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Histoire: 1954 à 1962, la Légion étrangère à Sidi Bel Abbès (4)

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  Histoire : de novembre 1954 à octobre 1962, la Légion Etrangère à Sidi-Bel-Abbès (4).

Mémoire: Réflexion du général Gaultier ancien président de la FSALE

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  Le général Louis-Antoine Gaultier a été président de la FSALE de septembre 1966 à décembre 1969. Excédé par ce qu’il appelait: “les querelles qui épuisent nos globules rouges”. “Trop…

Il y a 40 ans: la Légion étrangère saute sur Kolwezi

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  Le samedi 19 mai 2018, les anciens légionnaires ayant participé à l’opération « Bonite » se retrouvaient accompagnés de leurs proches pour commémorer les 40 ans de l’intervention de la Légion…

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Coïncidence: Je venais de mettre en ligne cet article un "peintre inconnu" que le major (er) Midy me proposait celui concernant un autre peintre: Zinoview. Coïncidence, le hasard des choses est une particularité qui jalonne notre existence, de quoi rendre certaine personne surperstitieuse...

 

"Après plusieurs années où nous nous étions perdus de vue, le hasard de la vie nous a fait nous rencontrer et comme de bien entendu, nous nous sommes offert réciproquement quelques confidences…

Peintre reconnu dans le milieu légionnaire, Paulo regrettait, constat incontournable, qu’il ne put accéder grâce à ses oeuvres à une certaine notoriété qu’il aurait souhaité. Il venait de renaître au monde après le succès d’une exposition qui le troublait plus que de raison.

Un peu retirer du monde après sa mise à la retraite de la Légion, il avait décidé qu’il se suffisait à lui-même. Un jour, alors qu’il regardait une de ses toiles, il se demanda: “Est-il vraiment utile de faire cela ? Pourquoi, diantre, je peins ces tableaux ? la peinture m’aide-t-elle à autre chose qu’à m’étourdir, à faire passer le temps ?”

Ses pensées bousculaient son travail au point qu’il cessa de peindre. Il allait se promener, fréquentait les bars, lisait, voyageait. Alors qu’il se sentait désemparé, sans motivation, il se demanda pourquoi il s’était mis à peindre ? Il se souvenait avec bonheur qu’il était animé par le désir de mettre entre lui et le monde, une sorte de relation et une belle communication. En peignant ses personnages et ses paysages, Paulo cherchait à exprimer son moi profond et souhaitait que les gens intéressés par ses oeuvres reconnaissent son être intime, caché en lui, se révélant par réaction, un homme animé d’une vitalité et d’une générosité nouvelles.

En fait, Paulo n’avait pas atteint ce qui n’a été qu’un rêve et pourtant, celui-ci resurgissait fréquemment toujours aussi beau, puissant, il lui donnait le désir de peindre. Dans ces moments là, son âme vibrait, il sentait son souffle pareil à celui du vent au dessus de la mer, il existait entre le monde et lui, une entente et une affinité, une communion et une harmonie.

Il ne souhaitait plus que ses tableaux fussent des portraits de lui-même, qu’ils fussent destinés à gagner l’amour et l’intérêt d’éventuels “clients”. Il souhaitait sentir cette intimité secrète où il devait mourir pour renaître à la vie. Désir nouveau qui rendait son existence supportable, libérée.

Paulo vivait de plus en plus replié sur lui-même, parlait et souriait rarement, ne s’intéressait pas aux choses que les gens affectionnaient. Il se tenait à l’écart des discussions savantes sur l’art, il était devenu un original un peu fou. Il restait pendant des heures à fixer l’eau d’un ruisseau, une fleur ou se plongeait, à l’image du lecteur absorbé par son livre, dans la contemplation des écrits qu’il découvrait.

Un petit matin qui ressemblait aux autres petits matins, il longeait une petite rivière et vit sur la berge un glissement de terrain qui avait mis la roche à nu. Alors quelque chose s’éveilla en lui. Il s’arrêta, entendit au fond de son âme l’écho d’une mélodie ancienne, venue du passé. Le détail de cette roche devenait pour lui, un spectacle qui lui sembla beau, incroyablement beau, émouvant et bouleversant. Quelque chose lui parlait entretenant un lien étroit avec lui, un accord unissait la forêt à la rivière. Tout semblait n’être là que pour refléter, à cet instant, la certitude que la rivière et la végétation, les arbres et l’air, pouvaient se rejoindre, s’unir, prendre une dimension nouvelle. A partir de ce moment, il se remit à peindre, il se consacrait à l’exécution des tableaux, il s’abîmait dans la contemplation du spectacle du monde. Paulo expliquait avec ses mots qu’il revenait parmi les hommes.

Un jour, il apprit en lisant le journal que beaucoup de monde avait vu ses oeuvres, son nom figurait en caractère gras et les colonnes débordaient d’éloges. Le journal écrivait: “la plastique de l’expression est également admirable dans la nature morte un bouquet de fleurs sauvages…”

Pour Paulo, ces écrits paraissaient étranges, il ne se rappelait pas avoir peint une nature morte représentant des fleurs sauvages. Par contre, nulle part, il ne trouva mentionné la berge argileuse ni le ciel de pluie.

Dépité, il se rendit à une exposition qui accrochait ses tableaux. Après avoir payé l’entrée, pendant un long moment, il resta songeur; quelqu’un venait d’apposer des étiquettes sur lesquelles étaient inscrites toutes sortes de choses que Paulo ignorait. Il comprit que dans un tableau représentant un mur de jardin, certaines personnes imaginaient un nuage, les gens interprétaient et ne voyaient que ce qu’ils voulaient voir.

Paulo quitta les lieux sans rien dire, continua à peindre, mais plus jamais il ne montra ses oeuvres.

Mon ami vient de décéder, peut-être, est-il parti rejoindre la cohorte de peintres méconnus de leur vivant…mais oh! Combien talentueux !"

CM

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