FSALE

 

                                                     LA  PERCEE  DE  LA  LIGNE  HINDENBURG

                                                              

AVANT-PROPOS :

 « A l’approche des cérémonies qui auront lieu le 12 septembre à la Nécropole Nationale de Villers-Cotterets, où sont inhumés des légionnaires, et au château de Montgoberg, où a séjourné le RMLE, il est important de rappeler ce qu’était la ligne Hindenburg, pour mieux comprendre l’exploit de nos anciens, qui ont réussi à la rompre le 14 septembre 1918. »

 

SITUATION GENERALE :

Sous les coups de boutoirs des Alliés, les troupes allemandes, fortement éprouvées, reculent au cours du printemps et de l’été 1918. Le haut commandement allemand décide de raccourcir sa ligne de front en France, en procédant à un discret repli volontaire entre Arras et Soissons. Les Allemands organisent un système défensif fortement organisé, par des positions échelonnées en profondeur, dotées d’une artillerie et de canons et mitrailleuses, qui permettent de contenir l’avance des Alliés.

La ligne HINDENBURG est donc un vaste système de défenses et de fortifications au nord-est de la France. Il est construit par les forces armées allemandes pendant l’hiver 1916-1917.Elle est composée de cinq zones opérationnelles dont les noms sont tirés de la mythologie allemande, Wotan, Siegfried, Alberich, Brunhilde et Krimhilde.

 La plus puissante est Siegfried, qui relie Lens à Reims sur près de 160 kms. Elle a été construite en 5 mois par 500 000 ouvriers, dont des civils allemands et des prisonniers de guerre russes. Les Allemands ont mis en œuvre une stratégie défensive fondée sur la fortification de leur ligne. Ils s’installent donc en hauteur pour pouvoir tirer en contre-bas sur les troupes des Alliés.

Elle  est constituée de tranchées profondes et d’abris souterrains, avec un réseau de barbelés en 1ère ligne d’une largeur de 20 mètres. En retrait, les casemates de tir, armées de mitrailleuses, et les abris sont protégés par du béton armé et des plaques d’acier. Des tunnels les relient entre elles, ainsi que des postes de commandement.

En avant de cette ligne, tout a été systématiquement ravagé, 99 villages détruits, ainsi que les ponts et les voies ferrées. Le commandement allemand applique la tactique de «  la terre brulée. »

Le général Paul von HINDENBURG, son concepteur, la nommait : « C’est la main qui s’ouvre et se referme . C’est la main qui tue. 

  Général Paul von HINDENBURG

 

DEROULEMENT DES OPERATIONS :

 

-5 septembre, 9 heures 30 : Ordres du colonel DAUGAN commandant la 1ère Brigade de la Division Marocaine :

1) Le Corps d’Armée de droite a fortement progressé et tient la ligne « tranchée de Charleroi- ouest de Vuillery, et zone dans la direction de Margival. Pour protéger le flanc gauche du Corps d’Armée, la 1ère Brigade s’emparera de Sorny.   

2)  L’attaque aura lieu à 13 heures et sera exécuté par les bataillons MAIRE (3) et KIPPEAU (2) .

Dès 13 heures 30, le bataillon MAIRE occupe Sorny. La progression continue toute la journée et à la tombée de la nuit, Neuville-sur-Margival  avait été enlevé et notre ligne portée au tunnel de Vauxaillon.

 

-6 septembre : Le capitaine SANCHEZ-CARRERO prend le commandement du 2ème bataillon.  

                          -Ordres du colonel ROLLET :

         -Ce matin le mouvement reprendra par Brigades accolées. Dispositif de la 1ère Brigade : Légion en tête, ayant 2 bataillons en 1ère ligne, MAIRE à droite et JACQUESSON à gauche. Le bataillon SANCHEZ-CARRERO en 2ème ligne.  Des patrouilles seront lancées pour tâter l’ennemi, les bataillons suivront.

La progression est freinée par des tirs de mitrailleuses ennemies. Le colonel demande une préparation d’artillerie. La progression reprend à 13 heures 30, ayant pour objectif le château de La Motte et le village d’Allemant.

En fin de journée, les canons et les mitrailleuses boches tirent toujours, interdisant toute progression. Le RMLE est à hauteur de la ligne Bessy-Les Trous. La progression est suspendue. Les bataillons s’installent en défensive sur les positions conquises, jusqu’au 9 septembre.

                  -9 septembre : en vue d’une attaque le lendemain, des réserves en vivres et en munitions sont acheminées au profit des unités en 1ère ligne.

                  - 10 septembre : Bombardement intensif de notre artillerie pour détruire les nids de mitrailleuses et canons ennemis. Mais la progression est toujours impossible, arrêtée par les tirs ennemis, à l’abri dans leurs casemates.

                  - 11 et 12 septembre : Les bataillons continuent à améliorer les positions. Le colonel DAUGAN, commandant la 1ère Brigade de la Division Marocaine, fait venir des lance-flammes.

                  - 13 septembre : Le RMLE, en 1ère ligne de la 1ère Brigade, simule une attaque, pour que se dévoilent l’emplacement des canons et mitrailleuses ennemies.  Notre Artillerie et l’Aviation bombarde intensivement les positions repérées et affaiblissent l’ennemi.

 

Plan d’engagement de la 1ère Brigade pour le lendemain : atteindre le château de La Motte, le village de l’Allemant et la route qui mène au plateau de Laffaux.

                                   JOURNEE DU 14 SEPTEMBRE :

Pendant la nuit, les bataillons gagnent leurs bases de départ. Le RMLE est renforcé par un bataillon Russe et un bataillon Malgache. Ils sont placés entre MAIRE (3) et SANCHEZ-CARRERO(2). Le bataillon JACQUESSON est placé en réserve de Brigade.

-04 heures 30 : Déclenchement de l’attaque.

                  - A gauche, le bataillon MAIRE progresse rapidement, réduisant de nombreux nids de mitrailleuses. La ligne HINDENBURG est toujours fortement tenue. Les premières vagues d’assaut, à la grenade, font tomber les résistances et l’attaque est si impétueuse qu’elles arrivent aux abris ennemis avant que celui-ci ait le temps de réagir. De nombreux prisonniers sont acheminés vers l’arrière.

-A 8 heures, les hauteurs dominant Allemant sont aux mains des légionnaires.

                  - A droite, le bataillon SANCHEZ-CARRERO, renforcé par le bataillon Russe et Malgache foncent sur les positions ennemies. De nombreux légionnaires et soldats sont fauchés, mais les positions ennemies occupées par un bataillon allemand, sont conquises.

-A 8 heures, le village d’Allemant est occupé.

-A 12 heures, les unités sont remises en ordre, et le commandement réorganisé.

-A 17 heures, une violente contre-attaque de l’infanterie ennemie, soutenue par une puissante artillerie, est repoussée grâce à une brillante action d’éclat du 3ème bataillon (MAIRE).

-A 21 heures : les positions conquises sont maintenues, la situation rétablie, les liaisons assurées.

Le bataillon JACQUESSON,  en réserve de Brigade, a suivi le mouvement, et prend position à l’ouest du château de La Motte.

                  L’ennemi a subi de lourdes pertes, et ne tente aucune réaction dans la nuit du 14 au 15 septembre.

La 1ère Brigade, dont le RMLE, avait fait dans la journée du 14 septembre 800 prisonniers, dont un état-major de régiment, enlevé plusieurs batteries et saisi de nombreuses mitrailleuses. Les attaques successives avaient eu pour résultat de faire tomber la ligne HINDENBURG.

Les combats furent très rudes, sur un terrain difficile, hérissé de fortifications solides et pourvus de nombreux abris. Toute la zone était saturée de gaz. L’ennemi qui sentait l’importance de cette zone de Laffaux, avait placé là 4 divisions de valeur, qui furent neutralisées.

                  Depuis le début de la campagne, jamais le RMLE n’avait eu à fournir une succession d’efforts aussi soutenus et aussi prolongés. Les pertes pendant cette période furent :

                  -275 tués, dont 10 officiers  -  1118 blessés, dont 15 officiers  - Et de nombreux disparus. Et pour la seule journée du 14 septembre : 27 tués – 168 blessés, dont 2 officiers  - 27 disparus.

Ces brillants résultats avaient été obtenus avec des effectifs extrêmement réduits. La vaillance des légionnaires avait suppléé à tout.

Le 14 septembre, le 3ème bataillon (MAIRE) fit, à lui seul, un nombre de prisonniers double de son effectif.

                                              

 HAMPE DU DRAPEAU DU RMLE

 

                  L’exploit du RMLE lui valut cette citation à l’ordre de la Xème Armée :

« Régiment d’élite qui, au cours des opérations du 27 aout au 16 septembre 1918, sous le commandement de son remarquable chef, le Lieutenant-Colonel ROLLET, vient d’affirmer une nouvelle fois de plus ses hautes qualités militaires. Le 2 septembre, au mépris des feux croisés de mitrailleuses qui fauchent les vagues d’assaut, il progresse jusqu’à son objectif qu’il atteint et organise ; il s’y maintient, repoussant de puissantes contre-attaques. Du 3 au 13 septembre, par des combats incessants, nuit et jour, dans une atmosphère saturée de gaz, sous de violents bombardements et des rafales de mitrailleuses, pied à pied, à la grenade, il pousse ses lignes en avant en un effort d’une héroïque constance. Le 14 septembre, avec une fougue admirable, après douze jours de lutte très dure, il enlève un des saillants réputés inexpugnables de la ligne HINDENBURG ; y cueille plus de 500 prisonniers, des canons et une grande quantité de matériel. »

Signé : MANGIN.

                                                                                        Major (er) MIDY-FSALE

                                                                                       En charge de la mémoire.

 

            

 

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