s’oriente sud-ouest, direction Diên-Biên-Phu. Le 3e bataillon est dépêché vers le Sud.

        • Les 28 et 29 mars,le groupement entier, avec les 1er et 2e bataillons en pointe, accroche au col des Méos et perd encore une quinzaine d’hommes.

        • Le 30 mars,une patrouille de six avions américains de Claire Chennault apporte un appui de feu aussi inattendu que salutaire. Ce soutien venu du ciel conforte les cœurs.

        • Après Tuan-Giao, carrefour des routes vers Lai-Chau et Diên-Bien-Phu au-delà du col des Méos, les Nippons se manifestent moins souvent. Ils paraissent hésitants. L’état des pistes entrave en partie l’avance de leurs véhicules.

        • Le chef de bataillon François d’Alverny, commandant du I/9ème R.I.C., surpris chez lui, loin de la Citadelle, se trouve dans l’impossibilité de rejoindre son bataillon et décide aussitôt de quitter Hanoï pour rejoindre les unités françaises repliées en Moyenne Région. Après six jours de fatigue et de privations il réussit à rejoindre Son La et la colonne du général Alessandri où il prend le commandement d’un groupement disparate, constitué progressivement d’unités échappées du Delta. 

        • Le 31 mars, au cours de la nuit,la colonne se scinde en deux. Pendant que le commandant d’Alverny avec les autres éléments se dirige vers Laï-Chau, le général Alessandri, avec la Légion, oblique vers Diên-Biên-Phu où le 5e R.E.I. met en place un dispositif en vue de défendre la vallée et son terrain d’atterrissage.

        • Le 1er avril,le chef de bataillon François d’Alverny tombe mortellement blessé au col de Luc An Chau, près de la frontière chinoise.

        • Le 1er avril,résolument les bataillons Gaucher et de Cockborne, peut-être électrisés par l’aide aérienne reçus l’avant-veille, prennent l’initiative. Ils se lancent à l’attaque des positions japonaises en cours d’installation. Ont-ils trop présumé de leurs forces ? Le succès ne récompense pas l’élan. Le capitaine Léon Komaroff, commandant la 6e compagnie, est tué lors de l’attaque à Son-La. Une fois encore, il faut reprendre la retraite, direction Diên-Biên-Phu, distant de 60 kilomètres.

        • En ce printemps 1945, ce village du pays thaï, à 300 kilomètres au nord-ouest d’Hanoï, sert aux Français de base arrière. Le petit terrain d’aviation assure au général Sabattier et à la colonne Alessandri la liaison aérienne avec Calcutta, permettant les évacuations sanitaires et les liaisons de commandement. Il est également le point de départ desPotez 25qui larguent des messages aux détachements isolés come le III/5e R.E.I.

        • Sous la poussée des Japonais, le III/5e R.E.I. du commandant Lenoir quitte ses positions de Pan Pa Ma et, forçant les étapes, se dirige vers Diên-Biên-Phu. Ses colonnes s’étirent sur 80 kilomètres à travers la brousse et les calcaires où, contrairement à certaines affirmations, les Japonais ne sont pas plus à l’aise que les Européens. Toutefois, grâce à leur nombre, ils essaient sans cesse de déborder le bataillon.

        • Le 3 avril,les 3 bataillons du 5e R.E.I. se regroupent à Hung Hoa et, aidés d’unités indigènes, se préparent à se diriger vers la frontière chinoise, à travers la jungle et les calcaires, avec les restes de la division du Tonkin. Le III/5e R.E.I. couvre la colonne principale sur son flanc gauche en direction du Nord-Annam et de Sam-Neua.

        • Les légionnaires et leurs camarades de la Coloniale sont fatigués après de nombreux combats et cette marche de plus de 500 kilomètres. Les vêtements sont devenus des tenues d’Arlequin et les ventres sont vides. En outre, l’état sanitaire est inquiétant. Dysenterie et paludisme finissent d’épuiser des organismes fatigués.

        • Le 4 avril,la jonction réalisée, le 5e R.E.I. quitte la cuvette de Diên-Biên-Phu. Le général Alessandri comprend qu’il n’est pas possible de se maintenir longtemps à Diên-Biên-Phu. La colonne reprend la route sud-est, vers le Laos proche. La piste carrossable s’arrête à la frontière. Demi-mal. Les légionnaires, leurs compagnons de la Coloniale et les tirailleurs tonkinois marchent à pied. Leurs poursuivants sont contraints de les imiter. Considéré comme une troupe fraîche, le III/5e R.E.I. assure l’arrière garde. Le 3e bataillon verrouille les gorges de la Nam Ou, un peu en amont de Houei Houn.

        • Le 6 avril,le III/5e R.E.I. livre un dur combat et perd sa 10e compagnie qui, n’ayant pu décrocher à temps, prend la brousse et ne le rejoindra en Chine, à Tsao Pa, que le 3 juillet !

        • Le 11 avril,pendant toute la journée, le III/5e R.E.I. contient la poussée japonaise. Au décrochage, à la nuit, le capitaine Lenoir ne compte plus qu’une centaine de légionnaires autour de lui. Les autres ont disparu, tués ou isolés du bataillon.

        • Le 15 avril,décimé, le 3e bataillon mène une guérilla sans pitié sur les arrières du groupement qui se dirige vers Boun-Neua où il faut encore protéger des ‘’forteresses volantes’’ enlisées qui s’efforcent de décoller.

        • Le 22 avril,le groupement complètement épuisé est surpris à Muyong-Yo. Les 1er et 2e bataillons pénètrent dans Phong Saly, bourgade abandonnée par ses habitants. Ils n’y font qu’une brève halte. Impossible de s’attarder. Les Japonais, maîtres de Lai-Chau, menacent de couper l’accès à la Chine.

        • Le 22 avril,le sergent Pham Van Vinh, sous-officier d'un groupe franc, est grièvement blessé à Tien Kien Phuc. Ce gradé, bien que libéré, a rejoint volontairement une unité de guérilla qui, après avoir harcelé l'ennemi durant sept semaines, est anéantie en se défendant jusqu'à la dernière cartouche.

        • Jusqu’au 30 avril,les bataillons tronçonnés, réduits à leur plus simple expression, de petites colonnes, des groupes sans cesse harcelés par l’ennemi, minés par la maladie, se replient en combattant. A cette date, le 3e bataillon ne compte plus qu’une vingtaine de combattants physiquement et moralement aptes à mener la guérilla dans la jungle. Sous les ordres du lieutenant Marguerie, ces hommes forment une section qui va harceler les Japonais.

        • Le 1er mai,le 3e bataillon arrive à Muyong-Yo ; le 2e bataillon passe en flanc garde à Ma Li Tao et le 1er quitte Ou-Neua, dernier poste français d’Indochine. Le général Alessandri et le P.C. se dirigent sur Szé Mao. Le II/5e R.E.I., livre son ultime combat à la porte de la frontière. Derniers tués. Derniers disparus. Derniers blessés dont le capitaine de Cockborne..

        • Le 2 mai, les derniers éléments du 5e R.E.I., les armes à la main, franchissent la frontière de Chine, borne 5, entrée de la province du Yunnan. Les rescapés du 5e R.E.I. et de la colonne Alessandri finissent par se regrouper à Sze Mao Ting, après avoir parcouru à pied plus de mille kilomètres en 93 jours et perdu les trois-quarts des leurs au combat dans la jungle. Les légionnaires ne sont plus que quelques centaines. Malgré leurs hardes et les fatigues de cette longue marche, ils portent haut. Les Japonais n’ont pas eu raison de leur fermeté. Après deux mois de combats presque ininterrompus, les modestes carrés des compagnies et des bataillons se serrent derrière leurs chefs.

 

Du 2 mai 1945 au 8 février 1946 : la colonne Alessandri est maintenue en Chine.

        • Le regroupement des forces françaises est entravé par des difficultés de toutes sortes, dues essentiellement aux Chinois de la 95e division qui essayent en vain de désarmer les Français. Les palabres, à la chinoise, sont longs…

        • A Sze Mao Ting, les blessés et les malades sont évacués sur Calcutta. Devant les vides, les trois bataillons sont regroupés en un seul sous les ordres du capitaine Gaucher. Tous ces hommes encore valides n’aspirent qu’à rejoindre le combat mais, pour de nombreuses raisons politiques, ils sont contraints d’attendre. Sur place, ils bénéficient de la bienveillance du général Pechkoff, ancien officier de Légion, représentant la France à Tchong King.

        • Fin mai,Les Français, par détachements de 200, font mouvement sur Taso-Pa, à 150 kilomètres au nord-ouest de Laokay, cité frontière sur la voie ferrée débouchant du Tonkin. La saison des pluies arrive. Le cantonnement manque de tout. Ici encore, il faut tenir. Peu à peu, des isolés, individuellement ou par petits groupes, rejoignent. Quelques-uns sont des miraculés.

        • Le caporal-chef Swoboda, blessé, fait prisonnier, a survécu aux six coups de pistolet donnés par ses gardiens pour l’achever. Des Laotiens l’ont recueilli, soigné, hébergé et acheminé en Chine.

        • 8 février 1946 :le bataillon de marche du 5e R.E.I. entame son mouvement sur le Tonkin.

 

Cette retraite en combattant entre dans la légende comme une Marche à la Mort.

Eu égard aux tués, aux disparus, aux prisonniers d’Hanoï, Langson, Ha-Giang, Vinh, Vietri, Cottich, Tien Kien, le 9 mars, ils ne furent que 850 légionnaires, sans compter les Indochinois, à s’intégrer à la colonne Alessandri. De ceux-là, 63 ont été tués, 109 portés disparus durant la retraite vers la Chine. Avec les blessés évacués sur Calcutta, les isolés ayant pu rejoindre, le bataillon de marche n’aligne que 655 Européens plus 328 Indochinois. Le 5e R.E.I., stationné en Indochine, s’est opposé à l’invasion japonaise et a été presque totalement anéanti. Il paie le prix fort de cette agression. Du 5e R.E.I. du 9 mars 1945, ne demeure que le tiers. La Légion, là encore, a payé le prix fort, en cette ultime phase de la Seconde Guerre Mondiale.

 

Jean BALAZUC - P.P.P.

Sources principales:

La Légion, Grandeur et Servitude,- Historama – N° spécial 1967.

La Légion Etrangère – Voyage à l’intérieur d’un corps d’élite – John Robert Young & Erwan Bergot – Editions Robert Laffont – 1984.

L’Histoire de la Légion Etrangère de 1831 à nos jours - Capitaine Pierre Montagnon – Pygmalion – 1999

La Légion Etrangère – Foreign Legion – 1939-1945 – Pierre Dufour – Editions Heimdal – 2000.

La Charte – 2001 N°7.

Le Spectacle du Monde : Legio Patria Nostra – 2012.

Site de l’A.N.A.I.

Site de l’A.N.A.P.I.

Site Mémoire des hommes du S.G.A.

Site du Mémorial de Puyloubier

Site de Wikipédia.

 

Alessandri Marcel,né le 23.07.1895 à Boulogne-sur-Mer ; saint-cyrien de la promotionLa Grande Revancheen 1914 ; sous-lieutenant le 05.12.1914 ; lieutenant le 19.03.1916 ; Croix de Guerre 1914-1918 avec 6 citations ; chevalier de la Légion d’honneur ; au 14e B.T.S. au Maroc de 1919 à 1922 ; Croix de Guerre des T.O.E. ; capitaine le 25.03.1920 ; au Tonkin avec le 21e R.I.C. en 1922, en A.O.F. avec le 3e B.T.S. en 1923 ; au 34e B.M.I.C. puis au 29e R.I.C. en 1925, ; chef de bataillon le 25.03.1930 ; au Maroc ; chef de corps du 6e R.T.S. le 03.11.1932 ; lieutenant-colonel le 17.03.1936 ; appelé au Tonkin le 12.04.1939 ; colonel le 25.03.1941 ; chef de corps du 5e R.E.I. de fin 1940 à fin 1943 ; à la tête de la 2e brigade au Tonkin ; général de brigade le 20.05.1943 ; il échappe aux Japonais le 11.06.1945 avec une colonne qu’il emmène en Chine ; commandant supérieur des troupes françaises en Chine ; rapatrié le 23.07.1946 ; le 17.08.1948, général de division, commandant les forces terrestres en Extrême-Orient puis au Tonkin. Après le désastre de la R.C.4, il est rapatrié le 10.11.1950. Il est mis hors de cause par le rapport du Maréchal Juin. Il quitte l’armée en 1955. Grand-officier de la Légion d’honneur, avec 12 citations dont six palmes sur ses trois Croix de Guerre. Décédé en 1968.

 

d’Alverny François,né le 20.05.1909 à Boën dans la Loire ; chef de bataillon, commandant le I/9e R.I.C. ; surpris chez lui le 9 mars 1945 à Hanoï, il arrive à rejoindre la colonne Alessandri à Son La le 30 mars ; il prend le commandement d’un groupement disparate, constitué progressivement d’unités échappées du Delta. Le 1er avril 1945, il est  mortellement blessé au col de Luc An Chau, près de la frontière chinoise.

 

Amiguet Philippe François Louis,né le 25.08.1897 à Genève en Suisse ; lieutenant-colonel, adjoint du commandant de la garnison de Langson au Tonkin. Fait prisonnier le 9 mars au cours du dîner offert par l’état-major japonais ; assassiné le 13.03.1945 par les Japonais à Langson.

 

Anosse,capitaine du 3e Régiment de Tirailleurs Tonkinois ; à Dong-Dang, il dirige une magnifique défense le 9 mars 1945 ; il est félicité par la général japonais avant d’être exécuté d’une balle dans la tête.

 

Auphelle,résident représentant la France à Langson ; décapité par les Japonais le 12.03.1945 dans les grottes de Ky Lua, près de Langson.

 

Belloc,commandant, chef du bataillon III/5e R.E.I. lors de l’attaque siamoise du 16.01.1941 ; lieutenant-colonel, chef de corps du 5eR.E.I. à Vietri au Tonkin en 1944-1945; fait prisonnier à son domicile par les Japonais le 9 mars 1945, un peu avant minuit, et jeté dans une ancienne fosse à chaux.

 

Chaminadas,capitaine, commandant la 9e compagnie du 3e bataillon du 5e R.E.I. ; la compagnie désignée à la garde du PC du 5e R.E.I à Vietri ne peut être prévenue du départ du 3e bataillon ; mais elle réussit à s’exfiltrer. Elle rejoint la colonne du commandant Lepage, se dirigeant vers le nord, pour gagner la Chine, au nord-ouest de Cao-Bang le 3 avril.

 

Chenel Charles,né le 30.08.1916 à Tarquimpol en Moselle ; saint-cyrien de la promotion 1937-1939 ; sous-lieutenant de la Légion Etrangère ; il quitte le 01.06.1941 Sidi-Bel-Abbès avec un détachement de légionnaires menacés vers le Tonkin ; il s’engage dans une aventure de six ans. Lieutenant, chef du poste de Tong Son La ; le 9 mars 1945, à Hanoï, véritable force de la nature, il réquisitionne pousse-pousse et vélo et rejoint son poste, à 300 kilomètres d’Hanoï ; prévenu par le lieutenant-colonel Marcelin que le régiment a décroché pour organiser la résistance, il commence son épopée. La chance va le servir à plusieurs reprises. Vers le 20 mars, chef de section courageux, il rejoint le I/5e R.E.I. et retrouve ses hommes partis avec le capitaine Gaucher. Au fil des jours, la situation évolue. Il prend le commandement d’une compagnie sur le terrain et gagne la Chine avec le gros du régiment. Il commande une section de volontaires parachutistes du 5e R.E.I. qui ne seront finalement pas brevetés. Chef de bataillon, commandant le 2e Bataillon Thaï sur la collineDominique 3à Diên-Biên-Phu, en avril 1954 ; commandant le III/5e R.E.I. à Tlemcen en 1957 ;lieutenant-colonel parachutiste, nommé commandant du 2e R.E.P. du 4 mai 1961 au 28 mai 1963 ; colonel le 01.10.1962 ; officier de la vieille Légion, légaliste. Le 2e R.E.P. s’installe à Bou-Sfer dans des conditions impossibles en septembre 1962 : le vieux soldat a sauvé le régiment, lui a gardé son âme de légionnaire. Colonel, commandant le Prytanée militaire en 1964-1966. Chef de corps du 1e Régiment Etranger en 1966-1968 ; général de brigade en septembre 1969 : commandant la 20e B.P. ; général de division le 01.05.1973 ; mis en disponibilité le 01.03.1976 ; le 30.04.1986, il remonte la Voie sacrée en portant la main du capitaine Danjou. Commandeur de la Légion d’honneur, Grand Officier de l’Ordre National du Mérite ; Croix de Guerre 1939-1945, Croix de Guerre des T.O.E., Croix de la Valeur militaire avec 9 citations. Décédé le 17.05.1996.

 

de Cockborne,brillant lieutenant au 3e R.E.I. en 1932 ; capitaine, commandant le II/5e R.E.I. en Indochine, ancien de la retraite de Chine avec le 5e R.E.I. en 1945 ; colonel parachutiste, commandant la 41e demi-brigade de parachutistes de choc, composée de deux bataillons du 1er R.C.P., rescapés d’Indochine, et du 3e B.E.P., à Philippeville, en 1954-1955.

 

Desfossés,lieutenant, chef de la section hors rang du 5e R.E.I., à Cottich au P.C. opérationnel du régiment, à quatre kilomètres de Tien Kien ; le 10.03.1945, la section hors rang est décimée et le lieutenant a le plus grand mal à se dégager avec les survivants.

 

Driesch,adjudant-chef du 5e R.E.I. ; professeur d’allemand à l’Ecole militaire d’Infanterie et d’Artillerie de Tong ; assassiné par les Japonais le 10.03.1945 à Tong.

 

Duronsoy Michel,né le 06.11.1918 à Chantilly dans l’Oise ; lieutenant au 5e R.E.I. à Fort-Brière-de-l’Isle près de Langson, au Tonkin ; avec ses automitrailleuses, il combat toute la nuit du 9 au 10 mars 1945 ; après une défense héroïque, blessé deux fois, il est exécuté le 10.03.1945 par les Japonais avec tous ses légionnaires survivants chantant avec leur officierLa Marseillaise.

 

Faussone,sergent du 5e R.E.I., chef du poste de Vinh ;avec sa poignée de légionnaires, il combat toute la nuit mais, au matin du 10.03.1945, des tirs directs d’artillerie, ont raison de leur obstination.

 

Fenautrigues Georges,né le 25.01.1911 à Heyssieu dans le Lot ; capitaine commandant le détachement motorisé du 5e R.E.I. en escale à Hanoï ; sorti en ville le 9 mars 1945, il est tué en essayant de rejoindre son détachement stationné à la citadelle investie par les Japonais.

 

Outre le Capitaine Georges Fenautrigues, douze soldats du Détachement Motorisé de Langson du 5e R.E.I. sont morts lors de la défense de la Citadelle, parmi lesquels l'adjudant Gaston Lacroix-à-Grandpierre, le sergent Karl Frank, le caporal-chef Wladislaw Olzenski, qui est tué alors qu'il combat à pied après que son automitrailleuse ait été mise hors service, le caporal Franz Herlet, les légionnaires Joseph Jonda et Maurice Robin.

 

François Claude Pierre,colonel, chef de corps du 1er Régiment de Tirailleurs Tonkinois à Tong le 9 mars 1945 ; chef du sous-groupement Centre de la colonne Alessandri en mars-avril 1945 lors de la marche vers la Chine.

 

Gaucher Jules,né le 12.09.1905 : capitaine, commandant le I/5e R.E.I., ancien de la retraite de Chine avec le 5e R.E.I. en 1945 : chef du bataillon de marche du 5e R.E.I. constitué en Chine en 1945-1946 ; lieutenant-colonel légionnaire, chef de corps de la 13e D.B.L.E. à Diên-Biên-Phu au Tonkin : mort pour la France le 13.03.1954 quand son P.C. sur Isabelle saute.

 

Guillaume,capitaine, commandant la compagnie n° 2 du II/5e R.E.I. ; dans la nuit du 26 au 27 mars 1945, la compagnie se sacrifie dans un combat retardateur face aux Japonais, avant d’éclater en petits groupes pour traverser le rideau ennemi.

 

Komaroff Léon,né le 06.03.1903 à Kerementchong en Russie ; capitaine, commandant la 6e compagnie du 5e R.E.I. ; tué au combat le 01.04.1945 à Sonla au Tonkin.

 

Laroire André Accille,né le 03.12.1893 à Cherac en Charente Maritime; chef de bataillon, adjoint du chef de corps du 5e R.E.I. ; mortellement blessé par les Japonais à coups de baïonnette dans la nuit du 9 au 10 mars 1945, lors du coup de force japonais à Vietri.

 

Lemonnier Emile René,né le 26.11.1893 à Château-Gontier en Mayenne ; général, commandant la 3e brigade de la division du Tonkin ; il refuse d’ordonner la reddition lors du coup de force japonais ; décapité par les Japonais le 12.03.1945 dans les grottes de Ky Lua, près de Langson.

 

Lenoir,capitaine puischef de bataillon, commandant le III/5e R.E.I. au Tonkin en 1945.

 

Lequeux Michel,né le 14.12.1919 à Fontainebleau en Seine-et-Marne ; sous-lieutenant au I/5e R.E.I. ; tué au combat le 21.03.1945 à Much Chau au Tonkin.

 

Marcelin Bertrand,né le 24.12.1889 à Bordeaux en Gironde ; commandant, chef du IIe Bataillon du 5e R.E.I. en 1940 ; lieutenant-colonel, chef de corps du 5e R.E.I. nommé le 10.03.1945 ; tué le 10.03.1945 à Tong au Tonkin.

 

Marguerie,lieutenant commandant la 11e compagnie du 5e R.E.I., ancien de la retraite de Chine ; fin avril 1945, il ne commande plus qu’une section de rescapés aptes à combattre les Japonais.

 

Muller Herbert,né le 25.09.1898 à Ludwigsburg en Allemagne ; vieil adjudant-chef récemment promu officier à la section hors rang du 5e R.E.I. ; tué au combat le 10.03.1945 à Cottich au Tonkin.

 

Oleksy,légionnaire du détachement motorisé du 5e R.E.I. à Langson ; après une nuit et une journée de combats, il est le seul légionnaire à réchapper de l’assassinat des rescapés par les Japonais le 10.03.1945 à Fort-Brière-de-l’Isle.

 

Pechkoff Zinovi Alekséiévitch,né Yeshua Zalman Sverdiov,le 16.10.1884 à Novgorod en Russie dans une famille juive polonaise ; E.V.D.G. dans la Légion le 31.08.1914 ; grièvement blessé en mai 1915 ; officier interprète de 2e classe (capitaine) le 13.05.1917 ; affecté au 4e R.E.I. au Maroc le 17.02.1923 ; chef de bataillon en 1924 ; commandant le III/2e R.E.I. en 1939 ; il rallie la France Libre ; colonel fin 1941, général en avril 1944, le héros de la Légion Etrangère devient un diplomate gaulliste ; général, représentant la France à Tchong King en 1945 ; élevé au rang de général de corps d’armée, il prend sa retraite en 1950 ; Grand Croix de la Légion d’honneur en 1952, décédé à Paris le 27.11.1966.

 

Prugnat,chef d’escadron, commandant le 3e Groupe du 4e Régiment d’Artillerie Coloniale à Tong le 9 mars 1945 ; chef du sous-groupement Nord de la colonne Alessandri en mars-avril 1945 lors de la marche vers la Chine.

 

Rest,sergent-chef de la compagnie d’appui du II/5e R.E.I., chargée du combat retardateur de Son-La dans la nuit du 26 au 27 mars 1945 ; avec trois de ses légionnaires, il arrive à passer le rideau ennemi mais il n’arrive en pays thaï qu’avec un seul ; aidés par les villageois, les deux hommes entent en Chine, au nord-ouest de Laokay, l’arme à la main, le 1er avril.

 

Robert Jean-Baptiste Paul,né le 11.10.1895 à Saint-Jean de Losne dans la Côtes d’Armor ; colonel, commandant la garnison de Langson au Tonkin ; décapité par les Japonais le 12.03.1945 dans les grottes de Ky Lua, près de Langson.

 

Roman,adjudant du détachement motorisé du 5e R.E.I. ; à la mort de son capitaine Georges Fenautrigues, il commande le détachement d’automitrailleuses dans la citadelle d’Hanoï, investie par les Japonais lors des combats dans la nuit du 9 au 10 mars et ses légionnaires combattent jusqu’à l’extrême milite de leurs forces. Aucun sévice et aucune représaille n’a été exercée contre ces combattants ; très grièvement blessé, il survivra par miracle.

 

L'adjudant Roman signalera dans son rapport les plus braves parmi ses hommes : trois sergents Walter, Kohlz et Klug, trois caporaux Welter, Molitor, Le Van Quang et les cinq légionnaires Forster, Beringer, Tarabura, Ybanez et Alder.

 

Sabattier Camille Ange Gabriel,né le 02.08.1892 à Paris ; saint-cyrien de la promotion 1913-1915 ; chef de corps du 21e Régiment colonial en 1939-1940 ; gouverneur militaire à Hanoï en 1942 ; puis commandant la Cochinchine ; commandant la division du Tonkin en 1944 ; général de division le 02.02.1945 ; représentant de la France Libre en Indochine lors des combats de 1945. Grand Officier de la Légion d’Honneur. Mort en 1966.

 

Sury,adjudant-chef, chef de la section de discipline du 5e R.E.I. à Ha-Giang ; avec ses légionnaires, il se bat toute la nuit du 9 au 10 mars 1945 ; le 10, fidèles à leur barbarie, les Japonais massacrent tous leurs prisonniers.

 

Swoboda, caporal-chef du 5e R.E.I., blessé en mars 1945 au Tonkin, fait prisonnier ; il survit aux six coups de pistolet donnés par ses gardiens pour l’achever. Des Laotiens le recueillent ; soigné, hébergé ; en mai 1945, il est acheminé en Chine.

 

Trois tirailleurs Indochinois du 5e R.E.I., le tirailleur Le Van Qui, le tirailleur Luu Van Tat et le sergent Pham Van Vinh (tué le 22 avril 1945) ont été cités à l'ordre de l'Armée., en 1946. Le chef de bataillon Laforgue du 5e R.E.I. écrit des tirailleurs du régiment : « Ils ont été très fidèles ». Le capitaine Chaminadas de la même unité déclare : « Aucune différence entre les légionnaires et les tirailleurs tonkinois, ces derniers étant parfaitement amalgamés. Ils se considèrent comme des légionnaires à part entière et sont traités comme tels. Ce sont d'excellents combattants au même titre que les soldats étrangers ». 

 

Tsakiropulos,caporal-chef du 5e R.E.I. ; décapité le 12.03.1945 dans les grottes de Ky lua, en même temps que le général Lemonnier.

 

Van Weyenbergh Robert Joseph,né le 13.08.1905 à Saint-Gilles en Belgique ; polytechnicien ; artilleur ; capitaine du 5e R.E.I. ; professeur de mathématiques à l’Ecole militaire d’Infanterie et d’Artillerie de Tong ; assassiné par les Japonais le 10.03.1945 à Tong.

 

 

9h 30

Début de la Cérémonie au cimetière de Puyloubier

Bénédiction des tombes par le père  LALLEMAND

Dépôt de Gerbe par les autorités 

10h15

Ouverture de la Séance  Par le Vice-Président

Démission du président en place A/C Filippini 

Effectif :

Inscrits 321,

Résumé  de nos manifestations ludiques et patriotiques durant l’année 2014.

En particulier notre participation au côté de l’institution  au Corso de Pertuis où un char avait était  construit par AVELINE   (et son équipe) Fille de l’A/C BONNACARDO  ancien régisseur à l’institution

A noter : une innovation dans le cadre du souvenir et mémoire, le Colonel NOIROT  immortalise les récits du vécu de nos Doyens.

Déjà publiés : « Ma vie au service de la France » de l’A/C MONARCHA, « vie de Légionnaire » de l’A/C CARROSIA, en ce moment  c’est le Cdt  PIERRET  qui passe à l’interrogatoire.  A qui le tour ???     Remerciements par le Vice-Président.

Intervention de L’A/C ANGOT : Bilan de notre Caveau (quelques soucis dus aux intempéries, plusieurs plaques tombales sont tombées  à cause du gel.

Le Colonel CLERC nous a fourni quelques renseignements sur notre pèlerinage à Lourdes : 180 € tout inclus repas A/R au 4em étranger.  Il nous reste  10 places à pourvoir.

Le père LALLEMAND nous a décrit sommairement le déroulement des différentes étapes du pèlerinage.

11h15

Clôture de la Séance par le Président.

Tout le monde se retrouve au foyer des anciens pour déguster un boudin vin blanc préparé par le Major VENDRELL

11h30

Accueil du Général GAUSSERES directeur de la FSALE, qui par le biais des retards dans les transports n’a pas pu assister à l’AG.

Allocution du Général.

Il insiste sur  la position  de La Fédération auprès des libérables (retraités et fin de contrat). La FSALE a pris à sa charge le site « atout Légion » ou les futurs partants peuvent déposer leur CV  6 mois avant leur date de radiation des contrôles.

Position du  COMLE.

Remise de la médaille de la Fédération  N° 100 au président sortant avec un éloge pour sa carrière à la Légion étrangère et ses actions au sein de l’amicale durant dix ans.

Remise de la médaille N° 89 au C/C (er) Michel JOINEAU, qui avec ses enfants a beaucoup

14h30

C’est dans le bâtiment  de l’amicale « A/C TISSELANK » que cette  journée d’amitié s’est terminée. Le nouveau local « cher au colonel CLERC » fut inauguré.

Café+ pou-pousse

Exposé du Général  sur la vie de l’ensemble des amicales. Beaucoup se sont exprimés :  nos relations avec  les pensionnaires,  les cadres de L’IILE et son directeur, la tenue des amicales.

16h00

Départ du Général avec le major (Gare TGV)

Rompez les rangs

A lan ké ven

 

 

 

 

UNE PAGE D’HISTOIRE DU 5 REI

 

  1. PREAMBULE -

Après la défaite de la France en 1940, lIndochine est gouvernée par l’amiral DECOUX, désigné par le Gouvernement deVichy. Trop isolé, il ne peut s’opposer à la mainmise progressive de ce Territoire par les Japonais. L’invasion de l’Indochine en 1940 a permis à l’Empire du Japon de stationner ses troupes à sa guise au Tonkin, tout en reconnaissant l’intégrité territoriale de la Colonie française.

Les japonais n’ont que de faibles garnisons dans la péninsule indochinoise ; Ils se sont organisés, avec les représentants locaux du Gouvernement de Vichy, pour tirer les ficelles du Pouvoir, en maintenant un semblant d’autorité française.

Des mouvements de résistance naissent dès 1941, en particulier des réseaux de renseignements au profit des Alliés du Sud-Est asiatique. Des comités de résistance se constituent et des actions directes sont réalisées contre les installations de l’occupant japonais.

Dès la fin de 1943, le Comité Français de la Libération Nationale envisage la formation d’un corps expéditionnaire destiné à participer aux combats contre le Japon, condition du rétablissement de la souveraineté de la France en Indochine. Des réseaux de résistance français se mettent en place en Indochine et renseignent les Alliés.

Au début de 1944, le général MORDANTest le chef d’une Armée française qui n’a pas été renforcée en hommes, en armes et en matériels depuis la défaite de 1940 .Elle ne compte au mieux que 12000 hommes, d’origine européenne et 62 000 soldats autochtones dont l’aptitude au combat et la loyauté sont incertaines.

En face, alors que les effectifs japonais dépassent à peine 6 000 hommes en 1944, ils s’accrurent dès le début de 1945, 24 000 au Nord, 8 000 au Centre et 13 000 au Sud, constituant la 38éme Armée de campagne.

L’Administration de l’amiral DECOUX est toujours en place en 1945, bien que le régime dumaréchal PETAIN ait, dans les faits, cessé d’exister en France. Les données changent, en février 1945, quand la victoire acquise, il est question de recouvrer la pleine et entière souveraineté sur les territoires coloniaux encore aux mains de l’occupant .Au premiers jours de la fête du TET, le 15 février 1945, le général DE GAULLE déclare : « La France fera du développement politique, économique, social et culturel de l’Union Indochinoise, l’un des buts principaux de son activité dans sa puissance renaissante et de sa grandeur retrouvée. »

Au début de mars 1945, les troupes japonaises sont déployées autour des garnisons françaises. Le 9 mars 1945, au soir, l’amiral DECOUX, gouverneur général de l’Indochine, reçoit l’ambassadeur japonais MATSUMOTOpour une réunion de routine .A 19 heures, l’ambassadeur japonais présente un ultimatum, exigeant que les troupes françaises passent immédiatement sous commandement japonais .L’amiral DECOUX essaie de gagner du temps, mais les premiers coups de feu éclatent dans Saigon. L’opération MEI est déclenchée. Les Japonais attaquent toutes les garnisons françaises en Indochine .Des milliers de Français sont passés par les armes, souvent décapités, qu’ils soient soldats, officiers ou civils. Qu’ils soient hommes, femmes ou enfants .Des récits horribles racontent ces journées terribles.

2) JOURNEE DU 9 MARS -

-Vendredi 9 mars,Hanoï, 11 heures :

Le Résident Supérieur au Tonkin pénètre chez le général MORDANT. Celui-ci, ancien commandant supérieur des troupes françaises en Indochine, est, depuis le mois de juillet 1944, le représentant du général DE GAULLE en Indochine .Le Résident Supérieur est persuadé, grâce à ses réseaux de renseignements, qu’il n’y a plus que quelques heures avant une offensive surprise des Japonais.

-Vendredi 9 mars,Ha Giang, 18 heures - Bureau de la subdivision :

Les officiers de la garnison, rassemblés à la hâte, prennent connaissance du télégramme en provenance du Résident Supérieur au Tonkin qui signale les agissements des Japonais et des nationalistes annamites qui représentent une menace sérieuse. Les troupes sont consignées dans les quartiers. Une atmosphère irréelle, alors que les officiers de la garnison reçoivent leurs homologues japonais pour un apéritif. Ordre est donné à l’adjudant/chef SURY : « La Légion fournira un groupe de combat pour rendre les honneurs aux officiers nippons ». C’est le groupe BUTKUS qui est désigné.

L’A/C passe l’inspection du piquet d’honneur, avec une précision toute légionnaire, et les 10 légionnaires qui vont rendre les honneurs quittent le quartier au pas lent, majestueux.

-Vendredi 9 mars,Hanoï, à la Citadelle, 18 heures 30 –

Les autorités françaises se rendent à l’invitation au dîner des japonais.

Les Japonais auraient donné des signes de bonne volonté. L’Etat-Major lève la consigne. Seul le détachement motorisé de la Légion reste au quartier, car il doit quitter Hanoï à 21 heures 50, pour rejoindre Tuyen Quang.

-Vendredi 9 mars,Hanoï, la citadelle, 20 heures-

Vers la fin du repas, les autorités françaises sont arrêtées et emmenées à Kylus.

L’adjudant ROMAN fait les cent pas dans la cour de la citadelle et s’arrête près de l’automitrailleuse de l’adjudant DEMONT, une Panhard-Levassor qui est la fierté du détachement motorisé de la Légion. Les légionnaires patientent avant leur départ dans deux heures. A 20 heures 10, des détonations retentissent, l’alerte est donnée .Les légionnaires sont vite prêts, bondissent vers leurs engins, les armes à la main. Seul manque le capitaine FENAUTRIGUES, qui n’est pas encore revenu de son dîner en ville .Il est tué en tentant de regagner son casernement. Mais la confusion règne à l’Etat-Major qui ne donne pas d’ordres cohérents en l’absence des autorités et des officiers.





-Vendredi 9 mars,Lang Son, 21 heures-

Un déluge de projectiles s’abat sur la citadelle, puis les japonais donnent l’assaut contre l’ensemble des ouvrages défensifs. Les légionnaires du lieutenant DURONSOY font feu de toutes leurs armes. Ils tiennent leurs positions, mais d’autres points de l’enceinte cèdent sous la pression de l’ennemi.

-Vendredi 9 mars,Ha Giang, 21 heures 10

Les légionnaires, encerclés de toutes parts, se sont retranchés à l’étage du casernement. Ils sont harcelés par les tirs des mitrailleuses ennemies. Le piège est refermé. L’A/C SURY envoie le légionnaire LOPEZ en reconnaissance, il est aussitôt abattu. « Economisez les munitions, répète SURY, qui fait le tour de ses hommes. Nous devons tenir toute la nuit. »

-Vendredi 9 mars,Tong, 21 heures 15 –

Au quartier de la Légion, tout est calme. Puis le S/C Georg REST entend le général ALESSANDRI, ancien commandant du 5 REI, hurler : « Va me chercher un clairon. Qu’il sonne l’alerte. » Le général vient d’être averti de la traitrise des japonais. Aussitôt les hommes se rassemblent, perçoivent armes et munitions. Le S/C REST commande une section de la Compagnie d’appui n° 2, qui comporte deux mitrailleuses et deux mortiers, commandée par le capitaine GUILLAUME.Le 2éme bataillon, aux ordres du capitaine DE COCKBORNE est prêt.

-Vendredi 9 mars,Hanoï, 21 heures 30 –

La nuit est tombée sur la citadelle. Les légionnaires du détachement motorisé entendent des explosions, des coups de feu, des rafales de toutes parts. Une seule certitude apparait : les japonais occupent les quartiers qui entourent la citadelle. La confusion continue de régner à l’Etat-Major. La traitrise des japonais a surpris tout le monde. L’adjudant ROMAN fait avancer l’automitrailleuse du sergent KOHZ et la fait placer face à la porte.

-Vendredi 9 mars,Tien Kien, 21 heures 30 –

Le caporal STOKMAN est le radio du bataillon LENOIR, dont les compagnies sont installées aux environs de la base de Tien Kien, petite agglomération située sur la RC 2, à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest de Viétri. Il reçoit un message en morse qu’il transmet aussitôt au capitaine LENOIR, en compagnie de ses officiers, le capitaine DEMIAUTTE ; le sous-lieutenant RODINSKI et le sous-lieutenant NGUYEN VAN MAI .L’alerte est aussitôt transmise. Les légionnaires aménagent leurs emplacements de combat. Dans le lointain, on entend le bruit de la canonnade.

-Vendredi 9 mars,Tong, 22 heures 45

Les 1er (capitaine GAUCHER) et 2éme bataillons (capitaine DE COCKBORNE) du 5éme REI quittent le quartier Mehl. Le S/C REST et ses légionnaires marchent en bon ordre dans la nuit fraîche.

-Vendredi 9 mars,Ha Giang, 23 heures –

Dans le bâtiment, les hommes de SURY tiennent toujours, avec ses trois sous-officiers, FOREST à la galerie sud, GLOGEAU à l’ouest et MUKOLOWICZ à l’est. Tout autour du bâtiment, les japonais ont installé des armes automatiques qui arrosent les légionnaires. L’adjudant JOST les a rejoint .JUKAS et SCHEPPERLE, deux légionnaires de choc, dressent des barricades. L’A/C SURYsera tué.

-Vendredi 9 mars,Hanoï, 23 heures-

L’adjudant ROMAN, les caporaux KORNMANN et RIVERA, qui se tenaient près de la porte de la citadelle sont atteints par des éclats de grenades. L’encerclement est total. L’assaut commence. Le sergent KLUG colmate une brèche avec son automitrailleuse ; celle du sergent KOHZ se bat à la porte principale, et celle du caporal/chef OLSZENSKY apporte son concours au capitaine OMESSA de la « coloniale ». Au milieu de la nuit, les attaques nippones s’intensifient. A 02 heures 30, les légionnaires RICHARD et AROKIASSAMY sont blessés. Vers 3 heures 45, l’automitrailleuse de KOHZ est atteinte. Le légionnaire JANATA a une jambe arrachée. Le tireur, KLANAEC, est blessé, mais il ne lâche pas son arme. Les munitions s’épuisent.

Les combats dureront toute la nuit à 1 contre 10. Au matin, après 20 heures de combat, 40% des troupes françaises sont hors de combat, dont au moins 90 morts. Les japonais ont subi de lourdes pertes, estimées à près de 1000 morts.

-Samedi 10 mars,Hanoï, 07 heures 00-

Le dépôt de munitions explose, touché par les tirs ennemis.

Une contre-attaque est organisée par les survivants. Un certain nombre parviendront à s’échapper. L’adjudant LACROIX-GRANDPIERRE est tué, l’adjudant ROMAN est grièvement blessé à l’abdomen. Le caporal GIORSETTIparvient à le mettre à l’abri. L’adjudant ROMANperdra la vie ensuite.

Les légionnaires en prison sont libérés pour participer à la défense de la citadelle. Le légionnaire BILLOT louis est blessé.

-Samedi 10 mars,Hanoï, 14 heures-

2 autres légionnaires sortis de prison sont tués : HENNE Adolf et LAMM Erwin – Les combats sont de plus en plus âpres. Le légionnaire LOEB Hans est blessé à son tour.

-Samedi 10 mars,Hanoï, 15 heures 30

Le généralMASSINI fait sonner le cessez-le-feu .A 16 heures, les japonais sont maitres de la citadelle.



  1. EPILOGUE-

A Lang Son, le général LEMONNIER, qui avait refusé de se rendre a été décapité.

A Viétri, le L/Col. BELLOC, du 5éme REI, a été décapité.

Le général SABATTIER, méfiant, avait transféré son poste de commandement hors d’Hanoï,avant le coup de force des japonais, tout en mettant en garde son adjoint le général ALESSANDRI.

Les japonais, furieux d’avoir perdu autant d’hommes, se sont acharnés sur les français, hommes, femmes ou enfants, qui ont subi les pires atrocités.3000 français seront massacrés, et 600 prisonniers seront exécutés, à coups de pioches, de baïonnettes et les officiers, décapités à coups de sabres. Les autres prisonniers seront incarcérés dans des camps insalubres, et subirent des sévices épouvantables.

Les généraux SABATTIER et ALESSANDRI, tentèrent de regrouper le long de la route de Son La, les rescapés des garnisons françaises (Hué, Lang Son, Ha Coi, Na Cham, Thakkek, Ha Giang etc…).

Sera ainsi formée la « colonne ALESSANDRI », composée de 5700 hommes, et de 3200 autochtones. Ils parcoururent 1500 kilomètres à travers la jungle, harcelés par les troupes japonaises. Au bout de 2 mois de calvaire, ils réussirent à atteindre la frontière chinoise .Le capitaine DE COCKBORNE, du 5éme REI, fut tué au combat le 01-05-1945, à Mali Tao.

Les 9 et 10 mars 1945, le 5éme REI perdit 202 hommes de tous grades (chiffre non exhaustif), parmi les détachements de Ha Giang, Hanoï, Co Tich, Son La, Tong et Lang Son.

--------------------------------------------

Extraits de l’allocution de Mr. MEKACHERA, ministre délégué aux anciens combattants, le 9 mars 2005, devant la plaque « citadelles et maquis d’Indochine », située aux jardins des Tuileries, à Paris :

« Voici 60 ans, jour pour jour, le 9 mars 1945, se commettaient en Indochine des crimes sans noms. L’attaque surprise des forces de l’Empire japonais contre les forces françaises, ce «  coup de force » dont nous nous souvenons aujourd’hui, fut en effet d’une brutalité inoubliable et d’une cruauté indescriptible. »



Sources : « Les maréchaux de la Légion » de Pierre SERGENT-

- Wikipédia –

-Archives de la FSALE-



Major (er) MIDY – FSALE –

En charge de la Mémoire -



UNE PAGE D’HISTOIRE DU 5 REI

 

  1. PREAMBULE -

Après la défaite de la France en 1940, lIndochine est gouvernée par l’amiral DECOUX, désigné par le Gouvernement deVichy. Trop isolé, il ne peut s’opposer à la mainmise progressive de ce Territoire par les Japonais. L’invasion de l’Indochine en 1940 a permis à l’Empire du Japon de stationner ses troupes à sa guise au Tonkin, tout en reconnaissant l’intégrité territoriale de la Colonie française.

Les japonais n’ont que de faibles garnisons dans la péninsule indochinoise ; Ils se sont organisés, avec les représentants locaux du Gouvernement de Vichy, pour tirer les ficelles du Pouvoir, en maintenant un semblant d’autorité française.

Des mouvements de résistance naissent dès 1941, en particulier des réseaux de renseignements au profit des Alliés du Sud-Est asiatique. Des comités de résistance se constituent et des actions directes sont réalisées contre les installations de l’occupant japonais.

Dès la fin de 1943, le Comité Français de la Libération Nationale envisage la formation d’un corps expéditionnaire destiné à participer aux combats contre le Japon, condition du rétablissement de la souveraineté de la France en Indochine. Des réseaux de résistance français se mettent en place en Indochine et renseignent les Alliés.

Au début de 1944, le général MORDANTest le chef d’une Armée française qui n’a pas été renforcée en hommes, en armes et en matériels depuis la défaite de 1940 .Elle ne compte au mieux que 12000 hommes, d’origine européenne et 62 000 soldats autochtones dont l’aptitude au combat et la loyauté sont incertaines.

En face, alors que les effectifs japonais dépassent à peine 6 000 hommes en 1944, ils s’accrurent dès le début de 1945, 24 000 au Nord, 8 000 au Centre et 13 000 au Sud, constituant la 38éme Armée de campagne.

L’Administration de l’amiral DECOUX est toujours en place en 1945, bien que le régime dumaréchal PETAIN ait, dans les faits, cessé d’exister en France. Les données changent, en février 1945, quand la victoire acquise, il est question de recouvrer la pleine et entière souveraineté sur les territoires coloniaux encore aux mains de l’occupant .Au premiers jours de la fête du TET, le 15 février 1945, le général DE GAULLE déclare : « La France fera du développement politique, économique, social et culturel de l’Union Indochinoise, l’un des buts principaux de son activité dans sa puissance renaissante et de sa grandeur retrouvée. »

Au début de mars 1945, les troupes japonaises sont déployées autour des garnisons françaises. Le 9 mars 1945, au soir, l’amiral DECOUX, gouverneur général de l’Indochine, reçoit l’ambassadeur japonais MATSUMOTOpour une réunion de routine .A 19 heures, l’ambassadeur japonais présente un ultimatum, exigeant que les troupes françaises passent immédiatement sous commandement japonais .L’amiral DECOUX essaie de gagner du temps, mais les premiers coups de feu éclatent dans Saigon. L’opération MEI est déclenchée. Les Japonais attaquent toutes les garnisons françaises en Indochine .Des milliers de Français sont passés par les armes, souvent décapités, qu’ils soient soldats, officiers ou civils. Qu’ils soient hommes, femmes ou enfants .Des récits horribles racontent ces journées terribles.

2) JOURNEE DU 9 MARS -

-Vendredi 9 mars,Hanoï, 11 heures :

Le Résident Supérieur au Tonkin pénètre chez le général MORDANT. Celui-ci, ancien commandant supérieur des troupes françaises en Indochine, est, depuis le mois de juillet 1944, le représentant du général DE GAULLE en Indochine .Le Résident Supérieur est persuadé, grâce à ses réseaux de renseignements, qu’il n’y a plus que quelques heures avant une offensive surprise des Japonais.

-Vendredi 9 mars,Ha Giang, 18 heures - Bureau de la subdivision :

Les officiers de la garnison, rassemblés à la hâte, prennent connaissance du télégramme en provenance du Résident Supérieur au Tonkin qui signale les agissements des Japonais et des nationalistes annamites qui représentent une menace sérieuse. Les troupes sont consignées dans les quartiers. Une atmosphère irréelle, alors que les officiers de la garnison reçoivent leurs homologues japonais pour un apéritif. Ordre est donné à l’adjudant/chef SURY : « La Légion fournira un groupe de combat pour rendre les honneurs aux officiers nippons ». C’est le groupe BUTKUS qui est désigné.

L’A/C passe l’inspection du piquet d’honneur, avec une précision toute légionnaire, et les 10 légionnaires qui vont rendre les honneurs quittent le quartier au pas lent, majestueux.

-Vendredi 9 mars,Hanoï, à la Citadelle, 18 heures 30 –

Les autorités françaises se rendent à l’invitation au dîner des japonais.

Les Japonais auraient donné des signes de bonne volonté. L’Etat-Major lève la consigne. Seul le détachement motorisé de la Légion reste au quartier, car il doit quitter Hanoï à 21 heures 50, pour rejoindre Tuyen Quang.

-Vendredi 9 mars,Hanoï, la citadelle, 20 heures-

Vers la fin du repas, les autorités françaises sont arrêtées et emmenées à Kylus.

L’adjudant ROMAN fait les cent pas dans la cour de la citadelle et s’arrête près de l’automitrailleuse de l’adjudant DEMONT, une Panhard-Levassor qui est la fierté du détachement motorisé de la Légion. Les légionnaires patientent avant leur départ dans deux heures. A 20 heures 10, des détonations retentissent, l’alerte est donnée .Les légionnaires sont vite prêts, bondissent vers leurs engins, les armes à la main. Seul manque le capitaine FENAUTRIGUES, qui n’est pas encore revenu de son dîner en ville .Il est tué en tentant de regagner son casernement. Mais la confusion règne à l’Etat-Major qui ne donne pas d’ordres cohérents en l’absence des autorités et des officiers.





-Vendredi 9 mars,Lang Son, 21 heures-

Un déluge de projectiles s’abat sur la citadelle, puis les japonais donnent l’assaut contre l’ensemble des ouvrages défensifs. Les légionnaires du lieutenant DURONSOY font feu de toutes leurs armes. Ils tiennent leurs positions, mais d’autres points de l’enceinte cèdent sous la pression de l’ennemi.

-Vendredi 9 mars,Ha Giang, 21 heures 10

Les légionnaires, encerclés de toutes parts, se sont retranchés à l’étage du casernement. Ils sont harcelés par les tirs des mitrailleuses ennemies. Le piège est refermé. L’A/C SURY envoie le légionnaire LOPEZ en reconnaissance, il est aussitôt abattu. « Economisez les munitions, répète SURY, qui fait le tour de ses hommes. Nous devons tenir toute la nuit. »

-Vendredi 9 mars,Tong, 21 heures 15 –

Au quartier de la Légion, tout est calme. Puis le S/C Georg REST entend le général ALESSANDRI, ancien commandant du 5 REI, hurler : « Va me chercher un clairon. Qu’il sonne l’alerte. » Le général vient d’être averti de la traitrise des japonais. Aussitôt les hommes se rassemblent, perçoivent armes et munitions. Le S/C REST commande une section de la Compagnie d’appui n° 2, qui comporte deux mitrailleuses et deux mortiers, commandée par le capitaine GUILLAUME.Le 2éme bataillon, aux ordres du capitaine DE COCKBORNE est prêt.

-Vendredi 9 mars,Hanoï, 21 heures 30 –

La nuit est tombée sur la citadelle. Les légionnaires du détachement motorisé entendent des explosions, des coups de feu, des rafales de toutes parts. Une seule certitude apparait : les japonais occupent les quartiers qui entourent la citadelle. La confusion continue de régner à l’Etat-Major. La traitrise des japonais a surpris tout le monde. L’adjudant ROMAN fait avancer l’automitrailleuse du sergent KOHZ et la fait placer face à la porte.

-Vendredi 9 mars,Tien Kien, 21 heures 30 –

Le caporal STOKMAN est le radio du bataillon LENOIR, dont les compagnies sont installées aux environs de la base de Tien Kien, petite agglomération située sur la RC 2, à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest de Viétri. Il reçoit un message en morse qu’il transmet aussitôt au capitaine LENOIR, en compagnie de ses officiers, le capitaine DEMIAUTTE ; le sous-lieutenant RODINSKI et le sous-lieutenant NGUYEN VAN MAI .L’alerte est aussitôt transmise. Les légionnaires aménagent leurs emplacements de combat. Dans le lointain, on entend le bruit de la canonnade.

-Vendredi 9 mars,Tong, 22 heures 45

Les 1er (capitaine GAUCHER) et 2éme bataillons (capitaine DE COCKBORNE) du 5éme REI quittent le quartier Mehl. Le S/C REST et ses légionnaires marchent en bon ordre dans la nuit fraîche.

-Vendredi 9 mars,Ha Giang, 23 heures –

Dans le bâtiment, les hommes de SURY tiennent toujours, avec ses trois sous-officiers, FOREST à la galerie sud, GLOGEAU à l’ouest et MUKOLOWICZ à l’est. Tout autour du bâtiment, les japonais ont installé des armes automatiques qui arrosent les légionnaires. L’adjudant JOST les a rejoint .JUKAS et SCHEPPERLE, deux légionnaires de choc, dressent des barricades. L’A/C SURYsera tué.

-Vendredi 9 mars,Hanoï, 23 heures-

L’adjudant ROMAN, les caporaux KORNMANN et RIVERA, qui se tenaient près de la porte de la citadelle sont atteints par des éclats de grenades. L’encerclement est total. L’assaut commence. Le sergent KLUG colmate une brèche avec son automitrailleuse ; celle du sergent KOHZ se bat à la porte principale, et celle du caporal/chef OLSZENSKY apporte son concours au capitaine OMESSA de la « coloniale ». Au milieu de la nuit, les attaques nippones s’intensifient. A 02 heures 30, les légionnaires RICHARD et AROKIASSAMY sont blessés. Vers 3 heures 45, l’automitrailleuse de KOHZ est atteinte. Le légionnaire JANATA a une jambe arrachée. Le tireur, KLANAEC, est blessé, mais il ne lâche pas son arme. Les munitions s’épuisent.

Les combats dureront toute la nuit à 1 contre 10. Au matin, après 20 heures de combat, 40% des troupes françaises sont hors de combat, dont au moins 90 morts. Les japonais ont subi de lourdes pertes, estimées à près de 1000 morts.

-Samedi 10 mars,Hanoï, 07 heures 00-

Le dépôt de munitions explose, touché par les tirs ennemis.

Une contre-attaque est organisée par les survivants. Un certain nombre parviendront à s’échapper. L’adjudant LACROIX-GRANDPIERRE est tué, l’adjudant ROMAN est grièvement blessé à l’abdomen. Le caporal GIORSETTIparvient à le mettre à l’abri. L’adjudant ROMANperdra la vie ensuite.

Les légionnaires en prison sont libérés pour participer à la défense de la citadelle. Le légionnaire BILLOT louis est blessé.

-Samedi 10 mars,Hanoï, 14 heures-

2 autres légionnaires sortis de prison sont tués : HENNE Adolf et LAMM Erwin – Les combats sont de plus en plus âpres. Le légionnaire LOEB Hans est blessé à son tour.

-Samedi 10 mars,Hanoï, 15 heures 30

Le généralMASSINI fait sonner le cessez-le-feu .A 16 heures, les japonais sont maitres de la citadelle.



  1. EPILOGUE-

A Lang Son, le général LEMONNIER, qui avait refusé de se rendre a été décapité.

A Viétri, le L/Col. BELLOC, du 5éme REI, a été décapité.

Le général SABATTIER, méfiant, avait transféré son poste de commandement hors d’Hanoï,avant le coup de force des japonais, tout en mettant en garde son adjoint le général ALESSANDRI.

Les japonais, furieux d’avoir perdu autant d’hommes, se sont acharnés sur les français, hommes, femmes ou enfants, qui ont subi les pires atrocités.3000 français seront massacrés, et 600 prisonniers seront exécutés, à coups de pioches, de baïonnettes et les officiers, décapités à coups de sabres. Les autres prisonniers seront incarcérés dans des camps insalubres, et subirent des sévices épouvantables.

Les généraux SABATTIER et ALESSANDRI, tentèrent de regrouper le long de la route de Son La, les rescapés des garnisons françaises (Hué, Lang Son, Ha Coi, Na Cham, Thakkek, Ha Giang etc…).

Sera ainsi formée la « colonne ALESSANDRI », composée de 5700 hommes, et de 3200 autochtones. Ils parcoururent 1500 kilomètres à travers la jungle, harcelés par les troupes japonaises. Au bout de 2 mois de calvaire, ils réussirent à atteindre la frontière chinoise .Le capitaine DE COCKBORNE, du 5éme REI, fut tué au combat le 01-05-1945, à Mali Tao.

Les 9 et 10 mars 1945, le 5éme REI perdit 202 hommes de tous grades (chiffre non exhaustif), parmi les détachements de Ha Giang, Hanoï, Co Tich, Son La, Tong et Lang Son.

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Extraits de l’allocution de Mr. MEKACHERA, ministre délégué aux anciens combattants, le 9 mars 2005, devant la plaque « citadelles et maquis d’Indochine », située aux jardins des Tuileries, à Paris :

« Voici 60 ans, jour pour jour, le 9 mars 1945, se commettaient en Indochine des crimes sans noms. L’attaque surprise des forces de l’Empire japonais contre les forces françaises, ce «  coup de force » dont nous nous souvenons aujourd’hui, fut en effet d’une brutalité inoubliable et d’une cruauté indescriptible. »



Sources : « Les maréchaux de la Légion » de Pierre SERGENT-

- Wikipédia –

-Archives de la FSALE-



Major (er) MIDY – FSALE –

En charge de la Mémoire -



 

 

Le 23 juin1977, je prends le commandement de la 3° compagnie de la 13° Demi-Brigade de Légion étrangère à Ali- Sabieh. Le tableau d'effectifs comporte une animalerie impressionnante: des cochons, des ânes, deux guépards et un lion.

 

Les cochons sont destinés à améliorer l'ordinaire des légionnaires.

 

Les guépards, en liberté dans le camp, sont accusés de tous les maux par la population locale. Le 1er juillet, je les fais mettre en cage.

 

Les ânes, initialement prévus pour nourrir le lion, ont la vie sauve sur la demande insistante de l’épouse d’un cadre. Le 3 octobre, l'ânesse met bas un ânon nommé PARTAGAS, en l’honneur de son père spirituel, un officier du BOI, particulièrement apprécié à la Compagnie.

 

Chifta, bandit de grand chemin en langue somalienne, est un magnifique lion. Il habite une cage en face du bureau du commandant de compagnie sur une petite colline. Le lendemain de la passation de commandement, le caporal-chef, gardien du fauve, ayant abusé des festivités nocturnes, ne trouve rien de mieux que de dormir dans la cage du lion. Je suis alerté par les hurlements de l'intéressé lorsque le lion se couche sur lui. Mon adjoint, le capitaine Millet, surveille la scène, prêt à abattre l'animal de son pistolet. Finalement, le lion se lasse et le caporal-chef finit sa sieste en prison.

 

 

En septembre 1977, le colonel Coullon, chef de corps, m'annonce la triste nouvelle: le camp d'Ali-Sabieh sera remis à l'armée djiboutienne. Je dois laisser un quartier immaculé, créer une nouvelle installation dans l'enceinte du quartier de Gabode, quartier général régimentaire, évacuer mes hommes et leurs familles, ainsi que la totalité du matériel, mais pas les animaux.

 

Mon ami, le capitaine Derousseaux de Medrano, patron de l'Escadron de Reconnaissance d'Ouhea, me propose gentiment de prendre en charge nos animaux.

 

Les cochons et des ânes ne posent aucun problème.

 

Le transport des guépards se solde par la mort accidentelle de l’un des fauves.

 

En revanche, Chifta nous fait des soucis. Ayant installé une cage de transport à côté de celle du lion, avec une chèvre vivante à l'intérieur, nous espérons que le lion s’y installera pour avaler cette proie. Un sergent, armé d'un fusil, se tient sur la cage de transport pour la fermer au moment propice. Pendant plusieurs jours, les bêlements de la chèvre n'incommodent nullement notre lion. L'adjudant-chef Reul, mon adjudant de compagnie, propose de pousser le lion avec la lance à incendie. Chifta prend stoïquement sa douche et ne bronche pas.

 

Nous faisons alors appel au vétérinaire de Djibouti pour endormir le fauve. C'est l'adjudant-chef Mundhenke, infirmier-major de Gabode, qui apporte le pistolet du vétérinaire et les produits anesthésiants. Bien sûr, le pistolet ne marche pas. Courageusement, Mundhenke rentre dans la cage et injecte le produit avec une seringue. Chifta ne bronche toujours pas. Après trois injections, il s'écroule, Mundhenke, pensant avoir dépassé la dose, fait des massages cardiaques au lion.

 

Enfin, Chifta est dans la cage de transport, la chèvre a la vie sauve et l'ER charge le lion sur un camion. Ouf!!!! Le camion dévale la petite colline, les freins lâchent, le camion se renverse, la cage de transport s'ouvre et le lion se trouve en liberté. Heureusement, il est trop commotionné pour opposer la moindre résistance. Ainsi, le lion d'Ali Sabieh rejoint son congénère Mao à Oueha.

 

Wolf Zinc

 

 

 

 

 

“Dernier né des corps Légion et héritier des formations de recrutement de l’Institution, le Groupement de Recrutement de la Légion Etrangère a lancé le projet de création d’une salle d’honneur au fort de Nogent.

Cette salle est maintenant prête à recevoir notre patrimoine traditionnel, regroupant les symboles des unités qui ont précédé le GRLE, mais aussiles drapeaux des amicales dissoutes confiés officiellement par le Président fédéral de la FSALE.

Le GRLE est à larecherche d’objets, de témoignages ou de documents qui retracent le recrutement des légionnaires depuis 1831, qui pourraient être mis en valeur dans les vitrines et qui rappelleraient la spécificité même de l’Institution, le recrutement des candidats.

Inauguration prévue le 08 juillet 2014.

 

Correspondances:

Lieutenant-colonel Petiteau au 01.49.74.51.01

Adjudant-chef de la Chapelle au 01.49.74.51.09 – marc.de-la-chapelle (AT) intradef.gouv.fr

 

Patrick BOUVIER de l'AALE de Strasbourg, ancien légionnaire du 1er REC, accompagné par un ancien Adjudant-Chef des Béret rouges et un accompagnateur ont effectué un pèlerinage sur le site de la bataille de Diên Biên Phu en janvier 2014.

 

Ils ont eu une pensée émue pour les camarades tombés au champ d'Honneur , pour RODEL Rolf, qui, il y a 20 ans à construit ce monument aux morts et dont c'est le 15 éme anniversaire de sa disparition.

 

Notre ami RODEL Rolf est inhumé au Carré Légion, cimetière de la Guillotière à Lyon.

 

Un grand merci à Patrick BOUVET pour les belles photos du site de Diên Biên Phu.

 

Rednak Ivan.

 

 

 

 

 

LECTURES : "L’espoir meurt en dernier" du colonel Bernard Grué

Le colonel Bernard Grué présentera et dédicacera son livre, “L’espoir meurt en dernier”, paru en février aux éditions du Rocher, lors d’une conférence-débat  à l’Ecole militaire le mardi 15 avril à 11h00, sous la présidence de l’amiral Jean Dufourcq, rédacteur en chef de la Revue de Défense Nationale.
 
Si, comme je l’espère, cette période tragique et souvent oubliée de l’histoire militaire française vous intéresse, vous devez vous inscrire dès que possible auprès de la personne dont les coordonnées téléphoniques sont indiquées sur le carton d’invitation qui est joint à ce courriel. 
 
Une copie de cette invitation et une pièce d’identité seront exigées à l’entrée de l’Ecole militaire.
 
Vous pouvez signaler cette conférence-débat à vos parents ou amis intéressés par ce sujet. Les règles d’inscription et d’accès sont les mêmes que pour vous. Ne vous inscrivez que si vous êtes sûr de venir, sinon n’oubliez pas de vous désister au moins 24 h avant.
 
Général J.-P. Jacob.
 
 
 

L’Amicale des Anciens de la Légion Etrangère du Morbihan s’est tenue le 22 février de cette année au cercle-mess de garnison de VANNES en présence du délégué régional de la Fédération des Amicales de la Légion, le général Bernard COLCOMB.

L’assemblée a été ouverte par le général Dominique MARIOTTI, président de l’AALE.56, qui a fait observer une minute de silence en hommages à nos camarades décédés durant cette dernière année.

Après les présentations des bilans et des rapports respectifs aux quels les membres souscrivent à l’unanimité, un excellent repas d’amitié ponctué de nos chants de tradition, a conforté une fois encore la forte cohésion de cette amicale qui, comme beaucoup d’autres, prend de l’âge mais reste fidèle à nos valeurs.

C’est au tour de l’Amicale du Morbihan de préparer cette année la cérémonie de CAMERONE pour les amicales bretonnes.

La composition du nouveau bureau : Général Dominique MARIOTTI président, Major Reinhold HORNUNG secrétaire, Branko OSTOJIN trésorier, Jean Pierre EUDO membre, Arnaud LESIEUR membre, Asim DROZAK membre, Lucien CONNAN membre, Alain ROBERT membre et Max CERNEAUX porte-drapeau.







Le 22.02.13 à 15 heures, sur convocation du Président Albert STARCK les membres de l’A.A.A.L.E. de Forbach se sont réunis en Assemblée Générale Ordinaire dans les locaux du foyer Mille club du Bruch.

Une feuille de présence fut établie et signée par toutes les personnes présentes.

 

Les points de l’ordre du jour ont été suivis :

  • Ouverture de l’Assemblée Générale Ordinaire

  • Approbation de la précédente Assemblée Générale du 23.02.2013

  • Rapport Moral du Président

  • Rapport d’activités de l’année 2013

  • Rapport des comptes de l’exercice écoulé

  • Rapport des Réviseurs aux comptes

  • Quitus au Trésorier

  • Démission du tiers sortant et élection du Comité

  • Payement de la Cotisation.

Le Président donne la parole au réviseur aux comptes M. BERTHOME. Celui-ci certifie la régularité et sincérité des comptes présentés à L’Assemblée Générale.

 

Le Président passe à l’élection du Comité. Les votes ont lieu à l’approbation de l’assemblée.

 

- Président Actif Albert STARCK

  • 1er Vice-président Pietro PIRAS

  • Secrétaire général Pierre-Yves BOUR

  • Secrétaire adjoint Antoine BAERLIN

  • Trésorier principal Lutz SELKE

  • Trésorier adjoint Daniel STUHM

  • Conservateur du Musée Pascal LEROY

  • Porte drapeau Pascal LEROY

  • # Daniel STUHM

  • # Robert BAUER

  • # Jean Claude MULLER

  • # Patrice EBER

  • # Gérard STAHL

  • 1er Assesseur Hores Pascal

  • 2ème Assesseur Horst HOFFMANN

  • Délégué au C.I.A. /F STARCK A.- PIRAS P.

  • Délégué au C.I.A.P. STARCK A. - PIRAS P.

  • Délégué au C.I.A. PIRAS P.

  • Du BRUCH FISCHER F. – FOLMER J.P.

 

  • Réviseurs aux comptes J.C. CHEVRE – J. BERTHOME (pas dans le comité)



Le Président demande l’approbation des différents P.V. et Quitus au Trésorier. Vote unanime est donné.

 

16 h 30 Le payement des cotisations ayant été effectuées auprès du Trésorier, le Président remercie l’assemblée.

 

L’ordre du jour étant épuisé, il clos l’Assemblée Générale Ordinaire et invite tout le monde au pot de l’amitié.

 

 
 
Dans le cadre de ces commémorations, le 26 avril 2014 une cérémonie nationale sera présidée par le ministre délégué chargé des Anciens combattants, au Mémorial national des guerres en Indochine à Féjus (Var) et un Airbus sera affrété pour l'occasion au départ de Roissy Charles-de-Gaulle (navette A-R à partir des Invalides - départ 9h30).
 
Il reste encore quelques places et si donc au sein de nos Amicales, quelqu'un serait interéssé pour participer à cette journée de commémoration, il est demandé à l'Amicale de bien vouloir l'inscrire par mail (fsale (AT) legionetrangere.fr) ou en cliquant ici en précisant :
l'Amicale, le NOM - Prénom, qualité (président, porte-drapeau, membre du bureau, adhérent ancien légionnaire ou sympathisant, ancien combattant de l'Indochine ou autre ..., etc.), adresse mail à laquelle pourront lui être envoyées les informations utiles.
Les demandes seront prises en compte prioritairement pour ceux concernés par ce conflit (à préciser : ancien d'Indochine, fils d'un ancien d'Indochine...), puis dans l'odre d'arrivée des demandes.

Quand grondaient  les canons
D'autres avancèrent pendant que d'autres mouraient  au front .
C'était la grande guerre
Et quand l'apocalypse c'est  fait Maitre ,
De l'oeuvre des hommes , dans les tranchées de l'enfer .
A tant de mutineries , que nulle prière
Pouvaient  adoucir dans le froid de l'hiver...


Quand grondaient  les canons
L'écho sonnait   la mort ,
La douleur pour linceul , témoin d'un triste sort
Ils étaient  là par milliers étendus sur le sol
Mortellement touchés , sous ce poids , nos coeurs encore  en frissonnent
Massacre et cruauté l'homme c'est fait indigne
D'être fils de l'humanité  et l'assassin de tant de victimes .

Quand grondaient  les canons
O ! ciel toi qui veillait  sur l'ombre des tranchées
Bayonnette au canon et de  la boue sous leurs  pas
Hommage à ces  soldats , enfants de la patrie
Témoins de cette guerre et d'espoirs maudits
Renaissez de vos cendres en ce saint centenaire
Et restez à jamais les ombres de cette grande guerre

Marie Quilichini

Assemblée Générale Ordinaire de l’Amicale d’Anciens de la Légion Etrangère du Pays d’Aix et de la Sainte Baume, sise Domaine Du Capitaine DANJOU

 13114 PUYLOUBIER

Notre 28ème Assemblée Générale Ordinaire s’est déroulée le samedi 22 février 2014 selon le programme initialement prévu :

       09h30  Levée des Couleurs Cimetière de Puyloubier au Carré Légion, bénédiction des tombes et du caveau par le père LALLEMAND, dépôt de gerbe par notre Président accompagné du Lt-Colonel JULLIEN Directeur du FELE, Le Lt-Colonel BOUCHEZ Directeur de l’Institution,  Monsieur GUINIERIE  Maire de PUYLOUBIER, en présence des autorités civiles et militaires. 

     10h00  Accueil des participants à la salle des fêtes de la Mairie par Mme VENDEL , A/C (er) FEHER  A/C (er) PASQUIER

Début de L’AG 2014

Autorités civiles et militaires Présentes :

  • Le Lt-Colonel JULLIEN, Directeur du B.A.S/F.E.L.E,
  • Monsieur GUINIERIE  Maire de PUYLOUBIER
  • Le Lt-Colonel BOUCHEZ  Directeur de l’Institution des Invalides de la Légion Etrangère.
  • Le Général LE FLEM Président  des amis du grand Musée
  • Monsieur le Général GUIGNON (Membre de L’Amicale)
  • Monsieur GENOT Alain Commissaire au Compte
  • Le Père LALLEMAND Aumonier du 1er  RE
  •  Le Major (er)  PONCE  Y NAVARRO , Président de l’A.A.L.E. du Vaucluse, accompagné du Major(er) PETRALIE
  • Monsieur PIGNON Président des Chevaliers de l’Ordre de Malte
  • Monsieur HEYMAN,  Président de l’A.M.M.A.C. de Sanary sur Mer avec  son Drapeau
  • Adjudant-chef  (er) HOLZHAUSER, Président de L’AALE de LAUDUN  avec son Drapeau.
  • A/C  Représentant la Gendarmerie de TRETS
  • Monsieur SYCH  Jean –Pierre,  représentant les Anciens Combattants de Puylouybier
  • Monsieur  CHAGNY Maurice,  Président  des  Anciens Combattants  de TRETS

Tous les ans l'Amicale des Anciens de la Légion Etrangère organise son assemblée générale au Quartier Général Rollet du 1er REG.

Au cours de la dernière assemblée générale de l’Amicale des Anciens de la Légion Etrangère (AALE), qui s’est déroulée au quartier Général Rollet, son président fondateur Manfred Holzhauser, a été mis à l’honneur.

En effet les amicalistes lui ont fait la surprise de célébrer son 74ème anniversaire, au cours du repas de l'assemblée, alors que le secret avait été bien gardé.

Pour la petite histoire, c’est en 2002 qu’il en a été le premier président. A ce jour l’Amicale compte 107 membres actifs.

Le président Manfred, est âgé de 74 ans. Il a quitté le service actif au 6ème REG de Laudun-l’Ardoise, en 1994 après 28 années de bons et loyaux services. Présent à la création du régiment le 1er juillet 1984, il a terminé sa carrière toujours au quartier général Rollet, devenu 1er REG.

Il a effectué de nombreux séjours à l’étranger : Tahiti, Djibouti, République Centre Africaine, Guyanne. Il a engagé l’Amicale dans de nombreuses manifestations, très appréciées : Participation aux Fêtes patriotiques, aides aux familles de Légionnaires lors de décès, aides aux Légionnaires en difficultés, aides au reclassement des Légionnaires quittant le service actif, création d'un caveau au cimetière de Laudun-L'Ardoise.

Aide de la Mairie pour la concession et financé par les membres de l'Amicale et la Fédérations des Sociétés des Amicales des anciens de la Légion Etrangère, qui est destiné aux Légionnaires décédés ou sans famille pour avoir une sépulture digne et éventuellement d'ancien légionnaire sur la demande de leur famille.

Évidemment les applaudissements nourris de toute l’assistance ont été particulièrement ressentis et appréciés par le président Manfred, chaleureusement congratulé. A notre tour Bon anniversaire Manfred.

Source : Le Midi Libre

 

L’assemblée générale de l’Amicale départementale de la Légion étrangère s’est tenue le dimanche 16 février à la mairie. Le quorum atteint, le président, le colonel Jacques Léonard, a ouvert la séance en la présence d’honneur du maire, Gilbert Fongaro, et de l’invité, l’adjudant Arthur Sarkissov, chef de poste information de la Légion étrangère de Bordeaux.

Le but de l’association est de fédérer l’esprit de cohésion, la solidarité et une assistance au sein de l’amicale. Plus de 17 représentations de l’amicale depuis un an, avec en point d’orgue la célébration de Camerone le 5 mai. Elle participe à toutes les manifestations de souvenir sauf à celle du 19 mars. L’effectif des adhérents est actuellement de 43, répartis entre 24 actifs, 19 sympathisants dont 7 femmes.

Pour 2014, un report de la date de l’assemblée générale est fixé en juin pour faciliter un meilleur regroupement, afin d’éviter l’érosion des effectifs et apporter du sang neuf. Les principales manifestations seront renouvelées pour cette nouvelle année. Camerone sera fêtée le 4 mai à Pont-du-Casse.

La cotisation reste inchangée à 23 €. La parution du livre blanc des armées a été un sujet de conversation en émettant quelques réserves.

Le bilan financier laisse un bilan positif et n’a pas posé de problèmes. Les deux rapports ont été votés à l’unanimité.

Un repas convivial a clôturé cette assemblée où les traditions ont été respectées : la poussière, le boudin et les chants.

Composition du bureau : Président d’honneur : Gilbert Fongaro. Président : le colonel Jacques Léonard ; trésorier et secrétaire : Michel Rouet ; porte-drapeau : Maurice Barlet.

Source : La Dépêche du Midi

Mars 1954 : le général Vo Nguyen Giap lance ses premières vagues d’assaut sur Diên-Biên-Phu.

 

3 mars :deux compagnies du 1er B.E.P. partent en reconnaissance sur la cote 781, au sud-ouest du camp retranché, dominant le terrain d’aviation.

5 mars :sur instructions du colonel de Castries, une opération est lancée avec le 1er B.E.P. sur la cote 781 pour trouver un canon, auteur de tirs contre la piste, qui semble narguer le dispositif défensif du camp retranché. Pendant que la compagnie Verguet s’installe en recueil, le capitaine Cabiro s’efforce d’arriver au sommet. Déclenchées par le D.L.O., les salves de 155 s’abattent à courte distance. Les tirs s’allongent pour remonter vers le sommet. Maintenant, il faut y aller. La 4e compagnie arrive à mi-pente quand soudain, devant elle, tout s’embrase sous les tirs d’obus, les rafales, les grenades. Les Viets se dévoilent. Ils occupent des blockhaus indécelables à quelques mètres et font feu de toutes leurs armes. Des grenades sont lancées par des mains expertes. Des légionnaires et des volontaires tombent. Une fois de plus, c’est le corps à corps. Le sous-lieutenant Boisbouvier, ensanglanté entraîne ses légionnaires. Le capitaine Cabiro est grièvement blessé aux jambes ; il s’affaiblit très vite. Son adjoint, le lieutenant Bertrand prend le commandement pendant que la bataille se poursuit avec violence. L’adjudant Martin de la 4e compagnie tire son patron à l’abri.

  • 4 légionnaires sont tués, 28 blessés dont le capitaine Cabiro et le sous-lieutenant Boisbouvier.

11 mars :le G.A.P.2 tente une dernière reconnaissance en force sur la cote 555, à 3 kilomètres seulement du P.C. G.O.N.O. Deux compagnies du 1er B.E.P., escortées par des chars Chaffee, partent reconnaître des positions Viets un peu à l’est du P.A.Béatrice. La 2e engage tout de go le combat, soutenue par la 1ère. Mêlée furieuse. Les Viets perdent du monde, décrochent et réagissent par des tirs de mortiers implantés plus en arrière. Le groupement n’arrive même pas à entamer la principale position ennemie. Les légionnaires se replient à leur tour, sur ordre.

  • La sortie coûte 3 tués et une quinzaine de blessés dont le lieutenant Molinier, patron de la C.E.P.M.L., marchant en D.L.O. Le lieutenant Paul Turcy lui succède.

  • Désormais, toutes les positions de Diên-Biên-Phu sont à portée des mortiers Viets.

12 mars :‘’Messieurs, c’est pour demain 17 heures’’. Ces simples mots du colonel de Castries au rapport du jour ouvrent les portes de l’enfer à la garnison.

13 mars : le général Vo Nguyen Giap lance son offensive générale sur Diên-Biên-Phu à 17 heures. Le P.A.Béatricechute ; la couverture nord-est saute.

  • La garnison compte 12 000 hommes parmi lesquels près de 5 000 sont des légionnaires.

  • Le 3e R.E.I. est représenté par son chef de corps, le colonel André Lalande, la compagnie de commandement, la compagnie de mortiers lourds et le 3e bataillon.

  • L’organisation du camp comprend une position centrale avec cinq centres de résistance,Claudine,Huguette,Anne-Marie,Dominique etEliane, deux centres de résistance avancés au nord et au nord-estGabrielle etBéatrice, un centre de résistance au sudIsabelle.

  • Une réserve de trois bataillons est à la disposition du chef de la défense.

  • Le corps de bataille du Vietminh est fort de trente trois bataillons dont six sont prêts à intervenir pour barrer le passage à toute force qui viendrait au secours de la garnison assiégée.

  • A 17 heures,une avalanche de feu chamboule le paysage de la cuvette, la transformant en un invraisemblable terrain vague. Des avions essaient de quitter la piste en catastrophe.

  • Les batteries du Vietminh, solidement camouflées et enterrées, -obusiers de 105, mortiers de 120 et canons de 75- déciment les servants français des 105 et 120, mal protégés.

  • L’artillerie de la division 351 concentre son tir surBéatrice tenu par le III/13e D.B.L.E. et le P.C. régimentaire du lieutenant-colonel Jules Gaucher, un des rares avec le chef de bataillon Charles Chenel, commandant le 2e Bataillon Thaï surDominique 3, à bien connaître la cuvette où ils avaient livré combat contre les Japonais lors du repli sur la Chine en 1945. Sous les coups des obus à fusées de retardement, les abris s’effondrent, les tranchées sont bouleversées.

  • Vers 18 heures,le commandant du III/13e, responsable du P.A.Béatrice, le chef de bataillon Paul Pégot, est tué avec ses adjoints, le capitaine Vincent Pardi et les lieutenants André Carrière, Georges Jego, André Lemoine et Joseph Pungier, par un obus de 105 qui s’écrase sur son P.C.

  • A 18 heures 15,les vagues d’assaut de la division 312 abordent les défenses extérieures deBéatrice.450 légionnaires luttent à un contre dix ; ils sont submergés.

  • A 19 heures 50,le P.C. du chef de corps de la 13e D.B.L.E. est touché de plein fouet : le lieutenant-colonel Jules Gaucher, commandant la 13e D.B.L.E., et les lieutenants Jean Bailly et Guy Revel de Bretteville sont tués. Les chefs de bataillon Martineli et Vadot sont blessés. La défense deBéatriceest décapitée.

  • A la tombée de la nuit,l’ennemi lance la valeur de deux régiments à l’assaut deBéatrice, par vagues successives.

  • Un peu avant minuit, malgré une résistance désespérée, tout est terminé.

  • Vers 2 heures du matin,Béatriceest totalement submergée ; quelques légionnaires seulement regagnent la vallée où la Nam-youn charrie de nombreux cadavres.

Au cours de la nuit du 13 mars,le 1er B.E.P., harcelé par les mortiers, a 2 tués et un blessé. Le sergent Robert Maillar de la C.E.P.M.L. est décapité.

14 mars :la C.E.P.M.L. est relevée par la 1ère C.M.M.L.E. et va s’installer en position de batterie surEliane. Les mortiers du lieutenant Bergot tirent à boulets rouges et soulagent considérablement les défenseurs des points d’appui.Maisles pertes du 1er B.E.P. sont multipliées par trois. A la C.E.P.M.L., c’est encore plus grave. Ses emplacements sont les cibles favorites de l’artillerie Viet. Trois pièces de 120 mm de la section du lieutenant Erwan Bergot sont détruites dans leurs alvéoles : 12 tués et 8 blessés. Les pièces ne seront remplacées que le 3 avril.

Au cours de la nuit du 14 mars, les Viets attaquent le P.A.Gabrielle qui tombe.

  • Les divisions 308 et 312 lancent trois TD contre le P.A.Gabrielle, tenu par un B.T.A. Les tirsd’arrêt de l’artillerie bloquent l’assaut, repris à 3H30.

  • Au lever du jour, la résistance est désespérée.

15 mars :une contre-attaque est improvisée avec lebawouan, le 5e B.P.V.N., largué en renfort la veille, et deux compagnies du 1er B.E.P., appuyée par les charsM24.Lorsqu’elle atteint le gué de Ban-Khé-Phat, un violent tir d’artillerie fauche les légionnaires parachutistes.Lorsque les rescapés de la 3e compagnie du 1er B.E.P. et du 5e B.P.V.N. arrivent au pied de ce qui reste deGabrielle,le spectacle est hallucinant avec des cadavres innombrables accrochés aux barbelés. Le capitaine Martin et son adjoint, rejoints par le commandant Guiraud, essaient de regrouper les hommes : à peine une centaine. Comment donner l’assaut dans de telles conditions ? Le repli s’effectue en plein jour. L’opération démarrée trop tard, à 7H30, se solde par un échec permettant seulement de recueillir une centaine de tirailleurs rescapés deGabrielle. Les 800 tirailleurs algériens du commandant Mecquenen sont quasiment anéantis sur le P.A.

  • Pour le 1er B.E.P., 8 tués, 13 blessés évacués, 25 autres qui refusent de l’être ; parmi eux, le commandant Guiraud, le lieutenant Domingo revenu à D.B.P. pour succéder au capitaine Cabiro et le lieutenant de Touchet, chef de la 3e section à la compagnie du capitaine Martin.

  • Grièvement blessé à la tête, le caporal Parsat est découvert par les Viets qui le déposent près d’autres blessés ; sans le moindre soin, sans eau ; il s’éloigne en rampant ; il est recueilli par des légionnaires du 2e R.E.I. le 17 ; en rampant, il a parcouru 4 km ; soigné, il est évacué sur Hanoï.

  • Les Viets ont laissé 1 500 morts sur le terrain et des milliers de blessés : c’est le prix qu’ils ont payé pour la conquête des deux centres de résistance situés à l’extrémité nord de la cuvette.

  • Pour la 13e D.B.L.E., le bilan est lourd. 330 officiers, sous-officiers et légionnaires sont tués, disparus ou prisonniers. Le 3e bataillon ne compte plus que deux officiers, 192 gradés et légionnaires. A la tête de cette prestigieuse formation, le lieutenant-colonel Gaucher est tombé.

  • Pour les survivants, la lutte continue sous les ordres de leur nouveau chef, le lieutenant-colonel Lemeunier, qui va volontairement prendre la tête de la demi-brigade en pleine bataille.

Au cours de la nuit du 15 mars,le lieutenant Paul Turcy, commandant la C.E.P.M.L. du 1er B.E.P., est mortellement blessé à son P.C. près de ses piècs de mortier de 120.

16 mars :le général Giap vient de marquer des points. A Hanoï, on accuse le coup. En revanche, à Diên-Biên-Phu, le moral ne vacille pas, conforté par le largage du 6e B.P.C. de Marcel Bigeard.

    • Il ne reste plus que la D.Z. Sud d’utilisable. Les posés de ravitaillement sont arrêtés et seules quelques évacuations sanitaires de nuit sont autorisées.

    • Parachuté le 16, le lieutenant Jean Singland prend le commandement de la C.E.P.M.L.

17 mars :la démoralisation atteint toutefois le 3e bataillon Thaï sur le P.A.Anne-Marie ; deux compagnies, paniquées sur un tir d’artillerie, quittent leurs postes. Les tirailleurs Thaïs rentrent chez eux. Les Viets pénètrent allègrement l’arme à la bretelle dans le P.A. Les partisans Thaïs restés fidèles sont envoyés sur le P.A.Isabelle dont la liaison devient chaque jour plus difficile.

      • Deux compagnies du 1er B.E.P., avec des chars, dégagent la route vers Isabelle.

19 mars :le lieutenant-colonel Maurice Lemeunier, nouveau patron de la 13e D.B.L.E., saute sur Diên-Biên-Phu.

Du 19 au 27 mars, chaque nuit, des tentatives d’évacuations sanitaires ont lieu ; huit réussissent permettant l’évacuation de 250 blessés.

21 mars :une compagnie du 1er B.E.P. intervient une nouvelle fois pourIsabelle.

22 mars :le 1er B.E.P. au complet est engagé avec des chars face au régiment 57 ; l’ennemi est là dans des tranchées profondes, des postes de combat individuels, des emplacements d’armes automatiques. La 2e compagnie lance l’assaut frontal pour déloger les bo-doïs de leurs retranchements. Les cadavres Viets sont difficiles à dénombrer. Le bataillon ramène 8 prisonniers et un bon lot d’armement dont 4 F.M. et 2 mortiers. Mais les séquelles sont coûteuses. Neuf tués dont 3 officiers, 3 sous-officiers et 3 légionnaires : parmi eux, le lieutenant André Lecocq, venu de la C.C.S. pour commander la 2e compagnie pour remplacer Michel Brandon (qui sera parachuté dans 48 heures), le lieutenant André Bertrand, commandant la 4e compagnie, en relève du capitaine Bernard Cabiro, et le lieutenant Rémy Raynaud

  • La route versIsabelle reste ouverte. Les paras doivent détruire les organisations Viets autour des P.A. Chaque nuit, des milliers de coolies creusent. Les boyaux Viets encerclent les P.A.

26 mars :le colonel Pierre Langlais emploie une bonne part de sa force de frappe pour dégagerHuguette 6, à 500 mètres de l’extrémité de la piste d’aviation. La compagnie du capitaine Louis Martin accompagne le 8e B.P.C. et le 5e B.P.V.N. Lors du repli, la mission accomplie, des obus tombent sur les paras. Le sergent Ferrai et le lieutenant Desmaizières, l’adjoint du capitaine Louis Martin, sont grièvement blessés.

Dans la nuit du 26 au 27 mars,le capitaine Bourgereau pose son Dakota, charge 19 blessés dont le lieutenant Desmaizières, et reprend l’air sous les obus de mortier.

  • Dans le dernier Dakota qui ne repartira pas, se trouve une jeune convoyeuse de l’Air, Geneviève de Galard, l’Ange de Diên-Biên-Phu, qui se dépensera sans compter comme infirmière.

28 mars :le Groupement commandé par le chef de bataillon Marcel Bigeard, dans lequel opère le 1er B.E.P., détruit le régiment 56 ; mais cette opération coûte cher et elle demeure, malheureusement unique.

30 mars : Giap lance l’attaque sur les cinq collines qui constituent le rempart du réduit central face à l’Est :Dominique 1 & 2,Eliane1, 4 & 2.

  • La pluie tombe sur la vallée ; les reconnaissances et les largages sont suspendus. Le colonel de Castries a réaménagé son ordre de bataille ; le 1er B.E.P. tient maintenantClaudine 6rebaptiséeJunon, à l’exception de la compagnie Luciani, qui renforceEliane 2.

  • Toutes les forces Vietminh sont maintenant concentrées autour de Diên-Biên-Phu.

  • A 18 heures,l’artillerie Viet pilonneDominique, ElianeetHuguette.

  • Les vagues d’assaut progressent derrière un barrage roulant. Dans la nuit, les troupes parviennent au contact des positions françaises.

  • Dès la nuit tombée, la division 312 déferle surDominiqueet la division 316 surEliane.

  • SurDominique,le III/3e R.T.A. se désagrège.

  • SurEliane, le I/4e R.T.M. tient mieux, soutenu par le 6e B.P.C. et les compagnies du lieutenant Jean Luciani et du capitaine Louis Martin du 1er B.E.P. Les tirailleurs marocains, un moment désemparés, se ressaisissent. Les compagnies de légionnaires, réduites à leur plus simple expression, sont partout et contre-attaquent sans cesse. SurEliane 2, Luciani tient toujours malgré l’acharnement du régiment 98.

  • Blessé le lieutenant Jean Singland, commandant la C.E.P.M.L. du 1er B.E.P., doit passer le relais au lieutenant Erwan Bergot.

  • Bien que tenus en réserve, les éléments de la 13e D.B.L.E. renforcent les points d’appui les plus menacés. Par six fois, certaines positions changent de mains durant la nuit.

A l’aube du 31 mars,des monceaux de cadavres Viets gisent partout. MaisDominique1 & 2 etEliane1 sont tombés. Le 1er B.E.P. compte une bonne centaine de blessés ainsi que 16 tués ou disparus. Pendant cent sept heures, les légionnaires du 1er B.E.P. et du I/13e D.B.L.E., des Marocains et des parachutistes du 6e B.P.C. contiennent les assauts furieux de la division 316.

 

Bailly Jean,né le 31.05.1922 à Savigny en Sancerre dans le Cher ; lieutenant légionnaire de la 13e D.B.L.E. surBéatriceà Diên-Biên-Phu ; tué par l’artillerie vietminh le 13.03.1954.

 

Bergot Erwan,né le 27.01.1930 à Bordeaux en Gironde ; en 1950, il sort de l’école des sous-officiers de Saint-Maixent avec le grade d’aspirant ; affecté au 11e Choc ; en 1951, il est volontaire pour l’Indochine comme O.R.S.A. ; affecté au 22e R.I.C. à Bien Hoa, puis au 6e B.P.C. ; il saute dans la cuvette de Tu-Lé ; le 30.03.1954, chef de section à la C.E.P.M.L., il prend le commandement de la compagnie de mortiers lourds du 1er B.E.P. à Diên-Biên-Phu ; fait prisonnier, il tente de s’évader ; rescapé, il est rapatrié en 1955 ; il est rappelé pour servir en Algérie au 47e B.I. En 1957, il est admis dans l’armée d’active ; capitaine parachutiste, il sert au 2e R.E.P. puis au 11e Choc au Service Action chargé d’opérations aux frontières ; à la tête d’une section de la C.P. du 2e R.E.P., grièvement blessé lors d’un accrochage dans le Constantinois le 22.11.1961, il est rapatrié en Métropole ; en 1962, il devient le premier rédacteur en chef du magazine de l’Armée de Terre ; trois fois blessé au combat, avec sept citations, il est officier de la Légion d’Honneur ; chef de bataillon, il est rendu à la vie civile en 1965 ; il fait une brillante carrière d’écrivain ; membre du Club des C.S.P.F. Décédé le 01.05.1993 à Paris.

 

Bertrand André,né le 23.10.1925 à Vauziers dans les Ardennes ; jeune lieutenant légionnaire parachutiste à la 4e compagnie du 1er B.E.P. à Diên-Biên-Phu ; à sa blessure le 05.03.1954, le capitaine Cabiro lui passe le commandement de la compagnie. Tué au combat le 22.03.1954.

 

Boisbouvier,sous-lieutenant légionnaire parachutiste à la 4e compagnie du 1er B.E.P. à Diên-Biên-Phu ; blessé le 05.03.1954 : il ne veut pas se faire évacuer.

 

Bourgereau,capitaine de l’Armée de l’Air ; pilote du dernier Dakota à décoller de Diên-Biên-Phu avec 19 blessés, en prenant tous les risques le 27.03.1954.

 

Brandon Michel,né le 15.05.1921 à Aix-en-Othe dans l’Aube ; il s’engage le 19.02.1941 au 1er R.I. ; sous-lieutenant des F.F.I. de l’Yonne le 09.08.1944 ; chef de section à le 4e D.B.L.E. en 1947 ; affecté à la 13e D.B.L.E. d’octobre 1947 à novembre 1949, en Indochine ; affecté au 6e R.E.I. en Tunisie puis au 3e B.E.P. à Sétif ; lieutenant, affecté au 1er B.E.P. en Indochine de septembre 1952 à septembre 1954 ; commandant la 2e compagnie, il saute sur Diên-Biên-Phu le 21.11.1953 : un des héros de Diên-Biên-Phu ; blessé le 12 .01.1954 ; blessé le 17.04.1954 ; fin avril, promu capitaine à titre exceptionnel, les 2e et 3e compagnies sont regroupées derrière lui ; fait prisonnier, il fait partie des marcheurs ; officier de la Légion d’Honneur ; capitaine parachutiste, commandant la C.C.S. du 2e R.E.P. de décembre 1955 à juin 1958 ; adjoint opérationnel du G.C.P.R.G. en décembre 1960 ; pendant le putsch d’avril 1961, il reste sur le terrain à Bou-Caïd avec quatre commandos ; il quitte l’Algérie en juillet 1961 ; il rejoint l’O.A.S. ; arrêté en Allemagne le 13.04.1962 ; il effectue sa peine à la prison de Rouen dont il sort le 13.04.1964 ; il entre le 06.08.1964 dans le groupe Creusot-Loire ; titulaire des trois croix de guerre avec 13 citations dont une palme, il est promu Commandeur de la Légion d’Honneur et il reçoit la cravate le 06.06.2004 à Pau ; membre du Club des C.S.P.F. Décédé en novembre 2005.

 

de Bretteville voir Revel de Bretteville.

 

Cabiro Bernard, né le 07.08.1922 à Mont de Marsan dans les Landes ; à 20 ans, il traverse les Pyrénées et se retrouve au Maroc  au 8e R.T.M. avec lequel il participe à la campagne d’Italie; caporal-chef, Croix de Guerre 1939-1945 avec une citation ; blessé dans les Vosges ; aspirant ; il se fait activer, opte pour la Légion et part pour l’Indochine ; brillant officier parachutiste au 2e B.E.P. en Indochine ; commandant la 2e compagnie à compter de septembre 1949 ; il gagne sa rosette le 1er avril 1950 à Ba-Cun en Cochinchine avec une citation à l’ordre de l’armée ; lieutenant nommé officier de la Légion d’Honneur (un des 3 lieutenants ayant reçu la rosette) ; commandant la 4e compagnie du 1er B.E.P., il saute sur Diên-Biên-Phu le 21.11.1953 ; blessé le 05.03.1954, jambe droite cisaillée ; évacué sur Hanoï ; il s’en sort et sauve ses deux jambes ; chef de bataillon ; en 1958, il est affecté au 2e R.E.P. ; il reçoit la cravate de commandeur de la Légion d’Honneur à Sidi-Bel-Abbès au début de 1961 ; dans la nuit du 21 au 22 avril 1961, il se rallie au putsch et retrouve son régiment à Sétif au plein d’essence ; condamné le 03.07.1961 par le Haut Tribunal Militaire à un an de prison avec sursis ; il est rayé des cadres de l’armée ; vétéran des trois guerres avec les trois Croix et 18 citations et 5 blessures ; brillant écrivain de guerre ; membre du Club des C.S.P.F. Il est élevé à la dignité de Grand officier de la Légion d’honneur le 24.09.1978. Il aura l’insigne honneur de porter la main du capitaine Danjou, un 30 avril, sur la Voie sacrée à Aubagne. Décédé le 31.07.1993 à Mont de Marsan dans les Landes.

 

Carrière André, né le 13.10.1923 à Sathonay dans l’Ain ; lieutenant légionnaire du III/13e D.B.L.E. surBéatriceà Diên-Biên-Phu ; tué par l’artillerie vietminh le 13.03.1954.

 

de Castries Christian de la Croix,né le 11.08.1902 à Paris ; il sort de l’Ecole de cavalerie de Saumur en 1926 ; très belle Guerre 1939-1945 ; à son troisième séjour en Indochine ; un des maréchaux du général de Lattre de Tassigny ; colonel puis nommé général le 16.04.1954 sur le champ de bataille ; commandant Diên-Biên-Phu du 03.12.1953 au 07.05.1954. Commandeur de la Légion d’Honneur ; Croix de Guerre 1939-1945 et Croix de Guerre des T.O.E. avec 20 citations ; il quitte l’armée en 1959 ; décédé le 29.07.1991 à Paris.

 

Chenel Charles,né le 30.08.1916 à Tarquimpol en Moselle ; saint-cyrien de la promotion 1937-1939 ; sous-lieutenant de la Légion Etrangère ; il quitte le 01.06.1941 Sidi-Bel-Abbès avec un détachement de légionnaires menacés vers le Tonkin ; il s’engage dans une aventure de six ans. Lieutenant, chef du poste de Tong Son La ; le 9 mars 1945, à Hanoï, véritable force de la nature, il réquisitionne pousse-pousse et vélo et rejoint son poste, à 300 kilomètres d’Hanoï ; prévenu par le lieutenant-colonel Marcelin que le régiment a décroché pour organiser la résistance, il commence son épopée. La chance va le servir à plusieurs reprises. Vers le 20 mars, chef de section courageux, il rejoint le I/5e R.E.I. et retrouve ses hommes partis avec le capitaine Gaucher. Au fil des jours, la situation évolue. Il prend le commandement d’une compagnie sur le terrain et gagne la Chine avec le gros du régiment. Il commande une section de volontaires parachutistes du 5e R.E.I. qui ne seront finalement pas brevetés. Chef de bataillon, commandant le 2e Bataillon Thaï sur la colline Dominique 3à Diên-Biên-Phu, en avril 1954 ; commandant le III/5e R.E.I. à Tlemcen en 1957 ;lieutenant-colonel parachutiste, nommé commandant du 2e R.E.P. du 4 mai 1961 au 28 mai 1963 ; colonel le 01.10.1962 ; officier de la vieille Légion, légaliste. Le 2e R.E.P. s’installe à Bou-Sfer dans des conditions impossibles en septembre 1962 : le vieux soldat a sauvé le régiment, lui a gardé son âme de légionnaire. Chef de corps du 1e Régiment Etranger en 1966-1968 ; général de brigade en septembre 1969 : commandant la 2e B.P. ; général de division le 01.05.1975 ; mis en disponibilité le 01.03.1976 ; le 30.04.1986, il remonte la Voie sacrée en portant la main du capitaine Danjou. Commandeur de la Légion d’honneur, Grand Officier de l’Ordre National du Mérite ; Croix de Guerre 1939-1945, Croix de Guerre des T.O.E., Croix de la Valeur militaire avec 9 citations. Décédé le 17.05.1996.

 

Desmaizières Henri,engagé en 1942 chez les Sapeurs Pompiers de Paris ; cité pour bravoure, avec blessure, en 1945 ; admis à Coëtquidan en 1945 ; E.M.I.A. 1945-1947 ; promotionIndochine ; breveté parachutiste à Pau ; le 1.11.1948, il est affecté au 1er B.E.P. ; premier séjour en Indochine, deux fois cité ; en mars 1951, il est affecté à la 3e C.S.L.E., au Fezzan ; il repart en Indochine en janvier 1954 ; il rejoint le 1er B.E.P. à Diên-Biên-Phu ; adjoint au commandant de la 3e compagnie ; grièvement blessé à la face, le 26.03.1954, il est le dernier blessé évacué par le dernier avion, le 27 ; cité à l’ordre de l’armée ; chevalier de la Légion d’Honneur ; affecté à la 11e D.B.P.C. fin 1955, il effectue deux séjours en Algérie ; trois fois cité ; en 1958, il rejoint l’Etat-major de la 11e D.B.P.C. et les Services Spéciaux où il sert jusqu’en 1979. Colonel, Commandeur de la Légion d’Honneur ; Commandeur de l’Ordre National du Mérite ; Croix de guerre 1939-1945, T.O.E. et V.M. avec 7 citations ; trois fois blessé ; membre du Club des C.S.P.F. Décédé à Paris en novembre 2009.

 

Domingo, lieutenant légionnaire parachutiste, revenu à Diên-Biên-Phu avec une jambe traînante pour succéder au capitaine Cabiro, blessé le 05.03.1954, à la tête de la 4e compagnie du 1er B.E.P. ;fait prisonnier, il fait partie des marcheurs ; capitaine, commandant de la C.A. du 2e R.E.P. du 09.1956 au 06.1959.

 

Ferrai,sergent légionnaire parachutiste de la 3e compagnie du 1er B.E.P. ; grièvement blessés à Diên-Biên-Phu le 26.03.1954.

 

de Galard Geneviève,jeune convoyeuse de l’Air, bloquée à Diên-Biên-Phu le 17.03.1954, son dakota ne pouvant pas repartir ; en tant qu’infirmière, elle devientl’Angede D.B.P.

 

Gaucher Jules,né le 12.09.1905 à Bourges dans le Cher : Saint-cyrien de la promotionMaréchal Gallieni 1927-1929 ; sous-lieutenant au 23e R .T.A. en 1929-1931 ; il rejoint la Légion Etrangère en 1931 ;capitaine, commandant le I/5e R.E.I., ancien de la retraite de Chine avec le 5e R.E.I. en 1945 : chef du bataillon de marche du 5e R.E.I. constitué en Chine en 1945-1946 ; chef de bataillon à la 4e D.B.L.E. en 1948 ; chef de corps du I/4e R.E.I. en 1951-1952 ; lieutenant-colonel légionnaire, chef de corps de la 13e D.B.L.E. à Diên-Biên-Phu au Tonkin : mort pour la France le 13.03.1954 quand son P.C. surBéatrice saute.

 

Giap Vo Nguyen :né en 1911 : dirigeant communiste ; il dirige l’insurrection nationaliste au départ des Japonais en août 1945. Malgré les sévères pertes liées à l’opérationLéafin 1947, il relance dès le début de 1948 la guérilla dans le Sud Annam et la Cochinchine et il regroupe et renforce sa cohésion au Tonkin. En octobre 1950, général, il organise la gigantesque embuscade de la R.C. 4 entre Cao Bang et Langson. En 1951, il va être battu à Vinh Yen, Mao Khé, sur le Day et à Nghia Lo ; en février 1952, c’est la grande bataille de Hoa Binh, en novembre et décembre 1952 il est tenu en échec à Nasan. Il en tire les enseignements puis fin 1953-mai 1954, c’est la bataille de Diên-Biên-Phu. Car si ce général vietnamien a marqué l'histoire de son pays pendant 40 ans luttant successivement contre les japonais, les français et les américains... il fut aussi et surtout un chef militaire impitoyable sacrifiant ses hommes sans vergogne en cherchant à écraser par le nombre l'ennemi, comme à Diên-Biên-Phu en 1954, où la victoire n'est obtenue qu’après trois mois de combat et un effectif 10 fois supérieur en nombre ! Giap est le vainqueur incontestable de Diên- Biên-Phu (aidé par les généraux chinois, des erreurs stratégiques françaises et un abandon politique des soldats français) il est aussi et surtout le criminel de guerre qui organisa des camps de prisonniers qui furent le théâtre d'un programme d'extermination qui arriva jusqu'à 72% de taux de mortalité !!! Décédé au début d’octobre 2013 à l’âge de 102 ans.

 

 

 

Guiraud Maurice, né le 08.06.1915 à Mazamet dans le Tarn ; Saint-cyrien de la promotion ‘’Marne et Verdun’’en 1937-1939 ; sous-lieutenant au 1er R.E.I. ; lieutenant puis capitaine au 1er R.C.P. en 1942-1945 ; il s’illustre dans les Vosges ; Croix de Guerre 19391945 avec trois palmes ; avec le 6e B.P.C. en Indochine en 1953 ; capitaine puis chef de bataillon légionnaire parachutiste, chef de corps du 1er B.E.P. du 10 avril 1953 au 17 mai 1954 ; commandant du 1er B.E.P. à Diên-Biên-Phu ; il saute sur le camp le 20.11.1953 ; blessé le 15.03.1954, il refuse de se faire évacuer ; blessé le 03.04.1954 ; fin avril, il prend le commandement d’un bataillon de marche après fusion des deux B.E.P. ; prisonnier ; Croix de Guerre des T.O.E. avec deux palmes ; adjoint du lieutenant-colonel Pierre Jeanpierre en 1957 pendant la Bataille d’Alger ; directeur de la division application à l’E.A.I. de Saint-Maixent ; lieutenant-colonel parachutiste, commandant le 1er R.E.P. du 12 décembre 1960 au 30 avril 1961 ; en permission en avril 1961 au moment du putsch ; officier parachutiste de facto légitimiste, il rentre de sa permission pour effectuer la dissolution du 1er R.E.P. Absent au moment des faits, il ne saurait être inculpé de quoi que soit ; il tiendra toutefois à se montrer solidaire des siens. Croix de la Valeur militaire avec deux citations ; Quatre fois blessé, sept fois cité. Il quitte volontairement les rangs de l’armée en 1962. Officier de la Légion d’Honneur. Décédé le 15.01.2009.

 

Jego Georges, né le 18.04.1926 à Nantes dans la Loire Atlantique ; lieutenant légionnaire du III/13e D.B.L.E. surBéatriceà Diên-Biên-Phu ; tué par l’artillerie vietminh le 13.03.1954.

 

Lalande André, né le 26.05.1913 ; sorti de Saint-Cyr en 1933 avec la promotion duTafilalet ; sous-lieutenant en 1939 ; il se bat avec ses chasseurs alpins du 6e R.C.A. à Narvik en Norvège en 1940 ; grièvement blessé le 22 mai, il est nommé chevalier de la Légion d’Honneur en juin 1940 ; il rejoint les F.F.L. ; il se bat avec la 13e D.B.L.E. à Bir-Hakeim puis à El-Alamein ; il se bat en Indochine avec le 3e R.E.I. et le G.M.6 ; il est à Diên-Biên-Phu sur le dernier centre de résistance d’Isabelle ; colonel au feu, commandant le 3e R.E.I. du 1er décembre 1953 au 6 septembre 1954 ; il est fait prisonnier par le Vietminh ; commandant un secteur de la zone de Tiaret de mai 1958 à octobre 1960 ; colonel commandant les forces terrestres à Bizerte en juillet 1961 ; nommé général en A.F.N., commandant la 1àre brigade d’intervention ; il commande la 11e D.P. en 1965-1966 ; C.E.M. particulier du Président Charles De Gaulle ; général de Corps d’Armée commandant la 5e R.M. de Lyon ; il se retire en 1973 ; Grand Officier de la Légion d’Honneur avec trois croix de guerre et 11 citations ; Compagnon de la Libération ; Grand Croix de l’O.N.M. ; décédé le 19.10.1995 à Brive-la-Gaillarde ; parrain de la promotion de l’E.S.M. Saint-Cyr 1996-1999.

 

Langlais Pierre,né le 02.12.1909 à Pontivy dans le Morbihan ; saint-cyrien de la promotion Bayard 1928-1930 ; campagnes de France, de Tunisie, d’Italie, des Vosges et d’Allemagne ; avec la 9e D.I.C. en Indochine ; lieutenant-colonel parachutiste pour son 3e séjour ; chef du G.A.P. 2, avec le 1er B.E.P., le 8e B.P.C. et le 5e B.P.V.N., il saute sur Diên-Biên-Phu le 20.11.1953 ; avec le 8e B.P.C., il rencontre le lieutenant-colonel Vaudrey, chef du détachement venu de Mung Koua au Laos, le 21.12.1953, au cours de l’opérationRégate : le repli du camp retranché par cette voie est à exclure ; colonel, chef des parachutistes à Diên-Biên-Phu jusqu’au 07.05.1954 ; fait prisonnier ;affecté en Algérie en 1956, chef d’une brigade aéroportée puis chef de corps du 22e R.I.Ma. et commandant le secteur de Marnia en Oranie en 1957-1959 ; chef de corps du 7e R.P.I.Ma. à Dakar en 1960-1961 ; commandant en chef au Sénégal puis commandant la 20e B.A.P. à Pau ; général de division ; il prend sa retraite en 1968. Décédé le 17.07.1986 à Vannes.

 

Lecocq André,né le 20.11.1923 à Ausseldorf en Allemagne ; lieutenant légionnaire parachutiste au 1er B.E.P. en Indochine ; il vient de la C.C.S. à la 2e compagnie pour remplacer le lieutenant Brandon, blessé le 12.01.1954 ; tué au combat le 22.03.1954.

 

Lemeunier Maurice,né le 02.02.1906 ; engagé comme A.E.T. à Autun le 01.10.1919 ; sous-lieutenant le 01.10.1929 ; il entre dans la Légion Etrangère au 2e R.E.I. le 15.10.1934 ; lieutenant-colonel, nommé chef de corps de la 13e D.B.L.E. et venu volontairement prendre son poste en pleine bataille en sautant sur Diên-Biên-Phu le 19.03.1954 ; adjoint opérationnel du secteur autonome de Tébessa en 1956-1957 ; colonel, chef de corps du 4e R.E.I. du 1er avril 1957 au 14 mars 1959, commandant le secteur de Tébessa puis le secteur de Bir-el-Ater en 1957-1959 ; en charge des éclaireurs spéciaux, les harkis, en 1959. Il quitte le service actif le 02.02.1963 ; commandeur de la Légion d’Honneur ; décédé le 08.02.2000.

 

Lemoine André, né le 28.05.1927 à Paris dans la Seine ; lieutenant légionnaire du III/13e D.B.L.E. surBéatriceà Diên-Biên-Phu ; tué par l’artillerie vietminh le 14.03.1954.

 

Luciani Jean,capitaine légionnaire parachutiste ; né le 17.10.1926 ; engagé à 18 ans le 01.09.1944 ; sergent en 1945 ; E.M.I.A. en 1945-1947 ; promotionIndochine ; B.P. en 1947 ; lieutenant au 2e R.E.I. en Indochine dès janvier 1949 ; cinq fois cité, Chevalier de la Légion d’Honneur le 21.05.1951 ; lieutenant au 1er B.E.P. pour son 2e séjour ; blessé à Diên-Biên-Phu le 12.01.1954 puis le 02.04.1954 ; blessé le 03.04.1954 ; capitaine à titre exceptionnel le 21.04.1954 ; le 1er mai, il reprend le commandement des 1e et 4e compagnies du 1er B.E.P. ; blessé surHuguette 5et fait prisonnier le 02.05.1954 ; il fait partie des marcheurs ; puis rapatrié avec les survivants, il ajoute à son palmarès trois nouvelles citations et la rosette de la Légion d’Honneur. Il est à nouveau cité deux fois en Algérie. Chef de bataillon en 1964, mis en disponibilité en janvier 1966, il pose le sac en 1968 ; pour Camerone 1975, il est promu Commandeur de la Légion d’Honneur ; membre du Club des C.S.P.F. Par décret du 21.04.2006, il est élevé à la dignité de Grand Officier de la Légion d’Honneur.

 

Maillart Albert,né le 18.06.1927 à Méru dans l’Oise ; sergent-chef légionnaire parachutiste à la C.E.P.M.L. du 1er B.E.P. à Diên-Biên-Phu ; tué au combat le 13.03.1954.

 

Martin Louis ditLoulou, ancien F.F.I. du maquis de Coat-Mallouen ; saint-cyrien de la promotion Veille au Drapeau ; capitaine parachutiste chef de la 3e compagnie du 1er B.E.P., il saute sur Diên-Biên-Phu le 21.11.1953 ; blessé le 12.01.1954 ; blessé le 03.04.1954 ; il contre-attaque sur Eliane I à Diên-Biên-Phu avec ses légionnaires, en chantant, dans la nuit du 10 au 11 avril 1954 ; blessé le 17.04.1954 sur le P.A. Huguette 1, après soins, il reprend la tête de sa compagnie ; commandant la 1ère compagnie du 1er R.E.P. de décembre 1955 à décembre 1957 ;opération Mousquetairesur le canal de Suez, en novembre-décembre 1956 ; pendant la Bataille d’Alger, sa compagnie ne pratique pas les interrogatoires durs ; commandant la C.C.S. de décembre 1957 à juin 1958 ;capitaine instructeur au camp Jeanne d’Arc à Philippeville en 1958 ; Commandeur de la Légion d’Honneur en 1958 ; commandant au 1er R.E.P. ; mis aux arrêts de rigueur avec mutation immédiate le 08.01.1961 ; généralcommandant la garde du Président du Gabon, Bongo ; élevé à la dignité de Grand Officier de la Légion d’Honneur en 2005, il reçoit sa plaque le 14.07.2005 à Nice. Il aura l’insigne honneur de porter la main du capitaine Danjou, un 30 avril, à Aubagne.Membre du Club des C.S.P.F. Décédé le 19.09.2005.

 

Mecquenen,commandant, chef du Bataillon de Tirailleurs algériens anéanti sur le P.A. Gabrielle à Diên-Biên-Phu le 15.03.1954.

 

Molinier,lieutenant légionnaire parachutiste, chef de la C.E.P.M.L. – Compagnie étrangère parachutiste de mortiers lourds, rattachée au 1er B.E.P., créée le 01.09.1953 ; il saute sur Diên-Biên-Phu le 21.11.1953. Blessé deux fois le 11.03.1954, il passe le commandement au lieutenant Paul Turcy. Evacué le 12.03.1954.

 

Pardi Vincent, né le 25.01.1911 à Cavare en Corse ; capitaine, adjoint du chef du III/13e D.B.L.E. surBéatriceà Diên-Biên-Phu ; tué par l’artillerie vietminh le 13.03.1954.

 

Parsat,caporal légionnaire parachutiste au 1er B.E.P. à Diên-Biên-Phu ; blessé le 15.03.1954 surGabrielle, isolé, il rampe sur 4 kilomètres pendant trois jours avant d’être récupéré par le 2e R.E.I.

 

Pégot Paul,né le 22.04.1903 à Aureilhan dans les Hautes Pyrénées ; chef de bataillon, commandant le III/13e D.B.L.E. surBéatriceà Diên-Biên-Phu ; tué par l’artillerie vietminh le 13.03.1954.

 

Pungier Joseph, né le 23.07.1926 à Saint-Brieuc dans les Côtes du Nord ; lieutenant légionnaire du III/13e D.B.L.E. surBéatriceà Diên-Biên-Phu ; tué par l’artillerie vietminh le 13.03.1954.

 

Raynaud Rémy,né le 26.05.1928 à Saint-Georges en Allier dans le Puy de Dôme : lieutenant légionnaire parachutiste du 1er B.E.P. en Indochine ; tué le 22.03.1954 à Diên-Biên-Phu.

 

Revel de Bretteville Guy,né le 20.03.1923 à Toulon dans le Var ; lieutenant légionnaire de la 13e D.B.L.E. surBéatriceà Diên-Biên-Phu ; tué par l’artillerie vietminh le 13.03.1954.

 

Singland Jean,lieutenant légionnaire parachutiste, parachuté le 16.03.1954 à Diên-Biên-Phu pour prendre le commandement de la C.E.P.M.L. pour succéder au lieutenant Paul Turcy, tué le 15.03.1954 ; blessé le 30.03.1954, il doit passer le relais au lieutenant Erwan Bergot. ; O.R. du 14e R.C.P. en février 1958 en Algérie.

 

de Touchet,lieutenant légionnaire parachutiste, chef de la 3e section à la 3e compagnie du 1er B.E.P. à Diên-Biên-Phu ; blessé le 15.03.1954.

 

Turcy Paul,né le 25.11.1923 à Mazerolle dans l’Aube, lieutenant légionnaire parachutiste, chef de la C.E.P.M.L. -Compagnie étrangère parachutiste de mortiers lourds-, à Diên-Biên-Phu le 11.03.1954, après les blessures du lieutenant Molinier. Tué au combat le 15.03.1954.

 

Vadot Michel,n é le 04.09.1912 à Dijon en Côte d’Or ; Brution ; Saint-cyrien de la promotion De Bournazel1932-11934 : il entre dans la Légion au 1er R.E.I. le 15.06.1938 : à Narvik avec la13e D.B.M.L.E. ; blessé, Croix de Guerre avec palme ; chevalier de la Légion d’Honneur ; capitaine, commandant le III/13e D.B.L.E. à compter du 01.04.1952 ; chef de bataillon le 01.04.1953 ; chef d’état-major de la 13e D.B.L.E. sur Béatriceà Diên-Biên-Phu, blessé le 13.03.1954 : prisonnier du Vietminh ; commandant l’état-major du 4e R.E.I. à Fès en 1955 ; lieutenant-colonel, adjoint au chef de corps du 4e R.E.I.; lors du putsch d’avril 1961, contre l’avis de son chef de corps, il maintient le 4e R.E.I. dans la légalité. Chef de corps du 4e R.E.I. du 1er mai 1961 au 29 avril 1962. Colonel, nommé le 28.06.1963 chef de corps du 1er Régiment Etranger à Aubagne jusqu’au 08.08.1966. Il commande le Prytanée militaire jusqu’au 04.09.1969 ; général de brigade ; il porte la main du capitaine Danjou sur la Voie sacrée le 30.04.1981 ; dix fois cité sur ses trois croix de guerre, deux fois blessé ; Grand Croix de la Légion d’Honneur. Décédé le 02.04.1989 à Bourg-en-Bresse.

 

Jean Balazuc P.P.P.

Sources principales.

  • Site du Secrétariat Général des Armées.

  • Les parachutistes de la Légion 1948-1962 du capitaine Pierre Montagnon. Pygmalion-2005

  • Le 3e Etranger de Philippe Cart-Tanneur et Tibor Szecko - Editions du Fer à Marquer-1988

  • La 13e D.B.L.E. de Tibor Szecko – Editions du Fer à Marquer - 1989

  • Légionnaires parachutistes de Pierre Dufour – Editions du Fer à Marquer – 1989

  • Une vie de guerres (1940-1961) de Bernard Cabiro – IndoEditions - 2010

L'assemblée générale de l'Amicale des Anciens de la Légion Etrangère s'est déroulée sous l'autorité de son président fondateur Manfred Holzhauser

C’est au Quartier Général Rollet du 1er Régiment Etranger de Génie que s’est tenue l’assemblée générale ordinaire de l’Amicale des Anciens de la Légion Etrangère, ce samedi 1er mars 2014.

Sous la présidence de Manfred Holzhauser, cette réunion s’est déroulée dans la salle des caporaux chefs du régiment, en présence du général Philippe Houbron, ancien chef de corps du 1er REG et du colonel Alexandre Coulet, chef de corps du régiment. Le général Roland Petersheim, délégué départemental des Amicales de la Légion Etrangère, ancien chef de corps et président d’honneur de l’Amicale du 1er REG de Laudun, absent excusé, a transmis un message de félicitations et de solidarité à tous les membres de l’Amicale. 

A la table de la présidence, on notait la présence du député maire Patrice Prat et dans la nombreuses assistance les présidents des amicales du sud est de la France, et les différents portes drapeaux des amicalistes.
Après avoir souhaité le bienvenue à tous les participants, le président Manfred Holzhauser a donné lecture du rapport moral alors que le vice président Michel Spinhirny celui du rapport d’activité.

Avec la lecture du bilan financier tous les comptes rendus ont été votés à l’unanimité. Le député maire a tenu a adressé au chef de corps et au président de l’Amicale les remerciements de la municipalité pour les actions de solidarité, d’aide et d’assistance apportées à la population laudunoise, par les militaires du quartier général Rollet dans les moments difficiles qu’à traversé la commune (inondations, secours à la population 2002 et 2003.), en précisant que c’était son dernier mandat de maire depuis 1995

Le dépôt de gerbe au monument aux morts du Régiment a été effectué par Manfred Holzhauser, entouré du général Philippe Houbron et du colonel Alexandre Coulet, chef de corps. Une section de légionnaires du 1er REG et son clairon rendait les honneurs. Un apéritif d’honneur a précédé le repas servi au Mess.

Source : Le Midi Libre

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